Benoit GOFFIN, Messes amères, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2022, 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782874896811
Voici une enquête policière qui vous offre une visite dans le monde clos de la vie monacale. Le corps d’un jeune novice vient d’y être retrouvé sans vie. Le médecin attitré du couvent qui vient constater le décès émet des doutes quant aux causes de la mort, mais l’insistance du prieur le persuade d’en rester là. Lorsque de nouveaux faits sanglants surviennent peu après, le secret ne peut être gardé : deux autres frères se retrouvent hospitalisés et la police ouvre une enquête. L’intrusion des forces de l’ordre dans cet univers coupé du monde bouleverse le cours des choses. La vie y est d’ordinaire vouée à la prière et au silence, les conversations sont réduites au minimum, les offices ouverts au public sont les seuls moments de contact avec l’extérieur. C’est dire si les langues ne sont guère promptes à se délier face au commissaire Philippe Légaut qui est en charge de l’affaire et qui représente la justice des hommes là où prévaut celle de Dieu. Continuer la lecture
Le dossier de presse annonce un « roman noir », un « policier haletant », un « scénario original » arcbouté à « un morceau de musique » et « à une partie d’échecs ». La couverture, superbe, happe le regard. Fonds noir et illustration subtilement colorée signée Loustal. Deux jazzmen, contrebasse et saxophone, jouent de nuit sous la lumière d’un réverbère urbain.
Michel Claise est un juge d’instruction médiatique et médiatisé. Expert de la lutte contre la corruption et le blanchiment, il lui arrive de quitter son premier terrain d’action pour alerter public et politiques par le biais de la fiction littéraire. Comme s’il ouvrait un deuxième front. Chez Genèse, deux sorties (son douzième roman, Crimes d’initiés, et une réédition, Souvenirs du Rif), confirment sa place au côté d’Alain Berenboom, comme auteur phare du sillon policier de la maison d’édition franco-belge.
Une rixe à la sortie d’une boîte de nuit bruxelloise tourne mal. Une bande de jeunes a pris à partie un homme âgé mal fagoté qui passait par là. Bousculé malgré son air impassible qu’ils ont pris pour du dédain, l’homme s’est écroulé et il a été roué de coups de pieds. Il est laissé pour mort par la bande qui s’enfuit. Sergio, qui a donné le tempo de l’attaque, file vers son domicile et décide de disparaître. Véhiculé par un voisin, puis pris en charge par son oncle Alec, il trouve refuge dans une famille d’agriculteurs flamands qui le fait passer pour un neveu. Là, il attend de se faire oublier et apprend le travail de la ferme et le néerlandais.
On se souviendra d’
Imaginez un immeuble d’une dizaine d’étages dans lequel sont consignées des personnes mises au ban de la société pour des délits variables. Une formule intermédiaire entre la prison telle que nous la connaissons et une forme d’assignation à résidence, avec des contrôles de présence le matin et le soir, des possibilités de sorties nécessitant des démarches compliquées. C’est dans ce monde portant le doux nom de Cimetière des éléphants que nous entraîne ce roman placé sous le regard de Van Kroetsch, un détective lui-même résident, qui mène l’enquête suite au décès du veilleur de nuit et dont ce n’est pas la première apparition sous la plume de l’auteur.
Odile Baltar a remporté la première édition du prix San-Antonio. Arrête ton cirque !, le manuscrit qu’elle a soumis au jury à cette occasion, est désormais un roman – le premier de l’autrice – publié dans la collection de référence « Fleuve noir ».
Quatrième participation à la collection de polars « Noir Corbeau »
« C’était au temps de la guerre du Viet-Nam, des hippies, du flower power ». Ce temps « Où tous les téléphones, tenus en laisse étaient assignés à résidence » nous dit encore Rose-Marie François entre autres repères chronologiques. Mais aussi « Où les réseaux sociaux se tissaient in situ, de visu et de vive voix ».
Charleroi, dès les premières pages, est renvoyé aux clichés noirs et blancs, noirs surtout, dont il tente d’émerger. Un meurtre. Ou, plutôt, un triple meurtre. Une abomination. Une sculpture a été abandonnée, un « assemblage » artistique composé à partir des fragments de trois cadavres dépecés, étripés :
Ah ! comme il doit se réjouir René Magritte là-bas au milieu de ses ouates de nuages qui naviguent allègrement dans un ciel bleu, d’être devenu, le détective chargé (par lui-même) d’élucider une série de meurtres que Nadine Monfils nous raconte dans ce premier roman policier de la série « Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette ». On annonce déjà – pour juin – une deuxième enquête qui se déroulera à Knokke, Nom d’une pipe ! se déroulant pour l’essentiel à Bruxelles. Il y a fort à parier que notre Belge de Montmartre ne s’arrêtera pas en si bon chemin et que, Georgette et René, avec leur chien Loulou reviendront dans de nouvelles aventures !
Ce roman de Michel Lauwers, Kennedy et le dinosaure, entraîne lecteurs et lectrices dans une double enquête : familiale et criminelle, intime et historique, à partir d’un reportage sur le patrimoine bruxellois, ancêtre du street art : les publicités peintes à la main sur les murs des bâtiments de la ville au siècle précédent par des artistes méconnus, les pignonnistes. 
Archiviste et spécialisé dans la préservation du patrimoine industriel, le Carolo Christian Joosten oriente aujourd’hui sa plume vers le roman policier. Du reste, la mention « une enquête de Guillaume Lavallée », laisse présager que l’auteur et son personnage n’en resteront pas là. Tant mieux parce que la façon dont ils abordent le genre échappe au schéma de l’enquête traditionnelle avec l’enchaînement d’indices et l’affrontement manichéen entre criminels et enquêteurs ou entre le bien et le mal, cela au bénéfice du travail en pleine pâte humaine. 
L’auteur, Maurice Martin, s’ébroue dans des eaux familières en tant qu’ancien commissaire de police retraité de la brigade anticorruption, même grade, même service que ceux de Martin de Landsheer, personnage central de cette « affaire de Bruxelles » dont les prolégomènes nous ramènent au 19e siècle, à deux poètes dits « maudits » et à un fait-divers fameux qui vit (ou crut voir ?) Paul jouer du revolver contre son ami Arthur.