Un coup de cœur du Carnet
Yves NAMUR, Figures de l’éphémère, Postface de Daniel Laroche, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2026, 274 p., 12 €, ISBN : 9782875687388
L’œuvre d’Yves Namur se tient sous le signe de la poésie pensante au sens où l’espace du poème se construit comme un lieu de méditation et de réflexion métaphysique. Figures de l’éphémère, magnifiquement postfacé par Daniel Laroche, abrite des fragments de trois recueils poétiques des années 1990, Fragments de l’inachevée (1992), Une parole dans les failles (1997), Figures du très obscur (2000). La matière langagière, l’acte de la nomination sont au cœur de l’imaginaire du poète, médecin des corps-âmes et médecin des mots, qui plante son interrogation dans la question tout à la fois philosophique, poétique, existentielle et spirituelle du dire, de la relation (possible et impossible) entre les mots et les choses. Liée à la concision, à une ligne oraculaire, à un mouvement heuristique, la prévalence de la forme questionnante est exigée par la radicalité du geste namurien : remonter aux sources du pas-de-deux entre le réel et la parole. L’oreille collée aux écrits d’Héraclite d’Éphèse, des Présocratiques, aux mystères du nom (sacré et profane), Yves Namur ausculte les promesses, mais aussi les failles, les limites, l’impuissance du verbe, les paradoxes dans lesquels le souffle de la parole nous entraine. Continuer la lecture















