Archives par étiquette : Anne-Lise Remacle

Parole d’écrivaine : Adeline Dieudonné

parole d'écrivain 1 adeline dieudonné

Alors que le nou­veau numéro du Car­net et les Instants con­sacre un impor­tant dossier à des entre­tiens lit­téraires, notre série d’été « Parole d’écrivaine » invite à (re)découvrir des inter­views qui ont forgé l’histoire de la revue. Chaque dimanche, jusqu’ au 17 août 2025, un auteur, une autrice a la parole.

Qua­trième épisode : Ade­line Dieudon­né. Con­tin­uer la lec­ture

Corps augmenté

Isabelle WÉRY, Poney flot­tant, Post­face de Char­line Lam­bert, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 250 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–539‑1
Un dossier péd­a­gogique est télécharge­able gra­tu­ite­ment

wery poney flottant espace nordCoincée dans un lit d’hôpital par un coma sévère juste ryth­mé par le bip bip des machines, Sweet­ie Horn, sep­tante ans et autrice de polar célèbre, voit ses neu­rones flot­tants la ramen­er à son enfance.

Née d’un cou­ple “act­if avant le mariage”, petite-fille d’un fer­mi­er Angliche fort comme un viking dont elle est bleue (un sen­ti­ment mutuel), elle était cette gamine à la langue agile et débou­ton­née qui se com­por­tait comme une princesse féroce en son roy­aume rur­al. Elle était d’ailleurs per­suadée que viendrait vite le jour de ses 12 ans, où on la grat­i­fierait d’un cheval, destri­er qui siérait à son rang de con­quérante-née. Mais un drame ter­ri­ble ébran­le soudain son monde : son grand-père chéri décède pré­maturé­ment. La voilà désor­mais non seule­ment inca­pable de grandir, mais surnom­mée Poney par la Grand-Mère revan­charde pour qui elle n’a jamais elle-même éprou­vé la moin­dre com­pas­sion. Entre une ado­les­cence aux hor­mones en pagaille et des moments de dés­espoir, heureuse­ment qu’il y le cousin Francky et les rêves de la Spagna, où se réin­ven­ter sem­ble pos­si­ble. Con­tin­uer la lec­ture

Jamais tout à fait mises au pas

Béa­trice RENARD, Cav­ales, Mur­mure des soirs, 2021, 317 p., 22€, ISBN : 978–2‑930657–64‑6

renard cavalesNous sommes dès l’entame du texte (nom­mée à des­sein Équar­ris­sages – dans une métaphore équine filée qui, dans le droit fil du titre poly­sémique,  tra­versera tous les chapitres)  le 3 novem­bre 1793, puis le 8 juin 1817 au plus près des corps et des esprits en souf­france. Aux moments-mêmes où se jouent trag­ique­ment les vies d’Olympe de Gouges (née Marie Gouze) et de Théroigne de Méri­court (née à Mar­court, près de Liège), fig­ures feux fol­lets de la Révo­lu­tion française. La pre­mière sera guil­lot­inée sur ordre d’Antoine Fouquier-Tinville (homme de loi et accusa­teur pub­lic du Tri­bunal révo­lu­tion­naire… qui, ironique­ment, fini­ra par con­naître le même sort), la sec­onde internée et traitée inhu­maine­ment jusqu’à sa mort – c’est donc à leurs dernières ruades con­tre l’ordre patri­ar­cal établi et un cer­tain obscu­ran­tisme de l’époque que nous con­vie l’autrice, une fois posés ces pre­miers tes­sons d’existence. Fascinée par la dame en bleu (Théroigne) et la femme aux affich­es qui lui fera cadeau d’un livre de fables doré (Olympe), une gamine en hail­lons sem­blable à une Cosette va les crois­er à plusieurs repris­es. Con­tin­uer la lec­ture

Le top 3 d’Anne-Lise Remacle

Le meilleur de l’an­née lit­téraire belge 2019 par les chroniqueurs du Car­net et les Instants. Aujour­d’hui : le choix d’Anne-Lise Remacle.

  1. Philippe MARCZEWSKI, Blues pour trois tombes et un fan­tôme, Inculte
  2. Car­o­line LAMARCHE, Nous sommes à la lisière, Gal­li­mard
  3. Vic­toire de CHANGY et Marine SCHNEIDER, L’ours Kintsu­gi, Cam­bourakis

Au nom du père et de la mer

Odile D’OULTREMONT, Baïko­nour, Obser­va­toire, 2019, 220 p., 18 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 979–10-329‑0432‑9

Pêcheur de crus­tacés et de gastéropodes en mer de Bre­tagne, Vladimir Savi­dan, qui se sou­ci­ait beau­coup de la sécu­rité des autres mais ne por­tait jamais de gilet de sauve­tage, a vu un jour l’Atlantique pren­dre l’ascendant sur Baïko­nour, son Cleopa­tra Fish­er­man 38, et a  dis­paru au fonds des flots, lais­sant comme seul legs à Edith et Anka celui des épous­es et progéni­tures de marins : après l’attente, un corps man­quant. L’absence d’une mar­que tan­gi­ble de fin de vie. L’une et l’autre réagis­sent d’ailleurs très dif­férem­ment à la tragédie. Amoureuse depuis l’enfance de cette immen­sité d’eau –  rêvant même d’y trou­ver sa place, de préférence à la barre – Anka con­tracte une colère sourde con­tre cette amie chère qui lui a ravi défini­tive­ment son mod­èle et père, en maîtresse avide. A con­trario, la femme du loup de mer est dans le déni, fomente des prières par inter­mé­di­aire pour faire revenir l’être aimé et, tout à trac, se mue en fab­rique de soupes. Des potages qu’elle prend soin de met­tre dans des ther­mos indi­vidu­els pour tous les cama­rades de son mari, avec pour promesse qu’ils les lui ren­dent. Dans cette trac­ta­tion, elle entrevoit qu’ils revien­dront au port et fait un pacte avec l’espoir, crée du lien entre la terre ferme et l’océan. Con­tin­uer la lec­ture

En pente douce

Tris­tan ALLEMAN, Sidérales, Tra­verse, 2019, 80 p., 13€, ISBN : 978–2‑93078–330‑7

Dans Tes yeux, qui ouvre ce nou­veau recueil, pub­lié après Fugi­tives en 2018 (qui con­cer­nait davan­tage les nou­velles), Tris­tan Alle­man dit « vouloir la sou­p­lesse du flot et la sim­plic­ité du monde ». Voilà un vers par­ti­c­ulière­ment pro­gram­ma­tique de son œuvre poé­tique limpi­de, con­sti­tuée de textes courts, qui « s’interstice, se glisse, se fau­file et s’esquisse » entre les gen­res. Assem­blées en cinq par­ties qui tan­tôt affichent une sym­bol­ique claire (III Prénoms, cir­cu­lant entre Françoise, Lau­ra, Élise ou Blanche, héroïnes rêveuses et vaporeuses) tan­tôt lais­sent le champ ouvert à des échap­pées plus amples (II L’air pur, V Envol), ces Sidérales ont été glanées dans un espace-temps de vingt-cinq ans, mais témoignent toutes d’un rap­port direct et sans fard de l’auteur à ce qui l’entoure, d’une obser­va­tion patiente « comme une pierre d’eau /qu’érodent  vents et siè­cles ». Une façon de con­sid­ér­er tant la nature que les mots comme des alliés qui sied bien à la pro­fes­sion de jour – bib­lio­thé­caire à la Fac­ulté Poly­tech­nique de l’U­Mons – de celui qui fut égale­ment, avec Marc Menu, co-respon­s­able des édi­tions du Coq. Une façon aus­si, sans doute, comme le dit Super­vielle de se faire « des amis des grandes pro­fondeurs. » Con­tin­uer la lec­ture

Pas si blanc, Noël !

Béa­trice LIBERT, Le cheva­lier des sept couleurs, illus­tra­tions de Math­ieu Schmitt, Vaga­mun­do Jeunesse, 2018, 112 p., 17€, ISBN : 979–10-92521–30‑6

Vêtu d’un pyja­ma bar­i­olé offert par sa mar­raine, le nez dans un livre dont l’a doté son par­rain, Noël s’assoupit et dégringole dans un étrange rêve, blanc comme neige. Blanc comme à la mon­tagne. Con­traire­ment au Par­adis Blanc à l’abri de la vio­lence cher à Michel Berg­er, le Pays Blanc où atter­rit notre héros est un endroit à l’aura plutôt lugubre où non seule­ment on regarde l’altérité – ici toute trace de couleur – avec méfi­ance et hos­til­ité, et où chaque ten­ta­tive de penser autrement est cade­nassée par l’adage « Tout est blanc, tout est pur, c’est la loi ». Pire encore, on punit ceux qui oseraient hauss­er le ton. Mais Noël est pugnace, et mal­gré ceux qui cherchent à le décourager d’explorer plus avant cet endroit pour retrou­ver le kaki, le mauve, le turquoise et toutes les autres nuances, il garde en tête une petite phrase mater­nelle : « Il ne faut jamais baiss­er les bras ni se laiss­er impres­sion­ner par les grincheux ». Con­tin­uer la lec­ture

Nous ne sommes pas seuls dans la mangrove

Un coup de cœur du Car­net

Vic­toire DE CHANGY, L’île longue, Autrement, 2019, 200 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782746751262

Il s’agirait d’abord d’un départ : sur un coup de tête, la nar­ra­trice, jeune femme affamée de mys­tère part à Téhéran et « s’accorde au décor et dénote à la fois ». Prend ses mar­ques et le temps néces­saire pour décou­vrir l’Iran « qui ouvre ou qui ferme », « qui tend ou qui prend ». Lors de l’ashoo­ra[1], elle a ren­con­tré Tala, la ving­taine, qui la voit comme « sa pre­mière amie d’un autre pays ». C’est la fille aînée d’une fratrie dense. Sa mère est décédée il y a peu, dans une douleur qua­si­ment indi­ci­ble. Un mal qui pour­tant a été gravé en ondes sonores sur le répon­deur : « Dar­d­aram, j’ai mal » sont des mots qu’on ne voudrait plus jamais enten­dre. Tala a aus­si don­né la vie très tôt à Bijan. Toutes trois, la fille déliée de son mariage, la petite-fille qui touche si ten­drement les gens et les objets et cette nar­ra­trice invitée jusqu’au plus intime de cette famille, vont chercher à percer les secrets d’une mère dont sub­siste une col­lec­tion de phras­es sibyllines. Dans le « car­net du dedans » rési­dent sans doute des répons­es à toutes leurs ques­tions.

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Je fais des grosses bulles, je joue au sous-marin

Geneviève CASTERMAN, Se jeter à l’eau, Esper­luète, coll. « Accordéons », 2018, 32 volets, 15 €, ISBN : 9782359841022

Odeur de chlore, bon­net qui colle ou fait pliss­er le crâne, casiers à pièce et petit plon­geoir, Cécémel à la cafétéria, pédiluve à l’entrée ou Dex­tro-ener­gy après l’effort ? Nous avons tous des sou­venirs éton­nants, pré­cis ou nos­tal­giques liés à ce lieu curieux qu’est la piscine.

Après nous avoir fait décou­vrir avec son œil affectueux la Cos­ta Bel­gi­ca, l’autoroute E411 ou la rue De Praetere dans trois petits for­mats car­rés (déjà chez Esper­luète), Geneviève Cast­er­man nous pro­pose d’enfiler notre mail­lot – et vous, plutôt une ou deux pièces ? plutôt slip ou box­er ? – et déploie son univers aus­si drôle et touchant qu’attentif aux détails le long d’un éton­nant et dodu lep­orel­lo. Du côté des bébés nageurs, ça flotte et ça bécote, et ça s’accroche à des gross­es bouées ou à des planch­es. Une otarie est venue elle aus­si musarder dans le petit bassin. Êtes-vous prêts pour la leçon d’aquagym ? À moins que vous ne soyez venu exhiber vos bis­cot­tos ou appren­dre le dos crawlé ? Con­ter fleurette à une autre nageuse, dès qu’elle aura fini sa longueur ? C’est qu’il en existe des rap­proche­ments oppor­tuns ou mal­adroits dans cette grande éten­due d’eau : « Frôle­ments fur­tifs / coup de pied, griffes / les corps anonymes s’effleurent / pas tou­jours en douceur. » Fan­taisie aidant,  l’autrice-illustratrice s’autorise même à nous mon­tr­er qu’il n’y a pas que les bras des plus jeunes ou des plus téméraires pour moulin­er dans l’eau…ne serait-ce pas quelque ten­tac­ule de poulpe, que nous voyons tout au fond ? Et à côté, une étoile de mer ? Con­tin­uer la lec­ture

Amours contrariées

Pierre CORAN (texte adap­té de William Shake­speare) et Char­lotte GASTAUT (illus­tra­tions), Roméo et Juli­ette, Flam­mar­i­on jeunesse / Père Cas­tor, 2018, 14€, 32 p., ISBN : 9782081373143

Sous quelle forme abor­der cer­tains textes du pat­ri­moine théâ­tral avec les enfants ? Que mon­tr­er lorsqu’il s’agit de tragédies dont ils ne sont au départ guère le pub­lic cible, mais qu’il fau­dra néan­moins illus­tr­er ? Au sein des édi­tions Père Cas­tor, en matière d’adaptations, on peut se fier sans sour­ciller au duo for­mé par le poète et romanci­er mon­tois Pierre Coran et l’illustratrice Char­lotte Gas­taut. En 2015, ils s’étaient déjà tous deux attaqués, pour la même mai­son d’édition, à l’opéra de Mozart avec un livret de Schikaned­er : La Flûte enchan­tée, autre réc­it où l’amour se voit con­trar­ié. En 2008, pour Gau­ti­er-Languereau, c’est une his­toire orig­i­nale de Pierre Coran qui les avait réu­nis : Le Prince Hibou. Une façon de pos­er les bases de leur pen­chant com­mun pour les con­tes et le mer­veilleux grâce à une fan­taisie où un château de gruyère dévoré par les rongeurs ne pour­rait trou­ver de salut que grâce à l’intervention d’un rapace noc­turne, pour peu qu’une princesse passe avec lui un marché nup­tial. Con­tin­uer la lec­ture

Mal de mère

Valérie NIMAL, Nous ne sommes pas de mau­vais­es filles, Anne Car­rière, 2019, 17 €, 172 p., ISBN : 978–2‑8433–7932‑1

Au chevet de sa mère, hos­pi­tal­isée pour avoir une fois encore joué avec les lim­ites mortelles, la nar­ra­trice n’en mène pas large. Il faudrait que la tem­péra­ture du corps de l’alitée, à deux doigts de jouer sa dernière grande scène, rede­vi­enne accept­able. C’est que la géni­trice de Maud et de sa sœur cadette, Marie, n’est pas de celles qui s’effaceraient sans bruit. À peine sor­tie des limbes, la voici d’ailleurs qui réclame son fer à fris­er, un Paris Match et surtout, de l’attention. Qui tem­pête sur le per­son­nel soignant, con­gédie son psy­chi­a­tre, et admon­este son aînée pour avoir écrit « sui­cide » dans le dossier médi­cal.   Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 d’Anne-Lise Remacle

La rétro­spec­tive de l’an­née lit­téraire belge avec le Top 3 des chroniqueurs. Aujour­d’hui : le choix d’Anne-Lise Remacle.


Lire aus­si : la fiche d’Anne-Lise Remacle


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Le roi est mort, vive Coché !

Un coup de cœur du Carnet

Frédéric COCHÉ, L’homme-armée, FRMK, 2018, 56p., 20 €, ISBN : 9782390220091

Il est des œuvres qui nous désarçon­nent, décil­lent nos yeux blasés, plantent en nous la graine d’un doute fécond. L’homme-armée, pre­mier livre de Frédéric Coché à altern­er sa tech­nique minu­tieuse de gravure en eaux-fortes et sa pat­te de pein­tre féru de zones d’ombres (une alter­nance réussie, qui donne toute sa force énig­ma­tique à l’ensemble, et per­met de jouer sur quan­tité d’échelles) est défini­tive­ment de ces pier­res philosophales-là. Il faut s’y repren­dre à plusieurs repris­es pour s’assurer d’en embrass­er tous les détails. D’ailleurs, peut-on être cer­tains que ce qui se déroule devant nos yeux ne nous a pas égarés, fait bifur­quer sur un chemin de tra­verse ? Se peut-il que la carte du Ten­dre qui s’étend de la deux­ième cou­ver­ture à la page de garde puisse devenir une de nos bous­soles, pour pass­er sans encom­bre du chemin des Dames au Rem­part de den­telle et de soie ? Con­tin­uer la lec­ture

Déjouer le pacte du Diable

Jean-Pierre BOURS, Ten­ta­tions, HC Édi­tions, 2018, 320 p., 19 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 97823557203167

Après Indul­gences en 2014, Jean-Pierre Bours rep­longe dans les temps foi­son­nants et clairs-obscurs de la Renais­sance européenne, débu­tant son préam­bule à la charnière entre le XVe siè­cle et le XVIe siè­cle et l’achevant aux alen­tours de 1543. Il se glisse cette fois non plus directe­ment dans les pas de Mar­garete (dite Gretchen, une des fig­ures majeures de son précé­dent roman, cen­tré sur les femmes), mais dans ceux de son amant,  l’énigmatique Doc­teur Faust, être fic­tif mais néan­moins mythique qu’il emprunte à Mar­lowe et Goethe, et qui fut égale­ment, à leur suite, célébré par de nom­breux com­pos­i­teurs (Berlioz, Schu­man, Wag­n­er et Lizst notam­ment) mais aus­si de pein­tres (par­mi lesquels Delacroix et Rem­brandt). C’est d’ailleurs en con­nais­seur pré­cis de tous ceux qui l’ont précédé dans la fas­ci­na­tion pour ce per­son­nage trou­ble que nous par­le l’auteur, mais aus­si en arpen­teur de nom­breuses lec­tures his­toriques con­textuelles qu’un tel roman néces­si­tait. Les notes de bas de pages nous éclairent à bon escient sur la vérac­ité de cer­tains faits et la post­face ajoute quelques solides références bib­li­ographiques, pour qui souhait­erait en appren­dre davan­tage et pro­longer le plaisir de lec­ture aux côtés de tel ou tel per­son­nage (réel, cette fois) abor­dés dans Ten­ta­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Sus aux moumoutons !

Noémie FAVART, Tibor et le mon­stre du désor­dre, Ver­sant Sud, 2018, 40 p., 15.90€, ISBN : 978–2‑930358–96‑3

De notre plus ten­dre enfance nous reste le sou­venir d’un petit album car­ré, pub­lié chez Dupuis et signé Gunilde Wolde, une illus­tra­trice sué­doise. On y suiv­ait Titou, garçon­net désor­don­né qui, à mesure qu’il cher­chait son ours dans l’amas de jou­ets de sa cham­bre, finis­sait par retrou­ver son éléphant bleu, son bal­lon et ses crayons de couleur, avant d’enfin met­tre la main sur la très con­voitée peluche. Façon à peine déguisée (et un peu moral­isatrice) de dire « Sois métic­uleux, mon bon­homme, et plus jamais tu n’égareras tes tré­sors ». Con­tin­uer la lec­ture

Littérature et faux-semblants

Aliénor DEBROCQ, Le tiers sauvage, Luce Wilquin, 2018, 320p., 21 €, ISBN : 978–2882535528

Après deux recueils de nou­velles chez Quad­ra­ture (Cruise Con­trol en 2013, À voie basse en 2017), Aliénor Debrocq se lance avec Le tiers sauvage dans le temps long et de nou­velles eaux, n’hésitant pas à éclabouss­er quelques-unes de nos cer­ti­tudes. Con­tin­uer la lec­ture