Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger.

N.B. : Le panora­ma qui suit com­pile les sig­nale­ments disponibles sur les bases de don­nées pro­fes­sion­nelles du livre et sur les sites inter­net des édi­teurs, et les répons­es à nos ques­tions fournies directe­ment par les maisons d’édition. Qu’elles soient ici remer­ciées pour les ren­seigne­ments don­nés. 

Les romans font leur rentrée

Genre préféré des lecteurs, le roman règne tra­di­tion­nelle­ment sur la ren­trée lit­téraire. Par rap­port aux années précé­dentes, les auteurs et autri­ces belges qui fer­ont leur ren­trée en France sont assez peu nom­breux. Dans les maisons d’édition belges, au con­traire, la pro­gram­ma­tion est plutôt abon­dante. Les maisons d’édi­tion ont toute­fois toutes prin­ci­pale­ment miser sur des auteurs et autri­ces con­fir­més, les pre­miers romans seront rares cette année. 

Sans chercher à forcer les liens entre des livres qui demeurent des œuvres sin­gulières, émerge néan­moins l’impression d’une cer­taine con­ver­gence thé­ma­tique. Les écrivains dis­ent la cat­a­stro­phe, l’effondrement ou la crise, que ce soit dans la société en général ou dans le noy­au plus restreint de la famille. Avec des con­séquences sur la tem­po­ral­ité choisie. Nom­bre de livres se situent en effet dans le passé (ou opèrent des va-et-vient entre hier et aujourd’hui), ou au con­traire dans l’avenir. Les pre­miers par­tent en quête des racines de la crise actuelle, qu’elle soit famil­iale ou plus vaste, tan­dis que les sec­onds imag­i­nent les con­séquences des dérè­gle­ments présents dans un futur que, sig­ni­fica­tive­ment, les auteurs imag­i­nent rel­a­tive­ment proche (sou­vent la fin du 21e siè­cle).

Trio de choc en France

Livres Heb­do tient un décompte pré­cis des livres pro­gram­més pour la ren­trée lit­téraire française. Ce nom­bre, en baisse depuis quelques années, repart à la hausse en 2025 : 484 romans sont atten­dus, pour « seule­ment » 459 en 2024. Par­mi eux, la revue dénom­bre 344 livres écrits en français, dont 73 pre­miers romans.

Cette hausse ne se reflète pas dans le nom­bre d’auteurs et autri­ces belges qui fer­ont leur ren­trée en France. Une ren­trée (très) resser­rée, mais un trio d’auteurs qui fer­ont cha­cun cer­taine­ment (beau­coup) par­ler d’eux à l’automne, avec trois his­toires qui pla­cent l’histoire famil­iale en leur cen­tre.

Fidèle à sa mai­son d’édition de tou­jours, Amélie Nothomb pub­lie Tant mieux aux édi­tions Albin Michel. Après Pre­mier sang con­sacré à l’histoire de son père (prix Renau­dot 2021), l’autrice pour­suit l’exploration de ses racines famil­iales avec cette fois un livre cen­tré sur sa mère, récem­ment décédée.

Antoine Wauters et Car­o­line Lamarche, à l’inverse, font leur entrée dans une nou­velle mai­son d’édition. Après plusieurs livres chez Verdier, le pre­mier signe Haute-Folie aux édi­tions Gal­li­mard, his­toire de l’errance d’un per­son­nage en quête des raisons der­rière les drames vécus par sa famille : la clé sem­ble se trou­ver à la Haute-Folie, une ferme qui a joué un rôle dans son his­toire. Car­o­line Lamarche quitte quant à elle Gal­li­mard pour Le Seuil, où elle pub­lie Le bel obscur. Le livre entretisse deux fils nar­rat­ifs, le présent, dans lequel la nar­ra­trice et per­son­nage prin­ci­pal voit sa vie bous­culée par la révéla­tion de l’homosexualité de son mari, et le passé, puisque le per­son­nage tente aus­si d’élucider les mys­tères famil­i­aux et notam­ment la tra­jec­toire d’un ancêtre dont elle ne con­serve qu’une pho­to usée.

Un premier roman

allié là où se forment les montagnes

À côté de ces trois auteurs con­fir­més, Pauline Allié sign­era un pre­mier roman aux édi­tions du Chemin de ferLà où se for­ment les mon­tagnes

Des romans jusqu’en hiver

Après le bouil­lon­nement de la ren­trée, les maisons d’édition français­es revien­dront à un rythme moins effréné dès la mi-sep­tem­bre. Plusieurs écrivains belges sont atten­dus dans cette péri­ode plus sere­ine, où les sélec­tions pour les grands prix lit­téraires sont déjà tombées. Dès le 2 octo­bre, Éric-Emmanuel Schmitt pour­suiv­ra sa Tra­ver­sée des temps avec un cinquième vol­ume, Les deux roy­aumes, qui emmèn­era l’immortel Noam à Jérusalem, à la ren­con­tre de Jésus. 

ledoux un accent de vérité

À la même date, Tris­tan Ledoux délais­sera un temps la nou­velle pour présen­ter le roman Un accent de vérité, pro­gram­mé aux édi­tions Le chant des voyelles. Ledoux se livre à un ambitieux tra­vail de mise en abyme en racon­tant l’his­toire d’un nar­ra­teur qui a per­du le plan de sa prochaine oeu­vre et se lance dans la quête du doc­u­ment per­du, la fic­tion se con­fon­dant petit à petit avec la réal­ité. 

bergen saint just

Écrivaine tou­jours extra­or­di­naire­ment pro­lifique, Véronique Bergen présen­tera, cette année encore, plusieurs livres de sa plume – en Bel­gique, en France, et dans des gen­res dif­férents ! Pour ce qui con­cerne la fic­tion, deux ouvrages sont annon­cés en novem­bre, respec­tive­ment chez Tin­bad et chez Edwar­da. Après Jamais en 2017, les édi­tions Tin­bad présen­teront Saint-Just, roman, nou­velle illus­tra­tion de l’intérêt de l’écrivaine pour les per­son­nages his­toriques aux­quels elle redonne la parole, et qu’elle éclaire d’un jour nou­veau, comme elle l’a fait récem­ment avec Moctezu­ma dans le roman homonyme. Les édi­tions Edwar­da avaient quant à elle pub­lié son livre Pre­mières fois en 2017. L’autrice, qui con­tribue régulière­ment à la revue de la mai­son d’édi­tion, ajoute un nou­veau jalon à cette fructueuse col­lab­o­ra­tion, avec la sor­tie de La mémoire des lieux, un par­cours mémoriel dans plusieurs lieux emblé­ma­tiques du Sud de Brux­elles.

Du nouveau dans les littératures de genre

Les lit­téra­tures de genre – thriller, SF, romance… – con­stituent l’un des pans les plus act­ifs et appré­ciés par le pub­lic de la lit­téra­ture d’aujourd’hui. Elles restent toute­fois tou­jours comme en marge de la ren­trée. Ain­si Livres Heb­do ne compt­abilise-t-il pas ces livres dans son décompte annuel.

Deux reines du thriller fran­coph­o­ne pro­poseront leur nou­veauté à l’automne. Ayant achevé à regret sa série des Folles enquêtes de Magritte et Geor­gette aux édi­tions Robert Laf­font, l’infatigable Nadine Mon­fils se lance dans une nou­velle série crim­inelle cet automne, et passe pour l’occasion chez Ver­so. Comme la précé­dente, elle met­tra en scène un per­son­nage his­torique devenu enquê­teur pour les besoins de la fic­tion. Dès le 3 octo­bre, l’écrivaine dévoil­era ain­si le pre­mier tome des Fleurs du crime de Mon­sieur Baude­laire, inti­t­ulé La femme sans tête. Le 6 novem­bre, Bar­bara Abel présen­tera Ici s’arrête le monde, his­toire d’une famille for­cée de se réfugi­er dans une cave à la suite d’une cat­a­stro­phe et placée alors à l’heure des choix.

En 2024, c’est un pre­mier roman, Mytholo­gie du .12 de Célestin de Meeûs, qui avait été, du point de vue belge, le livre le plus en vue de la ren­trée. Deux pre­miers romans pro­gram­més plus tard dans la sai­son relèvent tous deux de la lit­téra­ture d’anticipation, bien qu’ils soient pub­liés par des maisons général­istes. Dans Le nou­v­el équili­bre, annon­cé le 25 sep­tem­bre chez Robert Laf­font, Amélie Géal nous emmène en 2085, dans les arcanes de l’assemblée plané­taire du vivant, où représen­tants humains et non-humains se côtoient. Le 3 octo­bre, Ayoh Kré Duchâtelet présen­tera La grotte aux pois­sons aveu­gles chez Rot-Bo-Krik, une his­toire située au Con­go en 2065, et noue ques­tions religieuses et poli­tiques.

En Belgique : profusion romanesque d’août à décembre

Dans les maisons d’édition belges aus­si, le roman sera à la fête en ce deux­ième semes­tre, avec des propo­si­tions nom­breuses, qui combleront les lecteurs et lec­tri­ces aux gouts les plus divers.

Les édi­tions M.E.O. se sig­na­lent par la pro­gram­ma­tion la plus vaste, avec au moins un roman prévu chaque mois entre aout et décem­bre. Elles lanceront leur ren­trée dès le 21 aout, avec trois livres. Après le recueil poé­tique En apnée sous ma ban­quise (Abra­pal­abra) paru au print­emps, l’écrivain et édi­teur Claude Don­nay présente son six­ième roman. La dame de la Combe racon­te l’histoire d’un fils venu retrou­ver sa mère mourante, un peu sor­cière, un peu guéris­seuse, qui vit retirée au fond des bois. Enfant rejeté, il voudrait percer le secret de la froideur de sa mère, et celui du mal qui ronge le vil­lage. Comme Claude Don­nay, Ralph Vendôme est un habitué des édi­tions M.E.O., qui avaient pub­lié son recueil de nou­velles Dans quel monde on vit. Cette année, c’est un roman, son pre­mier, que dévoile Ralph Vendôme. Dans la tête d’Elton Munk suit le voy­age intérieur d’Elton Munk, l’un des hommes les plus puis­sants du monde, maitre des tech­nolo­gies nou­velles, qui se rend chez le psy­chi­a­tre pour ten­ter de se com­pren­dre. Avec beau­coup d’humour et un sens de l’anticipation (le livre a été écrit avant la cam­pagne prési­den­tielle vic­to­rieuse de Don­ald Trump), Ralph Vendôme évoque une fig­ure aus­si inquié­tante et qu’emblématique du monde d’aujourd’hui. Jour­nal­iste bien con­nu, Jean-Pol Hecq est entré en lit­téra­ture en 2015 avec la paru­tion de son roman Georges et les drag­ons aux édi­tions Luce Wilquin. Suiv­ront encore un roman en 2017 (Tea time à New Del­hi, Luce Wilquin) et un recueil de nou­velles en 2022 (Moth­er India, Genèse édi­tion). Il fera son retour en aout avec un troisième roman et un nou­v­el édi­teur. L’armée des loups se passe en 2035, alors que la décou­verte d’un loup aux abor­ds d’un petit vil­lage déclenche des réac­tions divers­es : faut-il tuer l’animal ? faut-il créer un parc d’attractions ani­malier ? Pen­dant que le vil­lage s’interroge, un mys­térieux cen­tre d’essais mil­i­taire s’installe à prox­im­ité.

kaquet mon corps fendu

Les édi­tions Bozon2x fer­ont elles aus­si leur ren­trée dès le 21 aout avec un roman posthume de Brigitte Kaquet (1952–2024). L’autrice avait déjà pub­lié Saran­dra chez le même édi­teur. Elle est l’une des fon­da­tri­ces du Cirque Divers, haut-lieu lié­geois de la con­tre-cul­ture, qu’elle racon­te dans Mon corps fendu, mêlant fic­tion et per­son­nal­ités réelles, dans une his­toire d’amitié et d’audace.

brandes cote rue cote jardin

Les édi­tions Accro annon­cent un roman de Philippe Bran­des, Côté rue, côté jardin : une enfance anver­soise, réc­it de l’enfance et de l’adolescence d’un garçon élevé en français à Anvers, entre un père psy­chi­a­tre et catholique et une mère juive, trau­ma­tisée par la guerre.

debrocq nos utopies

Aliénor Debrocq fera elle aus­si sa ren­trée dès 21 aout, aux édi­tions CFC. Nos utopies est une fic­tion bâtie à par­tir de travaux d’étudiants sur les utopies urbaines. En toile de fond : la gen­tri­fi­ca­tion, le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, et le rôle de l’ar­chi­tec­ture face à ces défis.  

coljon sijou

Sep­tem­bre sera lui aus­si riche en paru­tions. Jour­nal­iste musi­cal bien con­nu, Thier­ry Coljon est égale­ment romanci­er. Son nou­v­el opus, Sijou, est annon­cé aux édi­tions Lamiroy pour le 1er sep­tem­bre. His­toire de Pierre et Michèle dite Sijou, nés dans les années 1950 à six jours d’intervalle, le livre racon­te com­ment la vie va sépar­er ceux qui ne se quit­taient pas dans leur enfance.

soil l'année nonante

À la mi-sep­tem­bre, il sera beau­coup ques­tion d’Europe de l’Est avec la sor­tie de L’année nonante de Daniel Soil aux édi­tions M.E.O. L’auteur, fidèle de la mai­son (Petite plai­sance, L’avenue, la kas­bah, Agdez, dernière page), mêle ici l’histoire per­son­nelle de son per­son­nage prin­ci­pal avec de grands événe­ments de l’année nonante : la libéra­tion de la Tché­coslo­vaquie du joug com­mu­niste et l’éclatement de la Yougoslavie. 

Loin de ces turpi­tudes, Edith Soon­ckindt nous con­vie quant à elle, dès le 20 sep­tem­bre, à un voy­age ini­ti­a­tique et mer­veilleux avec Les sept clés du Roy­aume des pluies, à paraitre chez Mael­ström reEvo­lu­tion. Il sera ques­tion ici notam­ment d’une con­trée dévastée, le Roy­aume des pluies, d’épreuves, de mon­stres repous­sants, et de rats géants, rassem­blés dans un con­te onirique et poé­tique.

lefebvre rapsaet a fleur de mémoire

En sep­tem­bre tou­jours, les édi­tions du Cerisi­er pub­lieront un réc­it de Mar­i­anne Lefeb­vre-Raep­saet, À fleur de mémoires, qui tente de recon­stru­ire le par­cours d’une femme, déportée à Ravens­brück.

Relancées depuis le print­emps 2025, les édi­tions Onlit renouent avec une ligne édi­to­ri­ale dédiée à la fic­tion et aux écri­t­ures con­tem­po­raines. Deux romans sont annon­cés pour le 24 sep­tem­bre, tous deux signés par des autri­ces mai­son. Véronique Bergen, tout d’abord, que l’on ver­ra à de nom­breuses repris­es en cette ren­trée. Elle qui a déjà pub­lié chez Onlit Tous doivent être sauvés ou aucun, Guéril­la, Icône H. Hélène de Troie, et Écume, livr­era cette année Le col­lec­tion­neur. Comme pour Mar­i­anne Lefeb­vre-Raep­saet, il sera aus­si ques­tion de la Deux­ième guerre mon­di­ale, et plus par­ti­c­ulière­ment de la spo­li­a­tion par les nazis des biens et œuvres d’art appar­tenant aux Juifs. Autre habituée des édi­tions Onlit où elle avait notam­ment pub­lié Cent jours sans Lily, Aliénor Debrocq y pub­liera cette année Slash, dans lequel elle nous invite à suiv­re le par­cours d’une femme, de l’en­fance à l’âge adulte, entre affir­ma­tion de soi et vio­lence subie. 

outers le commencement l'éternité

Avec une ligne édi­to­ri­ale qui fait la part belle aux essais, Les Impres­sions nou­velles pub­lient des romans avec parci­monie – c’était Nos ven­dredis de Nathalie Mar­quès à la ren­trée dernière, ou, l’année précé­dente, Ça brille encore de Béné­dicte Lotoko et Mon nom ne vous dira rien de Jean-Luc Out­ers. Ce dernier revient le 3 octo­bre avec Le com­mence­ment, l’éternité. Entre sou­venirs per­son­nels de l’auteur et médi­ta­tion sur l’enfance et la vieil­lesse, ce réc­it suit les pas d’un nar­ra­teur qui se remé­more son enfance, et cette mai­son où vivaient ensem­ble ses frères et sœurs, ses cousins et ses cousines, nés de deux sœurs jumelles insé­para­bles.

Le 7 octo­bre, deux auteurs entreront offi­cielle­ment au cat­a­logue des édi­tions M.E.O. Julien Léonard présen­tera Thomas J. Will­son, ses filles, son fils, et la fin des temps, his­toire d’un père veuf et de ses trois enfants soudain con­fron­tés à une pénurie de Choco pops au super­marché, puis à des scènes d’apocalypse dans les rues, et qui, sous la con­duite de la fille cadette, se lan­cent dans un road-movie avec l’espoir de se sauver de cette sit­u­a­tion. Ancien recteur de l’Unamur, Naji Habra signe Cha­di est per­du : sept scouts qui ont fui Damas se retrou­vent, adultes, dans la baie de Naples. Ils évo­quent leur passé com­mun, mais aus­si Cha­di, l’un des leurs qui s’est opposé à la dic­tature syri­enne et dont ils ont per­du la trace.

Il sera aus­si ques­tion d’Orient et d’exil dans Le par­fum du safran, co-signé par Michel Claise et Amer­ian Ali, à paraitre le 17 octo­bre chez Genèse édi­tion. L’histoire est celle d’un cou­ple bel­go-iranien bien inté­gré, dont la vie bas­cule lorsqu’il apprend la mort de Mah­sa Ami­ni, battue à mort par la police des mœurs à Téhéran. Dès ce moment, Reza et Neda se lan­cent dans de nom­breuses actions de sou­tien au peu­ple iranien, se heur­tant sou­vent à l’indifférence des autorités européennes. Tout autre atmo­sphère pour Retour à la vie risquée de Dominique Van Cot­them. Après Adèle, Répar­er nos silences et Les eaux assas­sines, l’autrice pour­suit son com­pagnon­nage avec Genèse pour un roman qui racon­te l’histoire d’un homme et une femme, lui sor­tant de prison, elle qui vient de per­dre son mari et sa sœur et va renon­cer à l’héritage. Ils se ren­con­trent par hasard dans un train et se sen­tent immé­di­ate­ment attachés l’un à l’autre, mal­gré leurs pro­fondes blessures.

Vio­laine Lison est l’autrice de deux livres remar­qués, tous deux parus aux édi­tions Esper­luète, Ce soir on dort dans les arbres et Vous étiez ma mai­son, à la fron­tière entre la poésie et le con­te.  Elle reste fidèle à la mai­son d’édition de Noville-sur-Mehaigne pour son troisième opus, Lequel de nous portera l’autre ?, à paraitre le 17 octo­bre. Elle y évoque les car­nets d’un bran­car­dier mobil­isé pen­dant la Pre­mière guerre mon­di­ale, Léonce Delaunoy, la beauté de l’écriture du jeune homme, son évo­ca­tion de la nature, et entretisse ces car­nets avec son enquête pour retrou­ver les morceaux man­quants de la vie de Léonce. Elle décou­vre ain­si que ces cahiers intimes ont été recopiés et expurgés par un ami pour y gom­mer à la fois les pas­sages dénonçant l’absurdité de la guerre et la rela­tion amoureuse du bran­car­dier avec un jeune homme. Le livre est ain­si à la fois l’histoire de Léonce et celle de l’enquête de Vio­laine Lison à son pro­pos.

meganck van kroetsch 5

À la même péri­ode, aux édi­tions Lamiroy, Marc Meganck pour­suiv­ra sa série poli­cière Van Kroetsch, avec un cinquième tome, La fille du rooftop 58, tou­jours solide­ment ancré dans son cadre brux­el­lois. Le livre sera présen­té à l’occasion d’un gala célébrant les 20 ans d’écriture de l’auteur. Après le Brux­elles de Marc Meganck, les ama­teurs de sus­pense décou­vriront le Liège d’Alexan­dre Lol­lo. Son thriller, À l’épreuve du vice, est annon­cé en novem­bre aux édi­tions Empaj.

Mi-octo­bre, les édi­tions Sam­sa pro­poseront trois romans qui allient his­toire et dépayse­ment. Avec La quête de Juliàn, Gilbert Jour­dan nous emmène en Amérique du Sud à la suite d’un mys­térieux Belge qui débar­que, cher­chant man­i­feste­ment quelque chose de pré­cis. Quelques mois après Venise n’expose qu’elle-même, Yves-William Delzenne revient avec Les amis sont des bêtes ordi­naires. On quitte cette fois la Sérénis­sime pour Dunkerque, mais il y sera à nou­veau ques­tion d’art, et plus par­ti­c­ulière­ment d’un tableau de Gui­do Reni. Michel Ros­ten signe L’univers de Maxime Sere­brakian ou les tribu­la­tions de trois pachas (1869 — 1922) : du 19e siè­cle à la Pre­mière guerre mon­di­ale, on suit avec l’auteur le des­tin d’un pianiste d’origine arméni­enne, entre la Russie, l’Empire ottoman, la Bel­gique et les États-Unis, dans un monde à feu et à sang.

Après son pre­mier roman Sal­ly paru en 2021, Nathanaëlle Pirard pour­suit sa route avec les édi­tions Mur­mure des soirs pour Loin d’Eden, à paraitre le 30 octo­bre. Une vieille dame croise le fan­tôme de l’une de ses amies d’enfance. Elle lui con­fie un secret issu de son passé, qui devrait l’aider à affron­ter sa pro­pre exis­tence.

guilbau papy en cavale

La ren­trée des édi­tions Lilys sera romanesque elle aus­si, avec Papy en cav­ale, signé par Brigitte Guil­bau (déjà autrice dans la même mai­son de Jörg Oeuil et Le pré­maturé qui voulait naître sous le signe du scor­pi­on et tutoy­er les étoiles), his­toire d’un attachant octogé­naire qui décide de fuir la mai­son de retraite en quête de sou­venirs et de sen­sa­tions.

marichal les duppont ne courent pas les rues

Le 6 novem­bre, les édi­tions M.E.O. présen­teront un pre­mier roman, celui d’Alain Marichal, Les Dup­pont ne courent pas les rues. Qual­i­fié de « romanou­velles » par l’éditeur, il suit un jour­nal­iste dans les années 1970, qui récolte des tranch­es de vie de gens ordi­naires. Jour­nal­isme d’un autre genre aux édi­tions du Cerisi­er. La mai­son présen­tera un réc­it de Jean-Marie Chau­vi­er, Rosine, le par­ti et moi. L’auteur revient sur sa col­lab­o­ra­tion, ini­tiée dans les années 1960, avec Rosine Lewin, rédac­trice en chef du Dra­peau rouge alors que l’écrivain en était le cor­re­spon­dant per­ma­nent à Moscou.

Les édi­tions M.E.O. pub­lieront encore deux romans le 9 décem­bre. Luce Caron signe avec Comme un 25 décem­bre un ouvrage de sai­son, dans lequel elle imag­ine une réu­nion de famille pour Noël, et des invitées – trois sœurs que leur père cherche à rassem­bler – aux par­cours de vie bien dif­férents, qui n’ont pas vrai­ment envie de se voir. Con­texte sco­laire pour Mar­tine Roland et son Pomme de rainette et pomme d’api. Camille, élève sage, est fascinée par le nou­v­el élève de la classe, un mar­gin­al à l’histoire famil­iale chao­tique et aux rela­tions trou­bles.

Les nouvelles, des valeurs sûres

Genre con­sid­éré comme « de niche », la nou­velle con­nait une vivac­ité édi­to­ri­ale qui ne se dément pas en Bel­gique fran­coph­o­ne. Entre nou­velles ini­tia­tives et con­fir­ma­tions, l’automne sera encore en fic­tions cour­tes.

collectif les bonnes révolutions

Les maisons qui défend­ent habituelle­ment le genre seront évidem­ment au ren­dez-vous de cette ren­trée. Ain­si, les édi­tions Ker pro­poseront avec Les bonnes révo­lu­tions (à paraitre le 12 sep­tem­bre) un recueil col­lec­tif, dans la lignée de L’heure du leurre ou des Bâtis­seurs. Signés par Nico­las Ancion, Frank Andri­at, Flo­rence Aubry, Fabi­enne Blanchut, Geneviève Damas, Patrick Delper­dan­ge, Vin­cent Engel, Armel Job, Gré­goire Polet, Omar Radi, Ingrid Thobois et Jean-Christophe Tix­i­er, les textes qui com­posent l’ouvrage explorent ce moment où l’on choisit de s’impliquer, de ne plus rester sim­ple spec­ta­teur de l’injustice. Chaque texte évoque une facette de l’engagement.

Bel­giques, la col­lec­tion emblé­ma­tique des édi­tions Ker, s’enrichira en octo­bre de cinq nou­veaux vol­umes. Chaque auteur ou autrice est invité à livr­er, par le biais d’un recueil de nou­velles, son image per­son­nelle et mosaïque de la Bel­gique. Après Com­ment (et pourquoi) j’ai mangé mon amant aux édi­tions Onlit et C’est repar­ti ! à la Pierre d’alun (cosigné avec Kikie Crêve­coeur) parus en 2023, Pas­cale Fonte­neau con­firme son retour sur la scène lit­téraire. Son Bel­giques pro­pose un por­trait humoris­tique de Brux­elles. Kenan Görgün tire quant à lui le thème imposé de la col­lec­tion vers le domaine de la dystopie, tan­dis que Corine Jamar s’attache à la vie quo­ti­di­enne de la bour­geoisie belge. Joce­lyne Des­seille opte pour la palette de l’humour et de la ten­dresse. Alexan­dre Mil­lon, enfin, situe ses nou­velles en Wal­lonie et jette sur la Bel­gique un regard empreint de poésie et d’humour.

L’automne sera d’ailleurs forte­ment mar­qué par la nou­velle pour Alexan­dre Mil­lon. À côté de son Bel­giques, il pub­liera en effet Bérose et moi aux édi­tions Mur­mure des soirs, dans la col­lec­tion « Brèves du soir », dédiée aux textes courts. L’écrivain est un habitué de la mai­son, où il a déjà fait paraitre plusieurs livres, dont le recueil de nou­velles Les heures claires. Annon­cé le 30 octo­bre, Bérose et moi voisin­era avec une autre nou­veauté de la même col­lec­tion : Une quinte de toux de Béa­trice Lib­ert.

Les édi­tions Quad­ra­ture fêteront leur vingtième année d’existence cet automne. Vingt années au cours desquelles la mai­son s’est érigée comme une référence fran­coph­o­ne dans le domaine de la nou­velle. Deux nou­veaux livres d’auteurs belges sont au pro­gramme de cette ren­trée. Prévu en novem­bre, Pas si seul est le pre­mier recueil de nou­velles de Pierre-Yves Bolus, com­posé de vingt-trois textes où les malen­ten­dus voisi­nent avec les moments de soli­tude. Auteur en 2022 du plébisc­ité Le père que tu n’auras pas, Luc Leens revien­dra en décem­bre 2025 avec Sac de nœuds, un recueil dont les textes racon­tent des per­son­nages tour à tour con­fron­tés à l’absurde, au sub­lime, à la ten­dresse, à la vio­lence – à tous ces ingré­di­ents qui font le quo­ti­di­en.

Très actives elles aus­si dans le domaine de la nou­velle, les édi­tions Lamiroy se dis­tinguent par leur affran­chisse­ment du for­mat recueil, qui pré­vaut dans le domaine de la nou­velle. Les (petits) vol­umes des col­lec­tions « Opus­cules » et « Cré­pus­cules » ne com­por­tent ain­si qu’un seul texte bref. L’éditeur pro­pose en out­re une for­mule d’abonnement. Récem­ment, la mai­son a ini­tié une autre série de textes courts, Cette année-là. Chaque auteur écrit une nou­velle qui se passe l’année de sa nais­sance. Plusieurs tomes de la col­lec­tion sont atten­dus en sep­tem­bre. Séri­al­ité aus­si avec Thier­ry Coljon remet le cou­vert. L’écrivain et jour­nal­iste ne pub­liera pas seule­ment le roman Sijou en cette ren­trée : de sep­tem­bre à décem­bre, il pub­liera aus­si une série d’entretiens imag­i­naires. Sur les bases des entre­tiens et déc­la­ra­tions de dif­férents artistes, l’écrivain recrée un dia­logue avec eux.

Out­re ces maisons qui accor­dent une place de choix sinon exclu­sive à la nou­velle, d’autres qui la pra­tiquent plus occa­sion­nelle­ment seront aus­si présentes en cette ren­trée.

La fic­tion courte se déclin­era ain­si dans le domaine du con­te avec Septen­tri­on d’Anton Kouzemin, annon­cé pour fin sep­tem­bre aux édi­tions Aux Palais out­re-ponts. Aux édi­tions Esper­luète, Myr­i­am Mallié avait, dans Le cer­cueil de verre, procédé à une relec­ture-réécri­t­ure d’un con­te de Grimm. Avec Un château, le silence, atten­du le 7 novem­bre tou­jours chez Esper­luète, l’autrice se pro­pose de « con­ter d’une voix fémin­iste un réc­it aux pro­tag­o­nistes mas­culins » et d’interroger la place des femmes dans l’univers des con­tes.

L’automne en poésie

Pour la 5ème année con­séc­u­tive, maisons d’édition, auteurs et lecteurs de poésie se don­neront ren­dez-vous en sep­tem­bre (du 19 au 21) pour le Poet­ik Bazar. Cet événe­ment fédéra­teur déter­mine pour par­tie le cal­en­dri­er des paru­tions poé­tiques du deux­ième semes­tre.

Les édi­tions Abra­pal­abra lanceront la sai­son poé­tique avec trois recueils prévus le 26 août – preuve qu’elles n’ont rien per­du du dynamisme de l’Arbre à paroles en en aban­don­nant le nom. À vous je dois mon ciel plus bleu d’Aurélien Dony rassem­ble les poèmes écrits dans le cadre du fes­ti­val Voix vives 2024 dont l’au­teur était l’un des invités. Directeur de la Mai­son de la poésie d’Amay, en charge des édi­tions Abra­pal­abra et mael­strÖm reEvo­lu­tion, David Gian­noni est aus­si poète et présen­tera un nou­veau recueil, Du geste je garde la mémoire. Lau­rence Vielle com­plétera le trio de la ren­trée avec Les vies de Jésus, un recueil où elle imag­ine Jésus en voisin, en poète, en être aux mille vis­ages qui nous fait réfléchir à notre pro­pre exis­tence. Il s’agira du pre­mier recueil indi­vidu­el de Lau­rence Vielle aux édi­tions Abra­pal­abra, après des par­tic­i­pa­tions à plusieurs entre­pris­es col­lec­tives de la mai­son, comme Bel­gium Bor­de­lio.

thérapoetiques s'ancrer

Mael­strÖm reEvo­lu­tion s’avance groupé en cette ren­trée avec S’ancrer, par le col­lec­tif Thérapoé­tiques. Quar­ante-qua­tre voix poé­tiques s’unissent pour ce vol­ume inau­gur­al de la col­lec­tion « ThéraPoésie », qui pro­posera des recueils col­lec­tifs dont les voix soignent par les mots.  

Le Coudri­er prévoit deux recueils à la mi-sep­tem­bre, par deux auteurs habitués de la mai­son : Venir à soi de Pas­cal Feyaerts et Ver­so de l’ombre de Philippe Col­mant. Ces poètes seront rejoints en décem­bre par Tris­tan Sauti­er, qui pub­liera le recueil Miroy­ances.

cholz trois pour cent sauvage

Après Pipeline (Le seuil) qui lui a valu une nom­i­na­tion pour le Rossel et le prix Sen­g­hor du pre­mier roman, Rachel M. Cholz revient aux édi­tions La let­tre volée, qui avaient pub­lié son pre­mier livre, No ou le pactole. Trois pour cent sauvages est un mono­logue poé­tique tiré d’un texte conçu pour la scène. L’autrice racon­te la vie ordi­naire en rap­por­tant tout au cal­cul, aux pour­cent­ages et tente de trou­ver dans ces chiffres mêmes la poésie. Paru­tion le 17 octo­bre.

Vin­cent Tholomé sera de retour en librairie avec L’existence, à paraitre aux édi­tions Dernier télé­gramme. Né de textes décou­verts lors d’une URBEX, ce livre dit la joie et le chaos de l’existence.

D’autres paru­tions autom­nales nous ont été annon­cées sans date pré­cise. Les édi­tions Bleu d’encre ajouteront qua­tre nou­veaux recueils poé­tiques à leur cat­a­logue. Après Là où s’étreignent les silences chez le même édi­teur, Anne-Marielle Wilw­erth présen­tera La haute cou­ture de l’infime. Suzy Cohen revient aux édi­tions Bleu d’encre avec Nous sommes l’algorithme du vent, et Maarten Embrechts, dont Les mots qu’il faut avait paru en 2023, signe cet automne Le non avenu. Ces trois habitués seront accom­pa­g­nés de Chris­t­ian Libens. Auteur ces dernières années de romans (Les seins des saintes, Quelques années leurs pous­sières, Weyrich) et nou­velles (Sève de femmes, Weyrich), l’écrivain n’avait plus pub­lié de poésie depuis Ciné­ma, paru à La Dérive en 1991. Il revient au genre cette année avec le recueil Les arbres marchent.

Les édi­tions L’arbre de Diane pub­lieront deux livres de poésie. Mem­bre du col­lec­tif L‑Slam, Raïs­sa Yowali a par­ticipé aux ouvrages col­lec­tifs On ne s’excuse de rien II et (Grands-)mères en lumière. Elle présen­tera cette année son pre­mier livre, inti­t­ulé Les mille soleils de Busu Jano, un voy­age entre Afrique et Europe, de Kin­shasa à Brux­elles. La mai­son d’édition pub­liera une autre pre­mière œuvre, celle d’Héloïse Husquinet, Couler le soleil con­tre ma joue.

brogniet le nuage et la riviere

L’essayiste, poète et académi­cien Éric Brog­ni­et pub­liera un nou­veau recueil poé­tique au Tail­lis Pré, Le nuage et la riv­ière.

Théâtre à lire

L’arrivée de l’automne s’accompagne du retour des spec­ta­teurs dans les salles de théâtre. Mais le théâtre à lire fera lui aus­si sa ren­trée, avec plusieurs pub­li­ca­tions pro­gram­mées dans les maisons d’édition dédiées à ce genre lit­téraire exigeant.

Référence en la matière, les édi­tions Lans­man annon­cent une ren­trée où quelques-uns de leurs auteurs et autri­ces-phares seront présents. À com­mencer par Daniela Ginevro, dont À l’ombre des marées sor­ti­ra en aout. En octo­bre, Céline Del­becq, récente lau­réate de l’Espiègle de lit­téra­ture dra­ma­tique pour À cheval sur le dos des oiseaux, co-sign­era Le silence avec Claire Lagrange. En novem­bre, deux autres grands noms de la mai­son présen­teront leur nou­velle pièce : Stanis­las Cot­ton pour Léopol­dine et Alex Lorette pour Au tra­vers de la gorge. En octo­bre (sous réserve), la comé­di­enne et mar­i­on­net­tiste Anaïs Pellin pub­liera aus­si sa pre­mière pièce, La Befana, avec des illus­tra­tions de Cater­ine Pellin.

Con­traire­ment aux édi­tions Lans­man, les édi­tions du Cerisi­er sont une mai­son général­iste, dont le cat­a­logue com­porte des romans, des recueils de nou­velles et des essais. Dans le domaine du théâtre, cet édi­teur défend avec con­stance le théâtre-action et pub­liera deux nou­velles pièces en octo­bre, deux pro­jets du Théâtre de la Renais­sance : Pacé­nous et Mou du ven­tre de Jean Vangee­ber­gen.

jauniaux le livre volé

Jusqu’i­ci édi­teur de romans et de réc­its de vie, Le lion z’ailé lancera dès sep­tem­bre une col­lec­tion de théâtre. Le pre­mier vol­ume annon­cé est Le livre volé et autres mono­logues de Jean Jau­ni­aux

Des essais pour comprendre le monde

Les essais for­ment tra­di­tion­nelle­ment une part impor­tante des pub­li­ca­tions d’automne, offrant au lecteur une matière à réflex­ion dans des sujets var­iés.

Écrivains et artistes en analyse

dellisse le temps de l'écrivain

La lit­téra­ture, les écrivains et les arts seront au cœur de plusieurs livres cet automne. Poly­graphe, Luc Del­lisse est l’auteur de recueils de nou­velles, de romans et d’essais. Avec Le temps de l’écrivain, à paraitre le 2 sep­tem­bre aux Impres­sions nou­velles, il livre une médi­ta­tion sur le méti­er d’écrivain à une époque et dans un monde où la lit­téra­ture va mal. Il pour­suit ain­si une réflex­ion entamée dans Un sang d’écrivain (La let­tre volée, 2020).

Si Luc Del­lisse s’intéresse à l’écrivain en général, d’autres essay­istes se sont au con­traire penchés sur cer­tains auteurs en par­ti­c­uli­er. La col­lec­tion « L’article » des édi­tions Lamiroy pro­pose ain­si chaque mois une brève analyse d’un auteur ou une autrice. La livrai­son de sep­tem­bre, inti­t­ulée Marc Meganck… et les autres et signée Aurélie Rus­sanows­ka, met en avant l’historien et écrivain, auteur entre autres de la série poli­cière Van Kroetsch. En octo­bre, François Crunelle trait­era de l’auteur des Trois mous­que­taires dans Alexan­dre Dumas, chas­seur de têtes.

Les édi­tions de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique con­tribueront large­ment à la con­nais­sance des écrivains belges avec la paru­tion, en sep­tem­bre, d’un livre de Chris­tine Bini con­sacré à l’œuvre de l’un des mem­bres de l’Académie : L’envol et le sil­lon. L’œuvre romanesque de Jean Claude Bologne. Fin novem­bre paraitra Écrivains de Wal­lonie, actes du col­loque du même nom organ­isé en avril. Il y est notam­ment ques­tion d’Hubert Krains, de Con­stant Mal­va, de Jean Tou­sseul ou encore de Louis Piérard. Les con­tri­bu­tions sont dues à Michèle Baron, Éric Brog­ni­et, Daniel Charneux, José Fontaine, Jean Jau­ni­aux, Marc Lamb­o­ray, Richard Miller et Jacques Van­den­broucke.

Bien que plusieurs de ses romans soient atten­dus cet automne, Véronique Bergen ne délaisse pas pour autant l’essai. Après Karl Lager­feld et Alexan­der McQueen, elle pour­suit son explo­ration de l’art des grands cou­turi­ers pour la col­lec­tion de beaux-livres pub­liée par EPA. Ce sera cette fois Vivi­enne West­wood et Jean-Paul Gaulti­er.

La biographie d’un explorateur…

verlinden le pionnier de l'antarctique

Dédiées aux voy­ages et à la con­nais­sance des ter­res loin­taines, les édi­tions Nevi­ca­ta pub­lieront en novem­bre la biogra­phie d’une fig­ure mar­quante de l’histoire de Bel­gique : Adrien de Ger­lache, qui a mené une expédi­tion exploratoire en Antarc­tique en 1897 et dont le navire, le Bel­gi­ca, a été pris dans les glaces. Avec Adrien de Ger­lache, pio­nnier de l’Antarctique, Jozef Ver­lin­den signe la pre­mière biogra­phie du grand explo­rateur, mon­di­ale­ment célèbre en son temps pour avoir survécu, avec son équipage, au ter­ri­ble hiv­er antarc­tique. Le livre s’attache aus­si aux autres facettes d’un per­son­nage hors norme : le pro­mo­teur des sci­ences, l’écrivain tal­entueux (Quinze mois dans l’Antarctique, le réc­it de son aven­ture polaire, a été réédité dans la col­lec­tion « Espace Nord »), le com­mis­saire et directeur de divers­es com­pag­nies mar­itimes, le diplo­mate, l’homme poli­tique et le patri­ote.

… et celle d’un écrivain

collard klaus

Gilles Col­lard s’in­téressera quant à lui à la vie antifas­ciste de l’écrivain alle­mand Klaus Mann, dans Klaus, à paraitre le 10 sep­tem­bre aux édi­tions Cli­mats. Une biogra­phie qui évoque à la fois l’oeu­vre du fils de Thomas Mann et son com­bat con­tre le nazisme. 

Manières d’habiter le monde

À la ren­trée 2021, Jere­mie Brugi­dou avait fait forte impres­sion avec son pre­mier roman, Ici, la Béringie paru aux édi­tions de l’Ogre. Il y lais­sait déjà appa­raitre quelques-uns des points essen­tiels de son imag­i­naire et de son tra­vail : les glaces, la cohab­i­ta­tion entre les dif­férentes formes de vivant, et la bio­lu­mi­nes­cence. Il fera sa ren­trée chez le même édi­teur, mais cette fois dans le genre de l’essai avec Bes­ti­aire de lumière : vers une anthro­polo­gie de la bio­lu­mi­nes­cence, à paraitre le 22 aout. Un livre dans lequel il invite à repenser la place que prend l’humain dans le monde.

ringlet des rites pour la vie

Prêtre, écrivain et académi­cien, Gabriel Ringlet pub­lie la plu­part de ses essais aux édi­tions Albin Michel. Il y livre une réflex­ion sur le monde d’aujourd’hui ali­men­tée par sa pra­tique liturgique, sa con­nais­sance des textes bibliques et les rela­tions qu’il a nouées tout au long de son exis­tence. Albin Michel annonce la paru­tion de son nou­veau livre, Des rites pour la vie : célébr­er tous les pas­sages de l’ex­is­tence, les douleurs comme les joies le 27 aout. L’auteur y développe sa con­vic­tion absolue de la néces­sité de rites pour les moments de « pas­sage », joyeux ou non, et que l’on soit croy­ant ou non.

hardy travail social et éthique des droits humains

En sep­tem­bre, les édi­tions du Cerisi­er présen­teront un essai de Jof­froy Hardy, Tra­vail social et éthique des droits humains, dans lequel l’auteur pro­pose de refonder les organ­i­sa­tions à final­ité sociale à la lumière de la Déc­la­ra­tion uni­verselle des droits humains et des principes de la démoc­ra­tie.

Questions d’actualité

Le 12 sep­tem­bre, les édi­tions Ker pro­poseront un manuel élaboré par Vir­ginie Tyou, visant à répon­dre à la néces­sité de penser le rap­port des enfants au numérique. Édu­quer au numérique par les émo­tions et la per­cep­tion est des­tiné aux par­ents et aux enseignants, et pro­pose des ate­liers pra­tiques où inter­vi­en­nent les émo­tions et les expéri­ences partagées, pour amen­er les enfants à éla­bor­er des choix con­scients dans leur pra­tique numérique.

khader palestine un silence assourdissant

C’est à un autre sujet d’actualité que s’intéressera Bichara Khad­er dans son essai Pales­tine. Un silence assour­dis­sant, à paraitre chez Sam­sa le 16 octo­bre. L’intellectuel et essay­iste, spé­cial­iste du monde arabe, livre ici une réflex­ion sur l’histoire du peu­ple pales­tinien, et sur la respon­s­abil­ité de l’Europe dans la sit­u­a­tion au Proche-Ori­ent, qui a débouché sur les événe­ments du 7 octo­bre 2023.

collectif actualité de marcel hicter 2

Tou­jours engagées, les édi­tions du Cerisi­er pub­lieront, respec­tive­ment en sep­tem­bre et décem­bre, les 2ème et 3ème vol­umes de Pour une démoc­ra­tie cul­turelle. Actualité(s) de Mar­cel Hicter. Les auteurs y insis­tent sur la néces­sité d’une édu­ca­tion poli­tique pour lut­ter con­tre la mon­tée des fas­cismes et s’interrogent sur le con­di­tion­nement des esprits et ses con­séquence aujourd’hui.

Avec la pre­mière édi­tion en franças de Pourquoi la cri­tique est-elle à court de car­bu­rant ? de Bruno Latour (dans une tra­duc­tion de Déb­o­rah Brosteaux et Renaud-Selim San­li), intro­duite par Didi­er Debaise et com­men­tée par Alice Mor­ti­aux, les édi­tions Météores traduisent elles aus­si une inquié­tude vis-à-vis des forces réac­tion­naires à l’œuvre aujourd’hui, qui se récla­ment de la post-vérité. Le livre mon­tre l’impasse de la cri­tique qui à force de décon­stru­ire, aboutit à un scep­ti­cisme général­isé et à une méfi­ance vis-à-vis des faits eux-mêmes. Loin de se can­ton­ner à ce con­stat, l’essai pro­pose des chemins pour sor­tir la démarche cri­tique de l’impasse.

Intime et universel

somville humoresques

On se sou­vient du Jour­nal de la peste de Pierre Somville (Tail­lis Pré) dans lequel l’auteur com­men­tait les journées som­bres du con­fine­ment. Il revient à la ren­trée, tou­jours sur le mode des réflex­ions intimes et per­son­nelles avec Humoresques. Humeurs, aigreurs et sig­na­tures, à paraitre chez Sam­sa. L’écrivain dévoile ses agace­ments, les tra­vers du monde d’aujourd’hui avec tou­jours un maitre-mot : la bien­veil­lance.

De l’intime à l’universel aus­si avec le Jour­nal de Marie Uguay, à paraitre aux édi­tions L’arbre de Diane.

Philippe Boxho est toujours là

boxho la mort c'est ma vie

Avec des ouvrages qui rela­tent et analy­sent les affaires les plus sail­lantes de sa car­rière de médecin légiste, Philippe Box­ho est devenu un best-sell­er en Bel­gique et en France. Fidèle à sa mai­son d’édition Kennes, il pub­liera le 4ème tome de ses aven­tures médi­co-légales le 27 aout. Après Les morts ont la parole, Entre­tien avec un cadavre, et La mort en face, il présen­tera cette fois La mort, c’est ma vie, où il applique en out­re ses méth­odes d’analyse à l’étude du linceul de Turin.

vaquera maniguidance

Comme Philippe Box­ho, Car­los Vaque­ra s’inspire lui aus­si de sa pra­tique pro­fes­sion­nelle pour son nou­veau livre, Manigu­id­ance. Art d’in­flu­encer ses sem­blables par des tech­niques d’il­lu­sion­nisme et de men­tal­isme (Lamiroy, 1er sep­tem­bre). Pres­tidig­i­ta­teur et men­tal­iste, il se pro­pose dans cet ouvrage de trans­met­tre à ses lecteurs et lec­tri­ces quelques-uns de ses trucs pour aigu­is­er leur pou­voir d’influence sur les autres.

Texte et image en dialogue

Quelques ouvrages se dis­tinguent par le dia­logue qu’ils ini­tient entre texte et image.

wuidar normographes

La cohab­i­ta­tion entre mots et images est au cœur de la ligne édi­to­ri­ale de La Pierre d’alun, et sin­gulière­ment de la col­lec­tion de petits for­mats à spi­rale « La petite pierre ». Le vol­ume pro­gram­mé pour le mois d’aout ne dérogera pas à cette règle. Le pein­tre Léon Wuidar signe les textes de Nor­mo­graphes, des réflex­ions brèves, tan­dis que les images sont con­fiées à Jonathan Stee­landt.

Skivée Je trace

Lau­rence Skivée est à la fois écrivaine et plas­ti­ci­enne. La let­tre volée a pub­lié l’essentiel de son œuvre lit­téraire, dont les derniers ouvrages en date os cuil­lère et Déten­trice. Je trace, à paraitre le 12 sep­tem­bre, rassem­ble ses dessins d’animaux, sou­vent réal­isés d’un sim­ple trait, et les pro­longe de textes brefs, de quelques mots. Dia­logue entre texte et image, le livre est aus­si un échange entre le monde de l’enfance, celui de ces dessins, et le monde de l’adulte, celui des mots.

En sep­tem­bre égale­ment, l’Âne qui butine pub­liera trois livres pour lancer sa nou­velle col­lec­tion, « Amphis­bène ». Une nou­velle série au cahi­er des charges très pré­cis : des livres écrits et illus­trés à qua­tre mains, reliés à la main et numérotés, com­por­tant 7 illus­tra­tions en quadri réal­isées en cadavre exquis, une cou­ver­ture cal­ligraphiée par les auteurs et une qua­trième de cou­ver­ture rédigée par eux-mêmes et com­mençant par le mot « ça ». Dans chaque vol­ume se trou­ve en out­re une recette de cui­sine. Les trois duos qui lan­cent le con­cept sont Christoph Bruneel et David Bess­chops avec En quête du P, Christoph Bruneel et José Van­den­broucke avec NU & Con­tinu et Anne Letoré et Françoise Lison-Leroy avec Col­lec­tions après usages.

donjean souvenirs ardents

Les édi­tions Bozon2x pré­par­ent une ren­trée résol­u­ment lié­geoise. Le roman de Brigitte Kaquet sur le Cirque Divers sera en effet rejoint sur les tables des libraires par Sou­venirs ardents. Un regard sur la ville de Liège de Jacques Don­jean, un ouvrage com­posé à la fois des pho­togra­phies de l’auteur et de textes per­son­nels, ain­si que de cita­tions. Le pho­tographe et réal­isa­teur cherche ain­si à cern­er le mys­tère de Liège, une ville qui échappe tou­jours, même à ceux qui la con­nais­sent bien.

plissart droits de regard

Enfin, Les Impres­sions nou­velles rééditeront Droit de regards, un auda­cieux et nova­teur roman-pho­to de Marie-Françoise Plis­sart, ini­tiale­ment pub­lié aux édi­tions de Minu­it en 1985, et assor­ti d’une sub­stantielle post­face de Jacques Der­ri­da.

Une littérature patrimonialisée

Espace Nord pour­suit son tra­vail de pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion de la lit­téra­ture belge d’hier et d’aujourd’hui. Qua­tre vol­umes sont pro­gram­més au deux­ième semes­tre, en deux salves. Le 2 sep­tem­bre, lec­tri­ces et lecteurs (re)découvriront Baigneuse nue sur un rocher d’Armel Job. Un roman qui s’offre comme la quin­tes­sence de l’œuvre de l’auteur et académi­cien : le scan­dale éclate quand des vil­la­geois décou­vrent que l’une des leurs a posé nue pour un tableau peint par un artiste juif et ancien résis­tant. Les prudes réac­tions sus­citées par la nudité dans le tableau cachent en réal­ité des rancœurs, secrets et rival­ités qui remon­tent à l’Occupation. Cette réédi­tion s’ac­com­pa­gne d’une nou­velle post­face. Le roman d’Armel Job voisin­era en librairie avec J’arrive à la mer et autres textes, un vol­ume qui rassem­ble trois recueils poé­tiques de Karel Logist : J’arrive à la merForces d’inertie et Le sens de la vis­ite. Le recueil, qui abor­de avec ten­dresse des thé­ma­tiques uni­verselles telles que le pas­sage du temps, la soli­tude et la douleur, ren­force la présence de Karel Logist dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale, après Dés d’enfance et autres textes.

Deux autres livres sont annon­cés le 3 octo­bre. Un clas­sique de la poésie sym­bol­iste, tout d’abord, avec La chan­son de la rue Saint-Paul de Max Elskamp (1862–1931). Et, ensuite, l’étonnant Cap­i­taine vam­pire de Marie Nizet (1859–1922), roman fan­tas­tique qui pose un jalon essen­tiel mais mécon­nu dans la con­struc­tion lit­téraire du per­son­nage de Drac­u­la. Cap­i­taine vam­pire se passe en Roumanie, pen­dant la guerre d’indépendance. Un offici­er russe, surnom­mé le « cap­i­taine vam­pire », teint livide et regard spec­tral, pétri­fie d’effroi ceux qui le croisent. Des his­toires – mythe ou réal­ité? – cir­cu­lent à son pro­pos. On racon­te notam­ment qu’il se nour­rit du sang des morts du champ de bataille.

Out­re des essais sur les écrivaines et écrivains belges, les édi­tions de l’Académie réalisent elles aus­si un tra­vail de pub­li­ca­tion pat­ri­mo­ni­ale. Elles présen­teront ain­si fin novem­bre Les poètes de la rue Ducale, antholo­gie poé­tique des académi­ciens et académi­ci­ennes depuis la fon­da­tion de l’institution en 1920. Le choix des textes est élaboré par le Secré­taire per­pétuel Yves Namur, par ailleurs rompu à l’exercice anthologique, lui qui a entre autres com­posé les antholo­gies Le siè­cle des femmes avec Lil­iane Wouters, Poètes aujourd’hui égale­ment avec Lil­iane Wouters, La nou­velle poésie française de Bel­gique ou encore Les poètes du Tail­lis Pré.

La col­lec­tion « Ha » des édi­tions du Tail­lis Pré a elle aus­si voca­tion pat­ri­mo­ni­ale. Elle donne à lire des poètes et poét­esses belges dont l’œuvre est impor­tante mais peu con­nue. Elle a par exem­ple récem­ment remis en lumière les Poésies com­plètes d’Hilda Bertrand. Cet automne, la même col­lec­tion accueillera les Œuvres com­plètes de Madeleine Ley (1901–1981). Aujourd’hui surtout con­nue pour ses œuvres en prose (Olivia, son pre­mier roman, disponible en Espace Nord et Le grand feu qui lui a valu le prix Rossel sur man­u­scrit en 1939), elle est pour­tant aus­si l’autrice de textes poé­tiques et de romans pour enfants, qui n’étaient jusqu’à présent pas disponibles en librairie. La car­rière lit­téraire de Madeleine Ley a été brève, s’interrompant après la Deux­ième guerre mon­di­ale, en rai­son d’une san­té men­tale pré­caire et d’un lourd suivi psy­chi­a­trique. Cette réédi­tion bien­v­enue offrira une vis­i­bil­ité nou­velle à cette autrice injuste­ment tombée dans un cer­tain oubli. La col­lec­tion « Erotik » du même édi­teur accueillera quant à elle Le sus­pens et autres textes inédits de l’un des grands noms du sur­réal­isme en Bel­gique, Mar­cel Lecomte (1900–1966). Le sus­pens a paru pour la pre­mière fois au Mer­cure de France en 1971.

Les édi­tions Cam­bourakis rééditeront un livre d’André Bail­lon (1875–1932), En sabots. En librairie le 5 novem­bre. 

Des livres en poche

wauters le plus court chemin folio

À côté des nou­veautés en grand for­mat, quelques suc­cès de librairie des années précé­dentes trou­veront cet automne une sec­onde vie en livre de poche. Ce sera le cas du Plus court chemin d’Antoine Wauters en Folio (14 aout), du Retour de Sat­urne de Daph­né Tam­age (Le livre de poche, 3 sep­tem­bre), de La poupon­nière d’Himmler de Car­o­line De Mul­der (Folio, 4 sep­tem­bre), de Comme si de rien n’était de Bar­bara Abel (Pock­et, 6 novem­bre), mais aus­si d’Il suf­fit d’une cerise sur le gâteau, roman feel-good de Cecil­ia Dumin­u­co (Pock­et, 9 octo­bre).

claise faidherbe les poches cousues

Genèse édi­tion réédit­era Les poches cousues de Michel Claise, co-signé avec Alain-Charles Faid­herbe. Le livre avait con­nu une pre­mière vie aux édi­tions Luce Wilquin, en 2014. Les auteurs, tous deux hommes de loi, nous plon­gent dans un milieu qu’ils con­nais­sent bien – celui de la jus­tice con­fron­tée à l’argent sale – et plus que cela, puisque le livre est large­ment basé sur l’expérience d’Alain-Charles Faid­herbe (un nom d’emprunt). Il est ques­tion ici d’un juge d’Europe de l’Est qui refuse la cor­rup­tion, pour­tant de règle par­mi ses col­lègues. Le prix à pay­er est très lourd : accu­sa­tions, désta­bil­i­sa­tions, attaques envers sa famille… Le juge doit même être exfil­tré en Bel­gique.

neirynck ma folie ordinaire

Les édi­tions f Dev­ille se lan­cent elles aus­si dans le for­mat de poche, avec la réédi­tion de Ma folie ordi­naire d’Éric Neirynck. Le roman, ini­tiale­ment paru à La boite à Pan­dore, con­te l’his­toire d’un quin­qua un peu alcoolique, un peu névrosé, qui, con­statant (ou croy­ant?) que tout le monde le quitte, se lance dans un périple de Brux­elles à Paris, en quête du bon­heur. 

kavian trois siècles d'amour

On notera aus­si la réédi­tion par Flam­mar­i­on et en petit for­mat d’Orwell ou l’horreur de la poli­tique (27 aout), essai dans lequel Simon Leys analyse les con­cep­tions poli­tiques de l’auteur de La ferme des ani­maux et son engage­ment con­tre tous les total­i­tarismes. Enfin, La con­tre-allée, qui a récem­ment pub­lié L’engravement d’Eva Kavian, a la bonne idée de rééditer en poche Trois siè­cles d’amour de la même autrice, paru ini­tiale­ment en 2003 au Cas­tor astral, et devenu introu­vable.

À sig­naler enfin : la réédi­tion en grand for­mat, au Dia­ble vau­vert, de la saga des Ste­fan Plat­teauLes sen­tiers des astres, ini­tiale­ment parue aux Mou­tons élec­triques. Les vol­umes 1 (Manesh) et 2 (Shak­ti), sont annon­cés pour le 2 octo­bre.

La rentrée belge avec Le Carnet et les Instants

Comme chaque année, Le Car­net et les Instants se met­tra dès la mi-aout à l’heure de la ren­trée lit­téraire. Les recen­sions, les dernières nou­velles des prix lit­téraires et toute l’actualité de la ren­trée seront à suiv­re sur notre blog, sous l’onglet « Ren­trée »

Nau­si­caa Dewez