Natacha DIEM, L’invention d’Adélaïde Fouchon, Piranha, 2020, 208 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2371190818
Deux Adélaïde se racontent. Il y a d’abord la petite fille, du genre « garçon manqué », skateboard sous le bras, qui pourtant rêverait de ressembler aux autres petites filles en jolies robes, cordes à sauter en mains. Il y a ensuite la femme qui, apprenant le décès de son père, part à la rencontre d’elle-même. Deux récits se racontent, se construisent parallèlement, se croisent, se répondent et s’éclairent l’un l’autre. Continuer la lecture
Le récit de Marie Colot commence en force car nous débarquons dans un commissariat de police où le héros, Jozef (15 ans), est menotté à un radiateur, faute de cellule vide. Ça n’est pas la première fois qu’il se retrouve dans cet endroit : il est devenu spécialiste du vol à l’arrachée et à l’étalage, il doit toutefois encore s’améliorer dans les braquages si l’on en croit son passage par la case police…
Avec La vie devant nous, Eva Kavian nous livre un récit polyphonique d’une bande de copains. L’histoire se déroule en une soirée où rien ne se passera comme prévu, où l’on peut même dire que tout va basculer.
Le récit de l’autrice nous plonge dans la vie d’Annette, une jeune fille de douze ans qui vient d’être réglée pour la première fois et à qui sa grand-mère annonce que « les beaux jours sont finis ». Spontanément, l’héroïne répond in petto (et le lecteur aussi) : ah, bon ?
La narratrice, Jeanne (14 ans) reçoit un message mystérieux de sa sœur Flora (18 ans) : « Je te libère de notre secret ». Son intuition lui dit que c’est important, elle se rend alors au studio où vit sa sœur pour s’assurer que tout va bien : là-bas, elle découvre Flora étendue sur son lit. Elle a avalé beaucoup de médicaments et a écrit sur le mur avec son propre sang « Tu es si belle ».
Si seulement, Lucie nous plonge dans la rencontre de deux jeunes adolescents, Lucie et Jim. Lucie vient d’emménager dans le même immeuble que Jim et se retrouve dans sa classe aussi. Elle voudrait continuer à vivre à distance des autres, mais ses professeurs ont confié à Jim la responsabilité de lui prêter ses notes pour qu’elle se remette en ordre. La voilà suivie par un jeune homme bien encombrant, soucieux d’accomplir sa tâche…
Avec Miss Patchouli, Tania Neuman-Ova nous plonge dans l’univers de Lilou, la quarantaine, qui tente de mener sa barque avec son mari Richard et ses filles. L’aînée, née d’une précédente union, vit avec son père à Paris, tandis que les deux cadettes, Alana (14 ans) et Kayla (13 ans) habitent avec leurs parents. L’histoire d’une famille recomposée classique, me direz-vous ? Oui, mais rien n’est simple face à une adolescente (Alana) en pleine rébellion qui multiplie les provocations et les insultes vis-à-vis de ses parents.
S’il est surtout connu pour être l’auteur de romans noirs — Chants des gorges ou plus récemment,
Souffler sur la blessure est un roman qui aborde la problématique de l’immigration vers l’Europe et des réfugiés. Encore, me direz-vous. Oui, encore. Mais il est nécessaire d’en parler. L’auteure a pris le parti de relater son histoire en donnant la voix essentiellement à deux personnages : Pauline et Gabriel.
À dix reprises, Vincent Tholomé a rencontré des élèves de l’Institut Technique de Namur, recueilli leurs vies, leurs rêves, leurs pensées, leurs silences. Comme ces adolescents de 4 QIB (4ème qualification industrie du bois) et de 4 QTP (4ème qualification en travaux publics) assemblent des machines, des meubles, ici, avec Vincent Tholomé, ils assemblent des fragments de leurs vies, construisent un récit qui a la particularité d’être fondu en un seul texte collectif, scandé par les noms d’Alphonse Brown, Mike Triso, Henri M et Diego Dora. La circulation de la parole permet d’interroger les rapports à soi, aux autres, au monde. Vincent Tholomé place la démarche sous le signe de l’art japonais du kintsugi, l’art de recoller les restes, de rassembler les ruines, les morceaux d’un bol brisé.
Geneviève Damas a l’art de donner la parole à ceux, et surtout celles, qui n’ont pas toujours droit de cité dans nos sociétés. Après une migrante et celle qui va lui apporter soutien et logement dans Patricia, son précédent roman publié chez Gallimard, elle donne cette fois la parole à une adolescente dont la vie va prendre une direction inattendue.
L’amitié est un sentiment universel. Elle élève l’âme, cette immatérialité à la fois solitaire et solidaire. Ainsi, l’amitié est peut-être la moitié de l’âme. Elle est un alter ego, un autre que soi, égal et juste, une possible libération de l’esprit et du corps. Elle est intangible et pure, comme l’amour. Elle est irrationnelle et non reproductible. Elle est donc immorale, car on ne peut aimer tout le monde de la même manière. Or la morale doit s’appliquer à tout être humain, dixit Kant. Rutebeuf s’en fout.
Imaginez-vous un instant : vous vous trouvez dans une situation difficile, vous êtes en retard à un rendez-vous, vous n’avez pas eu le temps de finir un travail important, vous voulez percer les secrets de quelqu’un… et là, vous bloquez le temps. L’aiguille s’arrête de tourner, les voitures d’avancer, les gens de parler, les oiseaux de piailler, l’eau de clapoter, le vent de souffler… Tout est figé, sauf vous. Vous êtes maître.sse du temps. Vous pouvez l’utiliser comme bon vous semble et le réactiver à tout moment. Alors, convaincu.e.s ?
L’auteure est une judokate belge ayant reçu de nombreuses médailles, notamment la médaille d’or aux
Léo a des difficultés à se faire accepter. Quand il parle, il arrive souvent que sa langue fourche, qu’il se mette à bégayer et que son discours en devienne incompréhensible, ce qui provoque évidemment les rires et les moqueries de ses compagnons de classe. Ils le surnomment « Monkey ». Léo essaie de passer outre, mais au fond de lui, il est toujours un peu plus blessé. Parfois, le poids des moqueries étant trop lourd, Léo pique des crises. Il passe le plus clair de son temps seul, à éviter ses camarades et zone dans les couloirs de l’école, ce qui ne plaît pas à l’éducateur. Un des élèves, Rémi, est particulièrement méchant avec lui et veut lui nuire.
À parcourir les quatre pages que recouvre sa bibliographie, on s’aperçoit que Jean-Baptiste Baronian a beaucoup narré et conté, chez Laffont, Bourgois, La Table Ronde, Rivages, Les Belles Lettres et près de dix autres éditeurs. Qu’à travers des essais, des biographies et des anthologies qui sont aujourd’hui autant de références, il aura passé une vie à s’intéresser aux autres écrivains, parmi lesquels Simenon,