Archives par étiquette : Anne-Lise Remacle

Pour un euro à peine

Luc FIVET, Anonyme, Ver à Soie, 2018, 160 p., 18€, ISBN : 979–10-92364–30‑9

Dans Anonyme, le nar­ra­teur est compt­able. Vit sa vie con­fort­able­ment, avec une sorte de tiédeur sans excès, dans un apparte­ment qui lui appar­tient. Aime vision­ner Man­hat­tan de Woody Allen ou ten­ter de lire Sol­jen­it­syne. Il voit sa petite amie Cather­ine durant les week-ends et leur entente sem­ble au beau fixe. Mais ça, c’était avant qu’un soir, un type, vautré devant sa porte, ne lui réclame un euro. Notre compt­able obtem­père,  con­scient que c’est la crise pour tout le monde, sans savoir qu’il vient de met­tre le doigt dans un engrenage fatal. Car celui qui a l’apparence d’un SDF prend sa suite dans le couloir de l’appartement, sous pré­texte de l’aider. Son pre­mier coup de main con­siste à réclamer un euro sup­plé­men­taire à son hôte pour lui don­ner accès à l’étage. Et un de rab pour qu’il prenne sa douche. Com­ment dès lors se débar­rass­er d’un type qui a réponse à toutes vos parades, y com­pris en présence de la police ? Que devient votre exis­tence agréable et rangée quand chaque geste banal fait au quo­ti­di­en l’objet d’une trac­ta­tion en mon­naie son­nante et trébuchante et qu’un incon­nu, non con­tent de vous rack­et­ter, squat­te votre apparte­ment ? Que peut-il arriv­er le jour où vous n’avez plus de change pour ali­menter cet arrange­ment auquel on vous a con­traint ? Con­tin­uer la lec­ture

Dans le lent mouvement vers soi

San­drine WILLEMS, Devenir oiseau : intro­duc­tion à la vie gra­tu­ite, Impres­sions Nou­velles, 2018, 208 p., 17 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87449–599‑1

Après un pre­mier pan d’existence en tant que comé­di­enne, met­teuse en scène, scé­nar­iste et réal­isatrice, l’auteure vient d’exercer douze ans comme psy­cho­logue dans la ville dorée mais sa pas­sion pour son tra­vail s’est con­sumée, ses repères vac­il­lent de plus en plus. La joie s’est éva­porée : « elle me parais­sait ne pou­voir venir que de cet amour amoureux, qui me sem­blait inac­ces­si­ble ». Autour d’elle, trois per­son­nes se sont ôté la vie, et en dehors de ses patients, bien peu d’attaches la reti­en­nent là où l’angoisse gagne du ter­rain. Con­tin­uer la lec­ture

Contre toute attente

Un coup de cœur du Carnet

Éti­enne VERHASSELT, Les pas per­dus, Tripode, 2018, 15€, 140 p., ISBN : 9782370551634

verhasselt les pas perdusAprès Emmanuel Rég­niez et son Notre château aus­si raf­finé qu’effarant, les édi­tions du Tripode accueil­lent à nou­veau un auteur rési­dant en nos ter­res, pour notre plus grand plaisir. C’est avec un recueil d’une quar­an­taine de cour­tes et vives nou­velles qu’Étienne Ver­has­selt – licen­cié en psy­cholo­gie clin­ique et tra­vail­lant dans une com­mu­nauté thérapeu­tique – fait son entrée dans leur cat­a­logue sin­guli­er. À not­er égale­ment que ce sont Les Pas per­dus qui ont été choi­sis pour leur opéra­tion annuelle Les 400 coups, qui voit vingt illus­tra­teurs et séri­graphes – dont Meh­di Beneit­ez qui signe la cou­ver­ture, ou Anna Boulanger, auteure du Haret québé­cois ou de L’absence – s’emparer de la matière du livre pour en extraire des estam­pes de leur cru.  Con­tin­uer la lec­ture

Douze petites zones troubles

Françoise HOUDARTDieu le poti­er et quelques autres, Luce Wilquin, 2018, 176 p., 17€, ISBN : 978–2‑88253–544‑3

houdart dieu le potier et quelques autres.jpgAu com­mence­ment du monde était la glaise, et celle dont Françoise Houdart façonne ce recueil est ample, sou­ple et con­stel­lée de grains incon­grus, d’éclats qui grat­tent l’œil et la paume. Dans La lune dans le cagibi, une blan­chisseuse depuis des lus­tres en con­cu­bi­nage avec un acci­den­té laisse enfin entr­er la télévi­sion dans sa demeure mod­este  et c’est une véri­ta­ble révo­lu­tion: « Insen­si­ble­ment,  l’axe de rota­tion de la planète Zénaïde s’était incliné vers l’astre en bakélite et les con­séquences  cli­ma­tiques internes n’avaient pas tardé à se man­i­fester. » Au pre­mier matin de sa nou­velle vie, une toute jeune épousée décou­vre une bouteille de lait sur le seuil, sans savoir quelles con­séquences suries ruis­selleront de ce sim­ple objet apparu sans que per­son­ne ne sem­ble l’avoir déposé. La Vieille qui fut jadis Mouya et som­nole désor­mais dans son veu­vage trans­forme les « Bon­jour ! » que le voisi­nage lui délivre du bout des lèvres en un monde mou­vant, où il lui est encore per­mis de rêver à son joueur de crosse, désor­mais figé sous la vit­re du temps. À la tombée de l’âge, Rémi choisit de s’immerger au tré­fonds dans cet étang qu’il a tant con­tem­plé en quête d’apparitions et de répons­es. Con­tin­uer la lec­ture

Tremblement de frère

Erik SVENMon frère et moi, Mur­mure des soirs, 2018, 126 p., 18€, ISBN : 978–2‑930657–40‑0

À L…, vil­lage en bor­dure de forêt, Colline l’aînée nar­ra­trice et Aubin le cadet sauvageon qui prend sou­vent la tan­gente sont à l’orée de l’adolescence et fusion­nels comme des lis­erons. C’est qu’ils ne peu­vent pra­tique­ment compter que l’un sur l’autre : Édouard, leur père, ne vit que pour ses bull­doz­ers. Josyane, leur mère, som­bre la plu­part du temps dans des migraines qui la ren­dent aigrie ou apathique. Con­tin­uer la lec­ture

Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel

Un coup de cœur du Carnet

Hed­wige JEANMART, Les oiseaux sans tête, Gal­li­mard, 2018, 316 p., 21€ / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782072762888

jeanmart les oiseaux sans tete.jpgHed­wige Jean­mart nous revient qua­tre ans après son Prix Rossel. Blanès , pre­mier roman au décalage sub­til, se glis­sait sous le haut-patron­age de Rober­to Bolaño. Eva, en plein deuil d’une rela­tion arrachée de façon abrupte, y croi­sait d’énigmatiques afi­ciona­dos de l’auteur chilien  et ten­tait de redonner du sens à sa vie.

Ici, dès l’entame, Hed­wige Jean­mart s’assure de créer un cli­mat qui crisse, des lignes à l’inquiétude tan­gi­ble et de nous pren­dre à rebrousse-poil du réc­it. Nous y suiv­rons donc d’abord Blanche, trans­bahutant depuis quelques années un irri­tant cail­lou men­tal, et presqu’agacée par sa pro­pre démarche: « Elle n’est pas sûre  qu’elle aimerait qu’on fasse ça avec sa vie à elle, aller voir, s’imaginer des choses. C’est un peu comme si elle s’était appro­prié Daniel, qu’elle pou­vait en faire ce qu’elle voulait ».  Comme bien­tôt le lecteur, cette enquêtrice impro­visée – qui a tou­jours eu plus de dégoût que de sym­pa­thie pour Daniel Deur – a pour­tant à cœur de com­pren­dre quel homme il était avant, pen­dant et après ses meurtres. Existe-t-il des indices qui nous met­tent le doigt sur le rouage grip­pé, d’expliquer le « pourquoi » au-delà même du « com­ment » ? Est-on en mesure d’entrapercevoir de quelle façon s’esquisse l’être der­rière le crime ?  Peut-on met­tre des mots sur « ça » ? Con­tin­uer la lec­ture

Arabesques mammaires

Véronique SELS, La bal­ler­ine aux gros seins, Arthaud, 2018, 240p.,17 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑08–141842‑4

sels la ballerine aux gros seinsIn utero, Bar­ber­ine Blin fait déjà des choré­gra­phies. Parée d’une improb­a­ble grenouil­lère en éponge avant même le pre­mier plié, elle trou­ve au chat bien plus d’élégance qu’à ses sem­blables. Après le temps tardif de la marche, vient enfin l’accession au domaine tant fan­tas­mé de la danse. Sous l’égide de M. Simon,  arrive la dis­ci­pline dras­tique imposée au corps. Tout organ­isme soumis aux cinq posi­tions de la danse clas­sique doit en effet allonger la nuque, redress­er le dos… et de préférence,  dévelop­per a min­i­ma ses pro­tubérances mam­maires. Voilà où le bât blesse : les gènes de Bar­ber­ine lui ont don­né le sein évi­dent. Sous les étoffes, Sin­istre et Dex­tre n’ont pour­tant aucune­ment l’intention de s’en laiss­er compter par leur hôtesse appren­tie rat de l’opéra. Elle aura beau s’affamer et user de ban­dages,  les deux mamel­ons pren­dront la parole avec volup­té et occu­per­ont le ter­rain un chapitre sur deux. N’hésiteront pas à bour­geon­ner à qui mieux mieux, à se pâmer lorsque leur jeune pro­prié­taire vivra des rap­proche­ments avec l’autre sexe. Toute à sa voca­tion exigeante, Bar­ber­ine réfrène sou­vent ses pro­pres désirs quand ses roberts, eux, ne cherchent qu’à s’épanouir davan­tage. Con­tin­uer la lec­ture

Le top 3 d’Anne-Lise Remacle

La suite de notre rétro­spec­tive de l’an­née. Aujour­d’hui : le choix d’Anne-Lise Remacle.


Lire aus­si : la fiche d’Anne-Lise Remacle


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À gauche ou à droite ? Là où ça gratte !

Alex VIZOREK, L’échappé belge : Chroniques et brèves, Kero Édi­tions / France Inter Édi­tions, 2017, 240p. , 15.90€/ePub : 11.99 €, ISBN : 9782366583991

vizorek l echappee belgeSi sa langue bien pen­due oscil­lait entre deux pays – le nôtre et celui de nos com­pars­es d’outre-Quiévrain – pour son pre­mier recueil (Chroniques en Thalys) Alex Vizorek s’est cette fois bel et bien instal­lé en France et notam­ment à Inter. Ce deux­ième vol­ume reprend donc la quin­tes­sence de trois années de chroniques radio féro­ces et facétieuses élaborées pour le 7/9 des stu­dios rouges, et des brèves ou détourne­ments d’extraits de presse inso­lites. Les Belges ne sont pour autant pas oubliés : ce sont Kroll et Vadot qui ponctuent les pages de leurs cro­bars et l’humoriste a réservé une trentaine de pages sup­plé­men­taires à sa mère patrie, inclu­ant neuf cap­sules de Café Ser­ré à l’ensemble. On y crois­era notam­ment Lau­rette Onke­linx, Georges Dalle­magne ou Paul Mag­nette. Con­tin­uer la lec­ture

Le goût des autres

Mar­tine ROUHART, La soli­tude des étoiles, Mur­mures des soirs, 2017, 19€, 219 p., ISBN : 978–2‑930657–38‑7

rouhart la solitude des etoilesCamille, veuve et assis­tante vétéri­naire, vit son exis­tence à très basse inten­sité, dans un apparte­ment qui sur­plombe un zoo. L’exubérance la bous­cule, les autres la con­fron­tent. Chaque voisin est source de stri­dence pour son onde intime dis­crète. Recro­quevil­lée dans son quant-à-soi entre un lapin, un chat et les rares con­tacts avec sa mère Suzanne – de nature joviale et inquiète pour l’introversion rad­i­cale de sa fille – elle est toute entière sus­pendue dans l’attente d’autre chose, sans savoir même ce qui comblerait ce creux en elle. Une nég­li­gence au tra­vail qui manque de coûter la vie à un chien la pousse à s’isoler encore davan­tage dans un mai­son-refuge, aux con­fins des Ardennes. Elle s’imagine y chem­iner, loin de tout, dis­soute dans l’environnement, jusqu’à ce qu’on frappe à sa porte. Con­tin­uer la lec­ture

Trois instants fragiles…mais emplis d’espoir ?

Agnès DUMONT, Denis LAPIÈRE, Michel VANDAM, C’est écrit près de chez vous, vol. 2, Édi­tions de la Province de Liège, 2017, 29 p., gra­tu­it.

c est ecrit pres de chez vous.jpgValeureux mais surtout flam­boy­ants de la plume sont les Lié­geois et Lié­geois­es ! Voilà l’heureux  con­stat fait par La Bib­lio­thèque cen­trale et les Édi­tions de la Province de Liège, désireux de mieux faire con­naître la diver­sité lit­téraire de la région au plus grand nom­bre. Pour ce faire a été mise en place depuis 2016 C’est écrit près de chez vous, une opéra­tion qui varie les plaisirs, entre ani­ma­tions, lec­tures et ren­con­tres. Après Nico­las Ancion, Luc Baba et Katia Lanero Zamo­ra l’an dernier, c’est désor­mais Agnès Dumont, Denis Lapière et Michel Van­dam qui sont mis en lumière par ces activ­ités et dans la pla­que­tte qui nous occupe ici, à tra­vers trois nou­velles inédites. Notons que ces trois textes sont télécharge­ables sur le site des Édi­tions de la Province de Liège ! Con­tin­uer la lec­ture

“Vivre dans un pays enfant raconteur d’histoires”

Luc BABA, Bel­giques, Ker, 2017, 128 p., 12€/ePub : 5.99 €, ISBN : 978–2‑87586–217‑4

baba belgiques.jpgNous vous l’avions annon­cé dans le numéro 193 du Car­net et les Instants (jan­vi­er – mars 2017), Ker Édi­tions lance une col­lec­tion inédite, pour laque­lle chaque auteur est con­vié à écrire une dizaine de nou­velles pour don­ner à lire l’essence de « sa » Bel­gique. Sont déjà annon­cés, pour s’inscrire dans le droit fil du livre de Luc Baba qui nous occupe ici, un vol­ume d’Yves Wellens et un autre de Françoise Lalande. Con­tin­uer la lec­ture

Régler son pas sur le pas d’un homme qui écrit : une tentative amoureuse

Véronique JANZYK, J’ai sen­ti bat­tre notre cœur, ONLiT, 2017, 12 €/ ePub : 5.99 €, 112 p., ISBN : 978–2‑87560–090‑5

janzyk j ai senti battre notre coeurAu cen­tre du nou­veau roman de Véronique Janzyk (Le vam­pire de Clichy, Les fées penchées), se niche une nar­ra­trice aux aguets des rythmes et des gestes sin­guliers d’un « tu » à qui elle adresse ses obser­va­tions atten­tion­nées, ses craintes d’effilochage face à leurs pas-de-deux qui tanguent entre syn­chronie et dis­so­nance. « Tu », c’est cet homme ren­con­tré sous un ciel en trompe‑l’œil, à une expo­si­tion où il avait fail­li égar­er son cha­peau sur un mange-debout. Un esquif volon­tiers soli­taire qui chem­i­nait ce soir-là à con­tre­sens. « Tu » est aus­si un auteur pour qui seuls comptent la marche, l’écriture et l’amour et qui s’adonne à ces trois pas­sions avec principes, dis­ci­pline et ténac­ité. Un être aux mécan­ismes com­plex­es pour qui le temps est une obses­sion. Com­ment apprivois­er cet autre – si dess­iné par ses habi­tudes qu’il est cham­boulé, dégoûté par l’arrivée d’une chi­enne – mais con­serv­er sa pro­pre cadence, éviter de se diluer dans la rela­tion ? Com­ment retrou­ver mail­lage com­mun ? Reste le liant des corps plus à l’unisson à l’horizontale que lors des prom­e­nades et celui de la lit­téra­ture, ter­ri­toire davan­tage accueil­lant pour l’être aimé que le monde du dehors, qu’il faut fendre sans pren­dre de pause, tra­vers­er à une cadence établie. Celle qui nous donne à lire ce « tu » a les mots pour nous faire gliss­er dans l’empathie : « Tu allais con­fi­ant. De cette con­fi­ance sont nés des bleus. Tu écris le temps qu’ils s’effacent. Les bleus d’enfance ne s’effacent pas. Il y a assez d’encre dedans pour écrire toute une vie. » Con­tin­uer la lec­ture

Séditions et quête de sens en territoire urbain

Éric BRUCHERLe jour est aus­si une colère blanche, Luce Wilquin, 2017, 144 p., 15€, ISBN : 978–2882535399

brucher.jpgQuand il arrive en ville, le gang de Wolf (Laz­lo, Park­er, Hichie, Gin­ger, Markus, Zacharie) – corps mou­vant des pre­mières nou­velles du recueil et un des points de jonc­tion avec La blancheur des étoiles, roman paru en 2014 – voudrait que les gens changent de trot­toir. Que déga­gent les bien-pen­sants, les mou­tons bêlant davan­tage qu’ils ne cog­i­tent, les chiens qui vous can­ton­nent dans les cas­es établies ou tous ceux qui n’amènent pas leur graine de ras-le-bol à l’incandescence. Eux se muent en per­son­nages (anti-) héroïques, chavirés – dans une langue tan­tôt extrême­ment lyrique, tan­tôt cher­chant à coller au plus près à leur bitume et à leurs sac­cades qua­si fauves – et com­met­tent leur lot d’incivilités et de graf­fi­tis rougeoy­ants pour faire frémir et réveiller le pas­sant lamb­da anesthésié dans son con­fort con­fit. Live fast and die young est un slo­gan qui pour­rait s’encrer sur leur peau. Jusqu’à ce que ce mot­to véloce et fiévreux devi­enne prophé­tique pour l’un d’entre eux. Con­tin­uer la lec­ture

Frayer avec la hou(il)le

Serge DELAIVESaumon noir, Édi­tions de la Province de Liège, 2017, 84 p., 14 €, ISBN : 9782390100737

delaiveSaumon noir, réc­it très intime et impres­sion­niste, en mots et en images, s’inscrit dans une démarche plus large qu’une pub­li­ca­tion : il fut présen­té dans le cadre de l’édition 2016 de la Trilo­gie con­tem­po­raine, Arts et Métaux. Sur le thème Nous ne sommes rien, soyons tout : réc­its de mémoire ouvrière[1], elle pro­po­sait notam­ment une expo­si­tion con­sacrée à la mémoire indus­trielle dans les bassins sidérurgiques de la région lié­geoise, à savoir Hoy­oux, Seraing, Scle­ssin, Saint-Nico­las et enfin Her­stal, cœur encre et char­bon du présent texte. Con­tin­uer la lec­ture

Insecte et homard

Romane BIRON, Le dia­ble en pan­tou­fles, Mael­strÖm, 2017, 120p.,13€, ISBN : 978–2‑87505–266‑7

bironVu de l’extérieur, le n°18 de l’allée du Silence a tout de l’habitation mod­èle avec jar­dinet pro­pret, où niche une famille qui sem­ble l’être tout autant : Charles, le père, est prag­ma­tique et ses lunettes ne tolèrent aucune salis­sure. Chan­tal, la mère, gère les cor­dons de la bourse famil­iale de façon économe et livre des plateaux-repas au domi­cile des per­son­nes âgées ou alitées. Leurs filles, Marie (13 ans) et Élodie (6 ans) sont élevées de façon très pieuse, avec la Radio Chré­ti­enne Fran­coph­o­ne en fond sonore con­tinu, au point que l’aînée préfère Bernadette Soubirous à toutes les stars pail­letées dont s’amourachent les jeunes de son âge. Elles parta­gent une même cham­bre qui devient le théâtre de leur imag­i­naire, leur rem­part con­tre le monde extérieur. À quelques pâtés de mai­son de là, leur gras­souil­lette et guillerette Mamie Fram­boise ne dit jamais non à un bon gâteau et ne rat­erait pour rien au monde un match des Dia­bles Rouges. Con­tin­uer la lec­ture