
Des femmes imaginaires
Autrice : Jacqueline Harpman
Préface : Amélie Nothomb
Maison d’édition : Stock
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 128
Prix : 15 €
Livre numérique : 12,99 €
EAN : 9782234105799
« La vérité est que je ne peux imaginer d’autres vies que la mienne sauf en les prêtant à des femmes imaginaires. » Les éditions Stock, au diapason de la confession de Jacqueline Harpman, ont choisi comme unité de recueil trois d’entre elles, au centre de nouvelles écrites au début des années 2000. Comme l’écrit si justement Amélie Nothomb dans la préface qu’elle consacre à l’ouvrage, Harpman est une « polyglotte de la littérature : elle maîtrise tous les genres littéraires comme autant d’idiomes ». Quelle pertinente formule pour qualifier une autrice à l’œuvre féconde, qui s’offre toutes les libertés : explorer les codes et les univers narratifs, maitriser une langue élégante (Harpman reconnait être « conformiste pour la grammaire et la syntaxe ») tout en se permettant le loisir de la taquinerie lexicale, créer des personnages féminins dont l’intériorité orgueilleuse (et parfois impertinente) tranche avec une apparence docile. Continuer la lecture








Une énième étude sur le fantastique belge ? Le sujet n’est-il pas rebattu ? Et des spécialistes de la carrure d’un Baronian ne se sont-ils pas assez exprimés sur la question pour qu’on puisse enfin considérer le terrain comme défriché, balisé, connu ? Le spécialiste en comparatisme dans le domaine francophone Bacary Sarr anticipe cette remarque en avertissant d’emblée que son étude ne fera intervenir nul bestiaire à cornes ou à canines et ne convoquera aucun esprit à coup de table tournante. Se démarquant en effet du « fantastique conventionnel », il privilégie celui « qui se fonde sur une perception intérieure particulière de la réalité ».
Se replonger dans l’œuvre d’une autrice aimée, mais dont on a fait la connaissance il y a de nombreuses années, c’est toujours prendre un gros risque. Il se pourrait que l’écrivain adulé déçoive, que ses ficelles paraissent grossières, que ses descriptions agacent et que ses audaces semblent à présent bien banales. Il n’en a rien été. La première chose qui frappe à la lecture de La dormition des amants, c’est à quel point le classicisme élégant de l’écriture de Jacqueline Harpman est efficace, et continue à charmer. 