Archives de catégorie : Recensions

Une grande voix

Madeleine LEY, Poésies, Pré­face de Jacques Van­den­schrick, Édi­tion de Gérald Pur­nelle, Tail­lis Pré, coll. “Ha !”, 2025, 240 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–248‑4

ley poésiesLa car­rière lit­téraire de Madeleine Ley (1901–1981) est brève. En 1930, elle pub­lie un pre­mier recueil de poésie, Petites voix, suivi de deux romans pour enfants (1931 et 1935). En 1936, parait son roman Olivia. Suiv­ent, en 1941, les poèmes de La mai­son du ciel. Puis, c’est le silence, à l’exception de la pub­li­ca­tion en 1942 de Le grand feu, couron­né sur man­u­scrit par le Prix Rossel en 1939. Con­tin­uer la lec­ture

Mémoire et avenir

Thomas DEPRYCK et Antoine LAUBIN, Maria et les oiseaux (His­toires de Bel­gique), De Fac­to/CED-WB/Emile & Com­pag­nie, 2025, 240 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8071–0443‑3

depryck laubin maria et les oiseaux histoires de belgiqueMaria et les oiseaux nous donne à lire un vaste jeu his­torique de l’His­toire de Bel­gique de 1945 à aujour­d’hui au départ de Hau­mières, petit vil­lage fic­tif du Hain­aut occi­den­tal, situé quelque part entre la France, la Flan­dre et l’Escaut. Les auteurs de cette saga, Thomas Depryck et Antoine Laubin, y don­nent nais­sance à une femme, Maria, en 1927. Con­tin­uer la lec­ture

Théâtre de papier

Paul BIOT, Les efface­ments d’Amédée, Cerisi­er, 2025, 144 p., 15 €, ISBN : 9782872672554

biot les effacements d'amédée et autres nouvellesPaul Biot est un homme mul­ti­ple : juriste, auteur et dra­maturge, comé­di­en, met­teur en scène, for­ma­teur en créa­tion. Son nom est indis­so­cia­ble­ment lié au mou­ve­ment du théâtre action dont il a été un des arti­sans act­ifs dans toute la fran­coph­o­nie et ce depuis des décen­nies. On lui doit aus­si quelques ouvrages de référence sur cette dis­ci­pline en mou­ve­ment qui va à la ren­con­tre du pub­lic pour explor­er avec lui des thé­ma­tiques socié­tales, le spec­ta­cle se con­stru­isant en direct avec l’apport des per­son­nes présentes, le plus sou­vent en lien avec des com­bats pour les droits humains. Aujourd’hui, il présente pour la pre­mière fois une œuvre lit­téraire de fic­tion sous la forme d’un recueil, Les efface­ments d’Amédée et autres nou­velles. Con­tin­uer la lec­ture

(re)visiter la poésie française de Belgique

Les poètes de la rue Ducale. Antholo­gie poé­tique, Intro­duc­tion et choix par Yves Namur, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2025, 247 p., 20 €, ISBN 978–3‑8032–0093‑1

namur les poetes de la rue ducaleQu’est-ce au juste que cette « rue Ducale » ? De quand date sa réu­nion de poètes ? Qui en fit (fait) par­tie ? L’énigme – bénigne – s’éclaire bien­tôt si l’on s’avise qu’une rue Ducale bor­de le Parc Roy­al à Brux­elles et longe le Palais des Académies royales, dont celle des écrivains fran­coph­o­nes… Con­venons-en, un titre comme “Nos poètes académi­ciens” eût paru plus com­passé, voire intim­i­dant. Or, il s’agit avec cette nou­velle antholo­gie de sor­tir des armoires tout un pan de notre lit­téra­ture, de la fin 19e à aujourd’hui, pour opér­er une remise en lumière et un grand bras­sage intergénéra­tionnel. Yves Namur, qui col­lab­o­ra jadis avec Lil­iane Wouters, est un anthol­o­giste expéri­men­té. Il a choisi de ranger les textes en suiv­ant non l’ordre his­torique de leur paru­tion mais l’ordre alphabé­tique des noms d’auteur(trice), ce qui engen­dre des voisi­nages inat­ten­dus et par­fois même dis­so­nants : Véronique Bergen et Charles Bernard, Edmond Van­der­cam­men et Fer­nand Ver­he­sen, Jea­nine Moulin et Pierre Nothomb… Ain­si, loin du car­can chronologique, le vol­ume pro­gresse par sauts et con­trastes où l’idiosyncrasie de chaque auteur(trice) est mise en relief par celle de ses commensaux(ales), non sans pro­duire un plaisant effet de chine. Con­tin­uer la lec­ture

Duo dada dodu dis donc

Christoph BRUNEEL et José VANDENBROUCKE, … NU & con­tinu, Âne qui butine, coll. “Amphis­bène”, 2025, 166 p., 22 €, ISBN : 978–2‑919712–38‑0

bruneel vandenbroucke nu & continu« Spec­tal­lumeurs », Christoph Bruneel et José Van­den­broucke van­nent les let­tres dans la joie et les mirages. Ils les tamisent et les déplient sur un cadavre exquis de flots de mots col­lants et de col­lages, qui meurent dans des remous poé­tiques pour en génér­er par l’écume, de nou­veaux sur le chant. Dont les cou­plets inin­ter­rom­pus respirent abon­dam­ment l’air par la page ouverte, dévalée en lignes ser­rées et dérangées ; tel un tor­rent NU & con­tinu. Con­tin­uer la lec­ture

Méduse : renaissance et réappropriation

Racha MOUNAGED, Les méta­mor­phoses de Méduse, Com­plic­ités, 2025, 98 p., 12 €, ISBN : 9782386478666

mounaged les métamorphoses de méduseQuand Méduse s’empare de la parole, rompt le silence dans lequel le mythe, les humains, les dieux l’ont plongée, elle arrive sous une forme duelle, comme un agence­ment d’énonciation et de corps rompu à l’exercice de la méta­mor­phose, des devenirs. À la pre­mière méta­mor­phose puni­tive, à la trans­for­ma­tion de la jeune fille Méduse en Gor­gone, l’autrice bel­go-libanaise Racha Mounaged ajoute un nou­v­el avatar, le dédou­ble­ment de Méduse, sa dif­frac­tion en deux voix, une voix ances­trale, errante, et une voix con­tem­po­raine, celle de Méduse 2.0. Conçu ini­tiale­ment sous la forme d’un roman écopoé­tique, le per­son­nage mythologique a fait dévi­er le pro­jet, l’a mené sur le rivage d’un mono­logue poé­tique bâti sur l’hiatus entre les deux incar­na­tions d’une divinité pri­mor­diale, unique Gor­gone frap­pée de mor­tal­ité. Con­tin­uer la lec­ture

La langue en marche

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line GIRAUD, Mail­lon nu, Mael­ström reEvo­lu­tion, coll. « Root­leg », 2025, 93 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87505–530‑9

giraud maillon nuDe Car­o­line Giraud, née en 1977, nous savons qu’elle vit entre Brux­elles et la Cor­rèze, qu’il ne faut pas la con­fon­dre avec une autre Car­o­line Giraud, pro­fesseure de philoso­phie à Charleville-Méz­ières – et sur Tik­Tok – et qu’elle est investie dans des pro­jets de recherche et de créa­tion poé­tiques. L’autrice de Mail­lon nu a égale­ment pub­lié dans plusieurs remar­quables revues français­es (MargellesHélasPro/p®oseLichen, La forgeLes haleurs, ou encore Peau élec­trique). Elle per­forme régulière­ment en lec­tures musi­cales ou croisées avec d’autres voix. Et voici qu’elle pub­lie, à Brux­elles, chez Mael­strÖm cet excel­lent sec­ond livre, d’une belle rigueur, d’une grande orig­i­nal­ité et d’une pro­fonde justesse. Con­tin­uer la lec­ture

À la rencontre de soi

Anne-Sophie DELCOUR et Manon KARSENTI, Neuf, Tana, 2025, 156 p., 24,95 €, ISBN : 979–10-301‑0584‑1

delcour karsenti neufAutomne est une jeune femme qui décide de quit­ter son com­pagnon et un tra­vail sta­ble lorsqu’elle prend con­science qu’au fur et à mesure des années, elle s’est tail­lé un masque social certes grat­i­fi­ant, mais qui ne comble pas un vide intérieur tenace et dix ans d’errance exis­ten­tielle. Elle ren­con­tre par hasard Raphaël, avec qui elle tisse une rela­tion authen­tique. La soli­tude qu’elle éprou­ve bien­tôt dans son cou­ple la pousse toute­fois à explor­er une nou­velle piste : poussée par son intu­ition, elle décide de s’inscrire à une retraite silen­cieuse de dix jours, alors qu’elle n’a aucune expéri­ence en la matière. Con­tin­uer la lec­ture

« Le travail du conte », déplacement, condensation et voix féminine-iste

Myr­i­am MALLIÉ, Un château, le silence, Esper­luète, 2025, 126 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑35984–204‑3

mallié un chateau le silenceMyr­i­am Mallié, fig­ure impor­tante et pio­nnière du tra­vail du con­te en Bel­gique, pour­suit sa voie lit­téraire en semant sur son chemin édi­to­r­i­al son sep­tième titre, Un château, le silence, paru aux édi­tions Esper­luète.

Avant la mise en place de l’enchantement d’un « il était une fois » ou autre for­mule codée sésame d’un Autre Monde, la con­teuse installe son lecteur. Celui ou celle qui ouvre Un château, le silence, décou­vre un réc­it issu de la mécanique onirique. Il est ques­tion, dans la nais­sance de cette écri­t­ure, d’un « laiss­er faire ce qui creu­sait en moi et fai­sait mal pour l’instant. Et tout autant, [d’un] laiss­er agir ce qui, venu d’ailleurs, y ver­sait de la douceur. Le rêve et le fleuve. », énonce Mallié. L’analogie entre rêve et mythe, rêve et con­te, sou­vent notée par Freud et ses dis­ci­ples, sou­tient le pro­jet d’écriture ; tel le rêve, le con­te se présente avec un con­tenu man­i­feste qui dis­simule un con­tenu latent, le lec­torat en est d’emblée aver­tit, la con­teuse racon­te alors. Con­tin­uer la lec­ture

Pelote de crimes

Alexan­dre LOLLO, À l’épreuve du vice, Empaj, 2025, 306 p., 21 €, ISBN : 978–2‑931011–47‑8

lollo à l'épreuve du viceEx-pro­fileuse au ser­vice de la police, Car­la Nold­en est sol­lic­itée par Made­moi­selle Beck, une riche héri­tière, pour une mis­sion spé­ciale : en échange d’une con­fort­able somme d’argent, elle se trou­vera face au fiancé de la mil­liar­daire, qu’elle ne con­nait pas, et dont cette dernière, se sen­tant en dan­ger de mort, veut véri­fi­er la sincérité et la pro­bité. Un exer­ci­ce sans dif­fi­culté à pre­mière vue pour cette psy­cho­logue habituée à décrypter les expres­sions et les atti­tudes qui trahissent les sen­ti­ments pro­fonds. Mais sans crier gare, la com­man­di­taire la con­fronte à qua­tre hommes, dont le fiancé, et rien ne se déroule comme prévu. Car­la qui opère au départ d’une autre pièce perd con­nais­sance et, retrou­vant ses esprits, elle apprend qu’un meurtre a eu lieu dans l’intervalle. Une équipe de police déboule dans la vaste demeure dont la pro­prié­taire déclare aux enquê­teurs qu’il s’agit d’un « brunch qui a mal tourné ». Con­tin­uer la lec­ture

Tout le monde passe à l’attaque !

Aurélien DONY (texte) et Nina NEURAY (illus­tra­tions), Cric ! Crac ! Les tau­pes passent à l’attaque !, Cot­Cot­Cot, 2025, 40 p., 16,20 €, ISBN : 978–2‑930941–78‑3

dony neuray cric crac les taupes passent a l attaque« Tou­jours, il fait tout noir. Tou­jours, on n’entend rien. C’est comme ça, vous savez, sous nos pas, sous nos pieds. C’est comme ça en vérité, sous nos pas, sous nos pieds : du noir partout dedans, silence partout autour. » L’incipit de l’album se détache par son blanc lumineux sur une dou­ble page noire. Mais finale­ment pas si noire que cela, des ombres s’y dis­tin­guant, comme quand après quelques sec­on­des dans l’obscurité on perçoit dif­férentes tex­tures obscures. Et n’entendrait-on pas aus­si des bruits dans ce calme pré­ten­du­ment opaque ? En effet, « ça grat­te, ça griffe, ça chante, ça sif­fle, ça creuse, ça fouille, ça trépigne et ça grouille ». Des créa­tures qui s’affairent sous terre… Serait-ce des lom­brics, des ger­billes, des limaces ? Non, des tau­pes creu­sant des ter­ri­ers avec un zèle métic­uleux. L’une d’entre elles s’avère « espiè­gle et téméraire, amuse la galerie, tra­vaille avec vigueur [et] aux unes, aux autres, sans cesse ouvre son cœur… ». D’emblée, par cette courte descrip­tion, Mira attire notre sym­pa­thie, immé­di­ate­ment ren­for­cée par l’introduction de couleurs chaudes dans les illus­tra­tions. Elle et ses con­génères fouis­seurs aux pelages uniques (tabac, gris, souris, cognac, bleus et autres) s’agitent tels des nageurs souter­rains, et se meu­vent joyeuse­ment au cœur d’un sol meu­ble, raci­naire et rhi­zomique. « Cric ! Crac ! On met la terre en vrac ! » Con­tin­uer la lec­ture

L’urbexeur de la poésie

Un coup de cœur du Car­net

Vin­cent THOLOMÉ, L’existence, Dernier Télé­gramme, 2025, 211 p., 16 €, ISBN : 9791097146740

tholomé l'existenceUrbexeur de la poésie, Vin­cent Tholomé aurait trou­vé un flot de poèmes sur un site indus­triel aban­don­né, décou­vert un ciel de let­tres, d’aphorismes dis­posés au-dessus des lits du dor­toir. L’existence est une ques­tion de retours, de grav­i­ta­tions autour des mots et des choses, de voy­ages sur les ter­res de l’apparition et de la dis­pari­tion, de l’écrit qui est un fait et des faits qui sont des songes. Livre à nul autre pareil, enser­rant en ses pages « 882 poèmes expan­sion­nistes . écrits d’après les mots et les pro­pos d’Anton Nijkov . POUR DIRE QUE JE. ANTON NIJKOV . EN DÉPIT DES CIRCONSTANCES. EXISTE ENCORE », L’existence nous trans­porte dans une con­stel­la­tion poé­tique qui s’arpente en tous sens, par frag­ments, dans le con­tinu ou selon un ordre capricieux, comme dans Marelle de Julio Cor­tazar. Vin­cent Tholomé est et n’est pas Anton Nijkov qui est et n’est pas Nijin­s­ki et Artaud. Con­tin­uer la lec­ture

Tout peut encore y surgir

Un coup de cœur du Car­net

Françoise LISON-LEROY et Geof­frey DELINTE, Terre meu­ble, Ail des ours, coll. « Coqueli­cots », 2025, 54 p., 16,5 €, ISBN : 9782491457464

lisonleroy delinte terre meubleAvec Terre meu­ble, Françoise Lison-Leroy remue la représen­ta­tion sin­istre de la mort pour en brandir une nou­velle, lumineuse, joyeuse et mélan­col­ique. Par déf­i­ni­tion, une terre meu­ble est légère, tra­vail­lée, presque vivante, tout peut encore y sur­gir ; elle peut se déplac­er, laiss­er se mou­voir ceux qu’elle recou­vre. Et s’il était pos­si­ble de con­tin­uer à vivre des aven­tures avec ceux qui ne sont plus là ? À con­di­tion de garder leurs expédi­tions – détri­cotant la fron­tière du vivant et de la mort – secrètes, la nar­ra­trice et son petit frère décédé peu­vent établir une rela­tion éter­nelle, s’offrant la joie d’une échap­pée plurielle, d’un efface­ment des événe­ments irrévo­ca­bles : celui qui n’est plus revit, celle qui a per­du un être cher le retrou­ve. Le couperet de la mort est émi­et­té par une seule petite phrase, sûre d’elle, annonçant la couleur du recueil et les con­tours d’une nou­velle réal­ité : Con­tin­uer la lec­ture

Marcel Lecomte ou le vif renouvellement d’un sentiment ancien

Mar­cel LECOMTE, Le sus­pens, suivi de Autres scènes et per­son­nages, Pré­face d’Éric Brog­ni­et, lec­ture cri­tique de Philippe Dewolf, Tail­lis Pré, coll. « Erotik », 2025, 224 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–240‑1

lecomte le suspensLe nar­ra­teur, et son lecteur avec lui, observe la scène. Il la regardera se dérouler en la décom­posant men­tale­ment, ten­tera de décel­er la part de mys­tère qu’elle con­tient et qui vient lente­ment de faire réap­pa­raitre –  bien mieux qu’un sou­venir per­son­nel –, une présence, celle « d’un moi passé, d’un moi des loin­tains ». La scène en ques­tion se répète, en de mul­ti­ples et frag­iles vari­a­tions, d’un court chapitre à l’autre. Les per­son­nages de ce théâtre intime ne sont sou­vent que deux. Con­tin­uer la lec­ture

Généalogie des mensonges paternels

Un coup de cœur du Car­net

Dominique COSTERMANS, Un con­teur hors père, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2025, 136 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑87489–985‑0

costermans un conteur hors pèreDominique Coster­mans aime agré­menter ses titres de jeux de mots, qu’il s’agisse de ceux de ses recueils de nou­velles comme Petites coupures (2014) ou En love mineur (2017), pub­liés chez Quad­ra­ture ou de ses romans, Out­re-Mère, réédité chez son nou­v­el édi­teur Weyrich (après des débuts chez Luce Wilquin), et le tout dernier Un con­teur hors père. Après avoir déjà abor­dé le mutisme des adultes et les secrets qui les entourent à tra­vers la fig­ure mater­nelle dans son pre­mier roman, Dominique Coster­mans y revient dans celui-ci en abor­dant cette fois le ver­sant pater­nel. Cela donne une enquête intime, comme les aime la jour­nal­iste qu’elle est, et une descente ver­tig­ineuse dans les faux-sem­blants d’un passé famil­ial, tout en se jouant du lecteur quant à la vérac­ité aut­ofic­tion­nelle du réc­it. Con­tin­uer la lec­ture

Le poète, l’artisan et l’enlumineur

Max ELSKAMP, La chan­son de la rue Saint-Paul, post­face de Clé­ment Dessy, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 395 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87568–724‑1

elskamp la chanson de la rue saint paulIl y a chez Max Elskamp un peu de ces marins à quai pour qui les ports, les noms des rues et des villes sont déjà de la poésie. Né à Anvers d’un père fla­mand arma­teur et d’une mère orig­i­naire d’Ecaussinnes, le poète des Chan­sons dés­abusées suiv­ra, sans réel ent­hou­si­asme, des études de Droit à l’Université libre de Brux­elles. Mais son exis­tence, il la passera essen­tielle­ment à Anvers, louant dans ses poésies les cités et paysages de Flan­dres, en regret­tant de ne pas maîtris­er la langue de Von­del. Anvers surtout et la rue Saint-Paul par­ti­c­ulière­ment (le titre d’ensemble du vol­ume reprend celui du recueil paru en 1922) où il naquit en 1862 seront son ter­rain de jeu favori. Con­tin­uer la lec­ture