Le prix Utopiales a dévoilé sa sélection 2025. Cinq ouvrages sont en lice. Continuer la lecture
Archives de l’auteur : Le Carnet et les Instants
Écrivain de l’océan et non écrivain de piscine
Maxime LAMIROY, Le Cuirassé Pouchkine, Lamiroy, 2025, 78 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87595–975‑1
La passion de la littérature, de la culture russe, l’existence aimantée par la magie des Lettres sous-tendent le récit Le Cuirassé Pouchkine, qui figure au nombre des nombreux inédits laissés par Maxime Lamiroy, un jeune écrivain, philosophe, traducteur et éditeur qui nous a quittés en juillet 2024. Nous retrouvons les parfums qui composent ses autres textes (Deux sœurs, Les juges pénitents…) et dessinent un univers à la lisière de l’onirisme et du réel. Virtuose de la mise en abyme, Maxime Lamiroy livre des fragments autobiographiques éloignés du courant hégémonique de la littérature du « je », décantés dans un au-delà de l’auto-fiction. Aiguillé par Mathieu, un ami slavophile qu’il connut durant ses études de langue et de littérature russes, le narrateur s’adonne à une quête qui a pour décor le centre-ville de Bruxelles et pour but la librairie « Le Cuirassé Pouchkine », un lieu dédié aux Lettres russes. Le piéton de Paris de Léon-Paul Fargue devient un piéton bruxellois infatigable qui sillonne la rue de Flandre, la place Sainte-Catherine, la galerie des Princes avec la soif d’un bibliophile qui pose une équivalence secrète entre déambulations géographiques et pérégrinations mentales et romanesques. Continuer la lecture
Parole d’écrivain : Guy Goffette
Alors que le nouveau numéro du Carnet et les Instants consacre un volumineux dossier à des entretiens littéraires, notre série d’été « Parole d’écrivain » invite à (re)découvrir des interviews qui ont forgé l’histoire de la revue. Chaque dimanche, du 13 juillet au 17 août 2025, un auteur, une autrice a la parole. Continuer la lecture
Denis Podalydès, le nouveau Maigret
Denis Podalydès prêtera ses traits au commissaire Maigret pour un film de Pascal Bonitzer annoncé pour février 2026. Continuer la lecture
Dans l’atelier de François Jacqmin
François JACQMIN, Un ciel unique, suivi de Le livre du moi, Édition et préface de Gérald Purnelle, Taillis Pré, coll. « Ha ! », 2025, 146 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87450–239‑2
Les éditions du Taillis Pré poursuivent avec régularité et sous la direction de Gérald Purnelle, leur contribution à la publication des œuvres poétiques de François Jacqmin (1929–1992). Rééditions et inédits (L’œuvre du regard, 2012 ; Le Domino gris, 2017 ; Stèles, 2019) viennent compléter les parutions aux Archives et Musée de la Littérature d’un premier volume d’œuvres complètes (L’amour la terre, 1946–1956, 2022) et d’un deuxième consacré aux artistes (Écrits sur l’art et les artistes, 1954–1991, 2023). Si l’on y ajoute les rééditions en Espace Nord de Les saisons et Le livre de la neige (tous deux en 2016), on peut considérer que l’accès à la production écrite de l’ancien membre du groupe Phantomas est aujourd’hui largement facilitée, d’autant que d’autres recueils posthumes sont également sortis de l’imprimerie ces dernières années (à La Pierre d’alun, au Tétras-Lyre). Continuer la lecture
Un phare dans la tempête
Marie COLOT, Le grand vertige, Slalom, 2025, 264 p., 17,95 €, ISBN : 978–2‑37554–455‑6
Pacôme est un jeune homme de 16 ans qui passe l’été dans un centre de rééducation après avoir subi une double fracture du genou dans un match de rugby. En plus d’affronter la douleur physique et la peur de ne plus recouvrer son niveau d’avant, il doit accepter d’avoir une colocataire de 79 ans, faute de place disponible avec un(e) jeune de son âge. Gysèle est une vieille dame volubile adorable passionnée de romans à l’eau de rose et Pacôme doit composer au quotidien pour s’aménager des petites bulles de silence et d’intimité, ce qui nous donne à lire des dialogues parfois piquants. Continuer la lecture
Jacques Lacomblez, ses brèves de comptoir
Jacques LACOMBLEZ, Souvenirs, avatars & peccadilles, Recueillis et annotés par Ben Durant, Quadri, 2025, 40 p., 25 €
Années 1950, Bruxelles. Jacques Lacomblez retrouve Marcel Lecomte à la galerie St-Laurent. Lecomte vient de briser ses lunettes sur le coin d’un tramway dont il est descendu. Lacomblez a, lui, un pied dans une chaussure, l’autre dans une pantoufle. Magritte est à Ostende et supervise la réalisation de sa fresque murale, si adéquatement nommée « Le Domaine enchanté » pour le casino de Knokke. Devant Lacomblez, Magritte apostrophe un des peintres : « Joseph, mettez plus de vert dans cette pomme. » Paris. Breton découvre, au 42 rue Fontaine, les peintures que Lacomblez lui présente, introduit par l’artiste et collectionneur Jean-Jacques Lebel. Breton est contrarié par l’encrier qu’il vient de renverser sur son bureau, mais se révèle un homme charmant, dit apprécier le peintre Victor Servranckx (pas surréaliste), s’enquiert de Chavée, de Lecomte, et s’informe sur Edouard Jaguer, ami de Lacomblez et fondateur du groupe surréaliste dissident « Phases ». E.L.T. Mesens déjeune au whisky lors de ses passages à Bruxelles, Paul Colinet disserte sur le Catéchisme de Malines, Roberto Matta tue des crabes à la tâche (noire) pour ses dessins… Continuer la lecture
4 As et Années folles
Kate MILIE, L’assassin aime l’Art déco, 180°, 2025, 163 p., 18 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 978–2‑9407–2172‑6
L’assassin aime l’Art déco, « troisième édition, revue et améliorée » d’un polar publié une première fois en 2012, jouit d’un bel écho médiatique en cette année anniversaire d’un mouvement né il y a cent ans.
L’autrice ? Kate Milie nous a déjà plus d’une fois régalés, avec ses romans, ses guides de balades, ses plongées dans des vies d’artistes (Spilliaert, Toulouse-Lautrec). Continuer la lecture
« (…) Ici, il n’est qu’un ici … »
Philippe MATHY, Le long des rives, ill. Cécile A. Holdban, Atelier des noyers, 2025, 50 p., 16 €, ISBN : 978–2‑494676–37‑4
Sous-titré Notes de Pouilly-sur-Loire, Le long des rives déploie sur des pages au format panoramique, l’évocation en prose poétique des bords de Loire, non loin de Pouilly-sur-Loire où Philippe Mathy réside de nombreux mois chaque année. En regard des textes, l’artiste Cécile A. Holdban propose une aquarelle inspirée librement par ceux-ci. Continuer la lecture
Prix littéraires : le 1er semestre 2025
Au terme du premier semestre, un récapitulatif des auteurs et autrices belges lauréat-e‑s ou finalistes de prix littéraires en 2025.
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Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau
Immuable temps fort de l’année éditoriale française, la « rentrée littéraire d’automne » suscite beaucoup d’attention en Belgique aussi.
De la part des libraires et des lecteurs, évidemment, puisque la littérature publiée en France reste, de loin, la plus vendue chez nous. Pour les auteurs et autrices belges publiés en France, cette rentrée est pleinement la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexagonaux, à l’effervescence du moment et notamment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette période des attitudes diverses. Certaines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un programme d’ampleur, et des dates de parution qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au contraire plus tardives, pour éviter une concurrence déséquilibrée. D’autres maisons, sans être inactives au cours du deuxième semestre, placent plutôt le centre de gravité de leur année éditoriale à la Foire du livre de Bruxelles, et présentent donc un programme plus léger pour l’automne.
Tour d’horizon des auteurs et autrices belges qui feront la rentrée 2025, en Belgique ou à l’étranger. Continuer la lecture
Le récit forme la mémoire et les lieux
Claire GATINEAU, Debout sur le toit, La place, 2025, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑9602918–5‑8
Debout sur le toit invite à penser que notre rapport aux lieux s’établit dès notre enfance. Petite, la narratrice – « la femme », dans le récit – habitait dans une demeure « pleine de maisons miniatures », parents architectes obligent. Elle et son père « ouvraient les portes des maisons vides et se glissaient entre leurs murs pour les mesurer ». En elle, cette curiosité s’est établie. Un corps peut être appelé par un espace. Un jour, la « maison minuscule tout en hauteur » d’un quartier très médiatisé de Bruxelles se noue au ventre de la femme. Après avoir rendu toutes les clés des théâtres, elle fait l’acquisition d’une nouvelle. Avec ce manuel hybride foisonnant, Claire Gatineau déplie les étapes d’appropriation d’un lieu, innervé par les récits du corps qui l’investit. Continuer la lecture
Accueillir le monde animal dans la fiction
Paul ARON et Judyta ZBIERSKA-MOśCICKA (sous la dir. de), Bêtes de livres, Textyles n°67, Ker, 2024, 164 p., 18 €
Peu étudiée, peu explorée par la critique, la question de la présence, de la fonction de l’animal dans la littérature belge francophone se voit mise à l’honneur dans le dossier Bêtes de livres qui occupe le dernier numéro de la revue Textyles. Saluons la fécondité des analyses, des angles d’approche libérés par des contributions qui pointent l’essor de la thématique de l’animalité, du vivant dans la littérature contemporaine. Continuer la lecture
Les os, le cœur, la chair
Caroline LAMARCHE, Mira, Postface de Laurent Demoulin, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 150 p., 9 €, ISBN : 9782875687081
Dans un pays en guerre, Mira attend les os de son frère. Elle travaille pour une figure hiératique et sensuelle, la Barbière, garante de l’équilibre fragile qui tient la société étrange dans laquelle ces deux femmes évoluent sous les regards – et les mains – des hommes. Toutes deux sont les prêtresses d’un rite cruel auquel les hommes se prêtent de bonne grâce : sacrifier un œil à l’instance supérieure qui protège la ville, illumine le ciel pour y lire les données cruciales que charrient les ondes guerrières. Continuer la lecture
Prix Marguerite de Navarre 2025 : les sélections
L’Académie de Béarn, organisatrice du prix Marguerite de Navarre de la nouvelle, a dévoilé les sélections de son édition 2025. Continuer la lecture
Les poules ont des dents!
COLLECTIF, Ardeurs de tram, Murmure des soirs, 2025, 184 p., 17 €, ISBN : 782931235317
« Pendant longtemps, les deux amants ont vécu une relation folle, dévorante. C’était la passion brute, sans frein. Un amour à la fois fusionnel et destructeur », telle est la love story de la Cité ardente et du tram, mise en mots par Hélène Delhamende dans « Psychotram ». Les tourtereaux s’aiment « moi non plus » et alimentent l’un pour l’autre un sentiment ambivalent. Le tramway, amoureux éconduit et reséduit, marque alors une halte au Petit Bourgogne afin de faire le point sur cette relation toxique. Les Liégeois, eux, assistent en spectateurs impuissants aux soubresauts de cette histoire de couple peu harmonieuse aux embellies magnifiques. Continuer la lecture



