« Rentrée littéraire » désigne traditionnellement la période d’effervescence éditoriale qui s’étend de fin aout à début novembre. C’est à ce moment que paraissent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisiennes) voient de possibles candidats aux Goncourt, Renaudot et autre Femina. Depuis plusieurs années, toutefois, le calendrier éditorial connait un autre temps fort, en janvier-février. Les sorties sont nombreuses et les livres qui paraissent à ce moment-là sont aussi de ceux sur lesquels les éditeurs misent particulièrement. On parle donc désormais aussi d’une rentrée littéraire d’hiver. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Julie Lombe
Sur fond blanc
COLLECTIF L‑SLAM (dir.), En lettres noires, Midis de la poésie, 2024, 120 p., 20 €, ISBN : 978–2‑931054–15‑4
Dans cette anthologie composée par le collectif féministe liégeois L‑SLAM pour les éditions Midis Poésie, sept autrices issues de la scène slam donnent à entendre leurs voix. Marie Darah, Huguette Izobimpa, Gioia Kayaga, Julie Lombe, Joëlle Sambi, Lisette Lombé et Raïssa Yowali portent et partagent l’expérience de minorités de genre et de femmes noires dans un monde où le blanc est considéré comme une couleur neutre. Continuer la lecture
Le désir est politique
Théophile BOURCASSI et Julie LOMBE, Tête-bêche, Bleu d’encre, 2023, 15 €, ISBN : 978–2‑930725–58‑1
Tête-bêche, le recueil écrit à quatre mains par Théophile Bourcassi et Julie Lombe explore les territoires du désir où se rencontrent ébats érotiques et extases de l’écriture. Placé sous l’enseigne de la position 69, il se livre en deux parties, envers et endroit, chaque lecteur empruntant librement l’ordre de découverte. La multiplication des registres de langue, la juxtaposition de textes en prose poétique, de poèmes coulés dans l’acrostiche, de plages slammeuses où les rimes font l’amour délivrent une ballade érotique, un beat amoureux où les phrases, chauffées à blanc, se taillent une place au septième ciel. Parfois, la danse graphique s’invite dans des textes qui miment les corps enlacés ou qui s’étoilent en un soleil, en une roue de supplices-délices. On songe aux anagrammes d’Apollinaire, à son roman Les onze mille verges, on pense aux écrits de Henry Miller et d’Anaïs Nin, aux sommets érotiques de la prose ciselée par Serge Gainsbourg, on recueille et on compare les échos des mêmes scènes transcrites par Théophile Bourcassi et Julie Lombe. Le verbe claque, mordille, lèche, gicle, copule, met le feu aux pages. Pas de faux-semblant, pas de ruse mais une invitation à se promener dans un palais des fantasmes, dans des jeux de langue, dans les sortilèges de la baise. Les piments et scénarios BDSM s’invitent, l’écriture est éminemment physique, sensorielle, entre crudité et onirisme. Continuer la lecture
