Un coup de cœur du Carnet
Nathalie SKOWRONEK, Un monde sur mesure, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2019, 219 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–423‑3
Dans la collection Espace Nord, les classiques de la littérature belge des siècles passés côtoient ce que Tanguy Habrand, son directeur, aime à appeler « les classiques de demain ». Parmi ces derniers, Un monde sur mesure de Nathalie Skowronek, tout jeune roman datant à peine de 2017, d’une autrice dont la bibliographie démarre en 2011. Dans ce récit en grande partie autobiographique, l’écrivaine se penche précisément sur ce qui a précédé sa carrière littéraire. Continuer la lecture
Sur les connivences entre le cinéma et les Aventures de Tintin, l’on disposait déjà de multiples indications, grâce aux entretiens d’Hergé avec Benoît Peeters et Numa Sadoul, ou encore aux essais de Philippe Lombard et de Bob Garcia. Or, plus obstiné que les précédents, ce dernier a consacré de longues années à creuser le sujet avec une minutie entomologique, tout en élargissant son enquête aux tribulations des Totor, Quick et Flupke, Jo et Zette. Ainsi nous offre-t-il aujourd’hui un volume d’une érudition impressionnante – mais dont la profusion même, comme il était à craindre, n’est pas toujours bien maitrisée. La méthode adoptée semblait pourtant garante de rigueur, avec ses cinq étapes successives : 



Karel Logist a rencontré Béatrix Beck en 2003, pour une interview publiée dans Le Carnet et les Instants n° 123, où il est notamment question de l’identité belge et de littérature féminine. Une rencontre à lire à présent en intégralité sur notre blog.
Livres Hebdo a livré son bilan des ventes de la rentrée littéraire d’automne. Amélie Nothomb et son 28e roman Soif trônent en tête du classement.
Il était grand temps que le célèbre groom noir jaune rouge acquière ses lettres de noblesse et rejoigne le panthéon des personnages les plus glosés du Neuvième art belge – aux côtés de Tintin, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe ou encore Lucky Luke… Voilà qui est chose faite grâce au somptueux recueil collectif Les métamorphoses de Spirou (papier glacé, nombreuse illustrations en couleur savamment agencées, etc.).
Un roman à propos des épisodes de la collaboration, de la résistance et des drames qui s’invitèrent dans de nombreuses familles belges est assez rare en Belgique… francophone. La mémoire s’effiloche dans le temps présent, lisse et événementiel de l’époque. Les historiens, avant nombre de domaines de l’esprit, ont et auront une fonction essentielle pour raccorder nos éphémérides grotesques et tragiques à ce besoin essentiel que les hommes partagent, celui de s’inscrire aussi dans un antérieur qui rappelle la permanence de la discontinuité dans la fabrique de l’Histoire. 

Richard Lorent a décidément pris le parti d’écrire des thrillers politiques et d’en situer le récit dans la proche actualité de notre pays, de préférence dans le décor carolo. Mais ses romans n’ont rien à envier aux plus sombres polars et la familiarité des faits et lieux évoqués ne fait qu’ajouter aux frissons.
Le musée Belvue accueille, jusqu’au 9 février 2020, l’exposition “Dotremont et les surréalistes : une jeunesse en guerre”.
La collection « D’autre part » de L’herbe qui tremble dirigée par Thierry Horguelin qui donne à lire des textes inclassables accueille un nouveau recueil de la poétesse gaumaise Véronique Daine. En introduction, une phrase du poète hongrois Janos Pilinszky : “Combien tard nous comprenons que la pénombre des yeux peut être plus précise que la lumière d’une lampe”. Cette citation laisse entrevoir que sous les apparences, il y a un paysage intérieur vivant, taillé dans une écriture organique où deux mots s’opposent l’un à l’autre : la gueule et le visage. Dans une danse animale presque sauvage, les mots sont comme des pulsations sanguines. Un rythme de chasse scande la langue dans une succession de courts fragments de prose poétique qui cognent, martèlent, poussent, soufflent et pulsent.
À l’occasion de l’exposition MONDES imPARFAITS. Autour des cités obscures paraît l’ouvrage éponyme interrogeant la question de l’utopie et de la dystopie. Illustré de dessins rares de François Schuiten, de nombreux documents, d’un long entretien entre Marc Atallah, Schuiten et Peeters, de textes de François Rosset et Marc Atallah, le livre questionne la naissance, la genèse de l’utopie (de Thomas More, Francis Bacon à Campanella, Cyrano de Bergerac, Marivaux…, sans oublier les précurseurs, Platon, Lucien de Samosate…), l’avènement de la dystopie avec Zamiatine, Huxley, Orwell et la présence d’un schème utopique/dystopique dans les Cités obscures. Projet de société idéale, planification d’un bonheur collectif, l’utopie témoigne en son étymologie de l’oscillation qui porte sa visée d’une cité parfaite : elle est à la fois « u‑topos », « d’aucun lieu », et « eu-topos », « un lieu bon », prisonnière de l’imaginaire et rêve promis à sa réalisation. 