Un coup de cœur du Carnet
Ziska LAROUGE, Hôtel Paerels, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2019, 207 p., 15€, ISBN : 9782874895272
Antonin a la poisse… Ou peut-être de la chance dans son malheur… À moins que ce ne soit l’inverse… Disons que son quotidien est fait de hauts et de bas qui se succèdent à une cadence effrénée : de vraies montagnes russes ! C’est ça ! Ziska Larouge nous emmène faire un tour de montagnes russes ! Et on en voit de toutes les couleurs. Du rose quand l’histoire débute façon comédie romantique. Du gris pour évoquer le deuil d’Antonin et son frère, jeunes orphelins. Du vert dans l’espoir du héros de faire carrière sur scène. Du bleu à chaque embellie amenée par une nouvelle amitié. Du noir quand des malfrats viennent mettre leur grain de sel. Et du rouge dans l’éclatante vitalité des personnages. Continuer la lecture
Vienne, 1907. Le peintre Gustav Klimt rend visite aux époux Bloch-Bauer. Ferdinand demande alors à Gustav de réaliser le portrait de sa femme, Adèle ; requête entraînant un flashback. Six ans auparavant, alors que Klimt essuyait des critiques acerbes au sujet de son œuvre La Médecine, il a rencontré ce couple, admirateur de son génie et dont la femme l’a prié de lui ouvrir les portes de son atelier. Au même moment, l’artiste recevait en rêve l’inspiration pour son prochain tableau. C’est par ce prisme que l’on entre dans l’univers de l’artiste : son atelier, ses modèles, sa mère, sa compagne, Émilie, mais aussi ses rêves, ses angoisses, ses sources d’inspiration en somme.
Née en 1922, Andrée Dumon a à peine dix-sept ans quand la guerre bouleverse son quotidien. Mais pour une jeune femme déterminée comme elle, pas question de se résigner et d’attendre que la guerre se passe : elle veut s’engager contre l’ennemi. Jeune résistante, elle est de toutes les actions auxquelles elle peut participer, parfois aidée par ses traits encore enfantins, peu enclins à susciter la méfiance.
La vie de Claude ne fait pas vraiment rêver. Aide-pharmacien de profession, il occupe son temps libre au cinéma et en rendant visite à sa famille le week-end. Ses parents d’une part et surtout, sa tante Adrienne, quinquagénaire au charme indéniable, qui a marqué la mémoire de tous les hommes qui ont croisé sa route. Claude lui voue une sorte de culte et, de son côté, elle éprouve une grande affection pour son neveu. Leur relation et leurs rendez-vous hebdomadaires ne réjouissent pas leur entourage et font jaser dans la famille.
Dix-sept nouvelles, dix-sept textes très courts qui racontent, chacun, une certaine Belgique. Pas la Belgique telle qu’elle est, non. Ce que la Belgique pourrait ou aurait pu devenir, dans une version caricaturale. Querelles linguistiques, crise financière, survol de Bruxelles, montée des eaux, fin de la Belgique évitée ou concrétisée ; autant de points de départ à des histoires mettant en scène des personnages clairement inspirés de personnalités belges bien connues, issues du monde politique, artistique ou des médias.
Vincent Engel nous emmène à nouveau à Venise. En 1740 cette fois et moins pour en parcourir les ruelles, les places et les canaux que pour y pénétrer dans l’intimité de quelques habitants. Parmi ceux-ci, un prêtre qui enseigne la musique au sein d’un établissement pour jeunes orphelines, un compositeur âgé dont le nom et les airs traverseront les époques : Vivaldi. Vivaldi qui évolue ici en tant que don Antonio. Et en fait d’évoluer, on pourrait plutôt dire qu’il se débat. Contre les governatori qui rechignent à le financer, contre sa réputation qui fane, contre la mode qui lui préfère des sonorités nouvelles, contre sa santé fragile, contre la vieillesse qu’il feint d’ignorer, contre les rumeurs qui lui attribuent des mœurs inconvenantes…
La flamme autour de laquelle on lit, c’est la vie. Celle de Georges, le narrateur qui nous livre quelques moments clés de son existence, des moments empreints de questions existentielles. Adolescent en devenir au chevet de son grand-père mourant ; étudiant à la découverte du monde du travail dans un cadre peu épanouissant ; adulte aux côtés d’un ami gravement malade qui, sous une épée de Damoclès, tire un bilan peu flatteur de son passé ; et enfin vieillard en fin de parcours, narrant en détail l’agonie de l’ombre de lui-même.
Karine Latour, professeure de lettres dans un collège alsacien, décide de faire lire Rien Nadir à sa classe de troisième. Elle a eu un coup de cœur pour ce roman conseillé par sa libraire et espère qu’il provoquera chez ses élèves émotions fortes et prise de conscience. Le roman est court, écrit dans un langage proche de celui utilisé au quotidien par les adolescents et surtout, raconte l’exil français de Nadir, un jeune Syrien qui a fui la guerre et la barbarie.
Octobre 1849, dans l’étude d’un notaire genevois, Atanasio assiste au rendez-vous qui changera le cours de sa vie, levant le voile sur son passé et le chargeant d’une mission pour l’avenir. Le même jour, le jeune homme découvre que Don Carlo, son protecteur de toujours, était en réalité son père et qu’il a fait de lui son héritier, posant toutefois une condition de taille. Pour bénéficier de la fortune de Don Carlo, Atanasio devra d’abord le venger en éliminant, suivant des consignes précises, quatre personnes désignées comme les artisans de son malheur.
Justin n’a pas encore quinze ans lorsque sa mère et sa petite sœur sont abattues sous ses yeux. Livré à lui-même, il rejoint alors le rang des enfants soldats, les kadogo, entamant ainsi sa carrière militaire. À Kisangani, Albertine, jeune fille candide de 14 ans, sans père et brouillée avec sa mère, grandit entourée de sa famille de cœur. La guerre met sur sa route la violence, la souffrance et la maladie mais aussi Justin et une histoire d’amour.
Lou est de retour à Bruxelles, ville de sa jeunesse, pour y retrouver sa mère et rendre visite à la dépouille mortelle de son père. Lou vient donc de perdre son père. Ou plutôt, le père de Lou vient de mourir. Car on comprend vite que ces deux-là se sont perdus depuis longtemps et que les liens entre Lou et ses parents sont loin d’être forts. Pourquoi ? Comment cette famille en est-elle arrivée à des rapports si mécaniques ? Le lecteur ne le saura pas. Tout au plus sera-t-il informé de l’existence d’une maîtresse et d’une fille illégitime mais aucun détail de l’histoire familiale ne lui sera confié.