
Littérature et érotisme
Auteurs et autrices : Laurence Boudart, Michel Brix, Éric Brogniet, Luc Dellisse, Estelle Derouen, Paloma Hermina Hidalgo, Yves Namur et Alexandre Saanen
Maison d’édition : Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 176
Prix : 18 €
Livre numérique : /
EAN : 9782803200962
Il y a bien à désirer et à jouir dans le volume Littérature et érotisme, issu d’un colloque tenu en décembre 2026 en notre Académie royale. Bien sûr, huit interventions ne suffiront guère à épuiser un sujet à la fois ancestral et si fécond, mais comme l’écrit d’emblée Yves Namur dans la préface de ces actes, « le point de vue choisi [porte sur] un champ d’investigations où l’écriture elle-même est à l’épreuve, où le style et les mots importent ». « Approcher [le corpus de la littérature érotique], remarque en outre Estelle Derouen, c’est interroger ce qu’il véhicule, ce qu’il incarne et ce qu’il symbolise, afin d’accéder à sa grande diversité formelle et thématique ». Continuer la lecture

Maître de recherches à l’université de Namur, membre de l’Académie royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, spécialiste de la littérature française des XVIIIe et XIXe siècles, Michel Brix livre dans Libertinage des Lumières et guerre des sexes une étude décisive sur la littérature libertine du XVIIIe siècle. Traversant un vaste corpus de textes où, à côté des plus célèbres (les récits de Crébillon fils, Laclos, Sade…) figurent des perles que la postérité a négligées, il prend à rebrousse-poil la doxa dominante qui pose l’équation entre exercice du libertinage et émancipation du corset des règles religieuses et sociales. La cause semble entendue de nos jours : lié à la philosophie des Lumières, à sa « réhabilitation de la nature humaine », à sa contestation de la religion, le prodigieux essor de la littérature libertine aurait visé la libération des mœurs, le culte de la jouissance. L’idéal libertin serait celui de l’affranchissement des conventions morales pour les deux sexes. C’est cet éloge du paradigme libertin en tant qu’apologie de l’amour libre que Michel Brix met à mal en s’appuyant sur un retour aux textes : là où la critique a projeté sa grille de lecture, a gauchi l’esprit et la lettre des textes afin de faire du libertinage la nouvelle religion sans Dieu, l’auteur développe, textes à l’appui, une thèse inverse, celle du libertinage comme instrument d’une domination masculine.