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Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Enfer, deuxième porte à droite

Éric NEIRYNCK, Hyper­textuel, Lamiroy, 2022, 124 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87595–692‑7

neirynck hypertextuelÉric Neirynck pub­lie coup sur coup des recueils de nou­velles, des réc­its,  des courts romans dont l’épi­cen­tre cor­re­spond à un irréversible proces­sus d’ensablement, d’étouffement et de perte de soi, ou de ce qu’il en reste. Et pour­tant ces textes ne par­lent pas d’un monde mal­heureux mais médiocre, raté, en décon­struc­tion per­ma­nente, dont le chantier est à ciel ouvert et où les êtres tombent sans un cri.

De texte en texte l’auteur fore de plus en plus pro­fond cette sorte de sidéra­tion que ses per­son­nages ont pour les vies gâchées, le mépris de soi et des autres, surtout des femmes qu’ils pré­ten­dent aimer alors qu’ils forniquent sans joie. Ces sit­u­a­tions revi­en­nent sans cesse dans Hyper­textuel : c’est la chas­se aux per­for­mances inachevées,  la dérélic­tion per­ma­nente , la vod­ka, les cig­a­rettes, les aubes épuisées et froides et une soli­tude que l’auteur parvient à nous laiss­er enten­dre comme étant finale­ment une des formes de l’enfer domes­tique (ce « cauchemar cli­ma­tisé » dont par­lait Hen­ri Miller) qui tord une par­tie de la pop­u­la­tion mon­di­ale inca­pable d’échapper aux injonc­tions de la moelle épinière pour attein­dre un lobe plus ou moins con­stru­it du cerveau.  Ce sont, non des désirs, mais des besoins de jouis­sance immé­di­ate qui manip­u­lent ces êtres de l’instant. Con­tin­uer la lec­ture

Par la grâce de la Muse

Éric NEIRYNCK, J’ai un pro­jet : devenir fou, Lamiroy, 2020, 123 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87595–260‑8

J’ai un pro­jet : devenir fou, le dernier livre d’Éric Neirynck, fait référence à une cita­tion de Fiodor Dos­toïevs­ki, reprise par Bukows­ki et claquant comme la ban­nière de tant d’écrivains ou artistes rongés par une fièvre d’inadaptation sociale ver­tig­ineuse… Ces rares auteurs célébrés par le nar­ra­teur de ce court roman aux allures de provo­ca­tion ressem­blent plutôt au par­fait por­trait d’un auteur empêtré dans des illu­sions de lit­téra­ture et d’édition qui ont tou­jours été le véhicule des rêves avortés. Con­tin­uer la lec­ture