Archives annuelles : 2020

Chaos ? Utopies ? Démontage de poncifs !

Véronique BERGEN et WINSHLUSS, L’anarchie, théories et pra­tiques lib­er­taires, Lom­bard, coll. « La petite bédéthèque des savoirs », 2019, 87 p., 10 € / ePub : 4.99 €, ISBN : 9782083675784

Une belle sur­prise du côté de la col­lec­tion « La petite bédéthèque des savoirs » (aux édi­tions Le Lom­bard) qui comme elle le dit, ne s’interdit rien. L’une « des invi­ta­tions à aller plus loin »
vient cette fois de Véronique Bergen comme scé­nar­iste, Win­sh­luss comme dessi­na­teur et d’Annomane pour la vive mise en couleur. L’alliance rock du numéro 29 de la col­lec­tion, l’Anarchie, théories et pra­tiques lib­er­taires. Évidem­ment, lorsque l’on se régale des planch­es de Win­sh­luss à l’ironie grinçante (dont le style est assez par­ti­c­uli­er pour être rapi­de­ment recon­nu) et de la nar­ra­tion agitée de Bergen, on sort de cette lec­ture décoif­fée ! Prête à con­tin­uer la destruc­tion des préjugés, car le duo s’attache ici à expli­quer l’anarchie. Une vul­gar­i­sa­tion réussie d’un courant poli­tique qui a subi tous les pon­cifs imag­in­ables. Con­nue et mécon­nue, cer­taine­ment pas recon­nue, l’anarchie c’est quoi ? Con­tin­uer la lec­ture

Occupation militaire et domination masculine durant la Guerre 14–18

Emmanuel DEBRUYNE, « Femmes à Boches ». Occu­pa­tion du corps féminin, dans la France et la Bel­gique de la Grande Guerre, Belles Let­tres, 2018, 456 p., 25,90€ / ePub : 18.99 €, ISBN : 9782251448435

Se revendi­quant à la fois de l’histoire du genre et de celle de la guerre, l’ouvrage « Femmes à Boches », d’Emmanuel Debruyne, pro­fesseur d’histoire con­tem­po­raine à l’UCL, exam­ine une ques­tion auda­cieuse, dans sa for­mu­la­tion même : l’« occu­pa­tion du corps féminin », en France et en Bel­gique, durant la Guerre 14–18. Quel est le con­texte ? « Pen­dant qua­tre ans, la qua­si-entièreté de la Bel­gique et de larges pans de dix départe­ments français sont occupés par l’armée alle­mande » : ces ter­ri­toires, découpés par l’ennemi en plusieurs zones dis­posant de leur admin­is­tra­tion, for­ment un large périmètre regroupant une dizaine de mil­lions d’habitant-e‑s. Con­tin­uer la lec­ture

Geneviève Damas dans la short list de Pen America

damas if you cross the riverNous vous l’an­non­cions il y a quelques joursIf You Cross the Riv­er, la tra­duc­tion anglaise de Si tu pass­es la riv­ière fig­u­rait dans la pre­mière sélec­tion du Pen Trans­la­tion Prize, prix décerné par Pen Amer­i­ca, la branche améri­caine du Pen Club. Laque­lle vient de pub­li­er une liste resser­rée de 5 titres. Bonne nou­velle pour la lit­téra­ture belge : Geneviève Damas est tou­jours en lice. Con­tin­uer la lec­ture

Les océans, vingt mille lieues sous la mer

David VANDERMEULEN, Daniel CASANAVE, Hubert REEVES, Hubert Reeves nous explique. Tome 3 : les océans, Lom­bard, 2019, 65 p., 13,45 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 9782803673100

Après Hubert Reeves nous explique la bio­di­ver­sité, Hubert Reeves nous explique les forêts, David Van­der­meulen, Hubert Reeves (scé­nario) et Daniel Casanave (dessins) livrent un roman graphique sur les océans. Sous la forme d’une fic­tion grav­i­tant autour du per­son­nage de l’astrophysicien Hubert Reeves, lequel explique à une femme et deux enfants la vie des océans, des courants marins, l’album délivre une péd­a­gogie dynamique qui priv­ilégie le ques­tion­nement. La démarche exploratoire du réc­it suit la veine explo­ratrice des sci­ences. Au plus loin d’un exposé ex cathe­dra, l’ouvrage développe une approche heuris­tique au fil de laque­lle les décou­vertes sont insérées dans une nar­ra­tion. Pourquoi les océans sont-ils salés ? Com­ment s’est for­mée la grande dor­sale médio-atlan­tique, une chaîne de vol­cans sous-marins ? Le pari de vul­garis­er tout en gar­dant l’aiguillon de la prob­lé­ma­ti­sa­tion, de l’exigence, de la pas­sion pour la décou­verte est relevé avec brio. Con­tin­uer la lec­ture

Quand le secret explose…

Eva KAVIAN, Tu es si belle, Oskar, 2019, 46 p., 9,95 €, ISBN : 979–1021406919

La nar­ra­trice, Jeanne (14 ans) reçoit un mes­sage mys­térieux de sa sœur Flo­ra (18 ans) : « Je te libère de notre secret ». Son intu­ition lui dit que c’est impor­tant, elle se rend alors au stu­dio où vit sa sœur pour s’assurer que tout va bien : là-bas, elle décou­vre Flo­ra éten­due sur son lit. Elle a avalé beau­coup de médica­ments et a écrit sur le mur avec son pro­pre sang « Tu es si belle ». Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles au 19e vue par les écrivains

Joseph VAN WASSENHOVE, Brux­elles. La ville vue par des écrivains du XIXe siè­cle, Sam­sa, 312 p., 30 €, ISBN : 978–2‑87593–084‑2

Repris sous une forme mod­i­fiée par Julien Gracq dans l’incipit de La forme d’une ville, le vers de Baude­laire tiré du poème Le cygne —  « la forme d’une ville / Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mor­tel » — com­pose la basse con­tin­ue de l’essai de Joseph Van Wassen­hove. Par quel prisme appréhen­der Brux­elles au 19e siè­cle, sachant qu’elle a subi, au nom du pro­grès et de la moder­nité, des mod­i­fi­ca­tions archi­tec­turales, urban­is­tiques sou­vent désas­treuses, sinon par celui de la lit­téra­ture ? Dans Brux­elles. La ville vue par des écrivains du XIXe siè­cle, l’auteur se livre à une enquête archéologique qui prend la forme d’une prom­e­nade lit­téraire. Con­tin­uer la lec­ture

Petits cœurs sensibles tentent de s’apprivoiser

Vin­cent ENGEL, Si seule­ment, Lucie, Hachette, 2019, 198 p., 13,90 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2016212394

Si seule­ment, Lucie nous plonge dans la ren­con­tre de deux jeunes ado­les­cents, Lucie et Jim. Lucie vient d’emménager dans le même immeu­ble que Jim et se retrou­ve dans sa classe aus­si. Elle voudrait con­tin­uer à vivre à dis­tance des autres, mais ses pro­fesseurs ont con­fié à Jim la respon­s­abil­ité de lui prêter ses notes pour qu’elle se remette en ordre. La voilà suiv­ie par un jeune homme bien encom­brant, soucieux d’accomplir sa tâche… Con­tin­uer la lec­ture

Une formation autour de la littérature belge et de Poney flottant au 140

Dans le cadre du pro­jet “Le 140 est lit­téra­ture”, le 140 et Espace Nord pro­posent aux enseignants du 3e degré une for­ma­tion d’une journée, le 16 mars 2020, autour de la lit­téra­ture belge et de l’analyse du roman Poney flot­tant d’Is­abelle Wéry (ONLiT). La for­ma­tion, qui se tien­dra en présence de l’autrice, est recon­nue par l’IFC. Con­tin­uer la lec­ture

Giselle : un ballet romantique à faire découvrir aux plus jeunes

Pierre CORAN, Olivi­er DESVAUX, Giselle, Didi­er jeunesse, 2019, 45 p.+ Cd-audio, 23,80 €, ISBN :  978–2‑278–09810‑1

Pierre Coran, auteur incon­tourn­able en lit­téra­ture jeunesse, a déjà réal­isé plusieurs adap­ta­tions de textes majeurs du théâtre ou de bal­let pour la jeunesse : citons par exem­ple  l’album Roméo et Juli­ette (chez Flam­mar­i­on, avec des illus­tra­tions de Char­lotte Gas­taut) et plus récem­ment, Le lac des cygnes (chez Didi­er jeunesse), un livre-cd où le texte de Pierre Coran était déjà accom­pa­g­né des mag­nifiques pein­tures à l’huile de l’artiste français Olivi­er Desvaux. Con­tin­uer la lec­ture

Thomas Lavachery sélectionné pour les prix jeunesse des Libraires en Seine

Thomas Lavachery

Thomas Lavach­ery

Le col­lec­tif de librairies français­es Libraires en Seine a révélé ses sélec­tions pour ses deux prix jeunesse, le prix des Petits bouquineurs en Seine et le prix des Bouquineurs en Seine. Une sélec­tion dans laque­lle fig­ure Thomas Lavach­ery. Con­tin­uer la lec­ture

L’exploration perspectiviste de Maxime Coton

Maxime COTON, Pages vivantes, Poème de réal­ité virtuelle, Images de Jamil Mehdaoui, Trad. en anglais par Lia Swope Mitchell, L’Arbre de Diane, 2019, 12 €

Ovni lit­téraire, livre inter­ac­t­if qui se dou­ble d’une instal­la­tion, Pages vivantes de Maxime Coton se présente comme un livre-objet mul­ti­formel com­posé d’un long poème en français et en anglais que le lecteur peut lire mais aus­si écouter et voir en insérant son smart­phone dans les lunettes 3D fournies. Embar­qué dans une expéri­ence per­spec­tiviste, chaque lecteur peut opter pour l’une ou l’autre porte d’entrée, préfér­er la suc­ces­sion du lis­i­ble, du sonore et du vis­i­ble ou embrass­er leur simul­tanéité. Maxime Coton crée une aven­ture sen­sorielle qui per­met de réin­ter­roger, d’une part, les spé­ci­ficités pro­pres à la let­tre, à l’image et au son, d’autre part, leurs croise­ments, leurs inter­férences. Con­tin­uer la lec­ture

Bras cassés et autres héros du temps

Valéri­ane DE MAERTELEIRE, Le frag­ile, Lans­man, 2019, 48 p., 10 €, ISBN : 9782807102583

Com­bi­en de bras cassés au théâtre, de vies épuisantes, d’enfances con­t­a­m­inées de frus­tra­tions et de vieil­lard tournoy­ant dans la grande salle de danse de l’ou­bli ?

Le frag­ile de Valéri­ane De Maerteleire est une pièce sur les désar­tic­ulés du temps, les par­ents angois­sés, des jeunes qui gran­dis­sent, qui dérapent et ces mêmes par­ents qui péda­lent dans le vide sou­vent. Con­tin­uer la lec­ture

Hammershøi, Gould, Bernhard, sous l’œil fraternel de Patrick Roegiers

Patrick ROEGIERS, Éloge du génie – Vil­helm Ham­mer­shøi, Glenn Gould, Thomas Bern­hard, Arléa édi­tions, coll. « La ren­con­tre », 2019, 109 p., 17 €, ISBN : 9782363082077

Dès les pre­mières pages de son Éloge du génie, Patrick Roegiers nous livre une déf­i­ni­tion très per­son­nelle des génies (en tout cas dans le domaine artis­tique car ne sont pas abordé.e.s ceux ou celles issu.e.s du monde sci­en­tifique par exem­ple). À ses yeux, ils « ne sont pas de doux dingues, des indi­vidus anor­maux, bizarres ou déli­rants (…) », mais « des êtres sin­guliers dans leur façon d’exister, de voir ou de racon­ter le monde, et de créer (ou de crier ?). » Con­tin­uer la lec­ture

L’expérience poétique

Pas­cale SEYS, La poésie comme mode d’emploi du monde, Midis de la Poésie, 2019, 28 p., 8 €

Son­dant les enjeux, la teneur de l’espace poé­tique, Pas­cale Seys nous con­vie à une tra­ver­sée de quelques textes fon­da­teurs. D’Anatole France (Le jardin d’Épicure), d’Hésiode (Les travaux et les jours), de René Char (Fureur et mys­tère), de Rilke (« La pan­thère ») et de Paul Celan (Le méri­di­en et autres pros­es). Il s’agit d’aller à la ren­con­tre de l’ombilic du poème, par-delà la con­vo­ca­tion de ses seules spé­ci­ficités formelles, de met­tre à jour sa valence méta­physique, sa ligne éthique. Dévelop­pant la con­nex­ion intrin­sèque entre le poème et l’ouverture (aux ambiva­lences, aux jeux des con­traires), filant la pen­sée rilkéenne de l’Ouvert reprise par Hei­deg­ger, l’essai cir­con­scrit le lieu poé­tique comme un champ rel­e­vant d’un réc­it par­ti­c­uli­er et se ten­ant à l’écart du logos, de la pen­sée rationnelle. Con­tin­uer la lec­ture

Le livre se porte bien en bibliothèque

Ce jeu­di 16 jan­vi­er, le Ser­vice de la lec­ture publique a présen­té les chiffres-clés du secteur des bib­lio­thèques. Une étude basée sur les sta­tis­tiques ren­dues par les bib­lio­thèques de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles pour l’an­née 2017. D’où il ressort que le prêt de livres con­nait un bel engoue­ment. Con­tin­uer la lec­ture

C’était sait

Edgar KOSMA, #VivreAuVingtE­tU­nième­Siè­cle, Arbre à paroles, 2019, 113 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–688‑7

Same­di soir, lors de dédi­caces chez Home Frit’ Home, librairie-galerie-bou­tique du sur­réal­isme et micro-musée de la frite à For­est, Edgar Kos­ma m’accueille avec douceur et sim­plic­ité. Il a man­i­feste­ment l’habitude de recevoir un incon­nu venu de nulle part. Et d’emblée, il absorbe les ques­tions d’un regard pro­fond dans celui de son inter­locu­teur. De temps en temps, son champ de vision s’élargit et part pas mal loin pen­dant qu’il répond. Con­tin­uer la lec­ture