La Fureur de lire : six plaquettes à découvrir!

La Fureur de lire déploiera ses mul­ti­ples activ­ités du 10 au 14 octo­bre autour du thème “Des his­toires à lire et à décou­vrir”. Comme chaque année à l’oc­ca­sion de cette opéra­tion d’en­ver­gure, sont pub­liées et mis­es gra­tu­ite­ment à dis­po­si­tion de tou-te‑s six nou­velles, poèmes et albums illus­trés signés par des auteurs et des illus­tra­teurs de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Des ouvrages courts à lire pour le plaisir ou à exploiter en classe. Il y en a pour tous les âges. Con­tin­uer la lec­ture

Sauver la phénoménologie

Her­man VAN BREDA, Sauver les phénomènes, Allia, 2018,  95 p., 6.50 € / ePub : 3.99 €, ISBN 979–10-304‑1004‑4

sauver les phénomènesL’expression « sauver les phénomènes » peut intro­duire à l’activité philosophique depuis Niet­zsche et en tout cas le début du XXe siè­cle, mais à con­di­tion d’ajouter par la mise à décou­vert du lan­gage qui y fait obsta­cle et y par­ticipe. Les grands courants de la philoso­phie con­tem­po­raine s’évertuent en effet à analyser ou à épur­er le lan­gage, à réduire ou à décon­stru­ire ses pré­sup­posés, à l’interpréter ou à le met­tre en réc­it… Con­tin­uer la lec­ture

Intemporelle Passion du Christ

Gérard ADAM, La Pas­sion selon Saint-Mars, M.E.O., 2018, 199 p., 18 €, ISBN : 978–2‑8070–0171‑8

Gérard Adam, à côté de son œuvre de nou­vel­liste, de direc­tion des édi­tions M.E .O, qu’il a cofondées, ou de tra­duc­teur de poésie et romans bosni­aques ou croates (aux édi­tions M.E.O.), pro­pose en cette ren­trée lit­téraire son dix­ième roman. Gérard Adam qui, comme le men­tionne la qua­trième de cou­ver­ture de La Pas­sion selon Saint-Mars, con­tin­ue de piocher dans les inter­ro­ga­tions qui sous-ten­dent son œuvre d’agnostique imprégnée de reli­gion chré­ti­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Saga Café : qui succédera à Marcel Sel?

pur et nuLe Prix Saga Café, du nom de l’étab­lisse­ment lié­geois où il est décerné, s’est choisi deux final­istes pour son édi­tion 2018. Le nom du suc­cesseur de Mar­cel Sel, primé en 2017 pour Rosa (Onlit), sera con­nu en novem­bre.  Con­tin­uer la lec­ture

Épiphanies

Un coup de cœur du Carnet

Rose-Marie FRANÇOIS, La Belle Enceinte. Nos amours de Flan­dre et de Picardie, mael­strÖm, 2018, 158 p., 16 €, ISBN : 9782875053138

Qu’est-ce donc que cette « Belle Enceinte » qui fait le titre du dernier opus de l’œuvre foi­son­nante de Rose-Marie François ? Une ville mythique ? Une somptueuse par­turi­ente ? Un bijou totémique ? Ou la nar­ra­trice elle-même d’un livre qu’il serait vain de  résumer sans en détru­ire la nature, si le sous-titre, lui, en éclaire l’intention : Nos amours de Flan­dre et de Picardie.  Un sujet qui de l’aveu même de l’autrice l’a han­tée pen­dant trente-trois ans pour com­pren­dre « com­ment les mémoires entremêlées de mes ancêtres, tant ouest–flandriens que picards hen­nuy­ers, passent des entrailles de la terre aux feux nords du Sol­stice pour arriv­er jusqu’à nous aujourd’hui ». Con­tin­uer la lec­ture

Prix Renaudot : la première liste

Adeline Dieudonné

Ade­line Dieudon­né

Avec le mois de sep­tem­bre vien­nent les pre­mières sélec­tions pour les grands prix lit­téraires d’au­tomne. Le jury du prix Renau­dot a été le pre­mier à com­mu­ni­quer son choix pour l’an­née 2018 : sept essais et dix-sept romans. En lice : une pri­mo-roman­cière belge.  Con­tin­uer la lec­ture

Prix Blù — Jean-Marc Roberts : les finalistes

Antoine Wauters

Antoine Wauters

Le prix Blù Jean-Marc Roberts récom­pense chaque année une oeu­vre de langue française. Les qua­tre final­istes de l’édi­tion 2018 sont con­nus. Par­mi eux : Antoine Wauters. Con­tin­uer la lec­ture

Un livre flamboyant, rouge et noir

Véronique BERGEN, Tous doivent être sauvés ou aucun, ONLIT, 2018, 262 p., 18 € / ePub : 9 €, ISBN : 978–2‑87560–102‑5

Il faudrait être inspiré comme elle pour com­menter le dernier opus de Véronique Bergen et com­mu­ni­quer la beauté vio­lente d’un texte où elle déploie une énergie féroce et tous ses tal­ents de con­teuse, de vision­naire et de poète. Tous doivent être sauvés ou aucun est une fable ani­male, soit que les ani­maux méri­tent une parole, hors allu­sion biblique, soit parce qu’ils sont sou­vent les com­pagnons des hommes, leurs témoins et par­fois hélas leurs vic­times. Que les humains les élèvent  et les sélec­tion­nent aux fins d’expériences dites sci­en­tifiques ou les des­ti­nent à simuler le défi qu’ils ne peu­vent pas ou ne veu­lent pas ten­ter eux-mêmes, mais dont ils tireront après coup toute le béné­fice, le rap­port est tou­jours iné­gal. De nom­breux ani­maux de lab­o­ra­toire sont par­fois util­isés à des fins futiles ou sac­ri­fiés pour les besoins ou sim­ple­ment la gloire de quelques-uns ou la volon­té de dom­i­na­tion des autres. Con­tin­uer la lec­ture

Résidence pour auteurs jeunesse : appel à candidatures

Les Ate­liers du Texte et de l’Image (ATI) pro­posent une rési­dence d’artiste œuvrant dans le domaine de l’illustration jeunesse. Cette rési­dence, pro­gram­mée en mars 2019 à Liège, s’organise en parte­nar­i­at avec les RAVI (Rési­dences Ate­liers Viveg­nis Inter­na­tion­al). Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 5 octo­bre 2018. Con­tin­uer la lec­ture

Le pervers guette

Élodie WILBAUX, Le voisin de la cité Vil­lène, M.E.O., 2018, 170 p., 16 €, ISBN : 978–2‑8070–0168‑8

Suf­fit-il d’une men­tion sur la cou­ver­ture et d’un aver­tisse­ment pour faire d’un témoignage un roman ?

Cette his­toire est basée sur des faits réels. Par souci de con­fi­den­tial­ité, les noms des per­son­nes, lieux et dates ont été changés.

L’écriture atten­tive d’Élodie Wilbaux, entre reportage et procès-ver­bal, fait net­te­ment pencher la bal­ance vers le témoignage. À la fois celui des vic­times, une bande de garçons de sept-huit ans pris dans la sor­dide con­fu­sion des sen­ti­ments orchestrés par un adules­cent pédophile, et sa pro­pre expéri­ence : Con­tin­uer la lec­ture

Bibliographie — 1er septembre 2018

Avec la bib­li­ogra­phie du Car­net, retrou­vez toutes les pub­li­ca­tions, nou­veautés et réédi­tions, en lit­téra­ture belge.

Une liste établie par Thibault Car­i­on

Con­tin­uer la lec­ture

Comme un bonnet sur la mer

Claude DONNAY, Un été immo­bile, M.E.O., 2018, 300 p., 20 €, ISBN : 978–2807001657

Écrivain belge dans la trentaine, Jésus-Noël cherche l’inspiration à Amble­teuse, sur la Côte d’Opale. Il y fait la con­nais­sance d’Amelle, une nageuse coif­fée d’un bon­net blanc qu’il a observée avec gour­man­dise tous les matins depuis la dune et qui était elle-même attirée par ce guet­teur immo­bile. S’ensuit une com­plic­ité ami­cale qui va débouch­er sur un rap­port plus intime dont la dis­pari­tion brusque d’Amelle, apparem­ment enlevée par un bel­lâtre à cabri­o­let, déjoue l’heureuse con­clu­sion. Grande frus­tra­tion pour Jésus qui n’a plus pour la retrou­ver que le fil d’Ariane qu’elle sem­ble avoir lais­sé à des­sein chez elle : le jour­nal de Maria, sa mère, espag­nole d’origine, vic­time d’un mariage calami­teux avec un fils-à-maman et tor­turée par le mépris très act­if que lui voue sa belle-famille du Bra­bant Wal­lon, bour­geoise et cul-ser­ré. Réc­it poignant dont Jésus envis­age de faire un livre tout en y cher­chant un élé­ment qui le met­trait sur la piste de la dis­parue. Ain­si com­mence le sec­ond roman de Claude Don­nay où affleure la fibre poé­tique qui a nour­ri ses nom­breux recueils. Et où le sexe s’exprime aus­si avec fran­chise, qu’il s’agisse de saphisme ou d’une par­touze où per­son­ne ne laisse sa part aux chiens. Con­tin­uer la lec­ture

Une histoire de l’édition belge à travers les siècles

Pas­cal DURAND, Tan­guy HABRAND, His­toire de l’édition en Bel­gique (XVe-XXIe siè­cle), Impres­sions nou­velles, 2018, 585 p., 26 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑87449–584‑7

On a sou­vent une vision réduc­trice et con­v­enue du domaine de l’édition. Il évoluerait lente­ment, tel un bou­chon de liège déri­vant sur un étang ; son rythme suiv­rait, de loin en loin, celui des pro­grès tech­niques et des trans­for­ma­tions économiques. Un livre serait tou­jours un livre : un auteur pour l’écrire, un édi­teur pour le pub­li­er et des libraires (incar­nés ou en ligne) pour le ven­dre. Si on ne peut ignor­er la tem­pête du numérique, ne serait-elle pas lim­itée à rugir dans un verre d’eau ? Car l’édition utilise les out­ils infor­ma­tiques depuis les années 1980. La lec­ture sur un sup­port numérique n’est que la par­tie ultime et vis­i­ble ; dès la con­cep­tion du man­u­scrit, l’écrivain tra­vaille déjà le plus sou­vent sur une ver­sion dématéri­al­isée qu’il enver­ra à son édi­teur… Tout ceci peut paraître un peu car­i­cat­ur­al mais n’est pas très éloigné de ce que l’on croit savoir générale­ment de l’édition et de son his­toire. Et, en ce qui con­cerne plus par­ti­c­ulière­ment l’édition belge fran­coph­o­ne, pour cer­tains elle n’a tout sim­ple­ment jamais existé. Con­tin­uer la lec­ture

Poussière, rhum, magot et sueurs fauves

Ben ARÈS, Les jours rouges, Bib­lio­thèque mal­gache, 2018, 137 p., ePub : 3,99€, ISBN : 978–2‑37363–074‑9

Avec Les jours rouges, Ben Arès nous plonge dans un recueil de nou­velles dévoilant la vie quo­ti­di­enne de Mada­gas­car, un pays où règne la sécher­esse qui tape sur les cas­es en tôle de trois mètres sur trois. Un pays où nous décou­vrons la pau­vreté des autochtones aux « petits métiers ou sans méti­er ». Un pays où les étrangers sont à la fois vénérés et méprisés, mais aus­si vic­times de préjugés. C’est qu’ils ont pu se pay­er un bil­let d’avion pour venir d’Europe ; ils sont donc con­sid­érés comme rich­es, des « pom­pes à fric » ou des maris poten­tiels, c’est selon.

C’est à tra­vers des événe­ments banals comme un mariage, une nais­sance ou la mal­adie d’un enfant que nous décou­vrons les cou­tumes locales d’un pays très imprégné de croy­ances. Con­tin­uer la lec­ture

Christopher Gérard, le hors-père

Un coup de cœur du Carnet

Christo­pher GÉRARD, Le Prince d’Aquitaine, Pierre-Guil­laume de Roux, 2018, 160 p., 19,90 €, ISBN : 978–2‑36371–256‑1

Au début des années 70, Georges Simenon dic­tait à son mag­né­to­phone l’un des textes les plus boulever­sants de sa vie d’écrivain, la Let­tre à ma mère. Deux ans après le décès de Hen­ri­ette Brüll, le créa­teur de Mai­gret se met­tait à inter­roger le néant, sans doute parce que la for­mu­la­tion des ques­tions à l’adresse de cette femme, ô com­bi­en déter­mi­nante dans sa des­tinée, lui impor­tait davan­tage que les répons­es qu’il atten­dit de sa part, en vain, de son vivant. Con­tin­uer la lec­ture

La preuve vivante

Ade­line DIEUDONNÉ, La vraie vie, L’I­con­o­claste, 2018, 270 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑37880–023‑9

À la mai­son, il y avait qua­tre cham­bres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes par­ents, et celle des cadavres.
Papa tire du gros gibier, dès qu’il peut. Ici et jusqu’en Himalaya. Cette “cham­bre des cadavres”, c’est celle où il dis­pose ses trophées. Il y a des têtes de san­gli­er, d’an­tilopes, de zèbres, même un lion entier. Et une hyène dans un coin. Pré­da­teur, papa l’est aus­si envers maman, bien sûr, et maman esquive la vio­lence con­ju­gale en se faisant la plus trans­par­ente, la plus molle pos­si­ble, encais­sant juste les coups. La nar­ra­trice et son petit frère Gilles vivent une rela­tion fusion­nelle. À l’aube de la puberté, ils dor­ment encore ensem­ble, se parta­gent tous leurs secrets et réen­chantent leur quo­ti­di­en en jouant dans une casse de voitures. De retour de l’é­cole, lorsque c’est la sai­son, ils achè­tent quo­ti­di­en­nement une glace au marc­hand ambu­lant — avec sup­plé­ment chan­til­ly pour elle. On ne peut pas dire que ce soit une vie rêvée, mais au moins rien ne vien­dra s’in­ter­pos­er entre Gilles et elle. Rien, jusqu’à l’ac­ci­dent. Con­tin­uer la lec­ture