Archives par étiquette : Émilie Gäbele

Sur l’aile des tendresses et des solitudes

Anne-Michèle HAMESSE, Un jour d’été à Cen­tral Park, Coudri­er, coll. « Coudraie », 2022, 84 p., 18 €

hamesse un jour d'été a central parkMéfiez-vous, le titre du recueil Un jour d’été à Cen­tral Park est trompeur. Vous ne voy­agerez que très peu au cœur de la « Grosse Pomme ». Ces nou­velles sen­tent plutôt le par­fum du nord, fla­mand ou brux­el­lois.

Les gens applaud­is­sent à son pas­sage, dans les tour­nants son trône vac­ille, ça lui rap­pelle les moissons, quand elle par­court les champs de blé juchée sur un tracteur, dans la foule cer­tains lui lan­cent des pétales de rose, la rue est jonchée de pétales, la rue sent bon, une odeur de fleurs mûres qui se mêle aux sen­teurs de bière et de tran­spi­ra­tion, c’est la fête, toute la Flan­dre vit au rythme de la Sainte-Marie, on dirait un tableau médié­val, une grande fête pop­u­laire, les gens sont heureux. Con­tin­uer la lec­ture →

Les veilleurs et veilleuses de nos vies

Flo­rence CRICK, Vous m’avez appelée, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? (His­toires de patients), Oiseaux de nuit, coll. « Romans à jouer, pièces à lire », 2022, 120 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–47‑6

crick vous m avez appelee qu est ce que je peux faire pour vous« Vous m’avez appelée ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? » Cette phrase, Flo­rence Crick l’a répétée des cen­taines de fois. Infir­mière volante dans un hôpi­tal qui traite des per­son­nes atteint·es de can­cers, elle a voulu ren­dre hom­mage à ses patient·es et ses col­lègues en reprenant leurs his­toires et leurs paroles. Les témoignages des un·es et des autres s’entrecroisent. Le réc­it est ponc­tué de phras­es quo­ti­di­ennes que peu­vent dire les patient·es et les infirmier·es. L’ensemble est poignant, sou­vent déchi­rant. Impos­si­ble de ressor­tir indemne d’une telle lec­ture, que l’on ait ou pas déjà côtoyé le can­cer, de près ou de loin. Certain·es patient·es gar­dent espoir et se bat­tent jusqu’au bout. Certain·es s’en sor­tent. D’autres, las de souf­frir, deman­dent l’euthanasie. Com­ment ne pas être bouleversé·e par cette dame qui écrit des let­tres à ses petits-enfants qu’elle ne ver­ra jamais grandir ? Par cette jeune fille qui avait fait promet­tre à sa mère de ne pas mourir, mais dont la mère n’aura pas pu tenir la promesse ? Par ce jeune garçon qui rêvait de voir John­ny en con­cert, mais qui s’en est allé bien avant son idole ? Par cette jeune mère en phase ter­mi­nale qui perd son com­pagnon d’un acci­dent de moto ? Com­ment ne pas être révolté·e de voir des jeunes, à peine âgé·es de trente ans, mourir si tôt ? Con­tin­uer la lec­ture →

La nuit je mens

Ben CHOQUET, Le dernier truand, Kennes, 2022, 396 p., 19,90 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782380751437

choquet le dernier truandDepuis la mort de sa fille, Tuco, un ancien flic recy­clé en détec­tive privé, n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses journées sont ryth­mées par l’alcool et les his­toires sans lende­main. Cette fausse quié­tude est inter­rompue par la mort subite de son père, dit le Colonel. Bien qu’il ait coupé les ponts avec lui, Tuco se rend à son enter­re­ment. Vu la longue car­rière dans l’armée du pater­nel, de nom­breuses per­son­nes y sont présentes. Tuco refuse l’héritage, au prof­it de sa sœur Sophie. Toute­fois, dans la nuit qui suit l’enterrement, il est enlevé et séquestré par des moloss­es masqués. Il parvient à s’échapper, grâce à une con­di­tion physique jamais prise en défaut. Les morts qui s’accumulent sur sa route se volatilisent aus­si vite qu’ils sont apparus. Un car­net lais­sé par son père et ne con­tenant que deux inscrip­tions étranges s’invite dans l’histoire. Pourquoi le Colonel lègue-t-il ce car­net à son fils ? Est-il vrai­ment mort d’une crise car­diaque ou est-ce un meurtre déguisé ? Et qui sont ces mys­térieux hommes qui pour­chas­sent à présent Tuco ? Con­tin­uer la lec­ture →

Les chantiers de l’amour ou de la mort

Sophie KESTER, Au-delà des ombres, 180°, 2022, 336 p., 20 €, ISBN : 9782940721122

kester au dela des ombres

Emi­ly Jensen, soci­o­logue fran­co-anglaise, met au monde une petite Sophia, après avoir vécu un mariage dif­fi­cile où elle était sans cesse rabais­sée. À la nais­sance de sa fille, elle lui fait la promesse de ne jamais l’abandonner, au con­traire de sa pro­pre mère, une jeune hip­pie qui avait pris la poudre d’escampette six mois après sa nais­sance et n’avait plus jamais réap­paru. Comme son père avec elle, la jeune femme élève seule son enfant. À la dif­férence que son père, ne s’étant jamais remis de la dis­pari­tion de sa moitié, avait som­bré dans l’alcool jusqu’à y être englouti. Emi­ly, bien entourée par trois amies dont la pétil­lante Emma, ne se laisse pas abat­tre, trou­ve un petit apparte­ment et fal­si­fie son cur­ricu­lum vitae pour pos­tuler à un poste d’assistante de direc­tion finan­cière dans une très grande société française, Aon, spé­cial­isée dans la con­struc­tion à l’international. Ces deux lignes mod­i­fiées vont pour­tant lui jouer des tours. Con­tin­uer la lec­ture →

Les petits papiers

Julia GALASKI, Le passe­port, Étaques, 2022, 368 p., 18 €, ISBN : 9782490205110

galaski le passeportUne jeune étu­di­ante en Sci­ences Po part un an à Jérusalem pour étudi­er le con­flit israé­lo-pales­tinien et appren­dre l’arabe. Née d’un père fran­co-israélien et d’une mère alle­mande, elle a des racines mul­ti­ples, notam­ment en Israël où vit la plus grande par­tie de sa famille pater­nelle. Elle a été éduquée en alle­mand dans les tra­di­tions chré­ti­ennes. Chaque été, elle part en Israël pour les vacances. Cette fois c’est dif­férent : elle voy­age seule. Elle apprend quelques jours avant son départ qu’en tant que fille d’Israélien, elle béné­fi­cie de la nation­al­ité israéli­enne et reçoit un passe­port. Ce bout de papi­er lui causera quelques soucis. Con­tin­uer la lec­ture →

Au-delà du fleuve

Alex LORETTE, La vie comme elle vient, Lans­man, 2022, 80 p., 12 €, ISBN : 9782807103467

lorette la vie comme elle vientAlors que sa vie sem­ble peu à peu tir­er sa révérence, Lucie regarde son passé. Elle se sou­vient de son arrivée en Bel­gique en 1958, âgée alors de dix-huit ans. Cette terre où elle s’est tout de suite sen­tie étrangère. Cette terre où il fait froid, où l’eau est verte, où le vent vient de la terre. Elle racon­te sa nais­sance, au fin fond du Con­go, au bord du fleuve, à qua­tre heures de marche de la pre­mière ville. Nais­sance à laque­lle sa mère n’a pas survécu. Elle se sou­vient de son enfance auprès de sa nour­rice noire, Mas­si­ga, au grand désar­roi de son grand-père qui con­sid­érait le peu­ple noir comme des sauvages. Le racisme et les idées colo­nial­istes étaient encore bien ancrées à cette époque. Mal­gré sa couleur blanche, Lucie se sent noire au-dedans. Con­tin­uer la lec­ture →

Vienne la nuit sonne l’heure / Les jours s’en vont je demeure

Michel LAMBERT, Le ciel me regar­dait, Le beau jardin, Coll. « Sen­tinelles », 2022, 144 p., 14 € / ePub : 4,99 €, ISBN : 9782359700558

lambert le ciel me regardaitDes êtres se croisent ou se ren­con­trent. Les nar­ra­teurs de ces dix nou­velles retrou­vent de vieux copains, d’anciennes con­nais­sances ou amantes, suiv­ent des incon­nus dans la rue, abor­dent des femmes dans un bar, exhortés par les fan­tômes du passé, revoient peut-être un être cher pour la dernière fois… Se sont-ils vrai­ment con­nus ? Ne se four­voient-ils pas ? La soli­tude s’est le plus sou­vent immis­cée dans leur vie : his­toires d’amour ter­minées ou avortées, enfants devenus grands, sou­venirs heureux en perdi­tion ou sou­venirs mal­heureux que l’on avait essayé d’oublier mais qui « sur­gis­sent tel un épou­van­tail et vous saut­ent à la gorge ». Ces hommes aimeraient que quelqu’un leur pose une main récon­for­t­ante sur l’épaule, leur dise dans le creux de l’oreille « Je suis là », et que, con­traire­ment à l’homme qui prononce ces mots dans la nou­velle du même nom, ces per­son­nes ras­sur­antes ne s’évaporent pas dans la ville. Con­tin­uer la lec­ture →

Poussière d’étoiles ou poussière d’or ?

Mar­tin RYELANDT, Le ramasseur d’étoiles, La Trace, 2021, 184 p., 20 €, ISBN : 9791097515560

ryelandt le ramasseur d etoilesNicodème, jeune garçon pétil­lant et sportif, est livreur de piz­za à vélo. Il squat­te avec son ami Léo une grande vil­la aban­don­née par son pro­prié­taire, qui a préféré par­tir vivre sous le soleil de la Gomera. Alors que Nicodème est plutôt calme et raison­né, Léo est fainéant et trempe dans des his­toires mal­hon­nêtes. Nicodème vit là depuis que ses par­ents ont dis­paru en mon­tagne, mais il préfère ne pas s’étaler sur ce sujet. Con­tin­uer la lec­ture →

« Qui aimera le diable ? Qui chantera sa chanson ? »

Luc DEVREESE, La mémoire du sable, Weyrich, 2021, 152 p., 14 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782874896750

devreese la memoire du sableLa vie de Julius est plutôt morose depuis qu’il a per­du son tra­vail… ou peut-être l’a‑t-elle tou­jours été ? Cet éter­nel céli­bataire est très soli­taire. Il voit par­fois sa vieille sœur Mar­cel­la qui vit dans une petite mai­son de l’ancien béguinage de Mont-Saint-Amand. À l’époque, il allait aus­si par­fois ren­dre vis­ite à Lieve, une pros­ti­tuée du quarti­er de la gare. Poussé par un élan inhab­ituel – comme s’il était temps qu’il aille à con­tre-sens de sa vie – il entre chez un anti­quaire et en ressort avec une stat­uette représen­tant le dieu Pan, le sexe dressé. Il ne sait expli­quer pourquoi il est attiré par cet objet. Il veut mon­tr­er la stat­uette à Mar­cel­la. La vieille femme qui perd la vue sourit joyeuse­ment en touchant le mem­bre de la stat­uette. Julius sent que quelque chose a changé dans sa vie depuis qu’il a acquis cette stat­uette, comme si sa mélan­col­ie voulait dis­paraître. Il veut revoir Lieve, mais il apprend qu’elle ne tra­vaille plus dans le café où il allait la retrou­ver. Con­tin­uer la lec­ture →

L’ange de la mort sonne toujours deux fois

Paul EMOND, Don Qui­chotte avant la nuit et Grac­chus, Lans­man, 2021, 100 p., 12 €, ISBN : 9782807103245

emond don quichotte suivi de gracchusDeux textes de Paul Emond, Don Qui­chotte avant la nuit et Grac­chus, rassem­blés dans une même pub­li­ca­tion, met­tent en scène des êtres proches du tré­pas. L’ange de la mort rôde à chaque page. Cet entre-deux – entre vie et mort – est sym­bol­isé par une belle illus­tra­tion de Maja Polack­o­va en page 55.

Dans Don Qui­chotte avant la nuit, deux hommes se tien­nent côte à côte dans un grand lit, dernière rési­dence de leur pas­sage sur terre. L’un appré­cie par­ti­c­ulière­ment la lec­ture. L’autre est un grand bavard. Une femme, surnom­mée la passeuse, les accom­pa­gne dans leur dernier voy­age et leur prodigue des soins, notam­ment sa fameuse huile de pas­sage. Tous deux n’ont plus beau­coup d’appétit et s’assoupissent sou­vent. Con­tin­uer la lec­ture →

Pénélope n’attend plus

Geneviève DAMAS, Quand tu es revenu, Lans­man, 2021, 56 p., 11 €, ISBN : 9782807103191

damas quand tu es revenuEn amour, est-ce que l’on peut par­tir et revenir, comme une fleur, vingt ans plus tard ? Peut-on promet­tre de tou­jours revenir ? Les hommes et les femmes sont-ils égaux dans ce voy­age ? Regar­dons le mythe d’Ulysse. Péné­lope l’a atten­du bien sage­ment, repous­sant nom­bre de pré­ten­dants. Dans les his­toires, le héros part et revient tou­jours. Nous sommes bercés par ce mythe, mais n’est-il pas temps de le décon­stru­ire ? Com­ment cela se passerait-il dans la vraie vie ? Que se passerait-il si celui que vous avez aimé revient vingt ans plus tard ? Con­tin­uer la lec­ture →

Voyage onirique à Saint-Martin‑d’Ardèche

Chris­tine DELMOTTE-WEBER, Ceci n’est pas un rêve, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2020, 122 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–23‑0

delmotte-weber ceci n'est pas un reveAlice, pho­tore­porter de guerre, a besoin de s’éloigner du rythme intense de sa vie pro­fes­sion­nelle. Après avoir décou­vert un échange de let­tres entre les deux artistes pein­tres sur­réal­istes, Leono­ra Car­ring­ton et Leonor Fini, elle se rend à Saint-Martin‑d’Ardèche sur leurs traces. Depuis qu’elle est arrivée dans ce vil­lage, Alice rêve énor­mé­ment. C’est comme si ses songes se matéri­al­i­saient, comme si des univers par­al­lèles se man­i­fes­taient. Elle s’immisce dans la vie des deux pein­tres et assiste aux épisodes de 1939, lorsque Leono­ra, en cou­ple avec Max Ernst, accueille Leonor et son ami Fed­eri­co fuyant la cap­i­tale et la fureur nazie. Suite à un appel de sa rédac­trice en chef, Alice accepte de con­juguer son repos avec un reportage sur les deux artistes. Peu à peu, le présent d’Alice se mélange au passé des deux femmes. Elle assiste à leurs con­ver­sa­tions sans être vue. Mais par­fois, un bruit, un élé­ment témoigne de sa présence. Alice marche dans leurs pas. Elle pro­duit des pho­tos étranges, d’une autre tex­ture, qui s’in­spirent de la dimen­sion poé­tique des deux artistes. Elle a l’impression de pou­voir enfin vrai­ment s’ex­primer, même si sa rédac­trice en chef n’est pas du même avis. Con­tin­uer la lec­ture →

Elle voyage en solitaire

Céline DELBECQ, À cheval sur le dos des oiseaux, Lans­man et Rideau de Brux­elles, 2021, 60 p., 11 €, ISBN : 978–2807103153

delbecq a cheval sur le dos des oiseauxCarine Bie­len, la cinquan­taine, vit dans un cen­tre avec Logan, son fils qui ne bronche pas de la journée, mais hurle par­fois la nuit. La seule manière pour Carine de calmer ses ter­reurs noc­turnes est de se blot­tir tout con­tre lui. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez cet enfant ? Carine se livre avec ses mots sim­ples et mal­adroits, mais tou­jours francs. Elle racon­te qu’elle aime bien boire un petit coup de rouge le soir, une fois que le petit est couché, voire un peu plus les soirs de grand vent. Le vent char­rie trop de bruits inquié­tants, voire d’idées noires… Elle évoque la manière dont Logan a été conçu, un soir pass­able­ment éméchée, avec un copain de comp­toir de L’auberge. Elle digresse beau­coup et expose tout l’amour qu’elle porte à son fils. Cet enfant qui aime les oiseaux, tout comme elle. Con­tin­uer la lec­ture →

Cap ou pas cap ?

Stanis­las COTTON, Ce que baleine veut, coll. « Théâtre à vif », 2021, 48 p., 10 €, ISBN : 9782807103108

cotton ce que baleine veutQuelque chose ne tourne pas rond chez les Per­limpin. Capucine, la nar­ra­trice, a remar­qué un change­ment de com­porte­ment chez son petit frère Philib­ert. Ce dernier n’agit pas comme d’habitude. Du genre à râlot­er facile­ment et à hous­piller sa sœur, il devient tac­i­turne et accepte tout ce qu’elle lui demande. Il s’isole dans sa cham­bre, par­le tout bas et passe des heures devant son ordi­na­teur. Ses par­ents, Ali­da et Edmond, ne remar­quent pas tout de suite ses sautes d’humeur et ses actes inhab­ituels. Capucine par con­tre le sur­prend à net­toy­er de fond en comble la mai­son, tra­vers­er à toute vitesse un car­refour dan­gereux ou insul­ter vio­lem­ment ses par­ents. Le tout avec pho­tos ou vidéos à l’appui. La nuit, Philib­ert dort peu et écoute les chants d’une baleine qui ago­nise. Capucine a peur que son frère devi­enne fou. Il n’est plus lui-même. Les trucs tor­dus s’enchainent jusqu’à un acte final qui pour­rait bien lui être fatal. Qu’a‑t-il bien pu se pass­er pour que Philib­ert agisse de cette manière ? Con­tin­uer la lec­ture →

Sans voix

Jes­si­ca GAZON, Syn­ovie, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2020, 108 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–06‑3

gazon synovieÀ quinze ans, alors que la vie lui sourit, Syn­ovie est prise d’un mal mys­térieux. Sa voix devient molle. Son sourire se crispe. C’est un coup dur pour cette pas­sion­née de théâtre et de lec­ture à voix haute. Ce blocage, à pre­mière vue inof­fen­sif, devient de plus en plus fréquent. Per­son­ne, même le médecin du vil­lage, ne prend son prob­lème au sérieux. Quelques mois plus tard, elle voit un neu­ro­logue qui diag­nos­tique de la spas­mophilie. Ce mal serait donc psy­chologique. Toute­fois, son défaut d’articulation s’intensifie. Syn­ovie choisit la voie du silence et se tait autant au cours de théâtre qu’à l’école. Un an après l’apparition des pre­miers symp­tômes, même dég­lu­tir devient dif­fi­cile. Sa mère n’y com­prend rien. Son père est dans le déni. Comme les vrais médecins ne trou­vent rien, sa mère se tourne vers les sci­ences occultes et erre de mag­né­tiseuse en marabout… Mais rien ne marche. Ses paupières con­tin­u­ent de s’affaisser. Son vis­age de pen­dre. Son corps la lâche peu à peu. Une nuit, son état s’aggrave. Ses par­ents l’emmènent chez un vieux médecin de cam­pagne qui veut faire des exa­m­ens sup­plé­men­taires et l’envoie chez un bon neu­ro­logue. Le ver­dict finit par tomber : elle souf­fre de myasthénie, une mal­adie rare. Le chemin de la guéri­son com­mence alors… Con­tin­uer la lec­ture →

« A day in the life »

Un coup de cœur du Car­net

Régis DUQUÉ, John Mal­one, Lans­man, 2020, 52 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0305‑4

duqué john maloneMar­tin, dix ans, fait ses devoirs dans sa cham­bre. Il décide de s’évader dans le livre, John Mal­one, que lui a offert Mar­got, la fille qu’il aime bien. L’orage se met à gron­der. Il com­mence sa lec­ture. Une attaque ter­ror­iste men­ace le pays. Heureuse­ment, le Bureau des affaires antiter­ror­istes veille. Le regard de Mar­tin s’élève vers la cathé­drale. Quelqu’un bouge sur le toit. Son esprit s’évade. Dans la pièce à côté, son père est occupé à con­stru­ire un nichoir à oiseaux. Il pal­abre, se sou­vient de l’époque où il tra­vail­lait sur un open space où chaque pause pipi était minu­tieuse­ment notée et cal­culée. Il se sou­vient du peu de poésie qu’il trou­vait par­fois en regar­dant la neige tomber par la fenêtre. Au même moment, dans les rues de la ville, deux policiers patrouil­lent. L’un s’ennuie fer­me­ment et aimerait plus d’action. Sur les toits de la cathé­drale, Tom Fox est à deux doigts de cap­tur­er John Mal­one, mais ce dernier lui échappe de justesse en héli­cop­tère. Tom parvient toute­fois à le fil­er. Con­tin­uer la lec­ture →