Archives annuelles : 2020

Prix Première : tous les finalistes sont connus

Le prix Pre­mière, décerné chaque année par la RTBF, avait annon­cé en décem­bre le nom des cinq pre­miers final­istes de l’édi­tion 2020. Cinq ouvrages sup­plé­men­taires vien­nent d’être ajoutés et la sélec­tion est désor­mais com­plète.  Con­tin­uer la lec­ture

Prix des lecteurs des librairies Club : les finalistes

Odile d’Oul­tremont

Depuis 2017, les librairies Club organ­isent un prix lit­téraire récom­pen­sant un roman ou recueil de nou­velles d’un auteur belge. Les final­istes de l’édi­tion 2020 sont con­nus. L’un d’eux suc­cédera à Odile d’Oul­tremont, primée en 2019 pour son pre­mier roman Les déraisons. Con­tin­uer la lec­ture

Le 6 mars 2020 : colloque 0–5 ans : Éveiller aux langages, aux livres et à la lecture

En parte­nar­i­at avec la Foire du Livre de Brux­elles, l’Association des Édi­teurs Belges (ADEB), le Cen­tre de Lit­téra­ture de jeunesse de Brux­elles et le Ser­vice général des Let­tres et du Livre pro­posent le ven­dre­di 6 mars 2020, un col­loque à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nels : 0–5 ans : Éveiller aux lan­gages, aux livres et à la lec­ture. Des pro­fes­sion­nels inter­na­tionaux partageront leur exper­tise, ques­tion­neront les pra­tiques, don­neront des pistes con­crètes d’activités ou d’exploitations. Pour les bib­lio­thé­caires et les enseignants, cette journée peut être val­orisée dans leur par­cours de for­ma­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Ecrire et partager des fictions climatiques avec le projet Climate fiction

livre illu

Porté par l’as­so­ci­a­tion Écrire Ensem­ble et son ani­ma­trice Ani­ta Van Belle, le pro­jet Cli­mate fic­tion, qui se veut avant tout une entre­prise citoyenne, pro­pose des ate­liers d’écri­t­ure de cour­tes fic­tions cli­ma­tiques. Avec en ligne de mire : une pub­li­ca­tion collective,des vidéos, des lec­tures publiques. Con­tin­uer la lec­ture

Geneviève Damas en lice pour un prix de Pen America

Pen Amer­i­ca, la branche améri­caine du Pen Club, a dévoilé la pre­mière sélec­tion (“long list”) de ses dif­férents prix lit­téraires. Où l’on retrou­ve Geneviève Damas. Con­tin­uer la lec­ture

Anamnèse et Graal intime

Philippe REMY-WILKIN, Ver­tige !, Mael­strOm, coll. “Book­leg Brux­elles se con­te”, 2019, 36 p., 3 €, ISBN : 978–2‑87505–347‑3

Le réc­it Ver­tige ! est bâti à l’image du tableau Ver­tige, l’escalier mag­ique de Spilli­aert, qui fig­ure en cou­ver­ture. Avec brio, entre impos­si­ble anam­nèse et démon de la logique, Philippe Remy-Wilkin campe une fic­tion aus­si entê­tante qu’un breuvage. Sur fond d’un ques­tion­nement sur le règne de Léopold II, sur les couliss­es sanglantes de la coloni­sa­tion du Con­go, une machine infer­nale (au sens de Cocteau) se met en place : à l’occasion d’une mys­térieuse invi­ta­tion à se ren­dre au Musée de Ter­vueren, le nar­ra­teur se retrou­ve embar­qué dans une tec­tonique des plaques touchant l’Histoire et son his­toire famil­iale. Ryth­mée par la voix posthume de la mère, l’architecture du réc­it adopte un mou­ve­ment tout en spi­rale. Com­ment lever la chape de plomb des non-dits qui écrase les siè­cles ? Pourquoi le nar­ra­teur en vient-il à soupçon­ner un « rose­bud » refoulé der­rière sa pas­sion de l’Histoire ? La déam­bu­la­tion, la vis­ite eth­nospa­tiale dans les salles du Musée de Ter­vueren catal­yse une descente spéléologique dans le temps. Quel lien ombil­i­cal avec l’Afrique a‑t-il occulté ? Dans le sil­lage de la mort de la mère, des zones intimes tenues dans l’ombre récla­ment un pas­sage vers la lumière. Con­tin­uer la lec­ture

Joseph Gillain, dit Jijé : de la BD aux arts plastiques, un artiste témoin de son temps

Un coup de cœur du Car­net

Philippe DELISLE et Benoît GLAUDE, Jijé, l’autre père de la BD fran­co-belge, PLG, coll. « Mémoire vive », 2019, 180 p., ISBN : 978–2‑917837–33‑7

Deux chercheurs, l’un, Philippe Delisle, français, qui enseigne l’histoire con­tem­po­raine à l’Université de Lyon III, en s’intéressant à l’idéologie portée par la « lit­téra­ture dess­inée », et l’autre, Benoit Glaude, belge, doc­teur en langues et let­tres, chercheur au FNRS et chargé de cours à l’UCL, nous livrent ici un pas­sion­nant essai, très struc­turé, bien doc­u­men­té, riche­ment illus­tré par des doc­u­ments inédits ou pré­cieux, avec un appareil cri­tique sérieux : cat­a­logue des œuvres lit­téraires illus­trées par Joseph Gillain, bib­li­ogra­phie com­por­tant : cat­a­logues de l’œuvre de Jijé, études cen­trées sur l’œuvre de Jijé, études générales abor­dant l’œuvre de Jijé ; index des noms de titres et de per­son­nages. La struc­ture de l’ouvrage, écrit lis­i­ble­ment, dans un style à la fois rigoureux quant à l’analyse, mais limpi­de quant à sa for­mu­la­tion, et parsemé d’exemples, grâce à des planch­es, dessins ou autres doc­u­ments graphiques aux­quels il est fait référence dans l’analyse en corps du texte, abor­de en six chapitres le par­cours et le tra­vail de ce père créa­teur, avec Hergé, de la bande dess­inée belge : Fils de Tintin ; Fils d’écrivain ; Fils de curé ; Jijé con­frère ; Frère des peu­ples ; Père fon­da­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Tours et détours

Corine JAMAR, Les replis de l’hippocampe, Bam­boo, 2019, 18 €, ISBN : 978–2‑8189–6809‑3

Dans quels détours com­plex­es, dans quelle par­tie secrète de la mémoire de Cal­ista Corine Jamar nous entraine-t-elle avec ce roman qui con­te la nais­sance d’un réc­it ?

Cal­ista a eu deux filles avec Cyril. Chaque jour, elle s’est enorgueil­lie d’échapper aux chiffres qui leur avaient été annon­cés suite à la décou­verte des hand­i­caps de Salomé, leur aînée : « Les papas d’enfants hand­i­capés ont un peu plus de mal à être char­mants : 80% d’entre eux […] quit­tent leur con­jointe ». Le jour du dix-huitième anniver­saire de sa fille, Cal­ista apprend un men­songe vieux du même âge. Con­tin­uer la lec­ture

Des notes sur toute la gamme

Cris­t­ian RONSMANS, Le bâton de Plu­tar­que. Mis­cel­lanées, Pont de l’Europe, 2019, 160 p., 12 €, ISBN : 978–2‑36851–422‑1

Dans Le bâton de Plu­tar­que, deux­ième volet de ses Mis­cel­lanées (le beau nom, quelque peu oublié, des mélanges lit­téraires), Cris­t­ian Ron­s­mans nous livre une nou­velle brassée de notes cueil­lies dans ses car­nets, aux couleurs et humeurs var­iées. Groupées par chapitres fan­tai­sistes : Apho­rismes et périls, Apho­rismes et man­tilles, Apho­rismes et basse con­tin­ue, Apho­rismes et vieilles den­tellesCon­tin­uer la lec­ture

Félicien Rops. Théorie du druidisme

Féli­cien ROPS, Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps, Textes présen­tés, choi­sis et post­facés par Hélène Védrine, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 420 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–477‑6

Davan­tage que sim­ple­ment don­ner le ton, le titre résonne comme un man­i­feste esthé­tique. C’est dans l’espace lit­téraire du pein­tre, graveur, dessi­na­teur et illus­tra­teur Féli­cien Rops (1833–1898) que nous entrons. Le recueil Mémoires pour nuire à l’histoire artis­tique de mon temps se com­pose de textes sélec­tion­nés par Hélène Védrine, sou­vent tirés de la cor­re­spon­dance de l’artiste, au fil desquels l’on décou­vre ses théories esthé­tiques, sa con­cep­tion (mou­vante, mul­ti­fi­brée) de la moder­nité, la cen­tral­ité de l’érotisme, son inven­tion d’une forme de dandysme inspirée par Baude­laire, forme qu’il appelle le druidisme. Con­tin­uer la lec­ture

Des livres sur Bruxelles numérisés par l’ULB

Les Bib­lio­thèques de l’ULB ont engagé un impor­tant tra­vail de numéri­sa­tion de livres, mis ensuite à dis­po­si­tion des usagers. L’une des sec­tions de cette dig­ithèque, sous le nom “Brux­el­liana”, regroupe des livres — poèmes, réc­its, pièces de théâtre ou essais — con­sacrés à Brux­elles.  Con­tin­uer la lec­ture

Plus fort que tout

Tuyêt-Nga NGUYEN, Soie et métal, Acad­e­mia, 2019, 306 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0481‑6

Le sen­ti­ment d’abandon parental chez un enfant laisse sou­vent une blessure pro­fonde, indélé­bile. Quand Clara, âgée de 16 ans, voit sa mère quit­ter le domi­cile famil­ial, elle décide de la ray­er de sa vie. Lorsqu’elle reçoit huit ans plus tard un col­is avec divers­es infor­ma­tions sur celle qu’elle a reniée, elle pense d’abord à ren­voy­er l’enveloppe à l’expéditeur sans pren­dre con­nais­sance de son con­tenu. Mais elle doit tôt admet­tre que le mal est fait : la plaie de la perte est rou­verte et son regard aiman­té par l’enveloppe qu’elle tarde à aller dépos­er. Elle com­mence par lire la let­tre qui accom­pa­gne divers doc­u­ments, puis ne résiste pas à pren­dre con­nais­sance de tout son con­tenu. En écho à cette ques­tion qui résonne : Les incendies des âmes s’éteignent-ils tou­jours, à l’image de ceux des forêts ? Con­tin­uer la lec­ture

Poétique de la célébration

Jacques SOJCHER, Joie sans rai­son, dessins d’Arié Man­del­baum, Fata Mor­gana, 2020, 56 p., 13 €, ISBN : 978–2377920570

Il est des recueils poé­tiques qui s’élèvent au tac­tile, qui, par la grâce des mots, accom­plis­sent une promesse sœur de la caresse de Lév­inas. Joie sans rai­son du philosophe et poète Jacques Sojch­er se tient sur cette ligne de tac­til­ité, de nudité, d’un dévoile­ment adom­bré par le retrait. Les cer­cles qu’arpente Jacques Sojch­er en philosophe-artiste ont pour nom la femme, l’enfance, l’amor fati. Comme « la rose est sans pourquoi » (Angelus Sile­sius), la joie est sans rai­son dès lors qu’elle se tient du côté du non-savoir, de la perte de toute maîtrise. Il n’y a pas d’amour sans entrée dans l’impersonnel, dans l’au-delà ou l’en deçà du sujet. Con­tin­uer la lec­ture

« Le témoin déjà en poussière de ma propre poussière… »

José-André LACOUR, Le rire de Caïn, Table ronde, coll. « Petite Ver­mil­lon », 620 p., 10,5 €, ISBN : 9791037105387

« Le mot chef‑d’œuvre est gal­vaudé. » C’est sur ce con­stat sans appel que s’ouvre la pré­face signée par Jacques De Deck­er à pro­pos d’un des plus grands livres oubliés des let­tres fran­coph­o­nes de Bel­gique. Le rire de Caïn de José-André Lacour (1919–2005) con­stitue en effet un som­met de la veine auto­bi­ographique romancée. Pub­lié à l’enseigne de La table ronde en 1980 – soit à l’époque où le ques­tion­nement iden­ti­taire se dis­ait encore « Bel­gi­tude » à Paris –, ce fort vol­ume se ver­ra couron­né par le Grand Prix des Lec­tri­ces du mag­a­zine Elle. Rien d’étonnant à cette recon­nais­sance si l’on con­sid­ère la maes­tria de Lacour à camper les por­traits des femmes qui peu­plent son réc­it, à les met­tre en scène dans le spec­tre le plus éten­du de leurs atti­tudes, à faire ressen­tir leurs douleurs secrètes, leurs doutes, leur force, leur sen­si­bil­ité, leur vio­lence, bref leur être tout entier. Con­tin­uer la lec­ture

Calepin d’un galopin

Paul GUIOT, Au pays des mots à sons, Chat polaire, 2019, 63 p., 12 €, ISBN : 978–2‑9310–2802‑5

À 57 ans, Paul Guiot con­fesse qu’il est resté très jou­ette. L’auteur d’aphorismes aime les mots qu’il ramasse comme un gamin sans peur qu’on fesse, revenu de l’école buis­son­nière. Celle-ci est son Pays des Mots à Sons où vivre se con­jugue au plaisant. Tel est le pré req­uis dans lequel il emmène par l’âme un ami ; vous lecteur. Pour observ­er ses ani­mots rumi­nant livresque d’une vie de poème, chan­té dans les champs de blé en verbe. Con­tin­uer la lec­ture

Verheggen enfin chez Vondel !

Jean-Pierre VERHEGGEN, Pub­ères, Putains / Pubers, Pieten­pakkers, tra­duc­tion Christoph BRUNEEL, Âne qui butine, 2019, 2013 p., 22€, ISBN : 978–2‑919712–23‑6

Il n’est pas dans les habi­tudes du Car­net de recenser les tra­duc­tions d’œuvres lit­téraires belges fran­coph­o­nes vers d’autres langues. Une excep­tion pour­tant aujourd’hui tant l’entreprise qui voit le jour con­stitue une pre­mière, un défi relevé et entamé il y a trois ans par Christoph Bruneel, relieur de for­ma­tion et ani­ma­teur avec Anne Letoré des édi­tions L’Âne qui butine. Le pari ? Traduire inté­grale­ment en néer­landais un recueil de Jean-Pierre Ver­heggen, en l’occurrence Pub­ères, Putains, sans doute l’un des textes les plus con­nus, les plus aboutis du poète. Un pari assez fou en effet d’autant que Ver­heggen se plaît à rap­pel­er avec humour que même en français il n’a jamais été adap­té, emprun­tant en cela à Jules Renard sa for­mule ironique à l’encontre de l’auteur d’Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, « Mal­lar­mé, intraduis­i­ble même en français ! » Con­tin­uer la lec­ture