Archives par étiquette : Fanny Deschamps

Récit silencieux d’une vie brisée

Un coup de cœur du Carnet

Éric LAMBÉ, Philippe DE PIERPONT, Paysage après la bataille, Actes Sud et Frémok, 2016, 432 p, 29 €   ISBN : 9782330069988

lambeEn s’ouvrant sur un paysage après la bataille, scène recon­sti­tuée d’un com­bat his­torique exposée dans un musée région­al, le réc­it, d’emblée, donne le ton. La scène est figée, le temps s’est arrêté après un moment d’extrême vio­lence. Il en est de même pour la vie de Fany, le per­son­nage cen­tral de cet album, dont on com­prend vite qu’un douloureux événe­ment, que l’on décou­vre au fil de qua­tre cent trente-deux pages de ce roman graphique, a dévié sa vie de sa tra­jec­toire. Depuis, elle sem­ble assis­ter à son exis­tence en spec­ta­trice muette. Con­tin­uer la lec­ture →

Anne Herbauts : une exposition comme une promenade poétique

Anne HERBAUTS, Là où la forêt fait un bruit de mer, Écuries de la Véner­ie, Water­mael-Boits­fort, du 12.10. 16 au 08.01.17

herbauts-2

© Fan­ny Deschamps

Lorsqu’on vis­ite une expo­si­tion autour d’un auteur/illustrateur jeunesse, on s’attend à y trou­ver des orig­in­aux de ses livres. Lorsqu’Anne Herbauts conçoit une expo­si­tion, elle réalise une œuvre à part entière. À l’occasion de la Fureur de lire, les Bib­lio­thèques com­mu­nales de Water­mael-Boits­fort accueil­lent cette artiste qui a l’habitude de sor­tir du cadre et dont le por­trait a été pub­lié dans le dernier numéro du Car­net et les Instants. Elle y a réal­isé une mise en scène autour d’un moment bien pré­cis : Con­tin­uer la lec­ture →

Chasse, pêche et libido débridée au mésolithique

Eva KAVIAN, L’homme que les chiens aimaient, Onlit, 2016, 130 p, 14 €/ePub : 6.99 €   ISBN : 978–2‑87560–084‑4

kavian-onlitQuand Galère apprend qu’il a per­du son tra­vail, il est son­né. Nor­mal. Le temps d’emballer ses affaires et le voilà par­ti. Cherchera-t-il à trou­ver un autre job ? Non, Galère préfère s’adonner aux joies du voy­age et du chô­mage longue durée. C’est que, en cette fin de péri­ode mésolithique, les espaces à décou­vrir sont vastes. En l’absence de carte topographique ou de GPS, notre préhis­torique pro­tag­o­niste suit les cours d’eau et développe son sens de l’orientation. Con­tin­uer la lec­ture →

Où es-tu, Yazid ?

Claude RAUCY, Où es-tu, Yazid ?, Ker, 2016, 88 p., 8 €, ISBN : 978–2‑87586–143‑6

raucy-yazidC’est dans la cabane du jardin qu’Eliott a trou­vé Yazid. Un ado­les­cent comme lui, en sweat-shirt à capuche, mais au par­cours quelque peu dif­férent. À la télévi­sion, Eliott en avait bien enten­du par­ler, de ces jeunes par­tis en Syrie. C’est de là qu’est revenu Yazid, pour aller se cacher dans le pre­mier refuge trou­vé. Et alors que la ques­tion de la dénon­ci­a­tion pour­rait se pos­er, Eliott com­mence par lui offrir de l’eau. Con­tin­uer la lec­ture →

Mémoire textile d’une enfance pieuse

THISOU, Notre Père, Brux­elles, FRMK, 2016, 72 p., 11 € ISBN : 9782930204932

thisou

Thisou se sou­vient. Dans cet album illus­tré de petit for­mat, elle mêle broderie et dessin pour faire revivre des sou­venirs d’enfance fugaces, mais qui ont lais­sé chez elle une trace vive. Con­tin­uer la lec­ture →

Désenchantement du couple

Aurélie William LEVAUX, Sisyphe Les joies du cou­ple, Genève, Atra­bile, 2016, 148 p., 26,50 €

levauxAurélie William Lev­aux tra­vaille à la croisée des gen­res, quelque part entre la bande dess­inée, la lit­téra­ture et l’art con­tem­po­rain. Cette Lié­geoise, con­nue pour son tra­vail de broderie et pein­ture sur tis­su, nous livre Sisyphe Les joies du cou­ple, un album hybride et atyp­ique. Alors que ses précé­dentes pub­li­ca­tions étaient prin­ci­pale­ment axées sur son tra­vail plas­tique, ce roman graphique fait entr­er en réso­nance le verbe et le dessin. Son univers pic­tur­al, assez recon­naiss­able, fait penser à des gravures anci­ennes qu’elle aurait détournées pour se les appro­prier et leur don­ner un sens nou­veau, plus per­cu­tant. Con­tin­uer la lec­ture →

Le 9e Art, après la guerre

Frans LAMBEAU, Dic­tio­n­naire illus­tré de la bande dess­inée belge de la libéra­tion aux fifties (1945–1950), Liège, Les Édi­tions de la Province de Liège, 2016, 328 p.

Dictionnaire illustré de la Bande dessinée belge de la libération aux fifties (1945-1950)Essay­iste spé­cial­isé en bande dess­inée, Frans Lam­beau, à qui l’on doit déjà un ouvrage sur la bande dess­inée belge sous l’Occupation (Dic­tio­n­naire illus­tré de la bande dess­inée belge sous l’Occupation, André Ver­sailles, 2013), s’est penché sur l’évolution du genre au sor­tir de la sec­onde guerre mon­di­ale. Dans ce dic­tio­n­naire qui se veut exhaus­tif, l’expert fait part de ses recherch­es appro­fondies con­sacrées à cette péri­ode bien par­ti­c­ulière, car­ac­térisée par un essor impor­tant de la presse écrite. Alors que la Bel­gique a décou­vert le 9e Art durant l’entre-deux-guerres à la faveur de la dif­fu­sion de comics améri­cains, la source se tar­it dès 1941 et l’édition fait appel aux illus­tra­teurs locaux pour rem­plir les pages des heb­do­madaires de diver­tisse­ment. À la Libéra­tion, l’offre se développe abon­dam­ment. Con­tin­uer la lec­ture →

File ta tute

Olga DUPRÉ, Léon le gira­fon, Brux­elles, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2016, 34 p., 8 €

cover léon 27.01.2016Comme les petits humains, les gira­fons aiment leur tétine et lorsque vient le temps de s’en sépar­er, ils y rechig­nent. C’est ain­si qu’alors que sa maman lui pro­pose mille et une façons de se débar­rass­er de cet objet plus vrai­ment de son âge, le petit Léon trou­ve réponse à tout et rejette les sug­ges­tions de sa girafe de mère les unes après les autres. La fée des tétines en a déjà bien assez comme ça, elle n’a pas besoin de la sienne ; les dents de travi­o­le, c’est trop pra­tique pour manger ses spaghet­tis… Léon préfère s’endormir la tétine au bec. Pour­tant, lorsqu’un beau jour on le prend pour un bébé, Léon, vexé, décide de lui-même d’abandonner l’objet dont il était friand et, empli de fierté, se proclame devenu « grand ». Con­tin­uer la lec­ture →

La guerre d’Espagne racontée à mon neveu

Alain MUNOZ, D’ailleurs, Brux­elles, Habeas Cor­pus, 2015, 56 p.

munozPub­lié chez Habeas Cor­pus (alter­comix), label brux­el­lois indépen­dant de bande dess­inée fondé par Alain Munoz (voir alainmunoz.blogspot.be), D’ailleurs est une bande dess­inée petit for­mat en noir et blanc qui évoque avec pudeur et sen­si­bil­ité un page douloureuse de l’histoire européenne du XXe siè­cle. Con­tin­uer la lec­ture →

Retour en Toscane

Vin­cent ENGEL, Et dans la forêt, j’ai vu, Hévillers, Ker édi­tions, 2015, 196 p., 10 €

Et dans la forêt, j’ai vuVin­cent Engel est un écrivain fidèle à cer­tains lieux. Dans Et dans la forêt, j’ai vu, roman des­tiné à la jeunesse, il plante une nou­velle fois son décor en Toscane, qua­torze ans après la pub­li­ca­tion de Retour à Mon­techiar­ro, dont un des per­son­nages fait ici une brève incur­sion. Le con­texte poli­tique, celui de l’Italie des années noires et du règne de Mus­soli­ni, imprègne le livre et déter­mine la des­tinée de ses per­son­nages. L’histoire se déroule en 1928, dans une petite ville isolée dont le maire applique avec zèle les pré­ceptes du Duce qu’il admire, tout en se lamen­tant sur le sort de la petite Letizia, sa fille, muette depuis le décès de sa mère, advenu dans des cir­con­stances mys­térieuses. Con­tin­uer la lec­ture →

Pierre Coran nous amuse en rimes

Un coup de coeur du Carnet

Pierre CORAN, Amuser­imes, Paris, Livre de Poche Jeunesse, 2015, 94 p., 4.95 € / epub : 3.99 €

Dif­fi­cile de ne pas suc­comber à Amuser­imes, dernière paru­tion du pro­lifique poète et romanci­er mon­tois, déjà auteur d’Inimag­i­naire, dans le même reg­istre. D’une manière dont il a le secret, Pierre Coran nous livre un recueil de sep­tante-et-un courts poèmes qui jon­g­lent de façon enjouée avec les mots et les sons. Lui qui con­nait si bien les enfants (il fut insti­tu­teur et directeur d’école) excelle dans l’art de s’adresser à eux par l’écriture. Les mots jouent les acro­bates, au ping-pong, à cache-cache et invi­tent à entr­er dans la danse. Le tout est char­mant, rigo­lo et joyeux. Con­tin­uer la lec­ture →

Van Hamme se raconte

Jean VAN HAMME, Mémoires d’écriture, pré­face de Huguette Marien, Char­nay-Lès-Mâcon, Bam­boo Édi­tions, 2015, 112 p.

BD MÉMOIRES D'ÉCRITUREPrès de cinquante années de créa­tion, cela vaut bien un bilan. Jean Van Hamme se livre à l’exercice dans ce qu’il appelle son « auto­bib­li­ogra­phie ».

Dans ce livre qui adopte le for­mat d’une bande dess­inée stan­dard, il retrace le chemin qu’il a par­cou­ru depuis ses pre­mières vel­léités scrip­turales ado­les­centes jusqu’à l’apogée d’une car­rière qui compte quelques best-sell­ers. Sou­vent présen­té comme le scé­nar­iste au suc­cès assuré, qui réus­sir­ait tout ce qu’il entre­prend, Jean Van Hamme remet à cet égard les pen­d­ules à l’heure. Thor­gal, Largo Winch et XIII ne sont que le som­met de l’iceberg. Celui qui est aujourd’hui le Cheva­lier (il a été anobli en juil­let 2015) de la bande dess­inée belge a en effet aus­si con­nu échecs, dif­fi­cultés et insuc­cès. Et un départ pas tout à fait artis­tique. Con­tin­uer la lec­ture →

Ostende tout en nuances

Chris­tiane LEVÊQUE, Ostende, Brux­elles, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2015, 70 p., 10€

 

leveque_deschampsLe temps d’un été dans la ville côtière, Chris­tiane Lévêque  croque une série de scènes du quo­ti­di­en à la mer du Nord. Le livre est un recueil de petits textes en prose empreints d’une poésie réservée. Liée au monde du théâtre, l’auteure a écrit deux pièces ain­si que des nou­velles et de la poésie. Ostende est sa deux­ième col­lab­o­ra­tion avec Garène, dessi­na­trice et céramiste dont le tra­vail entre joli­ment en har­monie avec celui de l’auteure. Elles avaient déjà com­posé ensem­ble, dans le même esprit, le recueil Mokafé, chez le même édi­teur. Con­tin­uer la lec­ture →

Benoit D. cherche son chat

Edgar KOSMA, Com­ment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat, Brux­elles, ONLiT Édi­tions, 2015, 200 p., 12€/ ePub : 5,99 €

kosma_deschampsChaque dimanche depuis deux ans, Benoit D. s’entend avec las­si­tude deman­der par sa mère s’il a « enfin retrou­vé quelqu’un ». Deux ans avant, Patri­cia est par­tie. Avec son meilleur ami, mais en lais­sant son chat der­rière elle. Con­tin­uer la lec­ture →