Un coup de cœur du Carnet
Jacques DE DECKER, Suzanne à la pomme, mis en images par Maja POLACKOVA, Maelström, 2020, 71 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87505–364‑0
Le plus chouette dans ce travail, c’est l’horaire. (…) c’est cool (…) Le quartier du Sablon est sympa aussi, il y a plein de boutiques dans les environs (…).
Dès la première page, Jacques De Decker adopte un langage simple, familier, et nous projette dans un monologue intérieur, qui s’étendra jusqu’au terme du micro-roman : une jeune femme nous raconte une tranche de vie, elle semble se construire, se reconstruire, autour de son nouveau travail, la surveillance d’une galerie d’art. Continuer la lecture



Il faut nommer pour appréhender. Chaque récit porte ici le titre d’un ou deux prénoms, à quatre exceptions près. Soit trente portraits courts. Autant de vies croquées, à crans et à crocs du microbe. Restez chez vous ! Portes closes. Voilà bien l’inhumaine injonction imposée par un virus couronné maître du monde depuis le printemps dernier. Maintenant, c’est l’automne et les vies virevoltent en tombant comme des feuilles sous la plume de Marc Chambeau qui ne craint pas l’anticipation.
Véronique Gallo pratique plusieurs formes d’écritures : une écriture destinée à être partagée et portée par sa voix, ses mises en scène, à travers sa série humoristique Vie de mère ou son spectacle The One Mother Show, où elle met en scène avec humour les affres d’une vie de femme/mère/professionnelle, au bord de la crise de nerfs. Elle exerce une autre écriture, plus silencieuse comme on le dirait d’une lecture silencieuse, moins médiatique, destinée à une rencontre intime avec les lecteurs et lectrices : celle de romans. Deux écritures, l’une humoristique, l’autre tragique, pour une même réalité : celle de femmes obligées d’assurer sur plusieurs fronts.
Historien, essayiste, scénariste de bande dessinée, auteur d’ouvrages marquants (entre autres Les templiers, chevaliers du Christ ou hérétiques ?, Ed. Tallandier, Hitler et la franc-maçonnerie, Les Illuminati,
il reste du vert cette montagne sans bruit une carte postale glacée
Les récentes recherches en matière de communication végétale ont confirmé ce que beaucoup pressentaient. Les arbres dialoguent entre eux et avec l’environnement. Ces nouvelles conclusions scientifiques n’ont sans doute pas échappé à l’ingénieur Pierre Warrant dont on sait, depuis la publication de ses deux précédents recueils –
C’est décidément tout l’art du romancier que de nourrir ses créations de sa propre expérience et, par la voie de l’écriture, de la métamorphoser en fiction pour lui donner corps et sens aux yeux de ses semblables. Luc Bawin est médecin et ses engagements professionnels et militants lui ont donné l’occasion de côtoyer le milieu de l’adoption et celui du soutien aux réfugiés, deux thématiques qu’il marie dans Soustractions, œuvre aux résonances multiples. 
Le principe du nouveau mensuel lancé par les éditions Lamiroy en octobre est désarmant de simplicité : L’article est en effet composé d’un seul… article signé d’une plume belge et dans lequel est tracé le portrait sensible d’un auteur ou d’un artiste, passé ou présent, de chez nous ou d’ailleurs. Sont déjà prévus un hommage à Jacques De Decker par Véronique Bergen (en novembre) et une apologie d’Arno entonnée par Thierry Coljon (en décembre). Et on annonce du Victor Hugo, du Jean-Patrick Manchette, peut-être même du Camille Lemonnier… C’est dire le parti pris de diversité et d’audace qui préside à une telle entreprise – à l’époque ou, paraît-il, la critique littéraire n’intéresse pas grand monde si elle ne passe pas par une vidéo rimant en -tioube ou une recension capsulée qui tient en un pépiement. 
Le poème hubinien se développe autour d’un sans lieu qui n’est peut-être, pour citer Fernand Verhesen évoquant son expérience de la traduction, « que le rien central dans le silence duquel tout se crée et autour duquel le poète répond à un appel. Cet inviolable espace intérieur, avec sa lisière de mots (…)» 
L’homme moderne est en train de se défaire du réel comme s’il ne restait de l’humanisme et de l’utopie universaliste que des sursauts, que l’Histoire (quand donc en sommes-nous sortis ?) était devenue l’actrice la plus impitoyable du faux.