Michel ROSTEN, L’univers de Maxime Serebrakian, ou les tribulations de trois pachas (1869 — 1922), Samsa, 2025, 358 p., 26 €, ISBN : 978–2‑87593–604‑2
Sur la couverture de L’univers de Maxime Serebrakian, ou les tribulations de trois pachas (1869 — 1922), la nouvelle incursion en littérature de Michel Rosten, ancien journaliste de La Libre Belgique, on peut lire l’indication générique suivante : « Récit-Roman ». Habituellement, c’est l’un ou l’autre – « récit » ou « roman » – et le plus souvent « roman », car plus vendeur, même lorsque la part romanesque est infime. Cette apposition singulière ouvre des pistes de lecture que nous allons suivre et déployer. Continuer la lecture

Jean Guillemin, à l’entame de son récit, se confie à nous : en démissionnant de son poste de ministre des affaires étrangères, il a ressenti le besoin de raconter ses souvenirs. Les mémoires d’hommes politiques, s’ils nous captivent ou nous intriguent parfois par la truculence des détails et l’importance des enjeux, peuvent aussi nous aider à comprendre le fonctionnement de la chose publique, c’est-à-dire former le citoyen qui est en nous. C’est plus vrai encore dans le cas de mémoires d’un homme politique fictif, personnage signifiant plus que lui-même, essence même de dizaines d’années d’observation journalistique de l’auteur. Le roman est une des manières de sortir du registre de l’anecdote et, paradoxalement, d’atteindre la vérité.