Archives par étiquette : Samia Hammami

« Toi aussi tu t’élances »

Françoise LISON-LEROY (autrice), Camille NICOLLE (illus­tra­trice) et Golan HAJI (tra­duc­teur), Toupie, Le port a jau­ni, coll. « Poèmes », 2024, 28 p., 12 €, ISBN : 9782494753020

nicolle lison leroy toupie« Toupie se dit boul­boul en syrien, ce qui sig­ni­fie “rossig­nol” en arabe lit­téraire et “zizi” en égyp­tien ! Toupie se dit nahla en égyp­tien, ce qui sig­ni­fie “abeille” en arabe lit­téraire ain­si que dans la plu­part des langues arabes par­lées. Toupie se dit trom­bia en maro­cain, qui vient prob­a­ble­ment de l’espagnol, nous rap­pelle la trom­ba – la “trompette” en ital­ien – et tout ce qui arrive “en trombe” dans les langues latines ! Toupie se dit khodhrouf en arabe lit­téraire, un mot relié à d’autres mots qui évo­quent le bois, les jeux d’enfants et le mou­ve­ment. Bref ! La tra­duc­tion du mot toupie en arabe nous donne le tour­nis ! Golan Haji a choisi le mot boul­boul pour le rythme du mot, pour son lien avec la nature, pour l’évocation du chant d’oiseau. » Un mot, un seul, et tant de ques­tions et de posi­tion­nements chez le tra­duc­teur qui a la tâche-ver­tige de traduire la poésie d’une autre, d’en garder la saveur et la cadence, d’en pénétr­er les sens et explor­er les sous-enten­dus, et de les ren­dre uniques dans leur plu­ral­ité. Un mot, un seul, et nous voilà con­quise par l’entreprise, admi­ra­tive devant le tra­vail, baba face au tal­ent. Con­tin­uer la lec­ture

Expérience-brèche

Nathalie SKOWRONEK, La voix des Saules, Gras­set, 2024, 176 p., 17,10 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 978–2‑246–83580‑6

skowronek la voix des saules« Les Saules, cen­tre de jour pour adultes en dif­fi­culté psy­chi­a­trique, est à la recherche d’un(e) écrivain(e) pour ani­mer deux heures par semaine un ate­lier d’écriture […] Il ne s’agit pas d’animer un ate­lier au sens de faire écrire, avec autant de tal­ent que ce soit, mais plutôt d’incarner sa pro­pre place d’artiste, et de trans­met­tre la ques­tion de la créa­tion et de ses enjeux. » Tel est le mes­sage qui est adressé à la nar­ra­trice-autrice Nathalie Skowronek via une respectable librairie brux­el­loise. Cette requête la fait douce­ment sourire : une insti­tu­tion lit­téraire qui a tou­jours tu ses paru­tions lui trans­met un cour­riel con­cer­nant une activ­ité qu’elle ignore, n’ayant jamais ni suivi ni ani­mé d’atelier d’écriture. Pour­tant, sans trop savoir pourquoi, elle qui se trou­ve en fragilité et en inquié­tude à ce moment-là (comme à d’autres) de sa vie, accepte la propo­si­tion. Une réac­tion sur­prenant pour celle qui « préfèr[e] renon­cer que ris­quer, garder la main plutôt que [s’] expos­er ». Con­tin­uer la lec­ture

Boiter à quatre jambes, et nager

Jacques RICHARD, Écrit sous l’eau, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2024, 104 p., 16 €, ISBN : 9782491462765

richard ecrit sous l'eauC’est peut-être parce qu’il a été Écrit sous l’eau qu’il donne l’impression d’une lec­ture-apnée. Cha­cune des pros­es com­posant le recueil de Jacques Richard se présente comme une micro-plongée dans un bain d’étrangeté et de flu­id­ité. L’on y pro­gresse en brass­es pru­dentes et curieuses, avec la sen­sa­tion de ne pou­voir garder le cap à cause de mou­ve­ments ondins sur­prenants. Le mieux est sans doute de se laiss­er porter, sans chercher à retenir ni se faire retenir, en accep­tant la caresse du flux lan­gagi­er et le mys­tère des fonds sous-scrip­turaux. Con­tin­uer la lec­ture

Mauve

Un coup de cœur du Car­net

Vic­toire DE CHANGY, Immen­sità, Cam­bourakis, coll. « Cam­bourakis Tex », 2024, 100 p., 15 €, ISBN : 9782366248630

de changy immensitaPlus lumineux et clair que le vio­let dans la gamme duquel il se décline, le mauve, équili­brant l’ardeur rouge et la sérénité bleue, sym­bol­ise dans le monde ésotérique la trans­for­ma­tion spir­ituelle, l’intuition et la sagesse, la créa­tiv­ité et l’imagination. Élé­gante vivace esti­vale, la mauve, son homonyme féminin, parsème les sols de bou­quets joyeux quand, en breuvages infusés, elle ne tapisse pas de douceur les gorges irritées et d’apaisement les diges­tions com­pliquées. Mauve, c’est le prénom que porte l’héroïne de Vic­toire de Changy, comme s’il avait été pen­sé let­tre par let­tre en attente de son âme. C’est sa mère synesthète qui a brail­lé ce nom à sa nais­sance, et il lui va comme un gant, à elle, la fille de la flam­boy­ante Anna et des tran­quille papa et solide pépa, elle qui nav­igue entre ces chro­ma­tiques froides et chaudes tein­tant sa per­son­nal­ité. Velouté extérieur du mauve, robustesse intérieure de la mauve. Con­tin­uer la lec­ture

La Terre tourne

Anne BROUILLARD (images, textes et musiques) et Bertille DE SWARTE (textes, adap­ta­tions français­es et direc­tion artis­tique du disque), Ronde autour de la terre, Esper­luète, coll. « Albums », 2024, 32 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841794

brouillard de swarte ronde autour de la terreAu rec­to de la cou­ver­ture, un ciel de cré­pus­cule jaune lumineux, une nature qui s’apprête à se repos­er, et des gens de tous âges descen­dant le chemin d’une colline, en route joyeuse vers la proche ville où se devine un manège de chevaux. Au ver­so, l’image se pro­longe : un ciel de nuit tombée, une pleine lune légère­ment dis­simulée par de mys­térieux sap­ins, une demeure isolée déjà éclairée au rez-de-chaussée. Une illus­tra­tion dont se dégage un calme inex­plic­a­ble, que l’on ressen­ti­ra page après page dans des paysages délavés, des fenêtres reflé­tant la pluie ou éclairant des natures mortes en pommes et cafetière, une salle-à-manger chaleureuse où la table déjà dressée atten­dant un gâteau tou­jours au four, un car­rousel faisant naître les sourires d’enfants, l’orée d’un bois aux fougères duveteuses et aux four­mis rieuses, des forêts de conifères et de feuil­lus, des maisons à l’atmosphère douil­lette où le bois craque sous les pas des gen­tils fan­tômes et des lutins affairés, des lacs enchanteurs au-dessus desquels miroite l’astre céleste et glis­sent les oiseaux. Tout un univers dess­iné avec élé­gance et « liq­uid­ité » par Anne Brouil­lard, d’où émane un silence pro­fond, offrant un écrin par­ti­c­uli­er à la musique des textes et des chants. Con­tin­uer la lec­ture

BX, je t’aime

Béné­dicte LOTOKO, Ça brille encore, Impres­sions nou­velles, coll. « For Intérieur », 2024, 214 p., 18 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 9782390701033

lotoko ca brille encoreLa tem­po­ral­ité : un été fiévreux, un juil­let-août nerveux. Le lieu : Brux­elles, dans ses rues, ses espaces et ses endroits fam­i­liers, et dans des apparte­ments aus­si. La pro­tag­o­niste : Clotilde, une quadra, métisse, aisée, lec­trice com­pul­sive. La sit­u­a­tion ini­tiale : un peu beau­coup paumée, Clotilde ne parvient pas à faire le deuil de son amour passé, Antoine, avec qui elle a été en cou­ple un lus­tre. L’élément déclencheur : lors d’une soirée sur l’Allée du Kaai, où « la jeunesse alter­na­tive bronze entre deux taffes », elle croise un incon­nu qui lui plaît : « Du regard lan­goureux à la couleur de la peau, du style décon­trac­té à l’aisance altière, de sa jolie bouche à sa mus­cu­la­ture que je devine. C’est lui que je veux, c’est lui que je n’aurai pas. » Si Clotilde n’étouffe pas sous l’optimisme, sa ren­con­tre avec Taw­fiq va pour­tant ryth­mer ses prochaines semaines. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2023 de Samia Hammami

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Samia Ham­ma­mi. Con­tin­uer la lec­ture

D’instinct

Un coup de cœur du Car­net

Math­ieu PIERLOOT (auteur) & Giu­lia VETRI (illus­tra­trice), Le silence de Rouge, Ver­sant Sud Jeunesse, coll. « Les Pétoches », 2023, 40 p., 16,50 €, ISBN : 9782930938752

pierloot vietri le silence de rougeEn mots et en dessins, Math­ieu Pier­loot et Giu­lia Vetri ont con­vo­qué la douceur et la magie pour créer un héros des plus attachants : Sey­mour. Depuis qu’il est lou­veteau, ce dernier évolue en marge de la meute. Rêveur, pais­i­ble, con­tem­platif, il observe, sous l’œil cri­tique de ses par­ents, les beautés du monde enneigé qui l’entoure là où ses frères de poils appren­nent à se bat­tre : « Pau­vre Sey­mour, se moquent-ils, tu es trop frag­ile, tu aurais dû naître écureuil ou papil­lon. » Leurs paroles trou­vent écho en lui alors, un matin, sans se retourn­er, il quitte la grotte famil­iale et par­court plaines et forêts à la recherche de son lieu. Son audace se voit récom­pen­sée quand, au som­met d’une falaise aux couleurs enrobantes, sur­plom­bant une plage tran­quille, il aperçoit « une petite chau­mière, battue par les vents ». La mai­son, à l’intérieur douil­let, « est un endroit étrange, peu­plé de livres, de pièces silen­cieuses et d’objets bavards ». Con­tin­uer la lec­ture

« Animale humanité »

Un coup de cœur du Car­net

Ludovic FLAMANT (texte) & Hide­ki OKI (image), Le sourire du singe, Esper­luète, coll. « Hors-for­mats », 2023, 24 p., 22 €, ISBN : 9782359841787

flamant oki le sourire du singeHide­ki Oki s’exprime en lignes : au feu­tre, col­orées, ver­ti­cales et hor­i­zon­tales. Ses dessins, essen­tielle­ment des por­traits, tran­spirent ses mou­ve­ments. Ses œuvres inversent les posi­tions : elles nous regar­dent, fix­e­ment, sans ciller, à tra­vers les yeux des ani­maux représen­tés. Ils nous son­dent, nous ques­tion­nent, nous tien­nent en respect. Dans Le sourire du singe, ce sont des chim­panzés, des man­drills, des nasiques, des macaques, des capucins, des bono­bos, des gib­bons, des gorilles, des orangs-out­angs et autres pri­mates qui occu­pent de pleines pages. Con­tin­uer la lec­ture

« Un peu comme le vent et le sable, l’eau et l’algue »

Un coup de cœur du Car­net

Serge DELAIVE et Philippe HERBET (auteurs & pho­tographes), Le sable. Le vent, Altura, 2023, 172 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931190–09‑8

delaive herbet le sable le vent

C’est un objet à la cou­ver­ture rigide, en papi­er qui paraît recy­clé (mais qui peut-être ne l’est pas), d’une couleur kaki verdâtre et d’un touch­er présent, avec une carte routière qui paraît être col­lée (mais qui peut-être ne l’est pas) d’où se détache un tracé, le fil rouge : « Une ligne capricieuse ana­logue aux veines céphaliques ou médi­anes par­courant les mem­bres supérieurs, un ser­pent déplié dans sa course lente sur une rocaille au soleil à la recherche d’un refuge. » Un titre, Le sable. Le vent, et une orig­ine dou­bles, Serge Delaive et Philippe Her­bet.

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Disponibilité québéco-poético-photographique

Dominique MAES, Chroniques poé­tiques d’un voy­age à Mon­tréal, Mur­mure des soirs, 2023, 192 p., 22 €, ISBN : 9782931235089

maes chroniques poetiquesLa beauté d’un voy­age réside par­fois moins dans le lieu où l’on séjourne que dans la mise en disponi­bil­ité qu’il offre. Par­tir (plus ou moins) loin, s’extraire du quo­ti­di­en envelop­pant, quit­ter quelque temps ses repères spa­ti­aux et humains, se con­fron­ter à l’inconnu force à (se) décou­vrir. Et quand l’équipée se joue en solo, les sen­sa­tions s’en trou­vent sou­vent exac­er­bées. C’est cette drôle d’expérience qu’a vécue Dominique Maes et qu’il relate à tra­vers ses Chroniques poé­tiques d’un voy­age à Mon­tréal, ville dans laque­lle il a gag­né l’opportunité d’une bourse lit­téraire. Con­tin­uer la lec­ture

Un pas, puis l’autre

Olivi­er SPINEWINE (texte) et Lisa SIBILLAT (image), Com­ment encore marcher?, Lus­tre, 2023, 50 p., 20 €

spinewine comment encore marcherEn cou­ver­ture, il y a d’abord cet homme, sem­blant chauss­er ses jambes aux­quelles ses mains s’agrippent fer­me­ment ; elles ressem­blent à des cuis­sardes se ter­mi­nant en orteils, capa­bles d’avaler sept lieues en une foulée. Une cer­taine per­plex­ité mar­que son vis­age, pour­tant sans trait. Et le titre de l’ouvrage de réson­ner : Com­ment encore marcher ? Puis, au fil du recueil, d’autres fig­ures, elles aus­si en sil­hou­ette, elles aus­si en noir et blanc, ques­tion­nent le mou­ve­ment. Cer­taines s’étirent ou se recro­quevil­lent, d’autres s’agitent dans une danse incon­nue, quelques-unes se con­tor­sion­nent. Et beau­coup s’agrippent ou tien­nent : des chevilles, des jambes, des chaus­sures-pieds (évo­quant Le mod­èle rouge magrit­tien). L’équilibre se cherche, à tâtons, dans la chute et l’immobilisme. Ces êtres de lith­o­gra­phie, issus de l’imagination et du savoir-faire de Lisa Sibil­lat, touchent par leur empêche­ment, leur incon­fort, leur gaucherie aus­si par­fois. Con­tin­uer la lec­ture

Thérèse, Rose, Ratte

Flo­rence RICHTER, Rose étrange au Mont des Arts, Sam­sa, 2023, 114 p., 18 €, ISBN : 9782875934642

richter rose etrange au mont des arts« Le roman com­porte trois par­ties qui se répon­dent : d’abord deux fic­tions, l’autobiographie d’un végé­tal rosier marin, entre­coupée de com­men­taires d’une mam­mifère, une rat­te. La troisième par­tie relève de la réal­ité la plus con­crète ; il s’agit d’extraits du Jour­nal intime, inédit à ce jour, de ma grand-mère, la roman­cière Marie-Thérèse Bodart […] » Tel est l’incipit de Rose étrange au Mont des Arts, dans la « note (néces­saire) de l’autrice ». Flo­rence Richter l’annonce d’emblée : son réc­it explor­era dif­férents points de vue, cha­cun claire­ment annon­cé à chaque début de chapitre. Si l’existence de la fleur et celle de la rongeuse se croisent, celle de Thérèse s’inscrit en petites notes choisies émanant d’un passé révolu. Car, au moment où se déroule l’histoire con­tée, l’humanité a dis­paru, depuis longtemps, en 2054 exacte­ment, et la nature a repris ses droits sur la Terre en général et le Mont des Arts en par­ti­c­uli­er. Con­tin­uer la lec­ture

Cheeeese !

Un coup de cœur du Car­net

Sarah GRÉSELLE, Le sourire d’Yvon Quok­ka, Ver­sant Sud, 2023, 32 p., 15,50 €, ISBN : 9782930938738

greselle le sourire d'yvon quokkaIl faut manger équili­bré (cinq fruits et légumes par jour), faire du sport (au moins marcher ses dix mille pas quo­ti­di­ens), men­er une vie saine (sans excès), pren­dre soin de soi (physique­ment et émo­tion­nelle­ment), être heureux (et tou­jours voir le bon côté des choses), voy­ager (c’est for­ma­teur), être per­for­mant (« tou­jours plus loin, plus fort, plus vite »), dévelop­per sa créa­tiv­ité (et son imag­i­na­tion, et son intu­ition, et…), sor­tir de sa zone de con­fort (et dépass­er ses lim­ites), innover (mais respecter les règles), être poli (et dire bon­jour à la dame), etc. Et il faut sourire, aus­si, d’après ce qu’on répète aux per­son­nes qui n’activent pas leurs zygo­ma­tiques : « Allez, fais pas cette tête-là, souris un peu ! » Con­tin­uer la lec­ture

« Et chaque fois qu’il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s’efface »

Un coup de cœur du Car­net

Lisette LOMBÉ (texte) et 10EME ARTE (image), À hau­teur d’enfant, Cot­Cot­Cot, 2023, 44 p., 22 €, ISBN : 9782930941493

lombé 10eme arte a hauteur d'enfantsPour le deux­ième opus dans leur col­lec­tion « Les car­nets », les édi­tions Cot­Cot­Cot, aus­si dynamiques que fure­teuses, ont ouvert leurs pages à un trio réjouis­sant : Almune­da Pano et Elisa Sar­tori (réu­nies dans le col­lec­tif 10ème Arte) aux palettes, et Lisette Lom­bé à l’encre. Ces artistes se rejoignent à bien des égards sur le plan de la créa­tion, notam­ment autour de trois aspects : elles réfléchissent le monde, se posi­tion­nent par rap­port à lui (en plus de s’y inscrire), posent un regard per­son­nel dessus. Ce triple mou­ve­ment se man­i­feste lorsqu’on les lit et/ou les écoute, que l’on s’intéresse à leurs mul­ti­ples explo­rations. Dans cette col­lab­o­ra­tion, elles se sont mis­es À hau­teur d’enfant avec un à‑propos encore une fois renou­velé. Con­tin­uer la lec­ture

Pop and Cie

Sophie MUSEUR, Pop, Onlit, 2023, 250 p., 18,99 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782875601735

museur popPop, c’est la gamine que sa sœur cham­bre. Ben oui, c’est quoi cette manie de s’asseoir sous le bil­lard de La boule de Feu, ce café où trainent leurs par­ents tous les soirs, et d’observer « les jambes des gens, celles des tables, des chais­es et du flip­per aus­si », chipot­er avec les restes de chips tombés par terre, assis­ter au spec­ta­cle des gens qui s’enivrent, se frô­lent, remuent, titubent ? Et pourquoi cette petite lui colle aux basques quand elle désire s’éclater avec son copain du moment ou avec ses amies majorettes ? Et qu’est-ce qu’elle est pénible, aus­si, lorsqu’elle lui rap­pelle les inter­dits et les puni­tions qui pleu­vent alors qu’elle, Fani, aspire à un peu de vie et de légèreté. Mais, en même temps, elle l’adore, son encom­brante sœurette ; elle la taquine et la rabroue, mais elle la défendrait con­tre n’importe qui, c’est sûr. Con­tin­uer la lec­ture