Simon GRONOWSKI, Plaidoyer pour la paix, Racine, 2025, 114 p., 19,95 €, ISBN : 9782390253631
Dans Plaidoyer pour la paix, Simon Gronowski délivre un récit-essai bouleversant qui transmet un message de combat aux jeunes générations. À nonante-trois ans, il prend la plume afin de retracer l’histoire de sa famille juive qui fut déportée durant la Deuxième Guerre mondiale. Avocat du barreau, pianiste de jazz, Simon Gronowski est l’un des derniers survivants de la Shoah, l’un des derniers témoins. Sa plongée dans les années de guerre, son évocation de l’invasion de la Belgique par Hitler, des mesures prises contre les Juifs, du port de l’étoile jaune, des rafles sont tout entières sous-tendues par la volonté de raconter les crimes du passé afin que les jeunes générations puissent défendre la démocratie, ses valeurs, combattre la racisme, l’antisémitisme, l’extrême droite. Ce plaidoyer pour la paix, pour la tolérance, pour l’amour, pour le devoir de mémoire rend hommage à la mère, à la sœur mortes en déportation, au père qui décède de désespoir, mais aussi à toutes les victimes du nazisme et d’autres génocides. Continuer la lecture



Dans ce troisième recueil de chroniques qui recense des textes courts philosophiques chapeautés par des titres parfois surprenants, Pascale Seys nous emmène dans ses réflexions sur des thèmes classiques tels la vieillesse, le bonheur ou la gentillesse, mais aussi des thèmes plus inattendus comme les distributeurs de savon automatiques.
Comment naît une ville ? Comment croît-elle, évolue-t-elle au fil des siècles ? Comment se bâtit-elle sociologiquement, politiquement, économiquement, culturellement ? Dans son essai Nouvelle histoire de Bruxelles, le philosophe et historien Arnaud de la Croix retrace l’épopée de Bruxelles. Si les physiciens ne peuvent remonter en deçà du Big Bang, franchir le mur de Planck, les historiens, les archéologues sont soumis à semblable contrainte : seules des hypothèses relatives aux traces pré-urbaines des cités peuvent être avancées. L’approche innovante et la méthode qu’adopte Arnaud de la Croix donnent tout leur prix à cet ouvrage qui, étayé par une documentation solide, s’appuyant sur les travaux des historiens, se singularise par deux traits : primo, la convocation de l’histoire sociale, intellectuelle, culturelle, ésotérique de Bruxelles de ses origines à nos jours, secundo, par la mise en récit d’événements négligés, d’épisodes passés sous silence dans les livres d’histoire. On aura compris que, dressant la biographie d’une cité, Arnaud de la Croix ne se range pas sous la bannière de l’histoire officielle. C’est ainsi qu’il exhume et interroge des faits embarrassants, entachant la mémoire collective, forclos de l’histoire dominante (les poussées antisémites au 14e siècle notamment, la « dictature protestante » instaurée à la fin du 16e siècle).
Le nouvel essai d’Arnaud de la Croix s’inscrit dans le fil de ses travaux antérieurs, 
Le remarquable ouvrage de Laurence Schram comble un vide dans les travaux d’historiens et dans la mémoire collective en livrant une étude approfondie sur le camp de rassemblement, le SS-Sammellager für Juden, la caserne Dossin à Malines. Dans l’abondante littérature autour de la Shoah, consacrée à l’entreprise d’extermination totale des Juifs d’Europe mise en œuvre par les nazis dans le cadre de la « Solution finale de la Question juive », rares sont les historiens à s’être penchés sur les camps de rassemblement (Dossin en Belgique, Drancy en France, Westerbork aux Pays-Bas, Fossoli à Carpi en Italie…) dans lesquels les Juifs transitaient avant d’être déportés vers Auschwitz-Birkenau ou d’autres centres d’extermination. Le premier à avoir évoqué la caserne Dossin est Maxime Steinberg dont Laurence Schram fut la collaboratrice. Dans ce lieu destiné aux déportés raciaux venus de Belgique et du Nord de la France, 25.628 prisonniers furent enfermés, « 25.274 Juifs et 354 Tsiganes, âgés de 39 jours à 93 ans » et « envoyés de ce lieu à Auschwitz-Birkenau ». La caserne Dossin s’inscrit dans la planification de la Solution finale : elle constitue l’antichambre d’Auschwitz, la zone transitoire avant l’anéantissement. En 1945, des 25.628 déportés, on comptera 1.251 survivants, soit moins de 5 %.
L’étude que publie l’historien Pierre-Luc Plasman se situe dans le droit fil de ses recherches sur la gouvernance des États coloniaux et vient combler une lacune dans l’historiographie de ce « cœur des ténèbres » que fut pendant des décennies le Congo belge. En effet, les précédents ouvrages sur la question, même si leur auteur affirme se ranger sous la bannière de l’objectivité scientifique, prenaient souvent un tour polémique, réquisitoire ou plaidoyer, quand il s’agit d’évoquer les conséquences sanglantes de la colonisation belge.
Fondatrice du Centre International de Documentation Marguerite Yourcenar, auteure d’une magistrale étude consacrée à Victor Horta (Victor Horta, L’Homme, l’Architecte, l’Art Nouveau, Fonds Mercator), Michèle Goslar appartient à la confrérie des passionnés qui arpentent sans relâche l’œuvre des créateurs qui les ont envoûtés. Au travers de photos peu connues et de textes ciselant la modernité de l’auteure de Mémoires d’Hadrien, de L’Œuvre au noir, Yourcenar en images délivre un souverain portrait d’une écrivain qui éleva la littérature au rang d’une voie de pensée interrogeant l’Histoire, la tension entre les passions et la raison, la courbe des civilisations. Si l’ouvrage recèle une telle intensité, c’est parce que Michèle Goslar vit dans l’univers de Yourcenar dont elle a capté la musique intérieure. Si elle dépasse l’opposition devenue stérile entre le clan des contre Sainte-Beuve et les partisans d’une radiographie de l’œuvre à partir de la vie, c’est au sens où, dans un vertige infini, la vie imite l’œuvre, laquelle réverbère la vie. Plus que proposer d’hypothétiques allers et retours entre le vécu et le processus créateur, Michèle Goslar ausculte les possibles échos entre événements de l’existence et motifs romanesques, sachant qu’il n’y a création que là où le vécu s’évide, se dépasse, se transmue en expérience supra-personnelle.
Douze : le chiffre n’a certainement pas été innocemment arrêté par Arnaud de la Croix, expert ès connaissances ésotériques et symboliques. La galerie d’admirateurs d’Hitler qu’il rassemble a en effet tout de la cohorte de disciples, si dispersée et éclectique soit-elle. Bien sûr, l’entreprise aurait pu être plus ambitieuse, mais la vigueur des portraits et la force d’analyse s’en seraient alors trouvées délayées. Arnaud de la Croix a préféré miser sur une sobriété davantage éclairante quant aux motivations de l’engouement, quand ce n’est de la passion, que déclencha le Führer auprès de personnalités ô combien différentes.
« Vous êtes en rac » avec un cadeau ? Pas de problème, Michel Francard vient à votre secours. Ça ne va pas vous « coûter un pont », et ce n’est pas comme si vous alliez « acheter un chat dans un sac » !!
Auteur de plusieurs ouvrages traitant des Templiers, de
Paul Hymans voit le jour en 1865, année de l’accession de Léopold II au trône, et s’éteint en 1941, alors que la Belgique est depuis un an sous le joug nazi. C’est dire si une telle existence embrasse un pan entier de l’histoire de notre pays, et en partage pendant plusieurs décennies les joies, les deuils, les avancées, les tourments, les espoirs.
Les zones souterraines et occultes du savoir ont toujours passionné le philosophe et essayiste Arnaud de la Croix. À énumérer ses sujets de prédilection (la quête du Graal, la magie noire, les Templiers, les Illuminati, les rapports entre Hitler et la franc-maçonnerie), l’on se croirait devant un rayon de ces J’ai lu de jadis, à la jaquette rouge profond et gondolés, ou encore parcourant le sommaire d’un numéro de la revue Planète… Mais à la différence des pseudo-savants de l’ésotérisme, qui dissimulent sous un jargon opaque leur savoir, Arnaud de la Croix fait de la lisibilité sa vertu première. Ce parti pris de simplicité aura beau être taxé de « simplisme » par les mages et les initiés, on leur répondra que pour accéder aux plus hauts rayons des bibliothèques, on a bien besoin d’un escabeau et que, lorsque l’on n’a pas un tel support à disposition, autant s’en fabriquer un à grand renfort de livres empilés.