Un coup de cœur du Carnet
Marie MEULEMAN (autrice) et Matthieu LITT (photographe), Camille se réveille, CotCotCot, 2026, 164 p., 19,90 €, ISBN : 9782930941806
Se réveiller, sous ses paupières. Prendre conscience de l’au-dehors. Ouvrir les yeux, les rideaux bleus. Regarder par la fenêtre sans horizon. S’étirer. Allumer son téléphone. Se verticaliser, pieds au plancher. Un pas, puis l’autre, monter les marches vers la cafetière. Saluer le chat. Prendre sa tasse, la remplir, se brûler la langue. S’habiller. Partir, courir. Chaque matin, un cycle immuable qui se répète autour d’infimes et infinies variations. Celles-ci se nichent dans l’énergie à « quitter la nuit qui autorise tout et que rien n’interdit » ou le refus d’affronter le jour, le soleil dardant ou le ciel plombé, le choix de la tasse pour le breuvage noir. Et cependant toujours les mêmes tentures, la même cuisine, la même course, la même Bruxelles… Continuer la lecture

Des rues malodorantes et des boutiques qui éclosent à chaque saison, des passerelles prétentieuses et des pavés déchaussés, un fleuve trop boueux et pourtant scintillant, des projets vaguement citoyens, tellement de rafistolages sociaux ; une aspiration au mieux, parfois, un contentement, souvent. Des gens, surtout : faune friquée aux terrasses, déclassée sur les seuils, désœuvrée aux arrêts, colorée un peu partout. Chaleur du dedans, quant-à-soi bravache, simplicité désarmante : Liège, aux mille accents. Cité ardente, mais étouffante, brinquebalante, lassante, attachante. Ville qui s’empêtre et se démène. Irrite, attendrit, ragaillardit. Terre de poésie(s), tout en parallèles et en intersections. Et c’est là qu’il y a vingt ans, s’est naturellement enraciné « Le Comptoir », structure œuvrant avec entrain pour la promotion des petites maisons d’édition et de leurs artistes, et soutenant « les démarches éditoriales sauvages, les fanzines et les livres auto-édités avec un désir d’exigence et le goût du travail bien fait ». Un incontournable pour les entichés de sentiers littéraires moins battus et les curieux en recherche d’affinités électives. « De toutes les rencontres, chacune est la préférée », écrirait à ce propos Victoire de Changy…