Archives par étiquette : Karel Logist

Le Top 3 de Camille Tonelli

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Camille Tonel­li.
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Horizons littéraires en vingt-deux instantanés

COLLECTIF, Fenêtres sur court, textes réu­nis et présen­tés par Lau­ra Delaye, Nau­si­caa Dewez, Lau­rence Ghigny, Vio­laine Gréant et Valéri­ane Wiot, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 278 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–550‑6

fenetres sur courtAutomne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds inci­tent à mar­quer le coup et ce dou­ble jubilé ne fait pas excep­tion. Ce n’est donc pas une réédi­tion clas­sique dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale qui a hérité, par le hasard de la numéro­ta­tion, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on par­le de chiffres, il ne s’agit pas à pro­pre­ment d’une mais plutôt de vingt-deux réédi­tions. Vingt-deux !? Dans un seul vol­ume ? Par­faite­ment ! Vingt-deux nou­velles, échan­til­lon choisi par­mi les plus de cent pla­que­ttes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter. Con­tin­uer la lec­ture →

Il n’y a pas d’issue au monde…

Karel LOGIST, Soix­ante-neuf self­ies flous dans un miroir fêlé, Arbre à paroles, coll. « If », 2021, 77 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–707‑5

logist soixante-neuf selfies flous dans un miroir fêlé« Dis­crète et déli­cate, la poésie de Karel Logist ne vocif­ère jamais (…). Entre le chant et la con­fi­dence per­son­nelle, (…) elle mêle humour et grav­ité, nos­tal­gie et obser­va­tion. Les thèmes sont tour à tour l’amour, l’ami­tié, l’en­fance, le voy­age, l’ob­ser­va­tion des autres, le por­trait ; mais l’œil de Logist décèle aus­si l’in­so­lite, ou même le fan­tas­tique, dans la réal­ité ; son imag­i­naire est pro­pre à con­stru­ire de petites fables amusées et non moral­isatri­ces ; sa voix jette un voile sur son angoisse ou son scep­ti­cisme. C’est une poésie d’hu­mour noir qui ne se mon­tre pas comme telle ; une poésie de con­nivence avec soi-même et avec l’autre ; le moyen de com­mu­ni­ca­tion d’un homme secret  (…) qui ne cherche pas à en impos­er, mais qui s’im­pose au lecteur (…) » (Gérald Pur­nelle). Auteur d’une œuvre saluée depuis sa décou­verte par Lil­iane Wouters – qui fit pub­li­er son pre­mier livre[1] où il con­statait déjà qu’il n’y a pas d’issue au monde – jusqu’à ce recueil, Soix­ante-neuf self­ies flous dans un miroir fêlé, écrit durant la récente pandémie, le poète spadois fait preuve d’une sou­veraine cohérence thé­ma­tique et styl­is­tique. Il pos­sède un ton, une voix recon­naiss­able entre toutes. La dis­cré­tion et la pudeur car­ac­térisent « cet homme telle­ment oubli­able », qui n’a jamais été « un garçon expan­sif », ce vir­tu­ose sans affé­terie, qui n’a pas hésité pour­tant à s’engager dans l’action con­crète en faveur de la lec­ture et de l’édition. Con­tin­uer la lec­ture →

Faisceau de lignes blanches

COLLECTIF, La ligne blanche, Arbre à paroles, coll. « iF », 2020,126 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8704–696‑2

À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la col­lec­tion « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répon­du : écrire sur ce que sig­ni­fie pour eux la ligne blanche. Tra­ver­sé par une crise, tenail­lé par une pul­sion qui se traduit en une déci­sion — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la man­i­fes­ta­tion du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syn­drome Bartle­by. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syn­tagme lancé aux con­tribu­teurs venus du monde du roman, de la bande dess­inée, de la poésie, du jour­nal­isme s’apparente à un sig­nifi­ant flot­tant que chaque auteur va inter­préter, dif­frac­ter en réc­its ou en poèmes. Con­tin­uer la lec­ture →

Les soubresauts d’un cœur

Karel LOGIST, Un cœur lent, Tétras Lyre, 2019, 80 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930685–48‑9

Plaisir tou­jours renou­velé de retrou­ver la prose poé­tique de Karel Logist après quelques années d’absence. C’est que l’œil nar­quois du poète n’a pas pris une ride. Un nou­veau recueil donc com­posé d’une soix­an­taine de courts textes comme autant d’instantanés pris sur le vif et qui dis­sèquent avec acuité les cœurs cham­boulés des « aimables soli­tudes » que nous croi­sons en chemin. Nos con­tem­po­rains pris en fla­grant délit de vie par l’objectif aguer­ri du poème polaroïde et que vien­nent illus­tr­er les pho­togra­phies du com­plice de tou­jours, Serge Delaive. Con­tin­uer la lec­ture →

Dans nos archives : Béatrix Beck

Béa­trix Beck

Fille du poète Chris­t­ian Beck, l’autrice Béa­trix Beck (30 juil­let 1914 — 30 novem­bre 2008) a rem­porté le prix Goncourt en 1952 pour Léon Morin, prêtre. 

En pub­liant des inédits et des textes par­fois peu con­nus de l’écrivaine (notam­ment le roman Stel­la Cor­fou ou des frag­ments divers rassem­blés sous le titre Bribes), les édi­tions du Chemin de fer ont per­mis de (re)découvrir la force et l’in­térêt de cette oeu­vre sin­gulière.

Karel Logist a ren­con­tré Béa­trix Beck en 2003, pour une inter­view pub­liée dans Le Car­net et les Instants n° 123,  où il est notam­ment ques­tion de l’i­den­tité belge et de lit­téra­ture fémi­nine. Une ren­con­tre à lire à présent en inté­gral­ité sur notre blog. Con­tin­uer la lec­ture →

L’expérience poétique

COLLECTIF, La décou­verte de la poésie. De ont­dekking van de poëzie, Midis de la poésie & L’Arbre à paroles, coll. « Poésie », 2019, 38 p., 8 €

À l’initiative de Pas­sa Por­ta, du Poëziecen­trum et des Midis de la Poésie, huit poètes belges, qua­tre fran­coph­o­nes, qua­tre néer­lan­do­phones, inter­ro­gent sous la forme poé­tique leur décou­verte, leur entrée en poésie, les liens qu’ils tis­sent avec elle. Face à la ques­tion « com­ment devient-on poète ? », cer­tains met­tent à nu l’épreuve sub­jec­tive de leur ren­con­tre avec la muse poé­tique tan­dis que d’autres pla­cent la poésie en amont, comme une voix qui, depuis tou­jours, appelle ses pos­si­bles hôtes. Ren­con­tre acci­den­telle ou, au con­traire, des­ti­nale et élec­tive ? Ren­con­tre physique, avec des mots char­nels ou com­pagnon­nage d’ordre con­ceptuel ? Con­tin­uer la lec­ture →

Boustro 7. La création comme indocilité

Bous­tro, revue plas­tique et poé­tique ani­mée par Lau­rent DANLOY, Pas­cal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n°7, novem­bre 2018.

Dans le paysage édi­to­r­i­al, cer­taines revues por­tent le flam­beau d’une créa­tion qui échappe aux fourch­es caudines de la lit­téra­ture mar­ket­ing. Créée en 2015 par les poètes Karel Logist et Pas­cal Lecler­cq, par les artistes plas­ti­ciens Lau­rent Dan­loy et Paul Mahoux, Bous­tro appar­tient à cette tribu de revues qui priv­ilégient l’expérimentation et l’exploration d’univers hors normes. Pas­sant au for­mat A3, le numéro 7 réu­nit qua­tre plumes qui grif­f­ent le monde, y creu­sant des ter­ri­ers — par­fois stel­laires — où vivre, et un artiste plas­ti­cien qui impose un cat­a­clysme visuel en noir et blanc. Les textes de Nathalie Gas­sel, Maud Joiret, Christophe Kauff­man et Vol-au-vent, les dessins de Mon­sieur Pim­pant nous font quit­ter terre. Par-delà la sin­gu­lar­ité des cinq créa­teurs, une lame de fond com­mune, celle de l’indocilité, d’une soif d’un autre réel qui passe par la chair à vif, la fête des corps. Con­stru­isant ses textes comme elle sculpte son corps, en quête d’une com­pac­ité séman­tique qui libère une beauté sin­gulière faite de désirs mor­dus par la blessure, Nathalie Gas­sel (auteure de textes sai­sis­sants, Éros androg­y­ne, Con­struc­tion d’un corps pornographique, Abat­te­ment…, pho­tographe) livre, sous le titre  « Fri­da » des stèles poé­tiques inter­ro­geant l’espace obscur où gisent les défunts, les affres du corps défait. On pense à Fri­da Kahlo lut­tant avec un organ­isme brisé, on reçoit en instan­ta­nés chim­iques une écri­t­ure qui ouvre les portes que la société prend soin de sceller. L’écriture de Nathalie Gas­sel n’a que faire de la joliesse d’une lit­téra­ture adepte des sur­faces. Elle creuse jusqu’à ouvrir le corps et entr­er dans la chair.

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Comment on devient belgophobe

Un coup de cœur du Carnet

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Baude­laire au pays des Singes : essai, Pierre-Guil­laume de Roux, 2017, 153 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑36371–198‑4

baronian baudelaire1864 : un écrivain français de quar­ante-deux ans, qui com­mence à faire par­ler de lui à Paris pour ses écrits sur la pein­ture, ses tra­duc­tions des con­tes de l’Américain Edgar Allan Poe et une con­damna­tion pour des poèmes sul­fureux, arrive en exil volon­taire à Brux­elles à la recherche d’éditeurs et pour y faire des con­férences. Il n’y ren­con­tr­era que déboires, décep­tions et con­trar­iétés. 150 ans après la mort de Charles Baude­laire, Jean-Bap­tiste Baron­ian, qui lui avait déjà con­sacré une bril­lante biogra­phie, nous con­vie à une enquête fouil­lée sur le long séjour belge du poète des Fleurs du Mal. Con­tin­uer la lec­ture →

Boustro ? Fais donc !

Un coup de coeur du Carnet

Bous­tro, revue plas­tique et poé­tique ani­mée par Lau­rent DANLOY, Pas­cal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n° 2, juin 2016

Boustro2Quelle ébul­li­tion revuis­tique dans la Cité ardente, et de quelle qual­ité ! En décem­bre 2015, le pre­mier numéro de Bous­tro, « fruit de rassem­ble­ments autour de l’amitié et de la recherche du bel-être » s’y mul­ti­pli­ait à 200 exem­plaires « numérotés et choyés » et essaimait hors du nid que lui avaient amoureuse­ment ménagé pour l’oc­ca­sion les édi­tions du Tétras-Lyre. L’empennage de ce drôle d’oiseau rassem­blait Véronique Janzyk, dont les pros­es cal­i­brées chutent dans le temps à la faveur d’un séjour à Cor­fou (là où les touristes alle­mands ignorent que « le silence est par­fois une langue aus­si ») ou dans la cham­bre 350, occupée par cet être cher dont le cœur est grig­noté par « une cel­lule folle qui grandit » ; Serge Delaive, avec une suite d’épures où les accents d’une douleur lanci­nante se mêlent à une révolte éjac­ulée « debout / sous la voie lac­tée » ; Yolan­da Cas­taño, poétesse espag­nole dont son tra­duc­teur Frédéric Bour­geois a ren­du la nar­quoise « beauté d’épi » de ses vers, qui cir­cu­lent en ligne brisée jusqu’au ren­du de la ter­ri­ble sen­tence : « Seule la vérité rend / esclaves » ; Maxime Hanchir enfin, qui livre une série de por­traits sub­tile­ment biseautés, tracés d’un fusain sen­si­ble non dénué d’ironie, doux-amer juste ce qu’il faut. Ajoutez à cela les présences flot­tantes et anx­iogènes, sil­hou­ettes intubées et autres loups ecto­plas­miques dess­inés par la Maroli­enne de Liège Sofie Van­gor, et vous obtenez un car­net de « Poésie Pur Porc », à lire à hue et à dia, de travi­o­le et de guin­go­is, à l’envers comme à l’endroit. Con­tin­uer la lec­ture →

Propos divers sur les usages, les amours et le temps qui passe

Un coup de coeur du Carnet

Karel LOGIST, La Tra­ver­sée des habi­tudes, Tétras Lyre, 2016

logistIl y a des livres qui ont cette curieuse pro­priété : on les lit d’une traite, on les referme, et, on ne sait pas trop pourquoi, on se sent tout guilleret. On sif­floterait même toute la journée un air de Brit Pop en faisant la queue à la poste ou au super­marché. Oui. Mal­gré le temps maus­sade et les nou­velles franche­ment pas joyeuses que déverse la radio. La Tra­ver­sée des habi­tudes, dernier recueil en date de Karel Logist, pour­rait fort bien, pour cer­tains et cer­taines, être un ouvrage de cette trempe. Con­tin­uer la lec­ture →

Carnets mexicains

Un coup de coeur du Carnet

Hubert ANTOINE, Danse de la vie brève,Ver­ti­cales, 2016, 227 p., 19,50 €/ePub : 13.99 €

antoineA pro­pos de son dernier recueil pub­lié aux Edi­tions La Let­tre volée Pourquoi je ne suis pas devenu poète, le poète namurois Hubert Antoine nous don­nait à enten­dre qu’il délais­serait pour un temps la poésie pour le roman. C’est main­tenant chose faite. Et voici donc ce qu’il est con­venu d’ap­pel­er le pre­mier roman d’un poète, gageure s’il en est, sous la forme du jour­nal intime de Melitza dont on sait d’emblée qu’elle mour­ra… Con­tin­uer la lec­ture →

“Mais de quoi parleras-tu?”

Un coup de coeur du Carnet

Ken­ny OZIER-LAFONTAINE, Billes, Brux­elles, mael­ström, 2015, 130 p., 13€

Cinéaste, dessi­na­teur, jeune pat­a­physi­cien exilé en Bel­gique, le poète Ken­ny Ozi­er-Lafontaine, Paul Poule sur les réseaux soci­aux, pos­sède plusieurs voix, toutes remar­quables. L’une court sur les pages paires des Billes que voici, une autre, en regard (et en italique), sem­ble lui répon­dre, dans les échos d’un con­trechant. De quoi par­lent-elles? De l’oiseau, de la pierre, de l’ar­bre, de la neige, de leurs ques­tion­nements et de leurs savoirs, de leurs dif­fi­cultés d’être et de leurs lim­ites. Leur dia­logue s’achèvera de manière chorale, dans un feu d’artifice où cul­mi­nent l’angoisse, les miroirs, la fan­taisie et ses couleurs. Le poète, « né cassé, avec un œil à la place du cœur », s’y étonne que « les nuages ont été déposés à l’envers dans le ciel pour ne pas tomber », que « le vent souf­fle pour éloign­er les oiseaux, mais nous ignorons de quoi » ou encore qu’il faille « découdre la neige, avec les doigts, avec le ciel ». Con­tin­uer la lec­ture →

Karel Logist, l’arpenteur

Karel LOGIST, 374 march­es, Mael­strÖm, coll. “Book­leg” n°108, 32 p., 3 €

logistQuel poète n’est pas un flâneur ? Quel poète n’est pas un errant ? À mille pattes ou à douze pieds, il avance, il chem­ine, il arpente. Sa vie, c’est de long en large, c’est cahin-caha. Jamais fleuve tran­quille.

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Variations sur le temps

Rio DI MARIA, Rack­ets du temps, Arbre à paroles, 2014, 128 p., 12€

di maria_logistTout ama­teur qui est un jour (ou un soir) passé par la Mai­son de la poésie d’Amay a pu appréci­er la présence chaleureuse, l’œil ami­cal de Rio Di Maria, qui au fil des décen­nies, est devenu l’archive vivante d’une insti­tu­tion poé­tique qui vient de fêter ses vingt-cinq ans… Mais qu’il soit rap­pelé ici, avec la paru­tion de ce pré­cieux recueil, qu’il est aus­si, et avant tout, un poète sen­si­ble et pré­cis. Rio Di Maria, avec force et pudeur, nous donne aujourd’hui un livre dense, nour­ri de mémoire et d’exil, qui chante juste et vrai. Con­tin­uer la lec­ture →