Archives par étiquette : Le Cerisier

Boîtes à foison !

Bruno MANSTER, Mille et une boîtes, Cerisi­er, 2018, 160 p., 12 €, ISBN : 9782872672127

Avez-vous déjà pen­sé que votre vie se déroule entre d’innombrables boîtes ? Et que, presque à votre insu, elles vous sont chères, et même indis­pens­ables ?

Bruno Manster compte bien vous en per­suad­er, preuves à l’appui, dans un livre inso­lite, Mille et une boîtes. Un essai néo-pat­a­physique, qui ne craint pas de fonder l’anthrotopologie, vouée à l’étude des solu­tions spa­tiales que les humains ont imag­inées, conçues, pour « faire face à leur prob­lé­ma­tique exis­ten­tielle ». Con­tin­uer la lec­ture

Tumulte en cité ardente

Charles MANIAN, Les meilleurs morceaux du mam­mouth, Cerisi­er, 2018, 160 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87267–211‑0

Jamais explicite­ment nom­mée, mais bien iden­ti­fi­able dès les pre­mières lignes, la Ville de Liège est au cen­tre de ce roman noir de Charles Man­ian où règne un cli­mat d’insurrection. Les meilleurs morceaux du mam­mouth nous place aux côtés du Bourgmestre, un cer­tain Eddy (toute ressem­blance …) qui teste sa pop­u­lar­ité en faisant à pied le tra­jet qui sépare son bureau d’une supérette à inau­gur­er. Il a fort à faire avec les pas­sants qui l’arrêtent, l’assaillant de deman­des ou de récrim­i­na­tions. Dis­crète à ses côtés, la police l’accompagne et inter­vient pour écarter les impor­tuns. Ten­due, la sit­u­a­tion est en per­ma­nence à deux doigts de dégénér­er. Con­tin­uer la lec­ture

Vivre le génocide des Tutsi… et revivre

Félic­ité LYAMUKURU et Nathalie CAPRIOLI, L’ouragan a frap­pé Nyun­do, Cerisi­er, coll. « Quo­ti­di­ennes », 2018, 296 p., 14,50 €, ISBN : 9782872672097

lyamukuru_l ouragan a frappe nyundo.jpgFélic­ité Lya­muku­ru était ado­les­cente lorsque, le 7 avril 1994, se déclen­cha le car­nage. « Le géno­cide m’a trou­vée en troisième sec­ondaire. J’avais seize ans, j’étais vieille. »

Presque toute sa famille fut anéantie dans le cat­a­clysme qui ensevelit au Rwan­da un mil­lion de Tut­sis.

Elle voulut d’abord oubli­er ces mois d’épouvante, d’arrachements, d’insoutenable douleur, ter­min­er ses études, vivre « nor­male­ment ». « J’ai mis du temps à entr­er dans la grotte de mes sou­venirs », écrit-elle aux pre­mières pages de son réc­it poignant L’ouragan a frap­pé Nyun­do. Con­tin­uer la lec­ture

La bataille des mots

Olivi­er STARQUIT, Des mots qui puent, pré­face d’Alain Deneault, Cerisi­er, coll. « Place publique », 2018, 176 p., 12 €, ISBN : 978287267210–3

starquit des mots qui puent.jpgOut­il de com­mu­ni­ca­tion, le lan­gage est aus­si, nous prévient d’emblée Olivi­er Star­quit,  dans son livre polémique crâne­ment inti­t­ulé Des mots qui puent, « un puis­sant out­il de dom­i­na­tion ».

Le choix des mots, dans la vie poli­tique, n’est jamais neu­tre, anodin. Ils nous envi­ron­nent, nous pénètrent, nous ori­en­tent, sans que nous y pre­nions garde. Con­tin­uer la lec­ture

Mon robot, mon amour !

Stéphane MANSYLe grand rem­place­ment, Le Cerisi­er, 2017, 58 p., 8,50 €, ISBN : 978–2872672080

mansy le grand remplacement.jpgLe grand rem­place­ment de Stéphane Man­sy vient d’être crée au Stu­dio-théâtre de la Lou­vière dans une mise en scène de l’auteur. Et comme tou­jours avec le théâtre au cœur des « effets indésir­ables » du monde, on recy­cle des mythes! Ceux des androïdes, des robots intel­li­gents, des « aliens » issus d’une human­ité qui s’emploie depuis des mil­lé­naires à se « rem­plac­er »… Que ce soient les fig­ures baro­ques des auto­mates, Franken­stein, … la ques­tion de l’invasion intérieure des humains par ses créa­tures est un thème éter­nel. La pièce a touché un pub­lic de plus en plus intriqué dans des appli­ca­tions tech­nologiques qui con­stituent aus­si un rap­port d’amour-haine au numérique et à ses suites. Con­tin­uer la lec­ture

Comprendre, c’est commencer à agir

Olivi­er BONFOND, Il faut tuer TINA. 200 propo­si­tions pour rompre avec le fatal­isme et chang­er le monde, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2017, 526 p., 25€, ISBN : 2872672044

bonfondPre­mière min­istre bri­tan­nique de 1979 à 1990, Mar­garet Thatch­er a beau­coup con­tribué à l’instauration de l’ordre néo-libéral qui mène aujourd’hui le monde. Son mot d’ordre : « There Is No Alter­na­tive », en acronyme TINA, sig­nifi­ait que le cap­i­tal­isme néo-libéral con­sti­tu­ait le seul hori­zon pos­si­ble pour le monde occi­den­tal. Et que, dès lors, il n’y avait rien d’autre à faire que déman­tel­er les syn­di­cats, pri­va­tis­er les ser­vices publics (san­té, trans­ports, édu­ca­tion), baiss­er les impôts, défaire le droit du tra­vail, rabot­er les salaires, s’attaquer au sys­tème de pro­tec­tion sociale, favoris­er les prof­its indus­triels et financiers en pré­cip­i­tant une par­tie sans cesse crois­sante de la pop­u­la­tion laborieuse dans la pré­car­ité et la mis­ère. En somme : pri­va­tis­er, déré­gle­menter et appau­vrir les moins nan­tis. Con­tin­uer la lec­ture

L’Eldorado européen

Franck LIVIN, Ter­rain vague, Édi­tions du Cerisi­er, 2016, 72 p., 9 €  ISBN :  978–2‑87267–201‑1

livinIften est retrou­vé mort dans un ter­rain vague. Ce jeune médecin algérien résidait clan­des­tine­ment en Bel­gique. Sa terre natale sem­blait l’avoir oublié, comme nom­bre des siens. Le tra­vail man­quait. Seule la belle Europe le fai­sait encore rêver. Un ami l’y attendait, Abdel, et la sœur de celui-ci, Leila. On lui promet­tait un tra­vail, l’amour et un avenir plus clé­ment. Alors, après avoir tra­ver­sé la Méditer­ranée sur un rafiot de mis­ère, après avoir atten­du un temps infi­ni en cen­tre fer­mé à Lampe­dusa, après avoir avalé les kilo­mètres en Ital­ie et en France, Iften a touché le sol du Roy­aume de Bel­gique. Mais le rêve a sem­blé vite avorté. Grâce à Abdel, il avait trou­vé un boulot de maçon. Saïd, son patron, qui se dis­ait l’un de siens, n’a eu aucun scrupule à l’exploiter sur ses chantiers, comme tant d’autres. À la clé, un salaire dérisoire, une pro­tec­tion sociale inex­is­tante, des con­di­tions de tra­vail inhu­maines, une promesse de papiers jamais tenue et tou­jours la peur au ven­tre de se faire arrêter et ren­voy­er au pays. Pourquoi Iften a‑t-il trou­vé la mort ? Est-ce dû à un acci­dent de tra­vail ? Peut-être était-il devenu gênant, son esprit con­tes­tataire peu à peu se réveil­lant ?
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Le temps de l’engagement

Pierre ORBAN, Pour avoir de l’espoir, faudrait du temps, Edi­tions du Cerisi­er, 2016, 144 p., 12€   ISBN : 978–2‑87267–200‑4

orbanDepuis plusieurs décen­nies, les édi­tions du Cerisi­er se démar­quent du champ édi­to­r­i­al belge par un engage­ment poli­tique et socié­tal. Cet engage­ment se retrou­ve dans leurs dif­férentes col­lec­tions et pub­li­ca­tions. Aujourd’hui parait ain­si un nou­veau roman, Pour avoir de l’espoir, faudrait du temps, écrit par Pierre Orban, dans la col­lec­tion « Faits et geste ». S’il s’agit d’un roman, il puise néan­moins ses sources d’inspiration dans une réal­ité très con­crète : la crise économique en Espagne et le mou­ve­ment des « Indignés » qui en découle. Pour don­ner corps à cette matière poli­tique­ment très dense, l’écrivain a choisi deux héroïnes, Alba et Luna, deux jeunes que tout oppose et rap­proche en même temps. Con­tin­uer la lec­ture

Pour que la culture embrasse les cultures

Jean HURSTEL, Cul­tures des lisières. Éloge des passeurs, con­tre­bandiers et autres explo­rateurs, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2016, 144 p., 12 €   ISBN : 978–2872671960

hurstel.jpgCul­tures des lisières. Un beau titre, plein de promess­es, au sous-titre exci­tant Éloge des passeurs, con­tre­bandiers et autres explo­rateurs, pour le livre dans lequel Jean Hurs­tel, acteur pas­sion­né, engagé de la vie cul­turelle, par­ti­c­ulière­ment dans le domaine théâ­tral, retra­verse son par­cours avec autant de rigueur que de fran­chise et de sen­si­bil­ité.

De Stras­bourg où il s’inscrit à seize ans à l’École supérieure d’Art dra­ma­tique, qui vise à for­mer des acteurs pour aller au-devant des publics pop­u­laires, puis, étu­di­ant en philoso­phie à l’Université, y créait le Théâtre uni­ver­si­taire, à Brux­elles où il pré­side depuis dix ans les Halles de Schaer­beek, c’est un itinéraire aux mul­ti­ples étapes qu’il revit avec nous. Porté par l’ardente con­vic­tion que toute poli­tique cul­turelle doit se fonder sur l’histoire de l’art, la créa­tion artis­tique, mais aus­si sur la ren­con­tre avec les pop­u­la­tions trop sou­vent oubliées de la cul­ture offi­cielle, celles des zones indus­trielles désaf­fec­tées, des périphéries urbaines, des cam­pagnes aban­don­nées. Con­tin­uer la lec­ture

André Dartevelle, du silence familial à la mise en images de la parole

André DARTEVELLE, Si je meurs un soir. Mémoires, Cuesmes, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2016, 277 p., 16€

André Dartev­elle fut un grand reporter de télévi­sion, ain­si que l’auteur fécond de nom­breux doc­u­men­taires his­toriques et artis­tiques. En 2014, il présen­tait ses derniers films, con­sacrés aux mas­sacres de civils per­pétrés par l’armée alle­mande en août 1914 à Dinant et en Ardenne. Atteint d’un can­cer, il man­i­fes­ta jusqu’au bout la ténac­ité et la créa­tiv­ité qui le fai­saient vivre en par­venant à ter­min­er ses mémoires, aujourd’hui pub­liés au Cerisi­er sous le titre Si je meurs un soir. Con­tin­uer la lec­ture

La rage au coeur

Rose HANON, Démis­sions, Cuesmes, Édi­tions du Cerisi­er, 2015, coll. « Place publique », 128 p., 11 €

« Engagée. Encagée. Enragée, aus­si. »

Ain­si se présente d’entrée de jeu Rose Hanon, jeune prof de français, c’est-à-dire, com­mente-t-elle drôle­ment, au milieu de l’échelle invis­i­ble qui, à l’école, va du prof de math, en posi­tion dom­i­nante, au prof de gym (par­don, d’éducation physique). Dans un petit livre tran­chant, Démis­sions, elle nous fait vivre son expéri­ence, celle d’une jeune femme qui pen­sait : « enseign­er, c’est chang­er le monde ». Ardente con­vic­tion qui lui don­nait des ailes, mais qui se heurte à la réal­ité, soit « l’école du main­tien de l’ordre du monde comme il tourne et doit tourn­er ». Con­tin­uer la lec­ture

Terminus ! Tout le monde descend !

Gio­van­ni LENTINI, J’irai plus loin, Cerisi­er, coll. « Faits et gestes », 2015, 128 p., 11€

lentiniIl est des vies qui ressem­blent à des voy­ages fer­rovi­aires, avec leurs horaires fix­es, leurs itinéraires bal­isés, leurs cor­re­spon­dances définies. Claire Collin, quar­ante ans, mar­iée, deux enfants, mène une exis­tence toute tracée, sur les rails par­al­lèles de son activ­ité pro­fes­sion­nelle et des tâch­es domes­tiques : Con­tin­uer la lec­ture

Au coeur d’une vie d’humaniste engagé

Francine GHYSEN

zwickDix ans après sa mort, le 30 sep­tem­bre 2005, Jacques Zwick revient par­mi nous. À tra­vers le jour­nal qu’il tint, de 1994 à 2004, et que les édi­tions du Cerisi­er, avec Présence et Action cul­turelles, pub­lient en qua­tre vol­umes, sous le beau titre Sonates d’automne, com­plétés d’un ouvrage col­lec­tif, Jacques Zwick. Le dia­logue et l’action, réu­nis­sant évo­ca­tions et témoignages, et des textes de sa plume. Con­tin­uer la lec­ture

Une mosaïque de souvenirs

Francine GHYSEN

gottoElles son­nent juste, elles son­nent vrai, les nou­velles de Mario Got­to réu­nies sous le titre de la pre­mière : Le bouil­lon noir de ma mère. Petits tableaux gravés dans la mémoire d’un « vieil Ital­ien sen­ti­men­tal », attaché à son enfance, à sa famille. Échap­pées dans l’imaginaire, qui tour­nent par­fois au cauchemar… Con­tin­uer la lec­ture

Le spectacle de la culture n’est pas la culture

Francine GHYSEN

dapoz_ghysenQui en eût douté ? Sous le titre sere­in La cap­i­tale de la cul­ture, c’est un pam­phlet que nous livre Jacques Dapoz. Écrit à l’encre noire, sar­cas­tique, avec des flam­bées d’un rouge moqueur, qui ne craint pas l’outrance, et même, par­fois, s’en réclame. Con­tin­uer la lec­ture