Du sexe, de l’amour et du lâcher-prise

Arnaud DELCORTE, Gand­hara, Bleu d’encre, 2025, 175 p., 18 €, ISBN : 978–2‑930725–85‑7

delcorte gandharaGand­hara est une région his­torique située au nord-ouest de l’actuel Pak­istan, englobant la val­lée de Peshawar et s’é­ten­dant jusqu’aux bass­es val­lées des riv­ières Kaboul et Swat. Elle était un car­refour com­mer­cial et cul­turel impor­tant, reliant l’Inde, l’Asie cen­trale et le Moyen-Ori­ent. L’art du Gand­hara (du 1er siè­cle av. J.-C. au 7e siè­cle apr. J.-C.) est car­ac­térisé par des représen­ta­tions réal­istes de Boud­dha et d’autres fig­ures influ­encées par la stat­u­aire grecque. Cette région a joué un rôle majeur dans la prop­a­ga­tion du boud­dhisme vers l’Asie cen­trale et dévelop­pé une cul­ture unique. Si la poésie d’Arnaud Del­corte est « un cri douloureux mais un cri sal­va­teur » (N. Louis), elle est aus­si « berceuse et démence, sem­blable à un Qawali de Nus­rat Fateh Ali Khan […] » car elle est aus­si « lave qui char­rie les para­dox­es, l’infini de la chair, ses pesan­teurs et ses extases […] une chair ten­due vers une pos­si­ble tran­scen­dance […] » (U. Tim­ol). Con­tin­uer la lec­ture

Bourse Jacques De Decker 2025 : appel à candidatures

bourse jacques de decker 2025

Pas­sa Por­ta lance un appel à can­di­da­tures pour la bourse Jacques De Deck­er — ode à la curiosité. Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 15 sep­tem­bre. Con­tin­uer la lec­ture

Prix des librairies de Nancy — Le Point 2025 : la sélection

Le prix des librairies de Nan­cy — Le Point, qui sera décerné dans le cadre du fes­ti­val nancéen Le livre sur la place (12 — 14 sep­tem­bre), a annon­cé sa pre­mière sélec­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Bons baisers de Koksijde, Oostende et Meli Park

Un coup de cœur du Car­net

François LIENARD, Regi­na Maris, Let­tre volée, 2025, 128 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87317–655‑6

lienard regina marisLe voile de gras, de gris, de graf­fi­tis se déchire,
Vers Gand le ciel s’ouvre, des grains de sable
Tombent de l’émeri des nuages bleus, une odeur
De crêpe au sucre brin­que­bale vers Blanken­berge

Bon­heur fou de suiv­re François Lié­nard dans ses péré­gri­na­tions en tram tout du long de la côte belge ! C’est que François Lié­nard est généreux :  en dix-neuf poèmes de formes et de longueurs vari­ables, Regi­na Maris nous offre autant de cartes postales, ou de let­tres intimes, qu’un ami nous enver­rait d’Oostende ou du West­hoek. C’est jubi­la­toire et addic­tif. Con­tin­uer la lec­ture

Une ultime liberté

Michel VAN DEN BOGAERDE, Sus­pen­sion du pronon­cé, Coudri­er, 2025, 66 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–073‑3

van den bogaerde suspension du prononcéEnsem­ble de poèmes en vers libres, Sus­pen­sion du pronon­cé offre au lecteur une bonne cinquan­taine de textes poé­tiques, tous titrés, agré­men­tés d’œuvres pic­turales en couleur, illus­trant ain­si le dou­ble tal­ent de Michel van den Bogaerde, qui s’inscrit là dans une tra­di­tion bien belge des rap­ports chez le même créa­teur entre la plume et le pinceau. Lau­rence Brog­niez, Paul Aron ou Claudette Sar­let ont analysé ce phénomène prég­nant à tra­vers l’histoire de nos Let­tres et Char­lyne Audin écrit à ce pro­pos : Con­tin­uer la lec­ture

La rencontre entre Masereel et Verhaeren

Masereel / Ver­haeren, Dia­logue en noir et blanc / Dialoog in zwart en wit, Textes bilingues de Christophe Meurée, Paul Aron et Hans Van­de­vo­or­den, Ed. Emile Ver­haeren­mu­se­um, 2025, 80 p., 18 €, ISBN : 978–9082533552

collectif masereel verhaerenAu nom­bre des ren­con­tres créa­tri­ces fécon­des entre un poète, un écrivain et un artiste, celle qui se noua entre Frans Masereel (1889–1972) et Émile Ver­haeren (1855–1916) occupe une place majeure. Davan­tage qu’un illus­tra­teur de la poésie, des nou­velles, des con­tes d’Émile Ver­haeren, Frans Masereel en est l’interprète, le lecteur graphique qui, non seule­ment, traduisit les textes ver­haere­niens dans des gravures sur bois, des dessins, des aquarelles mais réal­isa une œuvre graphique imprégnée par des thèmes, des motifs, des visions de l’auteur des Villes ten­tac­u­laires, de La mul­ti­ple splen­deur. Si Masereel a été exposé au Musée Émile Ver­haeren à trois repris­es, en 1963, en 1968 et en 1977, l’exposition actuelle déplace la focale en inter­ro­geant l’influence de l’écrivain sur le graveur. Une influ­ence, une con­ver­gence, des rap­proche­ments que Christophe Meurée, Paul Aron et Hans Van­de­vo­or­den analy­sent avec finesse dans le cat­a­logue. Con­tin­uer la lec­ture

Facile est l’offense

Éric BRUCHER, Par­donne-nous nos offens­es, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2025, 189 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–977‑5

brucher pardonne nous nos offenses okAvec Par­donne-nous nos offens­es, Éric Bruch­er offre treize nou­velles qui met­tent en saynètes beau­coup des (hyper)sensibilités actuelles, leurs tra­vers légers mais aus­si plus lourds. Il parvient, grâce à divers­es sit­u­a­tions, toutes atten­tive­ment réal­istes, à génér­er de la nuance et de la réflex­ion dans ce monde nou­veau, envahissant et se heur­tant avec com­plai­sance aux car­i­ca­tures. Con­tin­uer la lec­ture

Le poème est un sauf-conduit

Philippe LEUCKX, Lumière des murs, Cygne, 2025, 48 p., 12 €, ISBN : 978–2‑84924–831‑7

leuckx lumière des mursPhilippe Leuckx pour­suit une œuvre poé­tique élé­giaque : chaque poème ressem­ble ain­si aux petits cail­loux que l’enfant du con­te sème dans la forêt obscure où on est en train de le per­dre, pour pou­voir retrou­ver ultérieure­ment son chemin vers la lumière. Le titre, Lumière des murs, métapho­rise ce thème de la perte et de la résilience. Car le mur est, du point de vue de nos sens, une struc­ture matérielle fixe qui enferme, tan­dis que la lumière est un élé­ment mobile et presque immatériel. La lumière tra­verse l’espace quand le mur le cir­con­scrit. Le poète quête l’éclaircie de manière oxy­morique, comme si nom­mer sa douleur, écrire sa perte et son deuil, saluer la morte bien-aimée et pren­dre soin des enfants, était la seule issue à l’éphémère de notre pas­sage sur terre : Con­tin­uer la lec­ture

Perdre le nord

Jacques-Gérard LINZE, Au nord d’ailleurs. Paysage avec petits per­son­nages, pré­face de Xavier Han­otte, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2025, 300 p., 22 €, ISBN : 978–2‑8032–0091‑7

linze au nord d'ailleursOn n’entre pas à la légère dans ce roman de Jacques-Gérard Linze ini­tiale­ment édité en 1982 par Jacques Antoine. Le nar­ra­teur final – dont on ne saura rien de plus – apprend de son ami Gar­cia-Lévi les con­fi­dences naguère faites par leur ancien condis­ci­ple Vin­cent Berti­er, récem­ment tué d’un coup de feu au large de la côte danoise. Nous sommes donc dans le reg­istre for­cé­ment trou­ble d’un dis­cours dou­ble­ment rap­porté, en style tan­tôt direct, tan­tôt indi­rect, glis­sant sou­vent de l’un à l’autre, au point que cer­tains « je » et « nous » sont mal iden­ti­fi­ables, sans compter quelques invraisem­blances. Gar­cia-Lévi livre à son audi­teur d’innombrables détails com­porte­men­taux, ver­baux, anec­do­tiques et même météorologiques ; certes, il a béné­fi­cié de let­tres et de longues con­ver­sa­tions avec Berti­er, mais ne lui arrive-t-il pas de fab­uler ? « Je ne sais plus ce qui est à moi et ce qui est à Vin­cent » avouera-t-il. Quant à la tour­nure très lit­téraire du réc­it, entrave gênante au sen­ti­ment de vérac­ité, est-elle due au maniéré Gar­cia-Lévi ou à son audi­teur ? Quoi qu’il en soit, tous deux mul­ti­plient les incis­es quant à la dif­fi­culté de recon­stituer le passé, au car­ac­tère aléa­toire des sou­venirs, aux con­fu­sions inévita­bles, aux trous de mémoire. Les nom­breux lap­sus du pre­mier ont à cet égard un rôle vis­i­ble­ment indi­ciel : ainé / aimé, ali­bis / amis, sor­dides / solides, la parole elle-même vient à trébuch­er dans la traque du vrai. Con­tin­uer la lec­ture

De la plume au harpon

Sébastien FEVRY, Pêch­es de Géorgie, Cheyne, 2025, 85 p., 19 €, ISBN : 978–2‑84116–364‑9

fevry peches de georgieSaluée par plusieurs récom­pens­es, dont le prix Mar­cel Thiry en 2021 pour Brefs déluges, l’œuvre de Sébastien Fevry se des­sine patiem­ment autour d’une géo­gra­phie à la fois intime et spa­tiale. La cohérence qui la car­ac­térise est ren­for­cée sans nul doute par la fidél­ité aux édi­tions Cheyne puisque ce nou­v­el opus Pêch­es de Géorgie con­stitue le qua­trième recueil que l’auteur pub­lie chez l’éditeur ardé­chois depuis 2018. Con­tin­uer la lec­ture

Une valse à trois temps

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line LAMARCHE, Le Bel Obscur, Seuil, 2025, 240 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782021603439

lamarche le bel obscurIl existe des livres que l’on ne peut lâch­er, des livres qui, une fois com­mencés, con­duisent à délaiss­er toute autre activ­ité.

La nar­ra­trice du Bel Obscur s’adonne avec pas­sion à la lec­ture des Alchimistes grecs, ouvrage ancien con­sacré aux arts et métiers qu’elle a trou­vé en bro­cante. Con­tin­uer la lec­ture

Un nid protégé farouchement

Isabelle STEENEBRUGGEN, La mai­son des bis­cuits, 180°, 2025, 390 p., 23 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑94072–166‑5

steenebruggen la maison des biscuitsLe nou­veau roman d’Isabelle Steene­bruggen nous donne à lire une saga famil­iale divisée en cinq par­ties, ponc­tuée par les événe­ments roy­aux et poli­tiques qui ont mar­qué la Bel­gique. L’histoire com­mence au retour d’Ovide, qui a par­ticipé à la Grande Guerre. Il retrou­ve sa femme, Clarisse, et ses qua­tre enfants dans leur vaste mai­son Art nou­veau à Brux­elles. Nous décou­vrons alors une famille très chré­ti­enne où les enfants sont élevés dans la foi, les filles appren­nent les bonnes manières, l’art de recevoir et de tenir une mai­son pour « faire un bon mariage », tan­dis que les garçons sont élevés pour effectuer des études de droit et avoir une belle car­rière. Con­tin­uer la lec­ture

L’enfance d’une mère

Amélie NOTHOMB, Tant mieux, Albin Michel, 2025, 216 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782226504395

nothomb tant mieuxD’Emmanuel Car­rère à Maria Pourchet en pas­sant par Cather­ine Mil­let, les mères des écrivains seront l’un des grands sujets de la ren­trée lit­téraire française 2025. Une veine dans laque­lle Amélie Nothomb s’inscrit elle aus­si avec Tant mieux, son nou­veau roman.

Adri­enne, qua­tre ans, passe l’été chez « bonne-maman de Gand ». La grand-mère mater­nelle n’a de « bonne » que le nom. Elle s’ingénie à tyran­nis­er et à faire souf­frir sa petite-fille, comme elle avait, aupar­a­vant, mal­traité la mère d’Adrienne. Cette dernière n’a pour­tant pas hésité, en pleine con­nais­sance de cause, à livr­er son enfant à la cru­auté de la vieille dame. Con­tin­uer la lec­ture

Concours de nouvelles du Club Richelieu — Liège

georges Simenon

Georges Simenon

Le Club Riche­lieu — Liège — Georges Simenon organ­ise un con­cours de nou­velles sur le thème “À l’é­cole de Simenon”. Les nou­velles sont atten­dues pour le 10 octo­bre au plus tard.  Con­tin­uer la lec­ture

Concours Espace Nord : Ad@ptez un fantastique

ad@ptez un classique 2025 2026

Illus­tra­tion : Por­trait of a man © Iupashchenkoiry­na 2018 – iStock 922772356

Ad@ptez un clas­sique, le con­cours de la col­lec­tion Espace Nord des­tiné au pub­lic sco­laire, revient cette année dans une nou­velle décli­nai­son : Ad@ptez un fan­tas­tique.

Con­tin­uer la lec­ture

Van Gogh avant le pinceau

Ser­gio SALMA, Vin­cent avant van Gogh, mise en couleur Amelia Navar­ro, Glé­nat, 2025, 144 p., 23 €, ISBN : 9782344059753

salma vincent avant van goghSignée Ser­gio Salma (scé­nario et dessin), mise en couleur par Amelia Navar­ro, la bande dess­inée Vin­cent avant van Gogh nous plonge dans l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte du pein­tre avant qu’il ne se con­sacre à la pein­ture pour la révo­lu­tion­ner. Basée sur un solide tra­vail d’archives, de doc­u­men­ta­tions, ryth­mé par la cor­re­spon­dance de Van Gogh avec son frère Théo, l’album inter­roge et met en scène le par­cours d’une vie, de la nais­sance de Vin­cent Van Gogh en 1853 à Zun­dert aux Pays-Bas, d’une jeunesse heureuse dans une famille bour­geoise aux années d’internat, d’employé dans la bou­tique d’un oncle marc­hand d’art à La Haye, de la révéla­tion de la foi, du désir de devenir un homme d’église aux tour­ments exis­ten­tiels, aux décep­tions sen­ti­men­tales, au sen­ti­ment d’échec. Con­tin­uer la lec­ture