Archives par étiquette : L'arbre à paroles

La mort elle-même / peine à trouver ses mots…

Aurélien DONY, Gram­maire du vide, pho­togra­phies de Vic­torine Alisse, Arbre à paroles, 2023, 80 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87406–737‑2

dony grammaire du videOrné de pho­togra­phies de Vic­torine Alisse, le recueil Gram­maire du vide est l’édition défini­tive de trois séries de poèmes (« Terre Silence » — « À pierre fendre » — « Sol­stices ») « écrits entre 2018 et 2022, puis retra­vail­lés durant une rési­dence d’écriture à la Mai­son de la Poésie », peut-on lire dans les notes tech­niques de l’ouvrage. Des exer­gues de Yan­nick Haenel, d’Anise Koltz et Hen­ri Michaux évo­quent cha­cun à leur manière la néces­sité, la présence et la rup­ture du silence. Con­tin­uer la lec­ture →

Poétique au format paysage

Aliénor DEBROCQ, Ici un paysage, Arbre à paroles, coll. « iF », 2023, 74 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–729‑7

debrocq ici un paysageElle a quit­té Paris pour les bassins houillers de la Creuse, hap­pée par un devoir de mémoire. Elle a délais­sé son dix-huitième arrondisse­ment pour préserv­er l’Histoire, recenser, sauver, sor­tir de l’ombre le passé com­mun de Lavaveix-les-Mines, « une ouver­ture vers un monde de silence et paix, loin des ten­ta­tions et des per­ver­sions urbaines ». De sa Fiat 500 de loca­tion, son point de fuite se pré­cis­era : « Lavaveix : son improb­a­ble Musée du Chat aux portes clos­es, sa grand-rue pas­sante, son Proxi à la devan­ture défraîchie, son anci­enne école trans­for­mée en salle d’exposition et, surtout, ses pom­pes à essence aban­don­nées, ves­tiges d’une Route 66 locale – la départe­men­tale 942, qui mèn­erait de Fel­letin à Guéret. ». Elle arpente les intrigues du vil­lage, avec, çà et là, ses per­son­nages : Méline Gail­lard, ses col­lègues de l’Inventaire, Wendy, Steve Lep­our­cq, Cir­cé et Valère. Dans la quête de la mémoire des hommes inscrite dans les sil­lons et val­lons du lieu, l’historienne inven­to­rie le passé, immergée dans l’instant du sur­gisse­ment en devenir. Con­tin­uer la lec­ture →

Morceaux épars d’une certaine réalité

Un coup de cœur du Car­net

Emmanuel RÉGNIEZ, La recon­nais­sance, Arbre à paroles, coll. « iF », 2023, 128 p., 16 €, ISBN : 9782874067228

regniez la reconnaissanceC’est un jeu. C’est un point vibrant qui perce toutes les couch­es du temps. Ou alors, c’est une his­toire d’amour indéfin­i­ment dif­férée qui prend la forme d’une longue et lente fuite lux­ueuse. On pour­rait dire qu’ils sont deux, mais ce serait faire de ces per­son­nages une entité qui ne représente pas la somme des soli­tudes qu’accumulent leurs pas con­joints, à tra­vers l’espace et le temps – côté à côte, ils tra­cent des chemins par­al­lèles qui ne se crois­eront jamais.

Peut-être que ce que cher­chait Clarisse, c’était une île, une île sans adresse, un lieu juste pour elle et moi, que cette île soit une véri­ta­ble île, ou bien une île arti­fi­cielle, créée par elle, pour que nous puis­sions nous y repos­er, nous y arrêter, longtemps, plus longtemps, pour tou­jours. Con­tin­uer la lec­ture →

« U Can’t Touch This »

Un coup de cœur du Car­net

Alex­is ALVAREZ, Rela­tion, Arbre à paroles, coll. « iF », 2023, 20 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–735‑8

alvarez relationQua­si-corol­laire de tout début vu que « pour absol­u­ment tout dans la vie, marcher, respir­er, boire du vin ou se faire pipi dessus, il y [a] une pre­mière et une dernière fois », elle peut enlis­er, empoiss­er, embourber, comme oxygén­er, alléger, stim­uler. Elle rebat en tout cas imman­quable­ment les cartes, qui façon­neront d’autres châteaux à l’architecture espag­nole ou végéteront en tas informe sur une table crasseuse. La fin d’une rela­tion, et plus par­ti­c­ulière­ment d’une rela­tion amoureuse, c’est notre lot à (presque) tous, un jour ou l’autre. Si l’expérience s’envisage comme banale­ment com­mune avec une dis­tance poéti­co-cynique, moins fréquents sont ceux qui la ressen­tent comme telle à l’instant T et à tous les autres qui suiv­ront et s’accumuleront le temps de… Quelle que soit sa con­fig­u­ra­tion sin­gulière, elle déplace tou­jours nos lignes intérieures. Con­tin­uer la lec­ture →

Ceejay, le Poète-Monde

Un coup de cœur du Car­net

CEEJAY, Matière noire. Poèmes d’au-delà de la fin, Arbre à paroles, 2022, 314 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–719‑8

ceejay matiere noire poemes d au dela de la finMatière noire est un livre posthume, un livre mag­nifique que nous a lais­sé Jean-Claude Crom­me­lynck alias Cee­jay et que les édi­tions L’arbre à paroles ont pub­lié presque deux ans après le décès (1946–2020) du poète et de l’artiste. Pein­tre, sculp­teur, graveur, styl­iste, …ses activ­ités ont été innom­brables sur plusieurs con­ti­nents…

Sa gouaille était à l’égal de sa faconde mais aus­si de sa déli­catesse. Il savait que tout devait être intense en regard de la brièveté de nos péré­gri­na­tions sur terre. Con­tin­uer la lec­ture →

Au feu !

Claude DONNAY, Pourquoi les poètes n’ont jamais de tick­et pour le par­adis, Arbre à paroles, 2022, 14 €, 106 p., ISBN : 9782874067204

donnay pourquoi les poetes n'ont pas de ticket pour le paradisDans une série de Poèmes pour – la for­mule inau­gu­rant le titre de presque tous les poèmes de son recueil – Claude Don­nay tra­verse, entre autres étrangetés, « les épo­ques éteintes », « les jours de pluie », « un matin sourd » ou encore « une vie sans mesure ». Cette col­lecte, pub­liée aux édi­tions de l’Arbre à parole sous le titre Pourquoi les poètes n’ont jamais de tick­et pour le par­adis, œuvre à la réan­i­ma­tion de nos exis­tences diag­nos­tiquées « engour­dies ».

Le quo­ti­di­en et, plus large­ment, le monde con­tem­po­rain se trou­vent au cœur de la poésie de Claude Don­nay. L’un et l’autre bril­lent par les hori­zons qu’ils écrasent et les lib­ertés qu’ils entra­vent. Par exem­ple, le con­fine­ment, expéri­ence désor­mais déniée, se rap­pelle à notre bon sou­venir dès l’ouverture du recueil dans des vers tels que : Con­tin­uer la lec­ture →

Vous êtes fou

Serge NOËL, Les éléphants clairs tra­verseront les fenêtres du matin. Poèmes enragés, Arbre à paroles, 2022, 145 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–710‑5

ensem­ble nous faisons un livre de poésie
j’en suis ravi comme une vieille rose

noel Les éléphants clairs traverseront les fenêtres du matinCher Serge Noël, l’Arbre à paroles pub­lie aujourd’hui votre dernier recueil de poèmes. Votre chant y émet depuis des temps illim­ités, pour lesquels vous nous quit­tiez, lit-on, inopiné­ment le 27/10/2020. Vous lui voulûtes un titre incon­cev­able et un sous-titre pro­gram­ma­tique. Le sec­ond dit tout, si le pre­mier n’occulte rien.

Cher Serge Noël, au mot d’engage­ment, vous et quelques-uns de vos amis préférez celui d’enrage­ment. Enragés, vous l’êtes con­tre ce que vous nom­mez le vide humain, fruit insipi­de et luisant du cap­i­tal. Con­tre l’alchimie despo­tique de la valeur marchande, qui seule a don de trans­muer la créa­tion en art. Con­tre cet art de rond-point et de bou­tique, tan­tôt abstrait, tan­tôt con­ceptuel, tou­jours volu­mineux et ruti­lant, man­i­fes­ta­tions bavardes d’un monde qui n’a plus rien à dire. Con­tin­uer la lec­ture →

Malgré les cicatrices et les lézardes…

Ludi­vine JOINNOT, Nous vivons encore, Arbre à paroles, coll. « If », 2022, 88 p., 15 €, ISBN : 9782874067174

joinnot nous vivons encoreEn ouver­ture du recueil de Ludi­vine Join­not, Nous vivons encore, une phrase extraite de La cloche de détresse de l’écrivaine améri­caine Sylvia Plath sonne le glas. L’impact d’un gong comme pour mieux accom­pa­g­n­er les dis­parus aux­quels s’adresse l’autrice dans la pre­mière par­tie du livre inti­t­ulée Faire le deuil. Les proches, quelques poètes com­pagnons de route se croisent au détour de sou­venirs com­posés avec douceur et nos­tal­gie. Mais la dis­pari­tion des êtres chers serait-elle syn­onyme de la fin de l’écriture ? On pense aux car­nets de Nathalie Sar­raute s’interrompant brusque­ment à la date de la mort de son mari, au Jour­nal de deuil de Barthes inter­ro­geant en somme l’utilité d’écrire après la mort. Ce serait sans compter le pou­voir de la lit­téra­ture qui ne cesse jamais de tiss­er ce lien essen­tiel reliant mort, deuil et mélan­col­ie. Car pour faire revivre ceux dont la voix s’est tue, pour à nou­veau leur don­ner le mou­ve­ment de la danse, l’écriture reste seule capa­ble d’insuffler le rythme, la cadence… Con­tin­uer la lec­ture →

Dire le désastre

Un coup de cœur du Car­net

Luc BABA, Ves­dre, Arbre à paroles, 2022, 123 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–725‑9

baba vesdreDix mois à peine après les ter­ri­bles inon­da­tions de juil­let dernier, voici que nous parvient un texte nour­ri de ces jours où les riv­ières et les fleuves ont tué des hommes et détru­it des maisons. Luc Baba, qui vit au bord de la Ves­dre, a été témoin direct du désas­tre qu’il nous rend en séquences brèves, tout en finesse. Car le pro­pos d’un écrivain n’est pas de recenser, de doc­u­menter un dossier mais de met­tre des mots qui suiv­ent au plus près les femmes et les hommes cernés par les flots.

D’abord pour rap­pel­er le plaisir des per­son­nes qui vivent en com­pag­nie de l’eau, qui s’endorment et se réveil­lent avec son mur­mure à l’oreille, qui en con­nais­sent la faune et la flo­re, la lumière et les odeurs. Et qui savent que quelque­fois, elle grogne, monte jusqu’à un point don­né, puis se retire. Mais cette fois, c’est dif­férent, elle ne s’arrête pas, tous les points de repère sont effacés, il n’y a plus d’électricité, les télé­phones sont déchargés, cha­cun est seul chez soi, sans plus aucun con­tact direct autre que des vis­ages aux fenêtres. Dans les flots passent des voitures, des objets, des ani­maux, des arbres. Dans l’esprit de ceux et celles qui atten­dent, des images défi­lent, les vis­ages des par­ents et amis, la crainte du pire, des lam­beaux de prières, des sou­venirs qui se bous­cu­lent. On est sous le toit et on sait que ce qui est en-dessous est déjà per­du, le puz­zle qu’on a com­mencé, la pho­to encadrée, les livres et les choses que l’on aime. Et on pense à l’après. Con­tin­uer la lec­ture →

Dans le crâne de la douleur

Pierre DANCOT, Le ban­nisse­ment, Arbre à paroles, 2022, 72 p., 11 €, ISBN : 978–2‑87406–716‑7

dancot le bannissement« Je ne sais plus qui de toi ou de moi a com­mencé à déchir­er le jour, qui de toi ou de moi a noir­ci nos silences, je ne sais plus pour qui tu rêves, ni com­ment tu embrass­es à la tombée de la nuit […] »

Dans Le ban­nisse­ment, le poète et édi­teur Pierre Dan­cot « décrit », comme l’écrit Pierre Schroven sur la qua­trième de cou­ver­ture, « les états d’âmes d’un amour qui lui échappe ». Les affects qui tra­versent ce recueil puisent dans le reg­istre d’une tem­po­ral­ité boulever­sée par la douleur, sont pris en charge par la tonal­ité de l’ardeur. Con­tin­uer la lec­ture →

Les chimères d’un amour évanoui

Arnaud DELCORTE, Lente dérive de sa lumière, Arbre à paroles, 2022, 116 p., 14 €, ISBN : 9782874067150

delcorte lente derive de sa lumiereComme l’indique Éric Brog­ni­et dans Lec­ture silen­cieuse (édi­tions de l’Académie), La poésie est un art de l’instantané et du trans­fert, elle nous invite sans cesse à recadr­er notre rap­port à la réal­ité, à réin­ven­ter notre rela­tion au monde, à arpen­ter un écart défini­tif.

Cette vision de la poésie guidera utile­ment le lecteur du dernier recueil d’Arnaud Del­corte, dont le titre, poème en soi, Lente dérive de sa lumière, évoque d’emblée ce déplace­ment du regard, de la rêver­ie, de la pen­sée poé­tiques. Nathaniel Molam­ba, qui signe la pré­face de l’ouvrage, invite lui aus­si à la lec­ture à la fois sin­gulière et démul­ti­pliée : Plus que jamais il faut lire entre les lignes, et surtout regarder au tra­vers. Con­tin­uer la lec­ture →

Fleurs de serre

Pierre CORAN, Mosaïques pour le jour qui vient, Arbre à paroles, 2022, 86 p., 12 €, ISBN : 9782874067143

coran mosaiques pour le jour qui vientLa ten­ta­tion est grande, lorsqu’il s’agit de Pierre Coran, d’en appel­er aux chiffres et de mesur­er avec céré­monie la longévité et l’envergure d’une car­rière poé­tique exem­plaire. Cette politesse son­nerait pour­tant faux, face à une œuvre dont il sem­ble que cha­cun des romans ou recueils soit écrit comme un pre­mier livre. Cette primeur soigneuse­ment entretenue, lud­isme d’Inimag­i­naire ou de Jaf­fab­ules, esprit d’enfance des Aven­tures des Pièces-à-Trou, investit chaque nou­velle pub­li­ca­tion d’une exi­gence secrète de sim­plic­ité et d’émerveillement. Les rêver­ies, paysages et tra­ver­sées de Mosaïques pour le jour qui vient se mon­trent pos­i­tive­ment à la hau­teur de cette exi­gence. Con­tin­uer la lec­ture →

Juste le minimum hérité

Véronique ROELANDT, Mes ham­sters, Arbre à paroles, 2021, 58 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87406–706‑8

roelands mes hamstersPar­mi les derniers-nés de la col­lec­tion iF, quelle bonne sur­prise que de décou­vrir, aux côtés des deux incon­tourn­ables de la lit­téra­ture belge que sont désor­mais Karel Logist et Chris­tine Aventin, le pre­mier recueil d’une toute nou­velle autrice : Véronique Roe­landt. Con­tin­uer la lec­ture →

Déambulations poétiques

L’AMI TERRIEN, Les réflex­ions fan­tômes, Arbre à paroles, 2021, 240 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87406–709‑9

l'ami terrien les réflexions fantômes« Est-ce un recueil ? Un essai ? Un man­i­feste ? Un manuel de poésie orale ? Une ten­ta­tive de don­ner la poésie à enten­dre ? Le partage d’une pas­sion ? Des pistes pour écrire ? Un splatch­work ! » La qua­trième de cou­ver­ture du recueil Les réflex­ions fan­tômes de l’Ami Ter­rien (aux édi­tions L’Arbre à paroles) ne trompait effec­tive­ment pas. Toute ten­ta­tive de cir­con­scrire cet ouvrage dans un « genre » bien défi­ni est vouée à l’échec. Con­tin­uer la lec­ture →

Il n’y a pas d’issue au monde…

Karel LOGIST, Soix­ante-neuf self­ies flous dans un miroir fêlé, Arbre à paroles, coll. « If », 2021, 77 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87406–707‑5

logist soixante-neuf selfies flous dans un miroir fêlé« Dis­crète et déli­cate, la poésie de Karel Logist ne vocif­ère jamais (…). Entre le chant et la con­fi­dence per­son­nelle, (…) elle mêle humour et grav­ité, nos­tal­gie et obser­va­tion. Les thèmes sont tour à tour l’amour, l’ami­tié, l’en­fance, le voy­age, l’ob­ser­va­tion des autres, le por­trait ; mais l’œil de Logist décèle aus­si l’in­so­lite, ou même le fan­tas­tique, dans la réal­ité ; son imag­i­naire est pro­pre à con­stru­ire de petites fables amusées et non moral­isatri­ces ; sa voix jette un voile sur son angoisse ou son scep­ti­cisme. C’est une poésie d’hu­mour noir qui ne se mon­tre pas comme telle ; une poésie de con­nivence avec soi-même et avec l’autre ; le moyen de com­mu­ni­ca­tion d’un homme secret  (…) qui ne cherche pas à en impos­er, mais qui s’im­pose au lecteur (…) » (Gérald Pur­nelle). Auteur d’une œuvre saluée depuis sa décou­verte par Lil­iane Wouters – qui fit pub­li­er son pre­mier livre[1] où il con­statait déjà qu’il n’y a pas d’issue au monde – jusqu’à ce recueil, Soix­ante-neuf self­ies flous dans un miroir fêlé, écrit durant la récente pandémie, le poète spadois fait preuve d’une sou­veraine cohérence thé­ma­tique et styl­is­tique. Il pos­sède un ton, une voix recon­naiss­able entre toutes. La dis­cré­tion et la pudeur car­ac­térisent « cet homme telle­ment oubli­able », qui n’a jamais été « un garçon expan­sif », ce vir­tu­ose sans affé­terie, qui n’a pas hésité pour­tant à s’engager dans l’action con­crète en faveur de la lec­ture et de l’édition. Con­tin­uer la lec­ture →

Hic et nunc !

Pierre SCHROVEN, Ici, Arbre à paroles, 2021, 63 p., 10 €, ISBN : 9782874067037

schroven iciAvec ce onz­ième recueil pub­lié aux édi­tions de L’Arbre à paroles, le poète Pierre Schroven pour­suit son archéolo­gie du vivant avec peut-être encore plus d’urgence que précédem­ment. Salué par le prix Jean Kobs et s’inscrivant dans la lignée du tra­vail à l’œuvre depuis la pub­li­ca­tion des pre­miers livres comme Toi, l’instant ou Matière d’énigme, Ici porte, dans son titre même, « l’instant » à son acmé, une sorte de réflex­ion spa­tio-tem­porelle sur ce qui advient quand on prend la peine d’interroger le bon­heur d’être là, main­tenant, ici ! Le lecteur est dès lors amené à pos­er armes et bagages le temps d’un silence, d’une res­pi­ra­tion pour mieux enten­dre peut-être le tin­te­ment de la lumière de l’aube. Con­tin­uer la lec­ture →