Archives par étiquette : cinéma

Au meilleur de toi

Mar­i­anne SLUSZNY, Le banc, Acad­e­mia, 2019, 182 p., 17.50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0489‑2

Il est sou­vent bien périlleux de faire œuvre lit­téraire de son vécu le plus sen­si­ble, le plus douloureux. Pareil défi d’écriture exige une ascèse que le pré­texte de la fic­tion n’impose pas. En choi­sis­sant de par­ler de la vie, de la mal­adie et du décès de son com­pagnon, Mar­i­anne Sluszny a pour­tant été bien inspirée car elle nous livre bien plus que des con­fi­dences intimes. Con­tin­uer la lec­ture

Duelles triomphe aux Magritte

Olivi­er Mas­set-Depasse, Magritte de la meilleure réal­i­sa­tion pour “Duelles”

La dix­ième céré­monie des Magritte du ciné­ma a eu lieu ce same­di 1er févri­er, sous la prési­dence de Pas­cal Duquenne. Un film est sor­ti grand vain­queur de la soirée : Duelles, l’adap­ta­tion par Olivi­er Mas­set-Depasse du roman de Bar­bara Abel Der­rière la haine. Con­tin­uer la lec­ture

Maigret, flaireur des passions humaines

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Mai­gret, Doc­teur ès crimes, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 125 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2874497148

Faut-il s’étonner de voir Mai­gret se tailler une place dans la galerie de la « Fab­rique des héros » (col­lec­tion lancée récem­ment par les Impres­sions nou­velles) et y côtoy­er Jack Spar­row, Nos­fer­atu, Bat­man ? Après celles d’un cor­saire, un vam­pire et un jus­tici­er, voici donc que se pro­file la sil­hou­ette recon­naiss­able entre mille du com­mis­saire le plus célèbre du « 36 ». Et le tri­corne est tro­qué con­tre un feu­tre mou, et la pinte de sang frais est délais­sée au prof­it d’une pils bien fraîche, et les rues de Gotham City se met­tent à ressem­bler furieuse­ment à celles de La Rochelle ou de Quim­per. Con­tin­uer la lec­ture

Bande ciné, bande dessinée

Bob GARCIA, Tintin. Du ciné­ma à la BD, Desclée de Brouw­er, 2019, 273 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑220–09615‑5

Sur les con­nivences entre le ciné­ma et les Aven­tures de Tintin, l’on dis­po­sait déjà de mul­ti­ples indi­ca­tions, grâce aux entre­tiens d’Hergé avec Benoît Peeters et Numa Sadoul, ou encore aux essais de Philippe Lom­bard et de Bob Gar­cia. Or, plus obstiné que les précé­dents, ce dernier a con­sacré de longues années à creuser le sujet avec une minu­tie ento­mologique, tout en élar­gis­sant son enquête aux tribu­la­tions des Totor, Quick et Flup­ke, Jo et Zette. Ain­si nous offre-t-il aujour­d’hui un vol­ume d’une éru­di­tion impres­sion­nante – mais dont la pro­fu­sion même, comme il était à crain­dre, n’est pas tou­jours bien maitrisée. La méth­ode adop­tée sem­blait pour­tant garante de rigueur, avec ses cinq étapes suc­ces­sives : Con­tin­uer la lec­ture

Qui va là?

Un coup de cœur du Car­net

Aniss EL  HAMOURI, The Thing, Appât, 2019, 24 p., 15 €

Quand deux œuvres se font signe, que l’une prend forme à par­tir de l’autre, les liens, implicites ou explicites, ont des formes très divers­es : il peut y avoir, de façon générale, une influ­ence ou un sou­venir ; il peut y avoir, de manière plus pré­cise, une cita­tion, un emprunt ou un jeu sur les codes ; il peut y avoir, enfin, par une autre pra­tique, une imi­ta­tion, une copie ou un pla­giat…

Ce que pro­pose Aniss El Hamouri est d’un autre ordre : « une aut­ofic­tion intru­sive basée sur le film de John Car­pen­ter : The Thing ». L’histoire, évo­ca­tion de la bi-nation­al­ité bel­go-maro­caine de l’auteur et des malais­es qu’elle engen­dre, a donc pour fonde­ment celle qu’il rend graphique­ment à par­tir de scènes mar­quantes du film de Car­pen­ter.

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Merveilleux Monsieur Hulot

David MERVEILLE, Hulot domi­no, Rouer­gue, 2019, 40 p., 17 €, ISBN : 978–2‑8126–1740‑9

Décidé­ment, Mon­sieur Hulot n’a pas fini d’inspirer David Mer­veille ! Et c’est tant mieux pour nous. Depuis son déli­cieux et sur­prenant Jacquot de Mon­sieur Hulot, pub­lié aux édi­tions du Rouer­gue en 2006 et lau­réat du Prix Québec/Wal­lonie-Brux­elles en 2007, l’auteur-illustrateur brux­el­lois, qui est aus­si pro­fesseur à Saint Luc, a con­sacré quelques ouvrages à cet emblé­ma­tique per­son­nage des films de Jacques Tati : Hel­lo Mon­sieur Hulot (qui reçut le prix de l’album belge Lib­bylit en 2011), Mon­sieur Hulot à la plage, sans oubli­er le cat­a­logue de qua­tre-vingts planch­es Mon­sieur Hulot s’expose. Autant d’albums illus­trés truf­fés de clins d’œil ciné­matographiques, d’humour et de poésie. Con­tin­uer la lec­ture

Plusieurs cordes à leur arc (bis) : six écrivains belges cinéastes

adaptation litterature belge cinema

Entre adap­ta­tions, nov­el­li­sa­tions, romans par­lant de ciné­ma… les liens entre la lit­téra­ture (belge) et le 7e art se décli­nent de mul­ti­ples façons. Cer­tains écrivains se lan­cent eux-mêmes dans le ciné­ma. D’au­cuns sous l’an­gle qui sem­ble la plus proche de la lit­téra­ture : l’écri­t­ure scé­nar­is­tique. D’autres s’aven­turent toute­fois jusqu’à la réal­i­sa­tion. Ces derniers nous intéresseront plus par­ti­c­ulière­ment ici.

Voici une sélec­tion de six écrivains belges qui sont aus­si réal­isa­teurs de films. Con­tin­uer la lec­ture

Six films hollywoodiens adaptés de la littérature belge

Depuis ses orig­ines ou presque, le ciné­ma a puisé dans la lit­téra­ture le sujet de nom­bre de ses films. La lit­téra­ture belge n’est pas en reste dans ce domaine. On pense bien sûr aux télé­films français des séries “Mai­gret” (avec Jean Richard puis Bruno Crémer dans le rôle prin­ci­pal) ou encore aux adap­ta­tions de Stee­man par Hen­ri-Georges Clouzot. On en oublierait presque que la lit­téra­ture belge a tra­ver­sé l’At­lan­tique et a inspiré quelques grands réal­isa­teurs hol­ly­woo­d­i­ens d’hi­er et d’au­jour­d’hui. Voici, par ordre chronologique, une sélec­tion de six films améri­cains inspirés par des auteurs belges. Con­tin­uer la lec­ture

Comment lire un film ?

Nat­acha PFEIFFER et Lau­rent VAN EYNDE, Antho­ny Mann. Arpen­ter l’image, Press­es uni­ver­si­taires du Septen­tri­on, 2019, 287 p., 25 € / ePub : 17.99 €, ISBN : 978–2‑7574–2452‑0

Il y a beau­coup de façons de ne pas voir un film et la pre­mière con­siste à le racon­ter ou la dernière à le thé­ma­tis­er. Bien enten­du, tout film de fic­tion déroule des actions, mais cela ne le dif­féren­cie pas d’un mythe, d’un roman, de n’importe quelle forme nar­ra­tive, y com­pris pic­turale. Ce qui appa­raît spé­ci­fique­ment dans un film de fic­tion, c’est à coup sûr qu’il racon­te une his­toire par des images en mou­ve­ment. Le sens naît du com­mentCon­tin­uer la lec­ture

Cinéma on ice et skate-writing

Jean-Philippe TOUSSAINT, La pati­noire, Impres­sions Nou­velles, 140 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87449–668‑4 

Pass­er de l’écriture de romans à la réal­i­sa­tion de film, de la pho­togra­phie à l’art con­ceptuel  exige un art vir­tu­ose du pati­nage. Romanci­er (La salle de bain, Mon­sieur, La télévi­sion, Faire l’amour, Nue, Foot­ball, Made in Chi­na, tous au Édi­tions de Minu­it…), réal­isa­teur, pho­tographe, artiste con­ceptuel, Jean-Philippe Tou­s­saint met en abyme sa pra­tique des arts dans le film La pati­noire (1999) dont les Impres­sions Nou­velles édite le texte. Résul­tat d’une refonte de divers­es ver­sions du scé­nario, ce ciné-roman, accom­pa­g­né d’un cahi­er de pho­tos, d’une post­face de Lau­rent Demoulin et d’un dossier de presse, explore le motif du film dans le film. Hom­mage au sep­tième art, La pati­noire accom­plit sous une veine comique ten­ant aus­si bien de Jacques Tati, de Buster Keaton que de Chap­lin ce qu’Escher pour­suit graphique­ment, à savoir un enchâsse­ment d’un film (Dolores) dans un film (La pati­noire). À la main qui des­sine une main qui des­sine d’Escher répond ici un ciné­ma au car­ré, un film qui par­le d’un film en train de se tourn­er, un film doté d’un exposant x, manière de sug­gér­er que l’une des déf­i­ni­tions pos­si­bles du ciné­ma est celle d’un hoquet-hock­ey sur un ter­rain glis­sant parsemé de peaux de banane.

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Laurent De Sutter, pirate de la philosophie et du droit

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rent DE SUTTER, Jack Spar­row. Man­i­feste pour une lin­guis­tique pirate, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 128 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2‑87449–647‑9

Lau­rent de Sut­ter ouvre de manière ful­gu­rante et géniale la nou­velle col­lec­tion, inti­t­ulée « La fab­rique des héros », créée par Tan­guy Habrand et Dick Tomaso­vic aux Impres­sions Nou­velles. Son dévolu s’est porté sur Jack Spar­row, le héros de la série ciné­matographique Pirates des Caraïbes, inter­prété par John­ny Depp. Der­rière les aven­tures fan­tas­tiques de Jack Spar­row — ses com­bats avec les sol­dats, les zom­bies ou autres créa­tures sur­na­turelles —, der­rière son esthé­tique de l’ivresse, Lau­rent de Sut­ter met à jour son arme secrète : la parole. Non la déplo­ration du « words, words, words » for­mulée par Ham­let mais la parole comme sub­ver­sion. Les batailles entre la Couronne et la pira­terie ne sont que l’expression d’une lutte à mort entre deux mon­des, entre deux méta­physiques, le monde de l’ordre incar­né par la Couronne et le monde utopiste pirate réin­ven­tant les bases d’une société qui con­teste le pou­voir de la Couronne. Con­tin­uer la lec­ture

Je suis Charlie !

Un coup de cœur du Carnet

Adolphe NYSENHOLC, Char­lie Chap­lin, Le rêve, M.E.O., 2018, 244 p., 19 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0177‑0

Instant de grâce ! L’auteur, qui a voué une par­tie de sa riche car­rière[1] à Chap­lin, au point d’en être con­sid­éré de par le monde comme un expert som­mi­tal, a réus­si l’ultime syn­thèse, un essai d’une den­sité lou­voy­ant vers l’art poé­tique. Qui débute avant les pre­mières lignes offi­cielles, dans un com­men­taire sur la photo/couverture, au ver­so de la page de titre :

(…) Chap­lin émi­nence grise de Char­lot manip­ulé par lui, le masque trag­ique sur un corps comique, Char­lot « sen­ti­men­tal pup­pet », l’empathie dis­tan­ciée, l’auto-ironie de Chap­lin, la choré­gra­phie comme écri­t­ure de songe, le créa­teur d’images à jamais mémorables, le poète comique, l’auteur en abyme, le rêve dans le rêve… 

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Christine Aventin : déjouer les enfermements

Un coup de cœur du Carnet

Chris­tine AVENTIN, Breil­lat des yeux le ven­tre, post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. “Espace Nord”, 2018, 160 p., 8,50 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑87568–406‑6

Couron­né par le prix quin­quen­nal de l’essai de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles en 2017 pour sa pre­mière édi­tion au Som­nam­bule équiv­oque et aujour­d’hui réédité dans la col­lec­tion Espace Nord, Breil­lat des yeux le ven­tre est conçu comme un corps textuel inouï au tra­vers duquel se con­quièrent un sujet poli­tique et un nou­veau plan d’écriture. Revenant sur sa tra­jec­toire lit­téraire — le coup d’envoi du Cœur en poche, la dépos­ses­sion de l’œuvre, de soi, le rapt de l’œuvre par le père —, Chris­tine Aventin tisse une machine lit­téraire autour d’un feu cen­tral, d’un attracteur molécu­laire, Cather­ine Breil­lat. Dans un jeu de miroirs, d’interfécondation (au sens où Proust l’évoque dans Sodome et Gom­or­rhe), les films, les écrits de Breil­lat se retrou­vent réen­gen­drés dans le mou­ve­ment même où ils révè­lent à Chris­tine Aventin l’expérience d’une soror­ité. Breil­lat-Aventin en écho d’Antigone et d’une Ismène antigo­nisée… Con­tin­uer la lec­ture

Écriture filmique

N.T. BINH et Frédéric SOJCHER (coord.), Écrire un film. Scé­nar­istes et cinéastes au tra­vail, Impres­sions Nou­velles, coll. « Caméras sub­jec­tives », 2018, 392 p., 22 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑87449–625‑7

Coor­don­né par le cri­tique de ciné­ma N. T. Binh et le cinéaste Frédéric Sojch­er, le vol­ume Écrire un film. Scé­nar­istes et cinéastes au tra­vail inter­roge au tra­vers d’entretiens avec des cinéastes, avec des scé­nar­istes l’écriture filmique, ses paramètres, ses coor­don­nées. Si le point d’ancrage se con­cen­tre sur la ques­tion du scé­nario, les réflex­ions enga­gent une mul­ti­plic­ité de regards sur les spé­ci­ficités du lan­gage ciné­matographique. Ce dernier se lim­ite-t-il au seul scé­nario ou englobe-t-il la mise en scène, le découpage, le cast­ing, la musique ? D’emblée, écrit Frédéric Sojch­er, le recueil se place du côté de la sec­onde hypothèse. Faisant un sort aux idées reçues (la Nou­velle Vague pécherait par un dés­in­térêt vis-à-vis du scé­nario…), retraçant la tra­jec­toire his­torique de la place accordée au scé­nario (de sa relé­ga­tion à sa réha­bil­i­ta­tion, de sa réha­bil­i­ta­tion à sa tyran­nie nor­ma­tive), il rend hom­mage aux inter­ac­tions dynamiques entre les moments de créa­tion, entre les ingré­di­ents de l’espace filmique. Le film ne prend vie qu’au fil d’une magie où s’intriquent, en une œuvre col­lec­tive, scé­nario, mise en scène, jeu d’acteurs, découpage, mon­tage, bande sonore, pro­duc­tion… Hyper­tro­phi­er le seul scé­nario revient à amput­er l’écriture filmique de tout ce qui, au niveau de la mise en scène lato sen­su, vient mod­i­fi­er, excéder, retourn­er la nar­ra­tion, la dra­maturgie. Con­tin­uer la lec­ture

André Delvaux

Le cinéaste dans la cité. Les notes d’André Del­vaux, dir. Jean MEURICE, CEP, 2018, 251 p., 18 €, ISBN : 978–2390070214

Le cinéaste dans la citéEn 1965, le film L’Homme au crâne rasé qu’André Del­vaux adapte du roman de Johan Daisne mar­qua l’avènement du ciné­ma belge mod­erne. Non que le sep­tième art belge fût totale­ment inex­is­tant. Mais André Del­vaux invente un nou­veau souf­fle qui, dans nom­bre de ses films, relèvera de ce qu’on a appelé le réal­isme mag­ique. Venu du monde de la musique, de la lit­téra­ture, pianiste qui accom­pa­gna durant des années les films muets à la Ciné­math­èque royale de Bel­gique, à cheval sur les cul­tures néer­lan­do­phone et fran­coph­o­ne, l’auteur de Ren­dez-vous à Bray, Ben­venu­ta, L’Œuvre au noir pose les pre­mières pier­res de la moder­nité du ciné­ma belge, frayant une aven­ture artis­tique pio­nnière dont bien des réal­isa­teurs actuels sont les héri­tiers. Recueil d’inédits, de textes rassem­blés par Cather­ine Del­vaux, Richard Miller, com­por­tant des cor­re­spon­dances avec Jacques Sojch­er, Philippe Rey­naert, une étude de Roger Lalle­mand sur Ben­venu­ta, un avant-dire de Raoul Ser­vais, Le cinéaste dans la cité nous plonge pour notre plus grand bon­heur dans le lab­o­ra­toire de celui qui fut à la fois cinéaste, péd­a­gogue (il fut l’un des fon­da­teurs de l’INSAS), musi­cien.

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Couleur et nostalgie du ciel

Un coup de cœur du Carnet

Michel LAMBERT, L’adaptation, Pierre Guil­laume de Roux, 2018, 264 p., 22,90€, ISBN : 2–36371-248–6

lambert l adaptation.jpgUn réal­isa­teur, cou­vert d’un éter­nel cha­peau, cherche sur les toiles d’une galerie d’art un ciel introu­vable, une couleur et une atmo­sphère célestes qui devraient guider son prochain film. Il tra­vaille sur l’adaptation d’une œuvre qui l’a pro­fondé­ment mar­qué : La jeune fille brune d’Alexandre Tiš­ma. Sa femme Mar­i­on, décédée depuis cinq ans, lui avait fait décou­vrir ce roman. Com­ment adapter un réc­it durant lequel un homme cherche dés­espéré­ment à revoir une femme avec qui il a passé une seule et unique nuit ? Com­ment trans­pos­er cette quête, ce fan­tasme qui s’efface petit à petit de sa mémoire, cette pas­sion dévo­rante qui s’étale sur plusieurs décen­nies, cette course con­tre le temps et la peur du vieil­lisse­ment ? Le réal­isa­teur fait face à cer­taines dif­fi­cultés, notam­ment le car­ac­tère haute­ment lit­téraire de l’ouvrage. Il n’a pas dit son dernier mot, mais peut-être est-ce son film de trop ? Des mau­vais­es langues le dis­ent fini. Il accuse les refus des pro­duc­teurs. La pro­fes­sion est intraitable avec ceux qui échouent. Con­tin­uer la lec­ture