Archives par étiquette : Aliette Griz

Texere

Aliette GRIZ (autrice) et Élise PÉROI (illus­tra­trice), Domousse, Midis de la poésie, 2024, 20 p., 18 €, ISBN : 978–2‑931054–13‑0

griz peroi domousse« Avant, avant, avant », il y a la con­fi­ance de Nouzha Ben­salah et un sub­side en édu­ca­tion per­ma­nente qui créent la pos­si­bil­ité de ren­con­tre de deux artistes, l’une fileuse de laine, l’autre de mots. Il y a un alors pro­jet à penser, des con­tours à définir, des envies à ren­con­tr­er. Petit à petit, les fils se nouent et le motif appa­raît : des tapis-mon­des, des poèmes-com­pag­nies, des bébés-graines. Tout un dis­posi­tif sus­ci­tant la manip­u­la­tion, l’appropriation, la récep­tion et la trans­mis­sion. C’est ain­si que, dans des crèch­es, de très jeunes enfants ont exploré un espace tex­tile-textuel nomade et ancré. « Domousse ». Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2023 : abondance et diversité

rentrée littéraire 2023

Le rit­uel est con­nu : chaque année en juin, les maisons d’édition dévoilent le pro­gramme de leur ren­trée lit­téraire. Et lec­tri­ces et lecteurs de par­tir en vacances avec la cer­ti­tude de trou­ver en librairie, dès la mi-août, pléthore de nou­veaux livres qui adouciront à n’en point douter le retour à la vie pro­fes­sion­nelle.

Cette année encore, auteurs et autri­ces belges seront nom­breux à par­ticiper à ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale. La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment asso­ciée au roman. Il ne sera pas, loin s’en faut, le seul genre à faire l’actualité cet automne, mais il en sera cer­taine­ment l’un des points névral­giques. Tour d’horizon des sor­ties annon­cées. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2022 de Sarah Bearelle

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2022 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Sarah Bearelle. Con­tin­uer la lec­ture

Au féminin de la troisième personne

Aliette GRIZ, FLISE, Pli­er l’hier, Tétras Lyre, 2022, 82 p., 16 €, ISBN : 9782930685618

griz flise plier l hierDans Pli­er l’hier, recueil poé­tique pub­lié chez Tétras Lyre et illus­tré par Flise (artiste plas­ti­ci­enne établie à Paris), Aliette Griz s’adonne à une poésie mil­i­tante entière­ment rédigée au féminin de la troisième per­son­ne dans ce qu’elle nomme « […] un reportage / D’écorché·e·s aligné·e·s / Dans les salles d’attentes ». La pré­face de l’ouvrage, signée par le col­lec­tif Les Que­nouilles auquel appar­tient l’autrice, par­le, quant à elle, « [d’]images comme des plans qui se suc­cè­dent » et proclame : « La nar­ra­tion ne compte pas. Out le plan-séquence. Pli­er l’hier pour faire bouger les instan­ta­nés et l’image d’Épinal ». Com­prenons par ces affir­ma­tions que chaque poème se com­pose d’images apposées les unes aux autres afin de for­mer un tout cohérent et sig­nifi­ant tan­dis que, de son côté, le recueil, fait de vers libres ou de poèmes en prose, pro­gresse par frag­ments. Con­tin­uer la lec­ture

Faisceau de lignes blanches

COLLECTIF, La ligne blanche, Arbre à paroles, coll. « iF », 2020,126 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8704–696‑2

À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la col­lec­tion « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répon­du : écrire sur ce que sig­ni­fie pour eux la ligne blanche. Tra­ver­sé par une crise, tenail­lé par une pul­sion qui se traduit en une déci­sion — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la man­i­fes­ta­tion du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syn­drome Bartle­by. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syn­tagme lancé aux con­tribu­teurs venus du monde du roman, de la bande dess­inée, de la poésie, du jour­nal­isme s’apparente à un sig­nifi­ant flot­tant que chaque auteur va inter­préter, dif­frac­ter en réc­its ou en poèmes. Con­tin­uer la lec­ture

Auteur en quête de personnages

Aliette GRIZ, Les Fan­tômes sont des pié­tons comme les autres, ONLiT, 2015, 224 p., 14€/ ePub : 6.99 €

À la recherche d’une forme qui lui redonnerait de l’inspiration, Griz trou­vait la solu­tion pour com­bin­er les élé­ments. Le con­textuel et le suivi. Le papi­er et le blog. Une his­toire et des frag­ments. Des per­son­nages et une ville. Un feuil­leton, ça s’appelait. Un roman, c’était trop dix-neu­vième. Une nou­velle, trop court et plan­i­fié. Pétri, étalé, com­posé, comme une pâte vite sor­tie du four qu’on découpe en parts iné­gales, avant d’y met­tre les doigts, qua­tre fro­mages ou napoli­taine. Ça nour­rit et c’est un peu régres­sif. Il suf­fit ensuite d’avaler les épisodes. Que ça se digère vite, avec ou sans gluten. Un feuil­leton. Voilà la piz­za lit­téraire. […] Alors que les piz­zas frisent sou­vent la per­fec­tion, il n’y a que la surgéla­tion qui peut les desservir.

Con­tin­uer la lec­ture

De l’amour vers le désamour

Un coup de coeur du Carnet

Aliette GRIZ, S’éclipser, Amay, L’arbre à paroles, coll. « if », 2015

grizOn aurait envie de penser, en lisant S’éclipser, le pre­mier recueil d’Aliette Griz, qu’il renoue avec une cer­taine tra­di­tion de l’écriture à con­trainte, tant le pro­pos parait con­stru­it autour d’un jeu. L’ouvrage, en effet, évoque au tra­vers de nom­breux textes, une thé­ma­tique somme toute clas­sique : celle de l’amour, ici traitée avec orig­i­nal­ité puisque l’auteure n’hésite pas à utilis­er les math­é­ma­tiques pour écrire son texte. Une démarche explic­itée à la page 31 du recueil : Con­tin­uer la lec­ture