Aliette GRIZ (autrice) et Élise PÉROI (illustratrice), Domousse, Midis de la poésie, 2024, 20 p., 18 €, ISBN : 978–2‑931054–13‑0
« Avant, avant, avant », il y a la confiance de Nouzha Bensalah et un subside en éducation permanente qui créent la possibilité de rencontre de deux artistes, l’une fileuse de laine, l’autre de mots. Il y a un alors projet à penser, des contours à définir, des envies à rencontrer. Petit à petit, les fils se nouent et le motif apparaît : des tapis-mondes, des poèmes-compagnies, des bébés-graines. Tout un dispositif suscitant la manipulation, l’appropriation, la réception et la transmission. C’est ainsi que, dans des crèches, de très jeunes enfants ont exploré un espace textile-textuel nomade et ancré. « Domousse ». Continuer la lecture



À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la collection « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répondu : écrire sur ce que signifie pour eux la ligne blanche. Traversé par une crise, tenaillé par une pulsion qui se traduit en une décision — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la manifestation du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syndrome Bartleby. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syntagme lancé aux contributeurs venus du monde du roman, de la bande dessinée, de la poésie, du journalisme s’apparente à un signifiant flottant que chaque auteur va interpréter, diffracter en récits ou en poèmes.
À la recherche d’une forme qui lui redonnerait de l’inspiration, Griz trouvait la solution pour combiner les éléments. Le contextuel et le suivi. Le papier et le blog. Une histoire et des fragments. Des personnages et une ville. Un feuilleton, ça s’appelait. Un roman, c’était trop dix-neuvième. Une nouvelle, trop court et planifié. Pétri, étalé, composé, comme une pâte vite sortie du four qu’on découpe en parts inégales, avant d’y mettre les doigts, quatre fromages ou napolitaine. Ça nourrit et c’est un peu régressif. Il suffit ensuite d’avaler les épisodes. Que ça se digère vite, avec ou sans gluten. Un feuilleton. Voilà la pizza littéraire. […] Alors que les pizzas frisent souvent la perfection, il n’y a que la surgélation qui peut les desservir.