Décès d’Anne-Marie La Fère

Anne-Marie La Fère

Nous apprenons le décès de l’écrivaine et jour­nal­iste cul­turelle Anne-Marie La Fère. Elle avait 83 ans.  Con­tin­uer la lec­ture

Street views

Guy GOFFETTE, Paris à ma porte, Gal­li­mard, 2023, 67 p., 14 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑07–302101‑4

Qu’importe le temps quand on aime
Voilà pourquoi je me promène

goffette paris a ma porteLors de son entrée, en antholo­gie, dans la belle col­lec­tion Espace Nord (L’oiseau de craie, févri­er 2023), Guy Gof­fette don­nait, à titre d’inédits, une poignée de poèmes ludiques et urbains sous le nom de Paris à ma porte. De quoi éveiller la curiosité d’une Bel­gique chez qui s’invitaient pour l’occasion, et en exclu­siv­ité, les venelles du Ier arrondisse­ment de Paris. Le priv­ilège de cet échan­til­lon devait être de courte durée, et le client fidèle peut aujourd’hui redé­cou­vrir ces textes promet­teurs dans leur milieu naturel, entourés de leurs sem­blables, sous l’indémodable cou­ver­ture blanche de Gal­li­mard. Con­tin­uer la lec­ture

Humour et causticité

Jean-François FONSON et Fer­nand WICHELER, La demoi­selle de mag­a­sin – théâtre, Sam­sa, coll. « Des let­tres brux­el­lois­es », 2023, 158 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–434‑5

fonson et wicheler la demoiselle de magasinLes édi­tions Sam­sa, dans la col­lec­tion « Des let­tres brux­el­lois­es », vien­nent d’in­scrire à leur cat­a­logue une pièce de théâtre, La demoi­selle de mag­a­sin de Jean-François Fon­son et Fer­nand Wichel­er, qui con­nut un suc­cès inter­na­tion­al en 1913 après l’impressionnante tor­nade théâ­trale que fut Le mariage de Made­moi­selle Beule­mans des mêmes auteurs…

De nom­breuses tra­duc­tions et une ver­sion ciné­matographique con­sacrèrent La demoi­selle de mag­a­sin comme une œuvre de théâtre belge qui jouait de tous les ressorts de la comédie mais aus­si du « con­te de fées » social. Plus que Maeter­linck, Ghelderode,… fort mon­tés sur les scènes mon­di­ales d’alors, cette pièce con­nut un incroy­able suc­cès, elle ren­voie  à cette révo­lu­tion du com­merce urbain : l’invention des grands mag­a­sins. Au milieu du 19e siè­cle à Paris, les grands mag­a­sins et, dans la suite, le Bon Marché,… seront le punc­tum de l’accès de la classe moyenne et pop­u­laire à cette nou­velle Insti­tu­tion de la con­som­ma­tion et des rela­tions entre vendeurs et clients. Jusque là, seuls les hommes avaient le droit de pra­ti­quer ce méti­er de « vendeur ». Ce suc­cès évidem­ment se déplace vite à Brux­elles et c’est en 1860 que le Bon Marché y sera inau­guré. La logique de cette nou­velle pra­tique com­mer­ciale et finan­cière con­siste à offrir au meilleur prix, dans un grand lieu chic, un max­i­mum de pro­duits des­tinés aux femmes à la mode. Comme les hommes se seraient retrou­vés dans des sit­u­a­tions ambiguës lors des rap­ports de vente, la demoi­selle de mag­a­sin fut lit­térale­ment inven­tée ! Ce fut donc une pro­mo­tion sociale pour de nom­breuses jeunes femmes dans un méti­er recon­nu et par ailleurs épuisant : tou­jours sourire, servir, ne jamais s’asseoir, pen­dant dix heures par jour…. Con­tin­uer la lec­ture

Le prix René Fallet 2023 pour Nicolas Hanot

Nicolas Hanot

Nico­las Han­ot avant la remise du prix René Fal­l­et — pho­to : Journées lit­téraires de Jaligny-sur-Bes­bre

Le prix René Fal­l­et 2023 a livré son ver­dict. Le lau­réat est Nico­las Han­ot, récom­pen­sé pour Les vach­es de Mon­sieur Bur­bur, paru aux édi­tions du Sablon.  Con­tin­uer la lec­ture

Regarder les nuages au Musée Verhaeren

affiche regardez les nuages

Le Musée provin­cial Emile Ver­haeren accueillera une nou­velle expo­si­tion à par­tir du 18 juin 2023 : Regardez! Les nuages.  Con­tin­uer la lec­ture

Flux de verbe, flux de vie

Un coup de cœur du Car­net

Char­line LAMBERT, Thot THOMAS, Quicon­ques, Chat polaire, 2023, 74 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–25‑4  

lambert quiconquesChaque livre de Char­line Lam­bert nous con­duit dans des régions qui n’appartiennent qu’à elle, au plus loin des écri­t­ures pré­fab­riquées et des œil­lères de la pen­sée. Avec son cinquième recueil poé­tique inti­t­ulé Quicon­ques, la poétesse nous con­vie à fouler des ter­res pétries d’énigmes et de sen­so­ri­al­ité. Le titre donne la tonal­ité du voy­age : l’entrée dans des proces­sus de sub­jec­ti­va­tion désub­jec­ti­vante, poreuse, supra ou infra-per­son­nelle. L’écriture entre dans une phase de raré­fac­tion, d’allègement et invente une langue à la hau­teur du reg­istre des sen­sa­tions tra­ver­sées. Un flux de vie, de verbe relie le lichen et la chair, les rochers et l’humain. Au tra­vers du champ lex­i­cal de la vio­lence subie et don­née — potence, piloris, mise en joue, plaie… —, dans l’agencement d’un espace poé­tique acquis aux flot­te­ments du « je et du « tu », Char­line Lam­bert s’aventure dans la con­ci­sion du minéral, dans les secrets du végé­tal. Ryth­mé par les dessins de Thot Thomas (dont le nom évoque le dieu égyp­tien de l’écriture, Thot), Quicon­ques délivre une langue-peau tail­ladée, per­cée d’alvéoles, orante des blancs dans lesquels elle germe. Con­tin­uer la lec­ture

Seneffe en août : les auteurs et traducteurs présents

illu traduction

Cette année encore, le château de Sen­effe accueillera tra­duc­teurs et tra­duc­tri­ces, et auteurs et autri­ces pour une rési­dence de tra­vail en août. Les noms des par­tic­i­pant-e‑s sont con­nus.  Con­tin­uer la lec­ture

Crocs en stock

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line WLOMAINCK, Inci­sives, Lamiroy, 2023, 233 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87595–833‑4

wlomainck incisivesInci­sives, à mi-chemin entre deux gen­res, jux­ta­pose cinq micro-romans ou maxi-nou­velles (de 33 à 60 pages).

« Vau­tours », au départ du recueil, dégage une atmo­sphère qui rap­pelle les derniers livres de Mar­tine Rouhart. Eliane, une dame de 87 ans, vient d’apprendre qu’elle n’en a plus pour très longtemps mais demeure très pos­i­tive, des « ailes bat­tantes » poé­tisent sa vie en l’adossant aux mer­veilles intimistes de son jardin : Con­tin­uer la lec­ture

André Stas, ou apprendre à laisser

André STAS, Je pen­sai donc je fus. Apho­rismes com­plets 1993–2023, Cac­tus Inébran­lable, 2023, 388 p., 24 €, ISBN : 978–2‑39049–078‑4

stas je pensai donc je fus« Le temps d’apprendre à vivre, on est mort de fatigue. » « Jadis, je dis­ais ‘Je vais mourir un jour’, main­tenant ‘un de ces jours ». Et fidèle à lui-même, entêté jusqu’à l’os, c’est ce qu’a fait André Stas, qui a rompu les amar­res le 26 avril dernier, ou si l’on préfère, s’est « défini­tive­ment occulté » (soit le 7 Palotin 150) pour ceux qui parta­gent avec lui les pré­ceptes aus­si sérieux que dérisoires du Col­lège de ‘Pat­a­physique. Avant de pren­dre le large vers le grand rien et de laiss­er désem­parés tous ses proches et ses ami/es, ce grand manip­u­la­teur des images et des mots, col­lag­iste très ten­té et prati­cien grapho­ma­ni­aque des caus­es dés­espérées, eut néan­moins le temps de sign­er un dernier bon à tir­er : celui de Je pen­sai donc je fus, une antholo­gie presque com­plète de ses apho­rismes, édités entre 1993 et 2023, et regroupés de son vivant au Cac­tus Inébran­lable. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Soleil noir jaune rouge 2023 : la sélection

prix soleil noir jaune rouge 2023

Les bib­lio­thèques du Nord-Ouest de Brux­elles ont lancé l’édi­tion 2023 du prix Soleil noir jaune rouge. Trois livres sont en lice. Le lau­réat suc­cédera à L’été sans retour de Giuseppe San­toliq­ui­do, récom­pen­sé lors de la précé­dente édi­tion. Con­tin­uer la lec­ture

L’opus 3 du Maestro

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne Tome 3 – L’évitement (1945–1970), Peter Lang, 2022, 620 p., 47,35 €, ISBN : 978–2‑87574–727‑3

quaghebeur histoire forme et sens en littérature 3Com­ment mieux plaider l’existence d’une lit­téra­ture de Bel­gique fran­coph­o­ne, com­ment la défendre quand elle a pen­dant trop longtemps été con­sid­érée comme périphérique, com­plexée et mineure, qu’en en sai­sis­sant l’his­toire, la forme et le sens ? Ces trois maîtres mots prési­dent à la démarche de Marc Quaghe­beur depuis le pre­mier vol­ume du grand réc­it qu’il en a entamé en 2015. Le chantier est immense : il faut faire émerg­er les fig­ures puis inter­roger le rap­port organique qu’elles entre­ti­en­nent avec leur œuvre respec­tive ; il faut les inscrire dans des veines, des ten­dances, des lignes de force, inter­roger la nature des ren­con­tres, tiss­er les dia­logues et ren­dre compte aus­si des per­cus­sions ; enfin, faire réson­ner le tout avec cette vaste cham­bre d’écho qu’est le siè­cle qui l’a pétrie. C’est en somme un tra­vail davan­tage musi­cal que scrip­tur­al, et l’impression de voir se dévelop­per une par­ti­tion se con­firme à la décou­verte de ce troisième vol­ume (sur qua­tre annon­cés) Con­tin­uer la lec­ture

Onze Bruxelles, notre Brüssel, novembre 1918

Philippe REMY-WILKIN, Onze Brux­elles, Sam­sa, 2023, 106 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87593–450‑5

remy wilkin onze bruxellesAprès avoir situé son avant-dernier roman, Les sœurs noires (éd. Weyrich, coll. « Plumes du coq ») dans la ville de Tour­nai, Philippe Remy-Wilkin nous fait décou­vrir Brux­elles à l’occasion de la sor­tie de son dernier livre, Onze Brux­elles, aux édi­tions Sam­sa avec lesquelles il a déjà pub­lié plusieurs ouvrages. Et pas n’importe quelle Brux­elles ! Il saisit la cap­i­tale belge durant quelques jours du mois de novem­bre 1918, neuf journées pour être pré­cis durant lesquelles l’occupant alle­mand a com­pris que la défaite est actée et pré­pare son départ. À l’image de la pho­to de cou­ver­ture, il s’agit d’une péri­ode trou­ble, entre nuit et brouil­lard, craintes et espoirs, ombres et lumières. Con­tin­uer la lec­ture

Olive et Odilon, Zélie et Bélonias and cie

Noémie FAVART, Olive et Zélie, Ver­sant Sud Jeunesse, 2023, 64 p., 16,50 €, ISBN : 9782930938677

favart olive et zelieVous êtes-vous déjà demandé « […] ce qui est rouge avec deux pois et une plume et qui est emmêlé comme un saucis­son » ? Ou pourquoi les vieilles tantes qui cocot­tent ne par­tent jamais en voy­age sans leur poivri­er ? Ou encore si un prénom détient bel et bien le pou­voir de ralen­tir une ath­lète lors d’une course ? Si ces ques­tions vous tarau­dent, alors ouvrez immé­di­ate­ment le nou­v­el album, tou­jours aus­si gai et col­oré, de Noémie Favart : dans Olive et Zélie, vous trou­verez les répons­es à ces énigmes ain­si que d’autres his­toires cocass­es ! Con­tin­uer la lec­ture

Bruxelles au fil des écrivains

Paul ARON, Lau­rence BROGNIEZ, Sol­bosch, Édi­tions de l’u­ni­ver­sité de Brux­elles, coll. “Guides lit­téraires de Brux­elles”, 2022, 84 p., 12 €, ISBN : 9782800418070
Paul ARON, Lau­rence BROGNIEZ, Quarti­er Canal, Édi­tions de l’u­ni­ver­sité de Brux­elles, coll. “Guides lit­téraires de Brux­elles”, 2022, 116 p., 12 €, ISBN : 9782800418087

aron brogniez solboschLa lit­téra­ture naît dans des lieux, elle s’en inspire, elle les imprègne, elle s’y imprime. Chaque jour, nous croi­sons, sans le savoir, les routes d’écrivains – anciens ou con­tem­po­rains –, nous pas­sons devant leur mai­son, nous humons l’ambiance de leurs quartiers, nous tra­ver­sons les paysages qui ont mod­elé leur imag­i­naire, l’univers dont ils ont su saisir l’âme d’un trait de plume, la géo­gra­phie qu’ils ont trans­fig­urée. Pourquoi ne pas chauss­er les lunettes de la lit­téra­ture pour décou­vrir la ville ? Flân­er dans l’espace comme on flâne dans les textes – des livres pour bous­sole ? Con­tin­uer la lec­ture

Résidences d’écriture au Québec : appel à candidatures

Dans le cadre d’un accord d’échanges entre la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles, WBI et le CALQ, deux auteurs ou autri­ces belges seront accueil­lis en rési­dence au Québec en 2023. Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 15 sep­tem­bre 2023.

Con­crète­ment, une bourse ira à un écrivain ou une écrivaine pour une rési­dence à Mon­tréal. L’autre bourse est des­tinée à un‑e bédéiste ou auteur-illus­tra­teur, autrice-illus­tra­trice de lit­téra­ture jeunesse pour une rési­dence à Québec. Con­tin­uer la lec­ture

« Ainsi va le monde autour de nous »

Jacques CHARLIER, Mot à mot, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2023, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–132‑6

charlier mot a motLe mou­ve­ment du monde « tou­jours à notre insu / mal­gré notre refus », la lour­deur d’une salle d’attente avec « cette porte idiote / qui ne s’ouvre pas », les voy­ages oniriques « prob­a­ble­ment des restes de vies / qui vien­nent d’ailleurs », l’attitude d’un saint-thomas ent­hou­si­as­mé chaque matin devant sa fenêtre, l’évolution intime du lan­gage et les réa­juste­ments néces­saires face au réel, le refus des regrets com­plaisants alors que « chaque vague, chaque souf­fle du vent est unique », les fuites assumées qui per­me­t­tent d’échapper ou d’éviter, la petite musique intérieure de nos corps « dans le calme de la nuit », l’étrangeté de l’autre que l’on pense pour­tant con­naître, le déclin de la beauté « avec le temps, ça se gâte », la peau comme « seul vête­ment que mal­gré tout on habille », une res­pi­ra­tion pro­fonde en cadeau fugi­tif, le monde « qui est ain­si fait » et déjà dit, les bris d’amour et les « mots à mots », les larmes de pluie régénéra­tri­ces et le vent « qui lente­ment soulèv[e] les robes du temps », l’heure juste des départs et l’altération inéluctable de tout, le solide lien invis­i­ble entre les choses « à la base, intime­ment liées… / dès le départ… / irrémé­di­a­ble­ment », la ques­tion des faux vrais-sem­blants et les vrais faux-sem­blants, le laid ras­sur­ant et le beau éner­vant… Ce sont quelques aspects de l’existence, pen­sés et illus­trés par Jacques Char­li­er dans Mot à mot. Con­tin­uer la lec­ture