Archives par étiquette : cinéma

Liberski Roma

Un coup de cœur du Carnet

Ste­fan LIBERSKI, La cité des femmes, Albin Michel, 2018, 280 p., 19 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑226–40218‑9

liberski la cite des femmesSept ans après son dernier roman, Le Tri­om­phe de Namur (La Muette, 2011), l’écrivain, cinéaste, bédéiste et homme de télévi­sion Ste­fan Liber­s­ki pub­lie La cité des femmes aux édi­tions Albin Michel.

La cité des femmes, c’est un film de Fed­eri­co Felli­ni sor­ti en 1980. Mais c’est donc aus­si, désor­mais, le titre d’un roman de Ste­fan Liber­s­ki : l’histoire d’un jeune aspi­rant écrivain, Éti­enne Kapus­cin­s­ki, qui quitte Brux­elles, son mariage et son méti­er pour gag­n­er Rome et assis­ter au tour­nage de La cité des femmes de Felli­ni. Toute ressem­blance avec Ste­fan Liber­s­ki, par­ti lui-même à Rome pour assis­ter au même tour­nage fellinien en « témoin priv­ilégié » n’aurait, bien sûr, rien de for­tu­it. L’anecdote auto­bi­ographique donne une saveur tes­ti­mo­ni­ale jouis­sive aux appari­tions du mae­stro, cam­pé en génie sur le déclin, manip­u­la­teur, égo­cen­trique et jaloux de son harem. Con­tin­uer la lec­ture

Jean Rochefort et la littérature belge au cinéma

PARIS: emission

Le comédie français Jean Rochefort est décédé ce 9 octo­bre à l’âge de 87 ans. Sa fil­mo­gra­phie, pres­tigieuse et par­ti­c­ulière­ment riche, compte notam­ment des adap­ta­tions pour le ciné­ma de romans d’au­teurs belges fran­coph­o­nes.  Con­tin­uer la lec­ture

Écriture, lune de miel, et autres abeilles

Un coup de cœur du Carnet

Jean-Philippe TOUSSAINT, Made in Chi­na, Paris, Minu­it, 2017, 188 p., 15 €/ ePub : 10.99 €, ISBN : 9782707343796

toussaint made in chinaDans Made in Chi­na, entre roman, fic­tion et réal­ité, l’auteur de Foot­ball retrace ses tribu­la­tions de tour­nage dans l’ancien Empire du Milieu.

On avait lais­sé Jean-Philippe Tou­s­saint nous dévoil­er, durant l’été 2015, une robe toute en miel, portée par une man­nequin lors d’un défilé de mode, et pour­suiv­ie par un essaim d’abeilles : son court-métrage The Hon­ey Dress, réal­isé en Chine à par­tir d’un épisode de son roman Nue, était alors présen­té à Bozar, durant l’exposition « Les Belges. Une his­toire de mode inat­ten­due ». Lorsqu’on a pro­posé à Jean-Philippe Tou­s­saint d’effectuer un pre­mier voy­age en Chine, et qu’on lui a demandé quelles étaient ses con­di­tions, l’écrivain et réal­isa­teur n’en n’a for­mulé qu’une : « Rester longtemps. » C’est sans doute pour cela que, depuis le début du 21e siè­cle, et bien avant The Hon­ey Dress, il s’est ren­du à plusieurs repris­es à Pékin, à Shang­hai, à Guangzhou, à Chang­sha, à Nankin, à Kun­ming, à Lijiang. Et qu’il est revenu encore à Guangzhou. Nous qui ignorons beau­coup de choses sur la Chine (vous avez une idée des dis­tances séparant ces mégapoles, vous?) et notam­ment de ce qu’il en est là-bas du monde de l’édition (pour ne s’en tenir qu’au man­darin), nous n’imaginions pas qu’il y ait eu pra­tique­ment à chaque fois der­rière ces voy­ages, son édi­teur chi­nois (acces­soire­ment aus­si, celui de Beck­ett et de Robbe-Gril­let). À la fois homme de let­tres, pro­fesseur aux Beaux-Arts, directeur d’un cen­tre d’art, pein­tre estimé, Chen Tong, c’est son nom, est égale­ment chef d’entreprises en tout genre, pro­duc­teur de films, et le “leader of the gang” de quelques jeunes Can­ton­ais qui gravi­tent dans son orbite et ses affaires, là où le com­merce et les arts ont sou­vent par­tie liée. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se tient, une fois de plus, en compagnie d’un être intense

Un coup de cœur du Carnet

Véronique BERGEN, Luchi­no Vis­con­ti. Les Promess­es du cré­pus­cule, Les Impres­sions Nou­velles, 2017, 224 p., 17 €/ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87449–459‑8

bergen viscontiVéronique Bergen aime les intens­es.

On le sait.

De livre en livre, elle nous a déjà tiré le por­trait d’une belle bro­chette d’in­di­vidus non seule­ment vivant à cent à l’heure mais dont la présence, l’in­ten­sité de leur présence, l’in­can­des­cence de leurs œuvres, n’ar­rê­tent pas de nous attir­er façon trou noir. Après Edie Sedg­wick, Mar­i­lyn Mon­roe, Uni­ca Zürn et Janis Joplin, voilà que Véronique Bergen s’at­tèle main­tenant, dans un superbe essai, au ciné­ma de Luchi­no Vis­con­ti.

Mais oui ! Con­tin­uer la lec­ture

Béatrix Beck au cinéma

la confessionCe mer­cre­di 8 mars sort sur grand écran La con­fes­sion, adap­ta­tion ciné­matographique du roman de Béa­trix Beck, Léon Morin, prêtre. Paru en 1952 chez Gal­li­mard, ce livre avait valu à son auteure le Prix Goncourt.

La con­fes­sion est un film du réal­isa­teur français Nico­las Boukhrief, met­tant notam­ment en scène Romain Duris et Marine Vacth.

À lire : le numéro thématique du Carnet et les Instants "Littérature et cinéma"

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Maeterlinck, entre littérature et cinéma

Chris­t­ian JANSSENS, Mau­rice Maeter­linck, un auteur dans le ciné­ma des années dix et vingt, Brux­elles, P.I.E. Peter Lang, coll. “Repenser le ciné­ma”, 2016, 271 p., 36 €   ISBN 978–2‑87574–349‑7

janssensChris­t­ian Janssens étudie de manière fouil­lée l’adap­ta­tion filmique des œuvres de Maeter­linck entre 1910 et 1929. Forte­ment arc-bouté sur le sys­tème con­ceptuel de Pierre Bour­dieu, cet ouvrage savant envis­age l’écrivain non comme un “créa­teur” plus ou moins doué, mais comme un agent de pro­duc­tion en rela­tion avec d’autres agents : cri­tiques lit­téraires, directeurs de théâtre, cinéastes, musi­ciens, etc. Cha­cune de ses œuvres, à son tour, entre en rela­tion avec d’autres œuvres, tant de lui-même que d’adap­ta­teurs ou d’écrivains tiers. « Ces rap­ports sont des rap­ports de con­cur­rence, de com­péti­tion » affirme claire­ment C. Janssens, pour qui la posi­tion objec­tive de l’écrivain dans le champ cul­turel s’ex­plique non par l’in­flu­ence du milieu ou le génie créa­teur, mais par les rap­ports de force entre les dif­férents agents con­cernés. Ain­si conçue, l’ap­proche soci­ologique ne pou­vait que com­porter une dimen­sion his­to­ri­enne, car les rap­ports de force préc­ités évolu­ent con­stam­ment, mais aus­si une forte com­posante économique : dif­fu­sion pri­maire des textes, rôle de la presse et de la notoriété, appari­tion de pro­duits dérivés (mis­es en scène, tra­duc­tions, par­ti­tions musi­cales, adap­ta­tions filmiques), puis­sance des “cen­tres” inter­na­tionaux (maisons d’édi­tion, com­pag­nies ciné­matographiques), phénomènes de mode, etc. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le prisme de Rio

Eve­lyne HEUFFEL, Palmes dans l’azur. Roman bossa-nova, Ker édi­tions, 2016, 180 p., 12 €

heuffelIl est des auteurs de chez nous dont la terre d’élection – réelle et lit­téraire – se situe bien loin des ban­quets à la Bruegel, des canaux de Bruges ou des pavés brux­el­lois. Illus­tra­trice, tra­duc­trice et écrivaine, Eve­lyne Heuf­fel s’est lais­sée charmer par le Brésil à 18 ans et y a posé ses malles dès 1981, d’abord sur la côte de Recife puis plus au sud, à Rio de Janeiro. Il y a fort à pari­er que le regard que pose sa can­dide héroïne – débar­quée à Rio en 1967 autant par amour pour Otávio que par curiosité pour ce pays sin­guli­er – sur une Rio tan­tôt mou­vante, tan­tôt émou­vante, tan­tôt déce­vante doit peu ou prou à la pro­pre expéri­ence de la roman­cière à la lisière de l’adolescence. Con­tin­uer la lec­ture

André Dartevelle, du silence familial à la mise en images de la parole

André DARTEVELLE, Si je meurs un soir. Mémoires, Cuesmes, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2016, 277 p., 16€

André Dartev­elle fut un grand reporter de télévi­sion, ain­si que l’auteur fécond de nom­breux doc­u­men­taires his­toriques et artis­tiques. En 2014, il présen­tait ses derniers films, con­sacrés aux mas­sacres de civils per­pétrés par l’armée alle­mande en août 1914 à Dinant et en Ardenne. Atteint d’un can­cer, il man­i­fes­ta jusqu’au bout la ténac­ité et la créa­tiv­ité qui le fai­saient vivre en par­venant à ter­min­er ses mémoires, aujourd’hui pub­liés au Cerisi­er sous le titre Si je meurs un soir. Con­tin­uer la lec­ture

De Mr. Bean à Jules Maigret

atkinsonSimenon reste — et de loin — l’au­teur fran­coph­o­ne le plus adap­té. Avec des for­tunes divers­es, nom­bre de ses ouvrages ont été trans­posés au grand écran. La petite lucarne s’est quant à elle prin­ci­pale­ment emparée de son héros récur­rent, le com­mis­saire Mai­gret, qui a pris les traits de Jean Richard puis ceux de Bruno Cre­mer. Mai­gret con­naî­tra bien­tôt une nou­velle incar­na­tion télévi­suelle, anglaise cette fois. C’est Rowan Atkin­son, alias Mr Bean, qui endossera le rôle.   Con­tin­uer la lec­ture

Un singe en hiver affectif

Philippe LAMBERT, Le Col­lec­tion­neur de soupirs, Neufchâteau, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2015, 180 p., 14 €/ePub : 9.99 €

Le Col­lec­tion­neur de soupirs com­mence par une trans­gres­sion, un soir de deuil. Le matin, le nar­ra­teur a enter­ré sa mère. Le soir, il a ren­dez-vous avec des pros­ti­tuées de luxe ou de bas étage dans une sorte de défi au temps qui passe et à ses morts. Des morts qu’il col­lec­tionne comme il col­lec­tionne les soupirs orgas­miques des amours tar­ifés, entre sperme et cyprine. Par­mi ses dis­parus, son père omniprésent et sa pas­sion pour les dis­ques et livres clas­siques afin de se don­ner l’illusion de faire entr­er « la grande cul­ture » dans ses murs, mais aus­si pour les trompe-la-mort oubliés de la For­mule 1 de l’entre-deux-guerres. On notera au pas­sage que l’auteur, Philippe Lam­bert, a pub­lié précédem­ment un essai inti­t­ulé Pilotes de For­mule 1 – L’épreuve des hommes (Cal­mann-Lévy, 1993). Con­tin­uer la lec­ture

Littérature et cinéma, d’hier à aujourd’hui

Dans son  n° 185 (févri­er-mars 2015), Le Car­net et les Instants con­sacrait un riche dossier aux rela­tions entre lit­téra­ture et ciné­ma. Par­mi les réac­tions des lecteurs se détacha une propo­si­tion de Jacques De Deck­er, Secré­taire Per­pétuel de l’A­cadémie de Langue et de Lit­téra­ture : organ­is­er une table ronde à pro­pos d’une ques­tion peu abor­dée, le rôle des pou­voirs publics et des pro­fes­sion­nels dans les décen­nies précé­dentes, spé­ciale­ment les années 1970, avec les défis que cela révèle mais aus­si que cela implique aujour­d’hui, quant à l’adap­ta­tion d’œu­vres lit­téraires en Bel­gique fran­coph­o­ne. Con­tin­uer la lec­ture

Créer à deux

Un coup de coeur du Carnet

Luc DARDENNE, Au dos de nos images, II, 2005–2014. Paris, Seuil, coll. « La librairie du XXIe siè­cle », 2015, 390 p., 21 €/ePub : 14.99 €

dardenne_larocheEn 2005 parait au Seuil un livre de témoignage inti­t­ulé Au dos de nos images (1991–2005), suivi de deux scé­nar­ios : Le fils et L’en­fant (voir dans Le Car­net et les Instants n° 139 l’en­tre­tien de Daniel Arnaut avec l’au­teur, Luc Dar­d­enne). Dix ans plus tard, voici un 2e vol­ume, cou­vrant les années 2005 à 2014, et que com­plè­tent deux autres scé­nar­ios : Le Gamin au vélo et Deux jours, une nuit. Con­tin­uer la lec­ture