Marie NIZET, Capitaine vampire, Postface de Laurent Therer, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 215 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–725‑8
Un dossier pédagogique (pdf) complète le livre
Véritable surprise que la découverte de ce livre ! En 1879, Marie Nizet publie Capitaine vampire. S’il rencontre un certain intérêt, le roman (qu’elle qualifie en sous-titre de Une nouvelle roumaine) disparait ensuite complètement de l’histoire littéraire. Dans les études sur le thème du vampire, son livre n’est jamais mentionné. Ce n’est qu’en 2004 qu’un médiéviste roumain cite le roman et va même jusqu’à prétendre qu’il aurait exercé une influence importante sur le Dracula de Bram Stoker paru en 1897. Laurent Therer, le postfacier, mène une intéressante réflexion sur cette affirmation. Il montre que la réponse est nuancée. La réédition en Espace Nord est la première en Belgique depuis 1879 ! Continuer la lecture


Bernard Visscher, dans une autre vie, a travaillé dans l’audiovisuel (courts-métrages, longs-métrages, dessins animés), déclinant différents registres (producteur, réalisateur, scénariste). Un sacré bagage pour un (faux) débutant en littérature, et son premier roman,
Disparu en 2008, Roger Foulon fait partie de ces auteurs qui semblent avoir embrassé à travers leur vie toutes les possibilités qu’offre la littérature. Imprimeur, éditeur, romancier, poète, essayiste, académicien… ce touche-à-tout laisse derrière lui une œuvre diversifiée et abondante, plus de 120 titres. 

Une énième étude sur le fantastique belge ? Le sujet n’est-il pas rebattu ? Et des spécialistes de la carrure d’un Baronian ne se sont-ils pas assez exprimés sur la question pour qu’on puisse enfin considérer le terrain comme défriché, balisé, connu ? Le spécialiste en comparatisme dans le domaine francophone Bacary Sarr anticipe cette remarque en avertissant d’emblée que son étude ne fera intervenir nul bestiaire à cornes ou à canines et ne convoquera aucun esprit à coup de table tournante. Se démarquant en effet du « fantastique conventionnel », il privilégie celui « qui se fonde sur une perception intérieure particulière de la réalité ». 

Sans courir l’anecdote, on ne peut évoquer l’œuvre artistique – picturale et littéraire – de Monique-Alika Watteau sans détailler quelques étapes de sa vie toujours en cours et débutée à Liège en 1929 sous le nom de Monique Dubois, fille du poète Hubert Dubois. Mariée au zoologiste belge Bernard Heuvelmans, fondateur de la cryptozoologie, elle divorce et épouse ensuite Scott Lindbergh, éthologue et fils du pionnier du vol transatlantique, avec qui elle partage aussi une passion pour les animaux et pour l’étude de leurs comportements, en particulier des singes hurleurs. Entretemps, très présente parmi les célébrités du Tout-Paris, elle rencontre Yul Brynner et noue avec l’acteur une amitié amoureuse de plus de six ans. Et c’est tant le physique et le charisme de l’acteur (à qui elle doit son prénom additionnel d’Alika ou « petit félin » en langue tsigane) qui inspireront, formellement en tout cas, le personnage masculin de son quatrième et dernier roman, Je suis le Ténébreux, publié en 1962 sous ce pseudonyme de Watteau et qui fait l’objet aujourd’hui de cette réédition, à l’enseigne de la collection « Femmes de lettres oubliées ».
Dernier des neuf romans que l’on doit à
En 1925, le Gantois Raymond De Kremer, 38 ans, a déjà publié divers textes dans des périodiques, la plupart en néerlandais, sous le pseudonyme “Jean Ray”. C’est alors que La Renaissance du Livre édite en français – désormais sa langue d’écrivain – son premier volume, Les contes du whisky, recueil de vingt-sept nouvelles étranges parues en revue auparavant, sauf une.
Rappel. Espace Nord est une collection patrimoniale consacrée aux perles de notre histoire littéraire (belge francophone). Son catalogue, remarquable, appartient à la Fédération Wallonie-Bruxelles qui a confié l’édition, par marché public, aux Impressions Nouvelles.
Quand la rédaction du Carnet vous propose de chroniquer la sortie, dans la collection Espace Nord, d’un recueil de Jean Ray, vous êtes partagé entre délice et terreur. Délice parce que perspective d’une lecture délicieuse, plaisir multiplié par les échos de lectures anciennes, nostalgie d’une époque révolue où, étudiant, je tournais, halluciné, les pages de Malpertuis, déjà chez Espace Nord, ou celles des Cercles de l’épouvante et du Grand nocturne, pages qui ne m’ont pas quitté, dont j’ai fréquenté régulièrement les mystères, en témoigne l’état de mes bouquins. Délice aussi parce que quand on est belge francophone et qu’on aime la littérature, on a l’âme caressée du côté de la bibliothèque de savoir qu’une collection patrimoniale fait du si bon travail. Mais terreur, bien entendu, parce qu’on se sent bien petit devant l’ampleur de la tâche.
Pour les férus de fantastique, le nom Malpertuis est, tout comme celui de Ctulhu, synonyme d’épouvante. Chez les amateurs de « Nos Lettres » en général, le titre Malpertuis résonne comme un moment capital de l’histoire littéraire belge et se hisse au rang d’un classique. La définition, attribuée à Mark Twain, de cette catégorie d’ouvrages est connue : « un livre dont tout le monde parle et que personne n’a lu ». Et c’est sans doute le sort réservé depuis sa publication, au mitan de la Seconde Guerre mondiale, à ce roman-monstre, ardu, complexe, unique.