Archives par étiquette : Samia Hammami

« Ce qui compte c’est ce que les autres pensent de toi »

Eva MANCUSO, Je n’arrive pas à par­ler et à dire des choses en même temps, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2024, 112 p., 15, ISBN : 9782930822334

mancuso je n'arrive pas a parler et a dire des choses en même tempsLes gouttes, con­sid­érées cha­cune dans sa par­tic­u­lar­ité, ne for­ment pas pour autant ce que l’on perçoit comme étant de la pluie. Mais la pluie se com­pose bel et bien de l’ensemble de ces gouttes, qui tombent les unes après les autres, les unes à côté des autres, dans leur rythme, leur humid­ité et leur ori­en­ta­tion pro­pres. Le recueil d’Éva Man­cu­so crée une impres­sion sim­i­laire. Des phras­es, sans les indi­ca­teurs clas­siques mar­quant le début et la fin, qui se présen­tent une à une, en faibles pré­cip­i­ta­tions ; ou qui se den­si­fient à cer­tains moments, au sein des para­graphes, en ondées. Des énon­ci­a­tions, sou­vent à l’imparfait, qui mouil­lent de remé­mora­tions, de sou­venirs, de réc­its brefs. Et si ces phras­es sont envis­agées dans leur glob­al­ité, alors seule­ment le phénomène textuel appa­raît : la lec­ture-écri­t­ure sin­gulière de la con­struc­tion d’un être féminin. Con­tin­uer la lec­ture

Abel et Nour, c’est une histoire d’amour

Un coup de cœur du Car­net

Mathilde BROSSET, Abel & Nour, Ver­sant Sud Jeunesse, 2024, 40 p., 16,50 €, ISBN : 9782930938783

brosset abel & nourPub­lié dans le cadre de la Fureur de Lire en 2021, Abel & Nour con­naît une sec­onde vie, ampli­fiée et sub­limée, au sein du cat­a­logue de Ver­sant Sud Jeunesse. C’est une joie de redé­cou­vrir cet album, trois ans plus tard, avec des planch­es sup­plé­men­taires et un réa­gence­ment textuel, et surtout sans perte de la den­sité et du rythme de la ver­sion ini­tiale. Comme si l’histoire ren­con­trait son for­mat mérité, sa forme atten­due. Et ce n’est que bon­heur car Mathilde Bros­set a façon­né de ses doigts un livre très réus­si. Con­tin­uer la lec­ture

Verte Odonata

Pierre CORAN (texte) et Dina MELNIKOVA (ill.), À tire‑d’aile, Cot­Cot­Cot, coll. « Matière vivante », 2024, 24 p., 10,90 €, ISBN : 9782930941684

coran melnikova a tire d'aileLa col­lec­tion « Matière vivante » des édi­tions Cot­Cot­Cot « se veut ter­rain de recherche poé­tique per­me­t­tant de reli­er les êtres vivants à la nature, à l’écologie ». Après De la terre dans ma poche et Larmes de rosée, elle accueille un troisième titre, À tire‑d’aile, fruit du dia­logue artis­tique entre Pierre Coran et Dina Mel­niko­va. Le pre­mier n’est plus à présen­ter, chêne majestueux de la forêt des Let­tres belges fran­coph­o­nes, à la souche solide, au feuil­lage dense, à la sève tran­quille. La sec­onde compte moins de cernes sur son tronc édi­to­r­i­al et ses racines se dévelop­pent sous forme de rhi­zomes : Mel­niko­va explore les tech­niques, ne s’enfermant dans aucune, et joue avec leurs poten­tial­ités révéla­tri­ces. Con­tin­uer la lec­ture

Souvenir d’exil, écho de résistance

Anne SYLVAIN, Elles iront voir la mer, Genèse, 2024, 200 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010365

sylvain elles iront voir la mer« Il était embal­lé dans un petit morceau de papi­er jour­nal déchiré à la hâte, un jour­nal alle­mand. En surim­pres­sion étaient écrits au cray­on une suite de chiffres et un mot, qu’elle ne com­pre­nait pas, le tout grossière­ment entouré. Recht­san­walt. […] Le pen­den­tif était mag­nifique. Les lobes du cœur, fine­ment gravés, étaient asymétriques. Léon­tine lut sur le ver­so du médail­lon “Sou­venirs d’exil”. » Ce bijou, à l’odeur par­ti­c­ulière de soufre, recèle l’amour pro­fond, solen­nel et meur­tri de Mel­chior, alors en dépor­ta­tion à Soltau. Con­tin­uer la lec­ture

Moi aussi, je veux un Oncle Panda !

Un coup de cœur du Car­net

Carl NORAC (auteur) et Kris DI GIACOMO (illus­tra­trice), L’Oncle Pan­da, À pas de loups, 2024, 40 p., 16 €, ISBN : 9782930787961

norac di giacomo l'oncle pandaOn le con­naît tous, il existe dans nos imag­i­naires. Il habite loin, très loin, sur un autre con­ti­nent, ce qui l’auréole de mys­tère. On ne le voit jamais, par­fois pas même une fois dans sa vie. Il doit être libre d’entraves, sans enfant, et il mène une vie aisée. Peut-être qu’il ne nage pas dans ses pièces d’or comme Pic­sou, mais il pos­sède cer­taine­ment beau­coup de biens. Son exis­tence est rem­plie de voy­ages, de fêtes, d’aventures, de con­quêtes. Il est fan­tasque et orig­i­nal de tem­péra­ment, généreux et libre de car­ac­tère, déton­nant et char­mant de per­son­nal­ité. On rêve de le crois­er, un jour, et par­fois on s’imagine une adop­tion transat­lan­tique. Eh bien, Carl Norac, lui, a eu la souri­ante chance de le ren­con­tr­er, son oncle d’Amérique ! Et cet événe­ment a plan­té en lui une graine de créa­tion, qui déploie feuil­lage et fleur dans L’Oncle Pan­da. Con­tin­uer la lec­ture

« Toi aussi tu t’élances »

Françoise LISON-LEROY (autrice), Camille NICOLLE (illus­tra­trice) et Golan HAJI (tra­duc­teur), Toupie, Le port a jau­ni, coll. « Poèmes », 2024, 28 p., 12 €, ISBN : 9782494753020

nicolle lison leroy toupie« Toupie se dit boul­boul en syrien, ce qui sig­ni­fie “rossig­nol” en arabe lit­téraire et “zizi” en égyp­tien ! Toupie se dit nahla en égyp­tien, ce qui sig­ni­fie “abeille” en arabe lit­téraire ain­si que dans la plu­part des langues arabes par­lées. Toupie se dit trom­bia en maro­cain, qui vient prob­a­ble­ment de l’espagnol, nous rap­pelle la trom­ba – la “trompette” en ital­ien – et tout ce qui arrive “en trombe” dans les langues latines ! Toupie se dit khodhrouf en arabe lit­téraire, un mot relié à d’autres mots qui évo­quent le bois, les jeux d’enfants et le mou­ve­ment. Bref ! La tra­duc­tion du mot toupie en arabe nous donne le tour­nis ! Golan Haji a choisi le mot boul­boul pour le rythme du mot, pour son lien avec la nature, pour l’évocation du chant d’oiseau. » Un mot, un seul, et tant de ques­tions et de posi­tion­nements chez le tra­duc­teur qui a la tâche-ver­tige de traduire la poésie d’une autre, d’en garder la saveur et la cadence, d’en pénétr­er les sens et explor­er les sous-enten­dus, et de les ren­dre uniques dans leur plu­ral­ité. Un mot, un seul, et nous voilà con­quise par l’entreprise, admi­ra­tive devant le tra­vail, baba face au tal­ent. Con­tin­uer la lec­ture

Expérience-brèche

Nathalie SKOWRONEK, La voix des Saules, Gras­set, 2024, 176 p., 17,10 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 978–2‑246–83580‑6

skowronek la voix des saules« Les Saules, cen­tre de jour pour adultes en dif­fi­culté psy­chi­a­trique, est à la recherche d’un(e) écrivain(e) pour ani­mer deux heures par semaine un ate­lier d’écriture […] Il ne s’agit pas d’animer un ate­lier au sens de faire écrire, avec autant de tal­ent que ce soit, mais plutôt d’incarner sa pro­pre place d’artiste, et de trans­met­tre la ques­tion de la créa­tion et de ses enjeux. » Tel est le mes­sage qui est adressé à la nar­ra­trice-autrice Nathalie Skowronek via une respectable librairie brux­el­loise. Cette requête la fait douce­ment sourire : une insti­tu­tion lit­téraire qui a tou­jours tu ses paru­tions lui trans­met un cour­riel con­cer­nant une activ­ité qu’elle ignore, n’ayant jamais ni suivi ni ani­mé d’atelier d’écriture. Pour­tant, sans trop savoir pourquoi, elle qui se trou­ve en fragilité et en inquié­tude à ce moment-là (comme à d’autres) de sa vie, accepte la propo­si­tion. Une réac­tion sur­prenant pour celle qui « préfèr[e] renon­cer que ris­quer, garder la main plutôt que [s’] expos­er ». Con­tin­uer la lec­ture

Boiter à quatre jambes, et nager

Jacques RICHARD, Écrit sous l’eau, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2024, 104 p., 16 €, ISBN : 9782491462765

richard ecrit sous l'eauC’est peut-être parce qu’il a été Écrit sous l’eau qu’il donne l’impression d’une lec­ture-apnée. Cha­cune des pros­es com­posant le recueil de Jacques Richard se présente comme une micro-plongée dans un bain d’étrangeté et de flu­id­ité. L’on y pro­gresse en brass­es pru­dentes et curieuses, avec la sen­sa­tion de ne pou­voir garder le cap à cause de mou­ve­ments ondins sur­prenants. Le mieux est sans doute de se laiss­er porter, sans chercher à retenir ni se faire retenir, en accep­tant la caresse du flux lan­gagi­er et le mys­tère des fonds sous-scrip­turaux. Con­tin­uer la lec­ture

Mauve

Un coup de cœur du Car­net

Vic­toire DE CHANGY, Immen­sità, Cam­bourakis, coll. « Cam­bourakis Tex », 2024, 100 p., 15 €, ISBN : 9782366248630

de changy immensitaPlus lumineux et clair que le vio­let dans la gamme duquel il se décline, le mauve, équili­brant l’ardeur rouge et la sérénité bleue, sym­bol­ise dans le monde ésotérique la trans­for­ma­tion spir­ituelle, l’intuition et la sagesse, la créa­tiv­ité et l’imagination. Élé­gante vivace esti­vale, la mauve, son homonyme féminin, parsème les sols de bou­quets joyeux quand, en breuvages infusés, elle ne tapisse pas de douceur les gorges irritées et d’apaisement les diges­tions com­pliquées. Mauve, c’est le prénom que porte l’héroïne de Vic­toire de Changy, comme s’il avait été pen­sé let­tre par let­tre en attente de son âme. C’est sa mère synesthète qui a brail­lé ce nom à sa nais­sance, et il lui va comme un gant, à elle, la fille de la flam­boy­ante Anna et des tran­quille papa et solide pépa, elle qui nav­igue entre ces chro­ma­tiques froides et chaudes tein­tant sa per­son­nal­ité. Velouté extérieur du mauve, robustesse intérieure de la mauve. Con­tin­uer la lec­ture

La Terre tourne

Anne BROUILLARD (images, textes et musiques) et Bertille DE SWARTE (textes, adap­ta­tions français­es et direc­tion artis­tique du disque), Ronde autour de la terre, Esper­luète, coll. « Albums », 2024, 32 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841794

brouillard de swarte ronde autour de la terreAu rec­to de la cou­ver­ture, un ciel de cré­pus­cule jaune lumineux, une nature qui s’apprête à se repos­er, et des gens de tous âges descen­dant le chemin d’une colline, en route joyeuse vers la proche ville où se devine un manège de chevaux. Au ver­so, l’image se pro­longe : un ciel de nuit tombée, une pleine lune légère­ment dis­simulée par de mys­térieux sap­ins, une demeure isolée déjà éclairée au rez-de-chaussée. Une illus­tra­tion dont se dégage un calme inex­plic­a­ble, que l’on ressen­ti­ra page après page dans des paysages délavés, des fenêtres reflé­tant la pluie ou éclairant des natures mortes en pommes et cafetière, une salle-à-manger chaleureuse où la table déjà dressée atten­dant un gâteau tou­jours au four, un car­rousel faisant naître les sourires d’enfants, l’orée d’un bois aux fougères duveteuses et aux four­mis rieuses, des forêts de conifères et de feuil­lus, des maisons à l’atmosphère douil­lette où le bois craque sous les pas des gen­tils fan­tômes et des lutins affairés, des lacs enchanteurs au-dessus desquels miroite l’astre céleste et glis­sent les oiseaux. Tout un univers dess­iné avec élé­gance et « liq­uid­ité » par Anne Brouil­lard, d’où émane un silence pro­fond, offrant un écrin par­ti­c­uli­er à la musique des textes et des chants. Con­tin­uer la lec­ture

BX, je t’aime

Béné­dicte LOTOKO, Ça brille encore, Impres­sions nou­velles, coll. « For Intérieur », 2024, 214 p., 18 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782390701033

lotoko ca brille encoreLa tem­po­ral­ité : un été fiévreux, un juil­let-août nerveux. Le lieu : Brux­elles, dans ses rues, ses espaces et ses endroits fam­i­liers, et dans des apparte­ments aus­si. La pro­tag­o­niste : Clotilde, une quadra, métisse, aisée, lec­trice com­pul­sive. La sit­u­a­tion ini­tiale : un peu beau­coup paumée, Clotilde ne parvient pas à faire le deuil de son amour passé, Antoine, avec qui elle a été en cou­ple un lus­tre. L’élément déclencheur : lors d’une soirée sur l’Allée du Kaai, où « la jeunesse alter­na­tive bronze entre deux taffes », elle croise un incon­nu qui lui plaît : « Du regard lan­goureux à la couleur de la peau, du style décon­trac­té à l’aisance altière, de sa jolie bouche à sa mus­cu­la­ture que je devine. C’est lui que je veux, c’est lui que je n’aurai pas. » Si Clotilde n’étouffe pas sous l’optimisme, sa ren­con­tre avec Taw­fiq va pour­tant ryth­mer ses prochaines semaines. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2023 de Samia Hammami

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Samia Ham­ma­mi. Con­tin­uer la lec­ture

D’instinct

Un coup de cœur du Car­net

Math­ieu PIERLOOT (auteur) & Giu­lia VETRI (illus­tra­trice), Le silence de Rouge, Ver­sant Sud Jeunesse, coll. « Les Pétoches », 2023, 40 p., 16,50 €, ISBN : 9782930938752

pierloot vietri le silence de rougeEn mots et en dessins, Math­ieu Pier­loot et Giu­lia Vetri ont con­vo­qué la douceur et la magie pour créer un héros des plus attachants : Sey­mour. Depuis qu’il est lou­veteau, ce dernier évolue en marge de la meute. Rêveur, pais­i­ble, con­tem­platif, il observe, sous l’œil cri­tique de ses par­ents, les beautés du monde enneigé qui l’entoure là où ses frères de poils appren­nent à se bat­tre : « Pau­vre Sey­mour, se moquent-ils, tu es trop frag­ile, tu aurais dû naître écureuil ou papil­lon. » Leurs paroles trou­vent écho en lui alors, un matin, sans se retourn­er, il quitte la grotte famil­iale et par­court plaines et forêts à la recherche de son lieu. Son audace se voit récom­pen­sée quand, au som­met d’une falaise aux couleurs enrobantes, sur­plom­bant une plage tran­quille, il aperçoit « une petite chau­mière, battue par les vents ». La mai­son, à l’intérieur douil­let, « est un endroit étrange, peu­plé de livres, de pièces silen­cieuses et d’objets bavards ». Con­tin­uer la lec­ture

« Animale humanité »

Un coup de cœur du Car­net

Ludovic FLAMANT (texte) & Hide­ki OKI (image), Le sourire du singe, Esper­luète, coll. « Hors-for­mats », 2023, 24 p., 22 €, ISBN : 9782359841787

flamant oki le sourire du singeHide­ki Oki s’exprime en lignes : au feu­tre, col­orées, ver­ti­cales et hor­i­zon­tales. Ses dessins, essen­tielle­ment des por­traits, tran­spirent ses mou­ve­ments. Ses œuvres inversent les posi­tions : elles nous regar­dent, fix­e­ment, sans ciller, à tra­vers les yeux des ani­maux représen­tés. Ils nous son­dent, nous ques­tion­nent, nous tien­nent en respect. Dans Le sourire du singe, ce sont des chim­panzés, des man­drills, des nasiques, des macaques, des capucins, des bono­bos, des gib­bons, des gorilles, des orangs-out­angs et autres pri­mates qui occu­pent de pleines pages. Con­tin­uer la lec­ture

« Un peu comme le vent et le sable, l’eau et l’algue »

Un coup de cœur du Car­net

Serge DELAIVE et Philippe HERBET (auteurs & pho­tographes), Le sable. Le vent, Altura, 2023, 172 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931190–09‑8

delaive herbet le sable le vent

C’est un objet à la cou­ver­ture rigide, en papi­er qui paraît recy­clé (mais qui peut-être ne l’est pas), d’une couleur kaki verdâtre et d’un touch­er présent, avec une carte routière qui paraît être col­lée (mais qui peut-être ne l’est pas) d’où se détache un tracé, le fil rouge : « Une ligne capricieuse ana­logue aux veines céphaliques ou médi­anes par­courant les mem­bres supérieurs, un ser­pent déplié dans sa course lente sur une rocaille au soleil à la recherche d’un refuge. » Un titre, Le sable. Le vent, et une orig­ine dou­bles, Serge Delaive et Philippe Her­bet.

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Disponibilité québéco-poético-photographique

Dominique MAES, Chroniques poé­tiques d’un voy­age à Mon­tréal, Mur­mure des soirs, 2023, 192 p., 22 €, ISBN : 9782931235089

maes chroniques poetiquesLa beauté d’un voy­age réside par­fois moins dans le lieu où l’on séjourne que dans la mise en disponi­bil­ité qu’il offre. Par­tir (plus ou moins) loin, s’extraire du quo­ti­di­en envelop­pant, quit­ter quelque temps ses repères spa­ti­aux et humains, se con­fron­ter à l’inconnu force à (se) décou­vrir. Et quand l’équipée se joue en solo, les sen­sa­tions s’en trou­vent sou­vent exac­er­bées. C’est cette drôle d’expérience qu’a vécue Dominique Maes et qu’il relate à tra­vers ses Chroniques poé­tiques d’un voy­age à Mon­tréal, ville dans laque­lle il a gag­né l’opportunité d’une bourse lit­téraire. Con­tin­uer la lec­ture