Archives par étiquette : Émilie Gäbele

Les surprises d’une vie ordinaire

Anne DUVIVIER, My Brus­sels Beau­ty, Mur­mure des soirs, 2016, 228 p., 19 €


Un sham­po­ing deux en un, un bal­ayage à Mon­sieur Ash­ton, une dis­cus­sion sur l’allaitement avec une jeune maman, un brush­ing pour Madame Durieux, un con­seil avisé, une coupe gra­tu­ite à ce jeune étu­di­ant sym­pa­thique, une inspec­tion de la salle des machines à laver attenante au salon de coif­fure… et tou­jours un sourire, un petit mot gen­til, une atten­tion pour ses clients. Tel est le quo­ti­di­en de Jack­ie. Con­tin­uer la lec­ture →

Le mal du siècle

Lyn­dia ROVEDA, Bob­by, Édi­tions Tra­verse, 2016, 120 p., 10€

rovedaSophie a une bien morne exis­tence. Elle qui rêve de devenir hôtesse de l’air échoue aux exa­m­ens. Elle n’a pas d’autre ambi­tion, aucun amoureux ni aucun ami. Tout sem­ble vouer à l’échec. Pen­dant un instant, elle pense qu’un petit boulot à l’aéroport pour­ra la con­sol­er. Mais rien n’y fait, le vague à l’âme est à sa porte. Ses défaites, ses désil­lu­sions, la soli­tude et un mal-être pro­fond la font descen­dre au fond du gouf­fre. Elle ne veut plus remon­ter et s’enferme chez elle. Le noir et le vide l’entourent. Par peur de sauter défini­tive­ment dans cet abîme, elle décide de con­sul­ter un psy, Arnold Lebows­ki, qui lui con­seille de réap­pren­dre à socialis­er et de com­mencer cet appren­tis­sage en prenant un ani­mal de com­pag­nie. Con­tin­uer la lec­ture →

Le néant débordant d’êtres

Mar­tine WIJCKAERT, Néant, Édi­tions L’une & l’autre, 2016, 88 p., 12,50€

wijckaertLe néant ! Ce trou béant lié au rien, à l’inexistence, à l’absence. Mar­tine Wijck­aert — qui affec­tionne par­ti­c­ulière­ment la con­struc­tion lit­téraire en trois temps et a écrit plusieurs trilo­gies — décline cette thé­ma­tique en trois vari­a­tions qui offrent dif­férentes portes d’« entrée » sur cet abîme. La décou­verte du roy­aume des morts, le désert d’une vie déstruc­turée et ago­nisante, et le vide de nos exis­tences sont au menu de ce réc­it pub­lié aux édi­tions L’une & l’Autre. Con­tin­uer la lec­ture →

Un gosse n’est pas un dossier

Un coup de coeur du Carnet

Céline DELBECQ, L’enfant sauvage, Carnières, Lans­man, 2016, 36 p., 10€

Comme tous les ven­dredis, un homme tra­verse la place du Jeu de balle avec ses col­lègues pour aller déguster un bon stœmp chez Josiane. Un môme qui crie arrête son regard. L’homme s’approche et essaie, avec d’autres pas­sants, de savoir où sont les par­ents de cet enfant, com­ment il s’appelle… Le gosse ne répond pas. Seuls d’horribles beu­gle­ments sor­tent de sa bouche. Il se débat et se mord le bras. Un type réplique que “c’est un enfant sauvage qui cause la langue des bêtes” et qu’il n’y a rien à faire. Alors que les badauds pour­suiv­ent leur route, l’homme ne parvient pas à quit­ter ce petit être. Il appelle les flics et les attend avec lui. C’est ain­si qu’il se rend compte que le gamin est une fille. Il l’appelle Alice. Cette dernière sem­ble se calmer en sa présence. Il décide de la pren­dre sous son aile. Con­tin­uer la lec­ture →

Il est bien trop court, ce temps des cerises

Aurélien DONY et Claude RAUCY, Le temps des noy­aux, M.E.O., 2016, 100 p., 14€/ePub : 8.49€

raucy dony le temps des noyauxLa pre­mière guerre mon­di­ale fait rage depuis qua­tre ans. La fin approche douce­ment, mais per­son­ne ne le sait encore. Du côté de Liège, en Bel­gique occupée, vit la famille Loizeau. Amputée d’une par­tie de ses mem­bres, cette famille de fer­miers essaie tant bien que mal de tenir le cap. La ferme héberge encore trois généra­tions sous son toit : le fils cadet, Julien, la mère et la grand-mère pater­nelle. Con­tin­uer la lec­ture →

Une journée presque ordinaire

Lil­iane SCHRAÛWEN, Vive­ment ce soir…, Avin, Luce Wilquin, 2016, 192 p., 19 €

schrauwen.jpgDépres­sions, burn-out, trou­bles obses­sion­nels com­pul­sifs, moments d’égarement, angoiss­es, trau­ma­tismes, insom­nies… les tour­ments de l’âme sont légion. Thomas est un jeune psy­cho­logue. Il a ouvert son cab­i­net dans une mai­son qu’il a entière­ment rénovée et a pu se créer en quelques années une clien­tèle et une solide répu­ta­tion. Nous suiv­ons l’une de ses journées quo­ti­di­ennes : le lever du lit et la douloureuse sépa­ra­tion avec Alex­ia, sa com­pagne depuis près d’un an, la plongée dans ses notes et dossiers, les ren­dez-vous du lun­di qui s’enchaînent, l’irrésistible envie d’en avoir fini avec cette journée, de retrou­ver sa moitié, de partager un peu de temps libre avec elle. Les patients de Thomas défi­lent et ne se ressem­blent pas. L’un est un exécrable per­son­nage qui ferait bien de se remet­tre en ques­tion. Un autre souf­fre de ne pas être à la hau­teur au regard de ses par­ents. L’un est rat­trapé par son passé et les images d’épouvante et de guerre qui le hantent. Une autre a dévelop­pé une mani­a­que­rie incom­men­su­rable… Cha­cun vient chercher une issue à ses prob­lèmes, une réponse, un traite­ment, une oreille atten­tive ou sim­ple­ment un peu de récon­fort. Thomas voit des avancées évi­dentes avec cer­tains. D’autres se mon­trent plus cori­aces. C’est le cas de Madame Favereaux, sa dernière patiente du lun­di. Con­tin­uer la lec­ture →

Un huis clos familial et estival

Valen­tine de le Court,  Vacances Oblig­a­toires en Famille, Mols, 2015, 174 p., 18,90€/ePub : 12.99 €

Les vacances en famille ! Le plus sou­vent, c’est un bon­heur partagé. Un moment unique que l’on se dépêche de vivre inten­sé­ment. Une douce mélodie de sou­venirs — de baig­nades, de ceris­es bien rouges et de fous rires — qui res­teront gravés à tout jamais. Mais les vacances en famille peu­vent égale­ment être syn­onymes d’ennui et d’obligations éprou­vantes. Qui n’a pas reproché à cette sœur d’être trop mani­aque ? À ce beau-frère d’être fleg­ma­tique ? Ou à cette mère d’être intru­sive ? Con­tin­uer la lec­ture →

Les vents de la révolution

Mohamed BARI, Le prince d’Arabie, Carnières, Lans­man / CTEJ, 2015, 36 p., 9€

Au pays strict, règ­nent l’ordre et l’autorité. Y domi­nent aus­si la police qui sévit, la cen­sure, la dom­i­na­tion mas­cu­line, l’oppression des femmes, la répres­sion… Au pays strict, il est inter­dit de se plain­dre, les enfants ne rient presque pas, la radio passe con­tin­uelle­ment la même chan­son, les fils doivent exercer le même méti­er que leur père. Cer­tains papas sont mys­térieuse­ment par­tis « en voy­age ». Con­tin­uer la lec­ture →

Méfie-toi du loup !

Cather­ine DAELE, La nuit du san­gli­er, Carnières, Lans­man, 2015, 48 p., 10€

Térence et Eri­ka sont frère et sœur. Cette dernière, âgée de quinze ans, veut décou­vrir le monde et n’en a que faire de l’école et de ses oblig­a­tions. Les chemins détournés sont bien plus alléchants. Elle aimerait fon­cer tête bais­sée, tel un san­gli­er. Térence et Eri­ka vivent seuls, leur mère étant par­tie à New York. Térence se voit con­fi­er la garde de sa tur­bu­lente sœur, lui qui, au con­traire, préfère respecter les règles et ne pas s’écarter du droit chemin. Il suit de bril­lantes études et tra­vaille comme serveur dans une brasserie. Tout le con­traire de sa sœur qui incar­ne la pas­sion de la jeunesse, la soif de lib­erté. Térence ren­con­tre des dif­fi­cultés à faire respecter son autorité. Eri­ka ren­con­tre Alec, un homme qui lui fait tourn­er la tête. Elle décou­vre les joies de la vie noc­turne, les boîtes de nuit, les bois et les san­gliers. Le frère et la sœur s’éloignent chaque jour un peu plus. Eri­ka aime ce frère mod­èle, mais veut s’en écarter. Con­tin­uer la lec­ture →

« Je vous aime, merci »

Jean-Luc PIRAUX, Six pieds sur terre, Carnières, Lans­man, 2015, 36 p., 9€

Jean-Luc Piraux n’est pas un comé­di­en ni un auteur comme les autres. Ce clown lunaire de haut vol a le cœur sur la main. En dia­logue con­stant avec son pub­lic, il l’emmène à tra­vers des petites his­toires du quo­ti­di­en, tou­jours tein­tées d’humour et de quelques grince­ments. Car tôt ou tard, le clown blanc laisse sa place à l’auguste. La tragi­comédie est son domaine de prédilec­tion. Six pieds sur terre en est la par­faite illus­tra­tion. Même si ce texte est le pre­mier que Jean-Luc Piraux pub­lie, il n’est pas son pre­mier écrit. Con­tin­uer la lec­ture →

Des retrouvailles au goût amer

Jean-François Viot,  Au bord des lèvres, Marcinelle, Édi­tions du CEP, 2014, 131 p., 14€

Ellen vit avec son fils Bil­ly, à San­ta Cruz en Cal­i­fornie, dans une jolie mai­son bor­dant le Paci­fique. La vie suit son pais­i­ble cours : tan­dis que Bil­ly fréquente l’un des plus pres­tigieux col­lèges de la ville, Ellen vaque à ses occu­pa­tions, entre son boulot, les cours­es, le ménage, l’éducation de son fils et ses soirées papote avec sa voi­sine Lisa. Tout va pour le mieux jusqu’à ce qu’Ellen voie ses vieux démons ressur­gir et que frappe à sa porte Chet, un ancien amant. L’homme est au plus mal. Il est tox­i­co­mane et ne pos­sède plus rien. Sa car­rière est dans une impasse. Plus per­son­ne ne veut le pro­gram­mer. Ellen l’invite à s’installer chez elle quelques temps et tente de le faire décrocher. Petit à petit, leur passé com­mun refait sur­face. Com­ment se sont-ils ren­con­trés ? Pourquoi ne se sont-ils plus vus pen­dant dix-sept ans ? Vain­cra-t-il son addic­tion ? Con­tin­uer la lec­ture →

Des revenants pas comme les autres

Émilie GÄBELE

debrouxLe mythe du vam­pire ne date pas d’hier. Depuis le XVIIIe siè­cle, nom­bre de romans, films, ban­des dess­inées et pièces de théâtre puisent leur inspi­ra­tion dans ce ter­reau fer­tile. Thier­ry Debroux pro­pose une pièce amu­sante où l’on retrou­ve les fameux attrib­uts du vam­pire et les légen­des qui courent sur son compte. Il explore cet univers goth­ique et fan­tas­tique, trans­posé au XXIe siè­cle. Con­tin­uer la lec­ture →

De touchantes promenades imparfaites

Un coup de coeur du Carnet
Emilie GÄBELE

lambertDes êtres avan­cent dans une ambiance canic­u­laire. L’air se fait lourd. La nébu­losité aug­mente. Un obsta­cle et ils trébuchent. La chute était inévitable. Cer­tains se relèvent rapi­de­ment. D’autres, aux abois, plon­gent « pour un instant, pour un instant seule­ment », ou pour une plus longue durée. Ces hommes et ces femmes par­courent les villes, à pied ou en voiture, errent dans leurs pen­sées, leur passé, leurs rêves. Ce sont tous de grands blessés. Cer­tains ont été amputés d’une femme, d’une dig­nité, d’un rêve, d’autres d’une car­rière, d’une voix, d’un ami, d’une rai­son… Ils avan­cent clau­di­cant, bien sou­vent seuls, l’ombre d’une peur incon­nue leur col­lant à la peau. Con­tin­uer la lec­ture →

Le monde se reflète dans une goutte d’eau

Un coup de coeur du Carnet
Émilie GÄBELE

cottonSix jeunes par­courent la ville à la recherche de l’amour, d’un tra­vail, du bon­heur, du plaisir, du récon­fort… Cha­cun à leur tour, par cou­ple ou seul, ils nous racon­tent leurs déboires sen­ti­men­taux, leurs pul­sions, leur soif de change­ment, leur envie de meurtre par­fois. Con­tin­uer la lec­ture →

I wanna be a star

Émilie GÄBELE

kerbusch_gabeleSimon a quinze ans. Comme tous les enfants, il a une mère et un père, mais peu d’amis. Il n’est pas très cau­sant, ce qui lui vaut d’ailleurs de porter le surnom « la tombe ». Con­tin­uer la lec­ture →

Une poussière parmi d’autres

Émilie GÄBELE

delbecq_gabeleComme sou­vent, Céline Del­becq met en scène un drame famil­ial. Dans Pous­sière, une mère et ses filles, Marie et Camille, emmé­na­gent dans un nou­veau loge­ment. Un incendie a rav­agé leur anci­enne demeure. Elles ont échap­pé à la mort, mais pas aux blessures, autant physiques que men­tales. Con­tin­uer la lec­ture →