Un coup de cœur du Carnet
Alia CARDYN, Mademoiselle Papillon, Robert Laffont, 2020, 267 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2221249352
Gabrielle est une infirmière de 30 ans qui travaille au service de néonatalogie intensive d’un hôpital. Son quotidien est rythmé par les actes techniques et le fonctionnement des machines qui ont pris le dessus sur l’humain pour décider du sort des bébés. Composant chaque jour avec la limite entre la vie et la mort, elle fait de son mieux dans cet univers où l’incertitude domine, où le temps est une obsession, où rien n’est acquis, où chaque victoire, si infime soit-elle, est le résultat d’une lutte de chaque instant. Continuer la lecture

Santana relate l’histoire d’une relation de soumission entre Emma et Mikaël, deux ados de 17 ans dans la même école. Leur premier contact est surprenant : Emma bouscule par mégarde le jeune homme qui, pour se venger, lui vole son téléphone et décide de le vendre sur Facebook. Interpellant. Le ton est donné. 
Il faut saluer la fidélité opiniâtre de
Parler du livre aujourd’hui semble un passage obligé pour celles et ceux qui en ont été nourris à l’âge des grandes constructions, cela revient souvent à évoquer une biodiversité de l’esprit qui se traduit souvent en termes d’ « ensauvagement »… Cet acte de lire si simple apparemment mais si éminemment complexe et périlleux serait de l’ordre de la fureur (nous y sommes actuellement en Fédération Wallonie-Bruxelles), du plaisir permanent, du jouir à pleines pages. 
André-Joseph Dubois est décidément un auteur singulier. Loin des effets de mode, il pratique l’écriture au long cours et il accoste de temps à autre un roman à la main, sans tambour ni trompettes. Son nouvel opus est doublement placé sous le signe du chiffre sept, par son titre et son ordre dans son œuvre publiée. Le septième cercle fait sans doute référence, sans que l’auteur y fasse explicitement allusion, à l’Enfer de Dante Alighieri, qui classifie les âmes damnées en neuf zones circulaires selon la catégorie de péché commis. La septième concerne plus précisément les actes de violence, une réalité qui imprègne sans aucun doute l’existence entière de Léon Bourdouxhe dont ce dernier nous livre le récit dans l’ordre chronologique.
Il serait malaisé de donner tort à Jules Pirlot quand, en incipit de son essai, il affirme : « Julien Lahaut est surtout connu par sa mort ». Sans doute faudrait-il ajouter « et par le mystère qui l’a longtemps entourée ». Sur ce point, l’étude
« L’art n’est pas une fenêtre en trompe‑l’œil ouverte sur les paradis perdus ou à venir. L’art n’a pas de drapeau ni d’église, il n’est ni d’en haut ni d’en bas, ni de gauche ni de droite, et il n’a pas de juste milieu. L’art n’est pas une friandise, mais une méditation sur la vie. Une méditation joyeuse ou pathétique, ludique, lyrique ou drolatique. L’art est difficile, insoumis », écrit ce poète peu connu. La réédition d’Anamnèse et de deux recueils écrits entre 1960 et 1963, aujourd’hui introuvables : Dire pagaille et L’oplomachin, est particulièrement bienvenue. Un cahier de documents picturaux figure aussi dans cette édition. Si Vandycke est ignoré en tant que poète, il n’est pas inconnu comme peintre et dessinateur. Line Hubert lui avait en effet consacré une monographie : Rien qu’un peu de peinture véritable et véridique (Éditions Arts et Voyages, 1977).
Parmi les plaisirs de la littérature, il y a celui de la découverte. Celle de dénicher par exemple un auteur dont on se sent proche immédiatement, au premier coup d’œil, et la surprise de repérer un éditeur que l’on ne connaissait pas encore la veille. Double plaisir donc ici avec ces Sonnets de la révolte ordinaire de Laurent Robert parus chez l’éditeur lyonnais Aethalidès. Une maquette sobre, élégante, un papier de qualité, une typographie aérée et le titre d’une collection – Freaks — qui donne le ton, à la fois insolite et provocateur !
Jean Luc Werpin verse dans le haïku comme un enfant plonge dans une meule de foin. Il s’y enfonce à se perdre et l’air hirsute, il en ressort plein d’épis et de fétus accrochés aux vêtements, de poussières et de pollens sur le visage comme autant d’étoiles dans les yeux. Une à une, il extrait ses ardentes et hasardeuses prises des mailles de ses habits pour les rassembler aujourd’hui, tel un herbier disparate, dans un recueil nommé Menues monnaies. 
Corbeaux, chouettes, chats, homme-cerf, paysages enneigés, personnages marginaux anguleux, rites d’initiation, génie du silence graphique mettant en scène la Bataille des Ardennes, les sombres conflits entre villageois, la mise à mort des êtres différents… Quarante ans après la parution de l’album Silence, le chef‑d’œuvre de Comès, à l’occasion de la souveraine
Un Muzungu, un homme blanc d’Afrique, raconte son histoire. Celle d’un petit garçon né au Burundi en 1965 et rapatrié en Belgique en 1972. Celle d’un adulte d’une cinquantaine d’années qui, après avoir retrouvé, dans la cave de ses parents, douze bobines de films d’archives familiales, regarde le passé et contemple ses racines. 990 mètres de bobines qui vont de 1963 à 1975, filmées en grande partie par son père et soigneusement conservées au plus profond du ventre de la maison familiale pendant de nombreuses années.