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Six héros récurrents de la littérature policière belge

illustration roman policier

© SamWilliamsPho­to de Pix­abay

Miss Marple, Sher­lock Holmes, Erlen­dur, Mon­tal­bano, Robert Lang­don… la lit­téra­ture poli­cière a fait émerg­er nom­bre de héros récur­rents, dont la notoriété dépasse par­fois celle de leur créa­teur. Le roman polici­er belge a lui aus­si ses héros dont on suit avide­ment les aven­tures d’un vol­ume à l’autre. En voici six exem­ples. Con­tin­uer la lec­ture →

Des guerrières en huis-clos

Christophe KAUFFMAN, Vieille peau, Bas­son, coll. “Bas­son rouge”, 2020, 162 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930582–71‑9

christophe kauffman vieille peau editions bassonLe fait divers a tou­jours livré la matière pre­mière des films et des romans noirs comme si la puru­lence ne pou­vait se don­ner à voir véri­ta­ble­ment que dans le huis-clos d’une vie saisie dans l’hor­reur d’un trag­ique cra­puleux. Le tout est de « flair­er » le délétère qui s’é­vade de cette con­cen­tra­tion. La mise en scène, la nar­ra­tion exac­erbe dans la vio­lence ver­bale ou physique ce qui nous est générale­ment com­mun : la peur, le sen­ti­ment de la perte… Le noir, c’est la couleur des révéla­tions ordi­naires quand la vie privée, la vie intime, la vie banale sont frap­pées du fou­et de l’extraordinaire démence des hommes.  La vie des per­son­nages mis en scène sub­lime alors cette marée noire qui  stagne au fond de cha­cun. Con­tin­uer la lec­ture →

Une femme a marché sur la Lune !

Benoît SAGARO, La con­jonc­tion dorée, Nou­veaux auteurs, 2020, 546 p., 19,95 € / ePub : 13,99 €, ISBN :978–2‑8195–0615‑7

Une belle mise en place

Une note, avant l’ouverture du réc­it, tente de lui con­fér­er une dose de crédi­bil­ité, tein­tée d’une mise en alerte nar­ra­tive : le pro­jet spa­tial améri­cain aurait pro­filé dans son sil­lage une litanie de dis­pari­tions inquié­tantes ; il y a à Athènes, dans le musée archéologique nation­al, un objet antique, le mécan­isme d’Anticythère, qui n’en finit pas d’interpeller les chercheurs. Un pro­logue, dans la foulée, zoome sur une machine engour­die par le froid lunaire. Elle se dresse à côté des débris d’un mod­ule, d’empreintes « con­nues de l’humanité entière » et qui, pour­tant, recè­lent les indices d’une « his­toire dra­ma­tique ». Soudain, « une lueur verdâtre » sur un écran, des chiffres défi­lent, tout se fige, une « lueur rougeâtre » et le mot « ERROR ». Con­tin­uer la lec­ture →

Sugar Baby Love !

Agnès DUMONT et Patrick DUPUIS, Une mort pas très catholique, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2020, 188 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–603‑3

L’intrigue

dumont-dupuis une mort pas tres catholiqueRoger Sta­quet, polici­er à la retraite, arrondit ses fins de mois en gérant un immeu­ble. Une odeur sus­pecte attire son atten­tion. Ser­ruri­er, ouver­ture d’appartement, décou­verte d’un cadavre alité :

Indi­vidu d’une cinquan­taine d’années, cor­pu­lence moyenne, chevelure poivre et sel, début de calvi­tie.  Con­tin­uer la lec­ture →

Hainaut noir

Fran­cis GROFF, Orange san­guine, Weyrich, coll. « Noir Cor­beau », 2020, 200 p., 17 €, ISBN: 9782874896040

Avec six romans à l’enseigne du « Noir cor­beau », la col­lec­tion éponyme des édi­tions Weyrich prend son envol dans le paysage de la lit­téra­ture  poli­cière. La Bel­gique fran­coph­o­ne s’est déjà illus­trée — et de quelle façon ! — dans  la pro­duc­tion de romans noirs.  S’il fal­lait nous en con­va­in­cre, ou sim­ple­ment nous en informer, la Petite his­toire du roman polici­er belge, un ouvrage de pas­sion éru­dite signé Chris­t­ian Libens, qui dirige la col­lec­tion dont il est à l’origine, évo­quera la lignée dont Fran­cis Groff est issu. On y retrou­ve les noms des deux patri­arch­es, Simenon et Stanis­las-André Stee­man, suiv­is des Nadine Mon­fils, Pas­cale Fonte­neau, Bar­bara Abel, Baron­ian, Col­ize et autres Delper­dan­ge. Du côté fla­mand, les rayons des bib­lio­thèques et librairies ne sont pas dépourvus non plus de ces romans qui appar­ti­en­nent pleine­ment à la vraie lit­téra­ture. Ils sont autant d’explorations de l’âme humaine, mais aus­si de nos sociétés. Ce n’est pas le lieu ici de dévelop­per la capac­ité d’un roman polici­er à nous dévoil­er un pays, une société, une ville, un mode de vie, une époque. Le roman polici­er, quel que soit le nom qu’on lui don­nera (thriller, roman noir, detec­tive sto­ry…), nous entraîne dans le sil­lage de sa lec­ture à la décou­verte de cet « homme nu » que Simenon n’a cessé de débus­quer, mais aus­si de cette « société nue » que des écrivains comme Peter May, Pierre Lemaître, Boris Akou­nine, Xiao­long Qiu, et tant d’autres explorent dans toutes les lit­téra­tures du monde. Con­tin­uer la lec­ture →

Un irrépressible besoin de comprendre

Alain VAN DER EECKEN, Des lende­mains qui hantent, Rouer­gue, 2020, 304 p., 20 € / ePub : 14,99€, ISBN : 978–2‑8126–1951‑9

Voici un thriller qui démarre sur les cha­peaux de roue. Alors qu’il vient rechercher son fils Lulu à la sor­tie de l’école, Mar­tial Trévoux se trou­ve pré­cip­ité dans une scène de folie meur­trière. Les enfants et les enseignants courent en tous sens, des coups de feu écla­tent, une insti­tutrice s’effondre. Et lui s’élance sans trop réfléchir et se retrou­ve avec un enfant dans les bras qu’il arrache à l’horreur. Mais l’enfant sauvé qu’il croy­ait être le sien ne l’est pas et le pire l’attend car il fig­ure par­mi les vic­times. À par­tir de là, tout s’écroule. La cul­pa­bil­ité le gagne puisqu’il n’a pas su pos­er le geste qui sauve alors que le petit Lucien était sous sa respon­s­abil­ité. Son épouse ne sem­ble pas décidée à le lui par­don­ner. Si les man­i­fes­ta­tions de sou­tien ne man­quent pas, lui est déjà ailleurs, tenail­lé par le besoin impérieux de com­pren­dre. Greffi­er de jus­tice de son état, il brave les recom­man­da­tions médi­cales et insiste pour repren­dre le boulot. Il faut dire que son méti­er le place au cen­tre des opéra­tions et il va utilis­er ce point d’attache pour garder le con­tact avec les forces de police et l’institution judi­ci­aire, quitte à franchir les lim­ites inter­dites. Mais que peut-on refuser vrai­ment à un col­lègue meur­tri ? Con­tin­uer la lec­ture →

Omniprésente absence

Bar­bara ABEL, Et les vivants autour, Bel­fond, 2020, 443 p., 19 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑7144–9316‑3

Voilà qua­tre ans que Jeanne n’est plus là, sans vrai­ment être par­tie non plus. Son corps repose sur un lit d’hôpital, un peu comme un appareil élec­trique en stand-by : ali­men­té mais inac­t­if. Son esprit sem­ble en pause, ou absent, ou en tout cas hors d’atteinte. Néan­moins, depuis ses con­trées incon­nues, Jeanne con­tin­ue d’influencer la vie de sa famille. Con­tin­uer la lec­ture →

Tout corps plongé dans un liquide…

Arnaud NIHOUL, Clay­more, Genèse, 2020, 272 p., 22,50 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 979–1‑0946896–53

Arnaud nihoul ClaymorePourquoi le whisky goûté par Liam, jeune appren­ti de la dis­til­lerie Dan­darach sur l’île écos­saise d’Ardoran avait-il ce goût étrange de linge sale, de tran­spi­ra­tion et de cuiv­re ? Nor­mal : véri­fi­ca­tion faite, le gâte-sauce est un cadavre racrapoté qui marine dans le ton­neau. Celui d’un étranger qui pour­tant ne doit pas être un vagabond puisque son poignet arbore une Rolex, pro­mul­guée naguère sym­bole de réus­site par un pape auto­proclamé de la sainte Pub­lic­ité. Vu de plus près, il appa­rait que l’homme ne s’est pas immergé pour véri­fi­er le principe d’Archimède applic­a­ble à tout corps plongé dans un liq­uide et qu’il n’est pas mort non plus d’une over­dose de ce whisky haut de gamme, mais bien d’une balle de fusil qui l’a tué aus­si sec. Con­tin­uer la lec­ture →

#Camille too !

Patrick DELPERDANGE, C’est pour ton bien, Arènes, coll. « Equinox », 2020, 331 p., 16 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 979–10-375‑0060‑1

Les six pre­mières pages sur­pren­nent. En sur­plomb du roman, soit. Nous avons l’habitude, dans les thrillers, les romans dynamiques, de ces pro­logues insin­u­ant le sus­pense, la ten­sion, le drame via une scène/point d’acmé située dans une tem­po­ral­ité décalée par rap­port à la trame pre­mière. Mais Patrick Delper­dan­ge nous offre autre chose, une mise en exer­gue du thème qui va par­courir son opus, la femme battue et l’appréhension, intime et extérieure, du phénomène : Con­tin­uer la lec­ture →

Brasiers : prix Fintro Écritures noires

Marie-Pierre JADIN, Brasiers, Ker, 2020, 153 p., 18 €, ISBN : 9782875862686

Lau­réate du prix Fin­tro Écri­t­ures noires remis dans le cadre de la Foire du livre de Brux­elles pour son pre­mier roman, Brasiers, Marie-Pierre Jadin pro­pose un réc­it à hau­teur d’hommes et de femmes aux fron­tières de leurs his­toires per­son­nelles et de la grande His­toire, celle de la Sec­onde Guerre mon­di­ale et de la Guerre froide. Con­tin­uer la lec­ture →

Maille à partir avec Mamie !

Patri­cia HESPEL, La dernière maille, Genèse, 2020, 318 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9 791094 689639

Une nuit d’avril, un homme est extir­pé d’une voiture par qua­tre indi­vidus, bat­tu, lais­sé pour mort. Mais il est décou­vert, les sec­ours sont appelés. Sauvé ?

Le pro­logue est écrit/narré de manière limpi­de, dynamique. Des tes­sons de sus­pense saupou­drent le décor : la haine des agresseurs, le « bon droit » qui « anesthésie leurs doutes » ; la sur­prise de l’agressé ; la présence d’une instance nar­ra­tive mys­térieuse.

Sauvé ? La pre­mière par­tie, Cather­ine, débute avec le réveil de la vic­time dans une cham­bre d’hôpital. Le nar­ra­teur se demande où il est, qui il est, ce qui lui est arrivé. Rebap­tisé Néo (!) par le per­son­nel hos­pi­tal­ier, il apprend qu’on a fail­li le débranch­er, per­son­ne ne l’a réclamé, il sem­ble sur­gi du néant. Désem­paré, il se rac­croche à une doc­toresse, Cather­ine Milan, dont les soins, l’attention (et l’attente ?) dépassent la norme. Con­tin­uer la lec­ture →

Qui a peur de Félicien Rops ?

Fran­cis GROFF, Vade Retro, Féli­cien !, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2019, 204 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87489–580‑7

Fran­cis Groff, dès les pre­mières pages de son deux­ième roman, con­firme un art cer­tain pour les entrées en matière, il signe les meilleures de la col­lec­tion « Noir Cor­beau ». Un détail ? Du tout. Le polici­er ou le thriller ont leurs codes et leurs lecteurs, qui ne sont pas ceux de Proust ou Modi­ano : les rap­ports au temps, à la sen­sa­tion, à l’information sont dif­férents, inten­si­fiés, accélérés.

Un pro­logue très réus­si, donc. Qui m’a rap­pelé mes lec­tures de Pierre Véry, ou leurs adap­ta­tions ciné­matographiques. Ah, Les Dis­parus de Saint-Agil ! Et ces aven­tures dans un pen­sion­nat à l’atmosphère glauque, où il était ques­tion de dis­pari­tions, de meurtre… Con­tin­uer la lec­ture →

Démocraties en noir péril

Richard LORENT, Les éprou­vés vol. 3 : Men­aces, Bas­son, 2019, 400 p., 23 €, ISBN : 978–2‑930582–69‑6 

Richard Lorent a décidé­ment pris le par­ti d’écrire des thrillers poli­tiques et d’en situer le réc­it dans la proche actu­al­ité de notre pays, de préférence dans le décor car­o­lo. Mais ses romans n’ont rien à envi­er aux plus som­bres polars et la famil­iar­ité des faits et lieux évo­qués ne fait qu’ajouter aux fris­sons. Con­tin­uer la lec­ture →

Clapton a tué ma femme !, un polar sauce lapin

Guy DELHASSE, Clap­ton a tué ma femme !, Mur­mure des soirs, 2019, 205 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930657–52‑3

Bien con­nu des lecteurs du Car­net et des ama­teurs de géo­gra­phie lit­téraire, Guy Del­has­se trempe aus­si sa plume dans l’encre noire. Il a tenu longtemps la chronique polar pour les jour­naux La Wal­lonie et Le Matin et il a signé un Poulpe de belle fac­ture, Du pont lié­geois, avec la com­plic­ité de Jean-Paul Deleix­he et de Chris­t­ian Libens.

Titre jaune élé­gant, bor­ds de Meuse et per­pec­tives sylvestres en cou­ver­ture : les édi­tions Mur­mure des soirs présen­tent là un petit pavé soigné. Mais qu’on ne se méprenne pas, le roman qui se savoure ici a peu à voir avec une déli­catesse. Con­tin­uer la lec­ture →

Cours après moi que je t’attrape !

Gilles HORIAC, La peau de l’autre, 180° édi­tions, 2019, 195 p., 19 €, ISBN : 978–2‑931008–11‑9

Horiac la peau de l'autreLe pre­mier chapitre est savoureux. Quelques pages, à peine, et le narrateur/héros, son micro­cosme (famil­ial et pro­fes­sion­nel) sont cam­pés. Mieux : la crise (qui génère le fil cen­tripète de tout thriller) est amor­cée, intri­g­ante. Cerise sur le gâteau : un deux­ième fil nar­ratif se des­sine et démul­ti­plie la ten­sion, le sus­pense. Con­tin­uer la lec­ture →

Pas de sauce lapin pour les doudounes

Chris­t­ian O. LIBENS, Les seins des saintes, Weyrich, Coll. « Noir Cor­beau », 2019, 170 p., 14 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782874895340

Peur sur Liège depuis qu’un gas­tronome d’une espèce par­ti­c­ulière saigne des jeunes femmes, pros­ti­tuées de préférence, en leur dévo­rant goulu­ment les seins… Tout cru, à même le corps et sans autre accom­mode­ment. Con­tin­uer la lec­ture →