Archives par étiquette : fratrie

Déambulations mémorielles

Un coup de cœur du Car­net

Isabelle SPAAK, Des monts et mer­veilles, Équa­teurs, 2022, 267 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑38284–062‑7

spaak des monts et merveilles« Chas­seur de baleines et chimères, éleveur de renards, tra­duc­teur de nuages, querelleur poly­glotte, clown pour tous les âges, écrivain du dimanche, éru­dit, poète, Michel est aus­si un épis­toli­er infati­ga­ble ». Sa dis­pari­tion, en 2019, plonge sa demi-sœur, Isabelle Spaak, dans un pro­fond cha­grin. Très vite, les sou­venirs se bous­cu­lent, dis­parates, frag­men­taires, soumis par­fois aux défail­lances de la mémoire. Il y a les vacances d’été sur l’Île de Ré dont les pho­tos en kodachrome pris­es par la mère recon­stituent l’heureux film, les cris et blessures d’enfant que seul Michel sem­ble pou­voir apais­er puis les let­tres échangées, innom­brables. Con­tin­uer la lec­ture

La composition du silence

Un coup de cœur du Car­net

Veroni­ka MABARDI, Sauvage est celui qui se sauve, Esper­luète, 2022, 208 p., 18 €, ISBN : 9782359841497

J’écris : voici mon frère, il n’a fait que pass­er, mais la phrase ment. Alors je cherche les traces qu’il a lais­sées dans le regard des autres. Il me relie à eux. Qu’est-ce qui s’est inscrit en eux de son pas­sage ?

Suiv­re le fil : plonger sous la matière, là où s’emmêlent et se con­fondent les fibres, rejoin­dre la sur­face, repren­dre. Les mots de Veroni­ka Mabar­di cir­con­scrivent en pointil­lé les con­tours de la perte et tra­cent, d’un même mou­ve­ment, l’empreinte d’un corps qui jamais n’a pu se résoudre à respecter les lim­ites. Ce corps est celui de son frère, Shin Do Mabar­di, arrivé à l’âge de cinq ans dans cette famille d’intellectuels de gauche, douce et généreuse, depuis la Corée du Sud. En dépit de l’amour qui l’attend de pied ferme et amor­tit la bru­tal­ité du déracin­e­ment, l’expérience est avant tout celle d’un arrache­ment. Dans la terre coréenne, Shin Do laisse des radi­celles tranchées vives. Un morceau de son iden­tité se développe sans lui à l’autre bout du monde, plaçant son exis­tence sous le signe de la frag­men­ta­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le silence de la peur

Françoise PIRART, Chicouti­mi n’est plus si loin, Sablon, 2021, 244 p., 13 €, ISBN : 9782931112069

pirart chicoutimi n est plus si loinFrançoise Pirart plonge directe­ment son lecteur dans le feu de l’action en situ­ant le début du réc­it à l’aéroport de Brux­elles-Zaven­tem où 2 frères, Érik (15 ans) et Syl­vain (12 ans), sont en cav­ale suite à un drame. De ce drame, nous aurons des détails au compte-goutte et nous serons surtout amenés à lire la rela­tion par­ti­c­ulière entre les deux frères. Con­tin­uer la lec­ture

Jolie fratrie d’ours

Marine SCHNEIDER, Petit ours, Tout petit ours, Cam­bourakis, 2021, 32 p., 12 €, ISBN : 978–2‑36624–547‑9

schneider petit ours tout petit oursMarine Schnei­der, qu’on a pu notam­ment décou­vrir avec Hiro, hiv­er et marsh­mal­lows en 2018 chez Ver­sant Sud Jeunesse, nous embar­que d’album en album dans un univers graphique élaboré, où l’imagination est reine et le fond de l’air chargé de poésie et de mer­veilleux. Con­tin­uer la lec­ture

« Le témoin déjà en poussière de ma propre poussière… »

José-André LACOUR, Le rire de Caïn, Table ronde, coll. « Petite Ver­mil­lon », 620 p., 10,5 €, ISBN : 9791037105387

« Le mot chef‑d’œuvre est gal­vaudé. » C’est sur ce con­stat sans appel que s’ouvre la pré­face signée par Jacques De Deck­er à pro­pos d’un des plus grands livres oubliés des let­tres fran­coph­o­nes de Bel­gique. Le rire de Caïn de José-André Lacour (1919–2005) con­stitue en effet un som­met de la veine auto­bi­ographique romancée. Pub­lié à l’enseigne de La table ronde en 1980 – soit à l’époque où le ques­tion­nement iden­ti­taire se dis­ait encore « Bel­gi­tude » à Paris –, ce fort vol­ume se ver­ra couron­né par le Grand Prix des Lec­tri­ces du mag­a­zine Elle. Rien d’étonnant à cette recon­nais­sance si l’on con­sid­ère la maes­tria de Lacour à camper les por­traits des femmes qui peu­plent son réc­it, à les met­tre en scène dans le spec­tre le plus éten­du de leurs atti­tudes, à faire ressen­tir leurs douleurs secrètes, leurs doutes, leur force, leur sen­si­bil­ité, leur vio­lence, bref leur être tout entier. Con­tin­uer la lec­ture

Parole d’argent, silence d’or

Dorothée CAILLE, Alors j’écris, Les mots qui trot­tent, 2018, 329 p., 9€, ISBN : 979–10-97325–22‑0 

Mered­ith se réveille dans une cham­bre d’hôpital à Lon­dres. Une douleur aigüe martèle sa gorge. « Apparem­ment, tu ne pour­ras plus par­ler », lui annonce son frère. La nou­velle lui fait l’effet d’un coup de poing dans le ven­tre. Elle soulève quelques sou­venirs amers issus d’une enfance chao­tique. Tout comme sa mère lorsque Mered­ith était enfant, sa voix l’a donc aban­don­née. Avec elle, Mered­ith perd son emploi d’interprète, sa pas­sion pour le chant et… son petit copain du moment. Con­tin­uer la lec­ture

Le pays qu’on ne retrouve jamais

Joseph NDWANIYE, La promesse faite à ma sœur, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 240 p., 8.5 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑87568–412‑7
Un car­net péd­a­gogique télécharge­able gra­tu­ite­ment accom­pa­gne le livre

Voici que la col­lec­tion Espace Nord réédite le roman de Joseph Ndwaniye, La promesse faite à ma sœur, qui était paru en 2007. L’auteur né au Rwan­da et vivant en Bel­gique depuis plus de 30 ans y abor­de de façon intimiste le géno­cide qui a touché le pays en 1994. Fondé tout à la fois sur des sou­venirs per­son­nels (ceux du vil­lage quit­té en 1986) et sur une fic­tion (le retour au pays de Jean, lui aus­si établi en Bel­gique), le réc­it débute par celui d’une enfance dans une famille unie, pro­fondé­ment ancrée dans les tra­di­tions paysannes. Écrit à la pre­mière per­son­ne, et sans doute très proche de ce qu’a vécu l’auteur lui-même, il est cen­tré sur la vie famil­iale et vil­la­geoise dont les liens bien­veil­lants sécurisent la vie des enfants. Ici, le temps s’écoule avec douceur dans une vie sim­ple qui a le goût du bon­heur. Dans le Rwan­da des années 1960, l’accès à la sco­lar­ité per­met aux enfants de grandir en paix et aux plus chanceux d’entre eux d’espérer faire des études supérieures, pourquoi pas à l’étranger, comme ce sera le cas de Jean qui étudiera en Bel­gique et s’y installera.

Con­tin­uer la lec­ture

Les trois sœurs de l’Eldorado

Vir­ginie THIRION,Un pied dans le par­adis, Lans­man, 2018, 46 p., 10€, ISBN : 978–2‑8071–0214‑9

Madeleine et Jeanne, deux sœurs sans le sou, vivent dans l’ancien ciné­ma famil­ial qui n’est plus qu’une ruine. La belle époque de l’Eldorado est bien loin­taine. L’avenir n’offre plus que des pla­fonds croulants, des bouil­lons et du pain ras­sis. Alors par­fois une main inno­cente traine dans le ray­on trai­teur du super­marché le plus proche et emporte avec elle lotte à l’armoricaine ou lapin aux pruneaux. Les deux sœurs, qui sont comme un vieux cou­ple, aiment jouir de petits plaisirs. Un soir, Louise, leur sœur cadette, refait sur­face après dix ans d’absence. Elle n’a plus un rond et veut réin­té­gr­er le domi­cile famil­ial. Madeleine et Jeanne acceptent. Les voilà prêtes à se ser­rer la cein­ture à trois. La vie est moins som­bre quand on est plusieurs. Elles désirent toute­fois manger à leur faim et se met­tent à vol­er de plus en plus. Des petits plats cuis­inés dans le hyper, on passe aux vête­ments et aux vas­es dans les cimetières. Tout est bon pour se faire un peu de blé. Surtout qu’un expert leur somme de quit­ter leur domi­cile devenu insalu­bre. L’expropriation n’est plus très loin, mais les trois sœurs n’ont pas dit leur dernier mot. Telles des Robins des bois, elles extorquent les rich­es. Tout est per­mis pour sur­vivre. Louise ren­con­tre d’ailleurs un veuf riche au cimetière. La voilà leur solu­tion. À moins qu’elles ne soient tombées sur plus rusé qu’elles encore… Con­tin­uer la lec­ture

Mal de mère

Valérie NIMAL, Nous ne sommes pas de mau­vais­es filles, Anne Car­rière, 2019, 17 €, 172 p., ISBN : 978–2‑8433–7932‑1

Au chevet de sa mère, hos­pi­tal­isée pour avoir une fois encore joué avec les lim­ites mortelles, la nar­ra­trice n’en mène pas large. Il faudrait que la tem­péra­ture du corps de l’alitée, à deux doigts de jouer sa dernière grande scène, rede­vi­enne accept­able. C’est que la géni­trice de Maud et de sa sœur cadette, Marie, n’est pas de celles qui s’effaceraient sans bruit. À peine sor­tie des limbes, la voici d’ailleurs qui réclame son fer à fris­er, un Paris Match et surtout, de l’attention. Qui tem­pête sur le per­son­nel soignant, con­gédie son psy­chi­a­tre, et admon­este son aînée pour avoir écrit « sui­cide » dans le dossier médi­cal.   Con­tin­uer la lec­ture

La preuve vivante

Ade­line DIEUDONNÉ, La vraie vie, L’I­con­o­claste, 2018, 270 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑37880–023‑9

À la mai­son, il y avait qua­tre cham­bres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes par­ents, et celle des cadavres.
Papa tire du gros gibier, dès qu’il peut. Ici et jusqu’en Himalaya. Cette “cham­bre des cadavres”, c’est celle où il dis­pose ses trophées. Il y a des têtes de san­gli­er, d’an­tilopes, de zèbres, même un lion entier. Et une hyène dans un coin. Pré­da­teur, papa l’est aus­si envers maman, bien sûr, et maman esquive la vio­lence con­ju­gale en se faisant la plus trans­par­ente, la plus molle pos­si­ble, encais­sant juste les coups. La nar­ra­trice et son petit frère Gilles vivent une rela­tion fusion­nelle. À l’aube de la puberté, ils dor­ment encore ensem­ble, se parta­gent tous leurs secrets et réen­chantent leur quo­ti­di­en en jouant dans une casse de voitures. De retour de l’é­cole, lorsque c’est la sai­son, ils achè­tent quo­ti­di­en­nement une glace au marc­hand ambu­lant — avec sup­plé­ment chan­til­ly pour elle. On ne peut pas dire que ce soit une vie rêvée, mais au moins rien ne vien­dra s’in­ter­pos­er entre Gilles et elle. Rien, jusqu’à l’ac­ci­dent. Con­tin­uer la lec­ture

Un tas de pierres comme un défi à la vie

Aurélie William LEVAUX et Christophe LEVAUX, Le tas de pier­res, Cam­bourakis, Coll. « Lit­téra­ture », 2018, 128 p., 15 €, ISBN : 978–2‑36624–332‑1

Levaux_Le tas de pierresLui, Christophe, a pub­lié, il y a un an seule­ment, La dis­pari­tion de la chas­se, aux édi­tions Quidam, une comédie sociale satirique et acide dans le monde entre­pre­neur­ial.  Elle, Aurélie William,  mul­ti­plie les activ­ités artis­tiques autour notam­ment du dessin sur tis­su, de la broderie et de l’écriture. Elle a sor­ti une quin­zaine d’ouvrages chez dif­férents édi­teurs comme Pré­dic­tions, Sisyphe, les joies du cou­ple ou encore Le verre à moitié vide, chez Atra­bile où paraît prochaine­ment La vie intel­li­gente. Citons égale­ment Le fes­tin des morts, au Tétras Lyre, avec Car­o­line Lamarche [1]. Con­tin­uer la lec­ture

Durs comme frères

Yves WELLENS, Cette vieille his­toire, Ker, 2018, 152 p., 18 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑87586–227‑3

wellens cette vieille histoireLes fratries sont bien sou­vent ani­mées de sen­ti­ments con­tra­dic­toires. Rival­ités, jalousies et ressen­ti­ments le dis­putent à la sol­i­dar­ité et à la con­nivence selon une mécanique aux ressorts com­plex­es. Les trois frères Wellens – ce nom nous dit quelque chose — vivent dans des univers dis­tincts. L’un d’eux, le plus célèbre, est un mag­nat brux­el­lois de l’immobilier et des affaires, il est entouré d’une cour d’experts divers. Son aura est incon­testée, son emploi du temps est min­uté, ses appari­tions organ­isées, sa sécu­rité garantie. Un autre frère, qui a pris soin de se faire appel­er de son nom d’auteur, Varens, est un écrivain en vue et il mène une vie plus calme, entre écri­t­ure et flâner­ie, soucieux de ne pas se con­fon­dre avec les valeurs du pre­mier qu’il ne ren­con­tre que spo­radique­ment pour des repas brefs et silen­cieux. Quant au troisième, Gilles, il a un passé de con­tes­tataire, mais sem­ble s’être assa­gi, même s’il garde lui aus­si ses dis­tances. Con­tin­uer la lec­ture

Tremblement de frère

Erik SVENMon frère et moi, Mur­mure des soirs, 2018, 126 p., 18€, ISBN : 978–2‑930657–40‑0

À L…, vil­lage en bor­dure de forêt, Colline l’aînée nar­ra­trice et Aubin le cadet sauvageon qui prend sou­vent la tan­gente sont à l’orée de l’adolescence et fusion­nels comme des lis­erons. C’est qu’ils ne peu­vent pra­tique­ment compter que l’un sur l’autre : Édouard, leur père, ne vit que pour ses bull­doz­ers. Josyane, leur mère, som­bre la plu­part du temps dans des migraines qui la ren­dent aigrie ou apathique. Con­tin­uer la lec­ture

Le pardon en question

Éric-Emmanuel SCHMITTLa vengeance du par­don, Albin Michel, 2017, 326 p., 21.50€/ePub : 14.99 €, ISBN : 9782226399199

schmitt la vengeance du pardonAuteur de romans, pièces de théâtre, essais, c’est avec un recueil de nou­velles qu’Éric-Emmanuel Schmitt nous invite à la réflex­ion à l’occasion de cette ren­trée lit­téraire. Qua­tre nou­velles, qua­tre occa­sions de par­don­ner.

Les sœurs Bar­barin sont jumelles et s’adorent jusqu’au jour où leurs par­ents leur offrent un cadeau dif­férent à cha­cune. Lily, d’humeur tou­jours aimable, se sat­is­fait de cette sit­u­a­tion. Mais pour Moïsette, c’est la révéla­tion : quelles que soient les cir­con­stances, elle sera à tout jamais jalouse de ce qu’elle n’a pas, plus encore de ce que sa sœur a. C’est le début d’un par­don indu­bitable et d’une ran­cune éter­nelle qui mèn­era Moïsette à de ter­ri­bles extrêmes. Con­tin­uer la lec­ture

La chasse et l’amour

Car­o­line LAMARCHE, Dans la mai­son un grand cerf, Gal­li­mard, 2017, 131 p., 12,50 €/ePub : 8.99 €, ISBN 978–2‑07–270024‑8

lamarcheIl est dif­fi­cile de s’arracher au ton mineur qui prélude au dernier réc­it de Car­o­line Lamarche, Dans la mai­son un grand cerf. Dès le départ, le bat­te­ment irrité du sang, le sif­fle­ment dans les oreilles vient oblitér­er l’écoute. Pour­tant elle a lieu l’écoute tout intime et si par­ti­c­ulière du père qui, en con­traste avec le bruit de la con­ver­sa­tion à la table famil­iale, pour­suit son mar­mon­nement dis­cret. Déjà cet envi­ron­nement envahissant et le brouha­ha général font comme une cen­sure et évo­quent la vio­lence, que ce soit celle de la meute, des chas­seurs, de l’amour même qui lui aus­si peut forcer. Mais Lamarche dira tout de l’amour éter­nel des filles pour leur père, quoi qu’il en aille de ses aléas. Il aurait été et serait encore un anti­dote aux com­pli­ca­tions de l’amour. Le charme est donc bien réel. Con­tin­uer la lec­ture

Méfie-toi du loup !

Cather­ine DAELE, La nuit du san­gli­er, Carnières, Lans­man, 2015, 48 p., 10€

Térence et Eri­ka sont frère et sœur. Cette dernière, âgée de quinze ans, veut décou­vrir le monde et n’en a que faire de l’école et de ses oblig­a­tions. Les chemins détournés sont bien plus alléchants. Elle aimerait fon­cer tête bais­sée, tel un san­gli­er. Térence et Eri­ka vivent seuls, leur mère étant par­tie à New York. Térence se voit con­fi­er la garde de sa tur­bu­lente sœur, lui qui, au con­traire, préfère respecter les règles et ne pas s’écarter du droit chemin. Il suit de bril­lantes études et tra­vaille comme serveur dans une brasserie. Tout le con­traire de sa sœur qui incar­ne la pas­sion de la jeunesse, la soif de lib­erté. Térence ren­con­tre des dif­fi­cultés à faire respecter son autorité. Eri­ka ren­con­tre Alec, un homme qui lui fait tourn­er la tête. Elle décou­vre les joies de la vie noc­turne, les boîtes de nuit, les bois et les san­gliers. Le frère et la sœur s’éloignent chaque jour un peu plus. Eri­ka aime ce frère mod­èle, mais veut s’en écarter. Con­tin­uer la lec­ture