Musée Verhaeren : une nouvelle exposition

exposition musee verhaeren septembre 2022

Du 11 sep­tem­bre au 27 novem­bre, le Musée provin­cial Emile Ver­haeren accueillera une nou­velle expo­si­tion, con­sacrée au pho­tographe Jacques Vilet, Vies silen­cieuses / Cru. Con­tin­uer la lec­ture

Poetik Bazar 2022 : le programme

Nous vous l’an­non­cions il y a quelques semaines : le Poet­ik Bazar con­naitra une deux­ième édi­tion en sep­tem­bre. Le marché d’édi­tion de poésie bilingue s’in­stallera au BE-HERE du ven­dre­di 23 au dimanche 25 sep­tem­bre. Le pro­gramme des ren­con­tres, balades et ate­liers, com­mencera quant à elle dès le 17 sep­tem­bre.

Le Poet­ik Bazar est porté par un col­lec­tif d’as­bl fran­coph­o­nes et néer­lan­do­phones : Les édi­teurs sin­guliers, la Foire du livre de Brux­elles, mael­strÖm reEvo­lu­tion, la Mai­son de la poésie d’Amay, les Midis de la poésie et VONK & Zonen, en col­lab­o­ra­tion avec la Mai­son de la poésie de Namur, le Marché de la poésie de Paris et Pas­sa Por­ta. Fortes de leurs exper­tis­es com­plé­men­taires, ces asso­ci­a­tions pro­posent pour l’édi­tion de cette année un pro­gramme dense et var­ié. Au coeur de celui-ci, le marché d’édi­tion, avec 97 maisons d’édi­tion présentes ou représen­tées, tien­dra ses quartiers pen­dant trois jours dans la halle du BE-HERE et offrira aux vis­i­teurs et vis­i­teuses un bel aperçu de la vital­ité et de la diver­sité de la poésie en Bel­gique, en France et aux Pays-Bas. Con­tin­uer la lec­ture

On ne va pas moisir ici

Math­ieu BURNIAT, Sous terre, Dar­gaud, 2021, 173 p., 20,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑205–08825‑0

burniat sous terreSuzanne, 16 ans, descend sous terre comme 299 autres can­di­dats pour y ren­con­tr­er le dieu vengeur Hadès lassé de voir les humains détru­ire les richess­es de son Roy­aume. Dans l’idée de s’amuser un peu, celui-ci promet son trône au seul can­di­dat qui sur­vivra aux cinq épreuves imag­inées. Poussés davan­tage par la peur de mourir que par l’improbabilité du suc­cès, les nou­veaux jou­ets du dieu se dépla­cent selon le ter­rain et les moyens disponibles : à pied ou en Metro­ver en zone solide, à la nage et aug­men­tés de branchies en milieu aque­ux. Leur taille tourne habituelle­ment autour du demi-cen­timètre, les lais­sant très sou­vent sans voix (et sans défense) face à des créa­tures nou­velle­ment gigan­tesques. Con­tin­uer la lec­ture

Mirage

Didi­er DUMONT, Je suis né comme un mourant, Canoë, 2022, 224 p., 18 €, ISBN : 978–2‑490251–66‑7

dumont je suis né comme un mourantIl est des livres qui résis­tent aux attentes du lecteur. Impos­si­ble des les class­er dans un genre, d’y décel­er un déroule­ment con­venu, de les résumer en quelques mots. La pre­mière pub­li­ca­tion de Didi­er Dumont en relève assuré­ment. Au fil des pages de Je suis né comme un mourant, le nar­ra­teur naît à onze repris­es : « dans une cour d’école », « le 13 sep­tem­bre 2018 », « au bord d’un fleuve », « au bout d’une corde », « der­rière un seul bar­reau », « dans un rond de fumée », « pour [s]e pos­er des ques­tions », « après [s]es funérailles », « devant sa fenêtre », « avec une phrase pour tout bagage », « comme un mourant ». Autant d’incarnations pré­textes à des nar­ra­tions irréelles, des invo­ca­tions artis­tiques, des matéri­al­i­sa­tions énig­ma­tiques. Chaque chapitre se déroule comme dans un rêve : les lieux sont à la fois incon­nus et fam­i­liers, les per­son­nages appa­rais­sent et s’évanouissent, les sit­u­a­tions s’enchaînent de manière « étrange et péné­trante ». Il faut donc les abor­der dénué(e) du désir de tout com­pren­dre et « juste » se laiss­er porter par l’expérience pro­posée. Con­tin­uer la lec­ture

Bibliographie – 1er septembre 2022

Avec la bib­li­ogra­phie du Car­net, retrou­vez toutes les pub­li­ca­tions, nou­veautés et réédi­tions, en lit­téra­ture belge.

Une liste établie par Thibault Car­i­on

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PEN Translates Awards : 21 traductions récompensées

Eng­lish Pen, la sec­tion anglaise de PEN inter­na­tion­al, a annon­cé la liste des 21 livres qui reçoivent les PEN Trans­lates Awards cette année. Con­tin­uer la lec­ture

Les veilleurs et veilleuses de nos vies

Flo­rence CRICK, Vous m’avez appelée, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? (His­toires de patients), Oiseaux de nuit, coll. « Romans à jouer, pièces à lire », 2022, 120 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–47‑6

crick vous m avez appelee qu est ce que je peux faire pour vous« Vous m’avez appelée ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? » Cette phrase, Flo­rence Crick l’a répétée des cen­taines de fois. Infir­mière volante dans un hôpi­tal qui traite des per­son­nes atteint·es de can­cers, elle a voulu ren­dre hom­mage à ses patient·es et ses col­lègues en reprenant leurs his­toires et leurs paroles. Les témoignages des un·es et des autres s’entrecroisent. Le réc­it est ponc­tué de phras­es quo­ti­di­ennes que peu­vent dire les patient·es et les infirmier·es. L’ensemble est poignant, sou­vent déchi­rant. Impos­si­ble de ressor­tir indemne d’une telle lec­ture, que l’on ait ou pas déjà côtoyé le can­cer, de près ou de loin. Certain·es patient·es gar­dent espoir et se bat­tent jusqu’au bout. Certain·es s’en sor­tent. D’autres, las de souf­frir, deman­dent l’euthanasie. Com­ment ne pas être bouleversé·e par cette dame qui écrit des let­tres à ses petits-enfants qu’elle ne ver­ra jamais grandir ? Par cette jeune fille qui avait fait promet­tre à sa mère de ne pas mourir, mais dont la mère n’aura pas pu tenir la promesse ? Par ce jeune garçon qui rêvait de voir John­ny en con­cert, mais qui s’en est allé bien avant son idole ? Par cette jeune mère en phase ter­mi­nale qui perd son com­pagnon d’un acci­dent de moto ? Com­ment ne pas être révolté·e de voir des jeunes, à peine âgé·es de trente ans, mourir si tôt ? Con­tin­uer la lec­ture

Faire des pompes de plume

Karel LOGIST, Faut-il dire la vérité aux éléphants ?, Cac­tus inébran­lable édi­tions, 2022, 76 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–067‑8
Jean-Loup NOLLOMONT, Con­tes à rebours, Cac­tus inébran­lable édi­tions, 2022, 98 p., 8 €, ISBN : 978–2‑39049–065‑4

logist faut il dire la verite aux elephantsLes pro­lifiques édi­tions du Cac­tus inébran­lable s’enrichissent d’un troisième titre de Jean-Loup Nol­lomont et d’un pre­mier du poète Karel Logist, pris d’aphorismes.

Le vac­cin con­tre la con­ner­ie ren­con­tr­erait une forte oppo­si­tion.

L’auteur s’explique dans un échange d’emails : « il m’arrive sou­vent, au détour d’une lec­ture, de repér­er ces petites phras­es qui sont comme une res­pi­ra­tion, une pause ful­gu­rante, dans un texte dense.  On a cou­tume d’appeler cela des apho­rismes mais se sont aus­si des punch­lines qui dynamisent (ou dyna­mi­tent) le pro­pos de l’auteur et qui font sor­tir son lecteur de sa zone de con­fort… Ces cour­tes phras­es que j’espionne — inscrip­tions, syl­lo­gismes, décoc­tions, maximes — peu m’importe le terme, sont écrites au départ d’observations lin­guis­tiques ou socié­tales, par­fois moral­isatri­ces, par­fois sub­ver­sives, par­fois drôles. Elles me ravis­sent et me don­nent à réfléchir. Si bien que je me suis mis, avec un cer­tain plaisir, à en pro­duire moi-même, mod­este­ment, en marge de mes lec­tures… Et elles ont eu la politesse de s’adapter à mes humeurs les plus taquines comme aux plus mélan­col­iques ! » Puis de se rassem­bler sous ce titre-plume : Faut-il dire la vérité aux éléphants ? Con­tin­uer la lec­ture

Prix Senghor 2022 : la sélection

Le prix Sen­g­hor du pre­mier roman fran­coph­o­ne et fran­cophile, ou prix Sen­g­hor, a dévoilé sa sélec­tion pour l’édi­tion 2022. Douze romans sont en lice. Con­tin­uer la lec­ture

Seul au monde

Thomas LAVACHERY, Hen­ri dans l’île, École des loisirs, 2022, 229 p., 12,50 € / ePub : 8,99 €, ISBN : 9782211323437

lavachery henri dans l'ileSuite au naufrage du Nugget en 1887, Hen­ri Malden est le seul rescapé sur l’île Litke. Ce jeune homme de 24 ans échoue sur la rive dans un état de pros­tra­tion avec trois com­pagnons qui ont suc­com­bé dans ce périple. Il se remet en mou­ve­ment pour les enter­rer digne­ment et opér­er un repérage sur l’île.

Ses pri­or­ités sont désor­mais d’assurer ses besoins vitaux : manger, dormir et se pro­téger des intem­péries. Nous le voyons évoluer dans une nature sauvage où il apprend à pêch­er et chas­s­er. Il s’habitue peu à peu à sa sit­u­a­tion et con­cen­tre toute son atten­tion sur la vie ani­male pour tan­tôt s’en servir, tan­tôt s’en pro­téger. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Jean-Claude Idée

Jean-Claude Idée

Jean-Claude Idée

L’homme de théâtre Jean-Claude Idée est décédé ce 26 août. Fon­da­teur du Mag­a­sin d’écri­t­ure théâ­trale (MET), il était comé­di­en et met­teur en scène, mais aus­si auteur, adap­ta­teur et tra­duc­teur. Con­tin­uer la lec­ture

Constance Chlore avec Nougé

Con­stance CHLORE avec Paul NOUGÉ, Il faut penser à tra­vers tout. À petits pas autour de Nougé et par frag­ments, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Book­leg », 2022, 3 €, ISBN : 978–2‑87505–424‑1

chlore il faut penser a travers toutEn 1927, Paul Nougé écrit le texte La mes­sagère, repris dans les Œuvres com­plètes de Nougé pub­liées aux édi­tions Allia en 2017, avec le célèbre texte Les objets boulever­sants. Moins de cent ans plus tard, en 2022, Con­stance Chlore et les édi­tions Mael­ström nous don­nent à relire des extraits de l’œuvre nougéenne au tra­vers de ce petit book­leg, Il faut penser à tra­vers tout. Le titre est un vers de Nougé, réac­tu­al­isé par Con­stance Chlore dans le « poème-doc­u­men­taire » qui précède les deux textes de l’écrivain. Deux sec­tions com­posent donc ce book­leg pour le moins éton­nant. La pre­mière sec­tion, inti­t­ulée « À petits pas autour de Nougé et par frag­ments », est le poème-doc­u­men­taire de Con­stance Chlore. La sec­onde, donne à lire les textes sus­men­tion­nés de Paul Nougé. Con­tin­uer la lec­ture

André Stas ou le spadassin passe-murailles

André STAS (textes) et Ben­jamin MONTI (dessins), Bref caetera, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2022, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–124‑1
Raoul VANEIGEM (textes), André STAS (col­lages), Adages, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2022, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–123‑4

Stas monti bref caeteraOn peut rire aux larmes, et de tout, et de rien… mais pour rédi­ger un traité de savoir-rire, il faut dénich­er l’arme et l’avoir bien en main. L’entretenir. Depuis plus de qua­tre décen­nies, André Stas, « ce chif­fon­nier muni de son cro­chet » – comme le décrivait en 1981 Scute­naire dans sa pré­face à une expo­si­tion de col­lages au Salon d’Art, chez Jean Mar­che­t­ti – a tou­jours trou­vé matière à con­fec­tion­ner ses flèch­es et couteaux, aigu­isés, effilés, enduits d’un secret mélange de curare, de hou­blon et d’eau de Spa, pour attein­dre ses cibles. Les col­lages de Stas, nés dans la par­faite con­nais­sance de ses prédécesseurs sur­réal­istes, ont acquis très vite une autonomie per­son­nelle, que Jacques Lizène définis­sait comme « des enlu­min­ures libres ». À la fois absur­des, dro­la­tiques, par­fois féériques et sou­vent sen­suelles voire sex­uelles, mais sans illu­sions : Stas est impi­toy­able à l’égard de lui-même et de ses sem­blables. Cet homme ne s’épargne pas, pas plus que ses col­lages au scalpel n’épargnent le monde qui l’environne. On cite à nou­veau Scute­naire : un col­lage de Stas, c’est « comme si une éponge morte et sat­urée d’une eau sale rede­ve­nait une créa­ture marine, vivante et fraîche, encore que par­fois effrayante. » Con­tin­uer la lec­ture

Le livre du père

Mehtap TEKE, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi, Viviane Hamy, 2022, 256 p., 18,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑38140–024‑2

teke petite je disais que je voulais me marier avec toiLa ren­trée lit­téraire 2022 accorde une large place aux pre­miers romans : 90 sur les 345 romans fran­coph­o­nes annon­cés, selon le décompte de Livres Heb­do. Mehtap Teke est l’une de ces nou­velles plumes à décou­vrir. Paru aux édi­tions Viviane Hamy, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi con­te l’histoire d’un homme qui, dans l’espoir d’une vie meilleure, quitte sa Turquie natale pour l’Europe occi­den­tale.

Le roman est presque entière­ment écrit à la deux­ième per­son­ne du sin­guli­er : si la nar­ra­trice, une jeune femme, racon­te l’histoire de son père, elle la racon­te aus­si à son père. Et retrace le par­cours de vie d’un enfant pau­vre né en Turquie, retiré tôt de l’école où il excel­lait. Arraché à ses rêves intel­lectuels, il est con­traint de tra­vailler dans les champs de coton avec son père, puis de quit­ter son pays d’origine pour rejoin­dre l’Europe occi­den­tale, en quête d’une vie meilleure. Là-bas, il besogne sur des chantiers de con­struc­tion, devient père d’une famille nom­breuse. Avec une obses­sion : offrir à ses filles les pos­si­bil­ités et l’aisance sociale et finan­cière dont il a été privé. Con­tin­uer la lec­ture

Ventes en hausse et BD à la fête : le marché du livre 2021

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L’ADEB a dévoilé les résul­tats de son étude sta­tis­tique sur le marché du livre en Bel­gique fran­coph­o­ne pour l’an­née 2021. Des chiffres qui dévoilent une forte hausse des ventes de livres. L’é­tude a été menée par l’in­sti­tut de sondage GfK, et com­plétée par les don­nées de l’ADEB.  Con­tin­uer la lec­ture

Frères de silence

Un coup de cœur du Car­net

Alexan­dre VALASSIDIS, Au moins nous aurons vu la nuit, Gal­li­mard, coll. « Scribes », 2022, 112 p., 15,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑07–299536‑1

valassidis au moins nous aurons la nuitNous sommes dans une ban­lieue indéfinie, dans l’ombre de tours de béton, et la vie s’écoule sans que l’on puisse penser qu’il fera meilleur demain. Le nar­ra­teur, qui ne livre pas son nom, nous par­le de Dylan, dont il était si proche et qui a dis­paru au creux de la nuit. Il nous dit leur univers com­mun, celui qu’ils trou­vent en lisière de la cité, là où on peut respir­er une fois passée la voie fer­rée. Entre eux, peu de mots, au mieux quelques regards, une forme de com­plic­ité tacite qui ne dit pas non plus son nom.

Entre nous, ça avait tout de suite pris, si je puis dire. Dès la pre­mière fois où nos regards s’étaient croisés. J’avais ressen­ti quelque chose. Une sen­sa­tion très forte. Sur laque­lle je n’avais pas voulu met­tre de mots. Pour qu’elle reste comme un cheval sauvage, cette impres­sion. Qu’elle reste libre. Con­tin­uer la lec­ture