Archives de catégorie : Édités en Belgique

La lit­téra­ture belge pub­liée en Bel­gique : toutes nos recen­sions de livres parus dans des maisons d’édi­tion belges.

Mon chien… n’est pas stupide !

Jean-Marc DEFAYS, Rêver­ies sur les coteaux, Mur­mure des soirs, 2024, 173 p., 20 €, ISBN : 978–2‑93123–520‑1

defays rêveries sur les coteauxLire Rêver­ies sur les coteaux à la suite du Poste restante de Frédéric Kurz ! Tous deux chez le même édi­teur. Pourquoi ce livre-ci n’a‑t-il pas inté­gré lui aus­si la col­lec­tion « Brèves du soir » ? Dès les pre­mières pages, n’est-on pas plongé, loin du roman ou de l’essai, dans le court et l’inclassable, des moments de réflex­ion ou d’émotion arrachés au défile­ment des jours ? Con­tin­uer la lec­ture

Des rognures d’ongles

Christophe KAUFFMAN, Babi­oles, Mur­mure des soirs, coll. « Brèves du soir », 2024, 104 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931235–27‑0

kauffman babiolesLa chronique est un art de la mesure libre, de la pondéra­tion, elle doit piquer notre œil, le met­tre en ten­sion, ébruiter les sons vagues qui nous entourent générale­ment et forcer la porte de ce qui nous entoure et à quoi nous prê­tons peu d’at­ten­tion, puisque la vitesse et même l’urgence per­ma­nente ont embal­lé le monde dans une course dans le vide cyberné­tique. La chronique souhaite faire enten­dre du monde, non sa vaste com­plex­ité, mais l’épaisseur de celle-ci à tra­vers un prélève­ment, une sorte de micro-instant saisi par l’écri­t­ure. Dès lors, le chroniqueur enver­rait aux lecteurs des son­des issus d’une sin­gulière per­cep­tion du jeu des appar­entes évi­dences. Con­tin­uer la lec­ture

Texere

Aliette GRIZ (autrice) et Élise PÉROI (illus­tra­trice), Domousse, Midis de la poésie, 2024, 20 p., 18 €, ISBN : 978–2‑931054–13‑0

griz peroi domousse« Avant, avant, avant », il y a la con­fi­ance de Nouzha Ben­salah et un sub­side en édu­ca­tion per­ma­nente qui créent la pos­si­bil­ité de ren­con­tre de deux artistes, l’une fileuse de laine, l’autre de mots. Il y a un alors pro­jet à penser, des con­tours à définir, des envies à ren­con­tr­er. Petit à petit, les fils se nouent et le motif appa­raît : des tapis-mon­des, des poèmes-com­pag­nies, des bébés-graines. Tout un dis­posi­tif sus­ci­tant la manip­u­la­tion, l’appropriation, la récep­tion et la trans­mis­sion. C’est ain­si que, dans des crèch­es, de très jeunes enfants ont exploré un espace tex­tile-textuel nomade et ancré. « Domousse ». Con­tin­uer la lec­ture

D’incertaines mélancolies…

Jean JAUNIAUX, Lisières, Bleu d’encre, 2024, 93 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–74‑1

jauniaux lisieresTra­duc­teur et cinéaste de for­ma­tion, Jean Jau­ni­aux déploie son activ­ité dans dif­férents domaines : l’écriture – nou­velles, romans, chroniques lit­téraires – et la cri­tique – arti­cles, entre­tiens, inter­views et écri­t­ures sonores. Il a égale­ment écrit de nom­breuses con­tri­bu­tions à des ouvrages col­lec­tifs. De 2009 jusqu’au décès de son directeur Jacques De Deck­er, il a été rédac­teur en chef de la revue lit­téraire Mar­ginales. Engagé en faveur de la lib­erté d’expression, à tra­vers l’action du PEN Club, il est aus­si sen­si­ble à la con­di­tion des opprimés et des lais­sés-pour-compte, sou­vent présents dans ses nou­velles et réc­its. À pro­pos de son « écri­t­ure sonore », Jean Jau­ni­aux enreg­istre depuis de nom­breuses années des entre­tiens lit­téraires, mis en ligne sur une webra­dio lit­téraire et cul­turelle, L’ivresse des livres et sur ses chaînes Youtube et Sound­cloud. Il dis­pose ain­si d’un instru­ment de dif­fu­sion des entre­tiens avec des acteurs du livre et de la cul­ture et a enreg­istré à ce jour plus de 800 entre­tiens avec des auteurs et autri­ces de romans, nou­velles, ban­des dess­inées, essais, ce qui con­stitue une extra­or­di­naire banque de don­nées et d’informations sur la lit­téra­ture con­tem­po­raine. En même temps que se pub­lie chez MEO son plus récent roman, Le juge­ment des glaces, Jau­ni­aux pub­lie son pre­mier recueil de poèmes. Con­tin­uer la lec­ture

Une histoire clandestine

Paul GERARD, Impasse de la Fidél­ité, CFC et Iselp, coll. « non-couché », 2024, 64 p., 16 €, ISBN : 9782875721051

gerard impasse de la fideliteImpasse de la Fidél­ité. Il ne faut pas faire dire au titre du livre de l’artiste Paul Gérard ce qu’il ne développe ni ne sous-tend – une réflex­ion sur le respect de la foi et de l’engagement con­ju­gal, ce serait fon­cer droit dans un cul-de-sac. Il faut le com­pren­dre pour ce qu’il énonce : le nom d’une voie sans issue brux­el­loise sise près de la cen­trale petite rue des Bouch­ers qui, bien qu’aujourd’hui surtout vis­itée pour la stat­ue de Jean­neke Pis et pour ses bistrots hou­blon­nés, fait par­tie inté­grante de l’histoire de la vie noc­turne homo­sex­uelle belge. On y trou­vait notam­ment dans les années 1930 des bars gays et les­bi­ens où l’on pou­vait s’asseoir à la vue de tous·tes et plus tard, des étab­lisse­ments davan­tage clan­des­tins quand la nuit homo­sex­uelle fut moins libre, dans les années 1960 notam­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Jeux de doubles au Palais des Glaces

Cather­ine DESCHEPPER, Mémoires sélec­tives, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2024, 253 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–931‑7

deschepper memoires selectivesDans Mémoires sélec­tives, Cather­ine Deschep­per éprou­ve un plaisir vis­i­ble à brouiller les pistes, à jouer avec les codes du roman polici­er pour mieux duper ses lecteurs et lec­tri­ces.

Ain­si, elle campe le per­son­nage de Wil­frid Zondag, inspecteur de police qui à force d’affaires ratées s’est vu relégué en respon­s­able des fugues de patients atteints d’Alzheimer. Une sorte d’ « Inspecteur du dimanche »  sans pres­tige ni galons qui traîne son ennui dans les rues et maisons de retraite brux­el­lois­es. Au cours de ses péré­gri­na­tions, il assiste un peu par hasard à l’enterrement de Marie-Joséphine de la Marinière, égo­tique bour­geoise dont la sœur, à la sor­tie de l’église, s’épanche sur l’épaule de l’inspecteur. Elle croit en effet recon­naitre en lui Jacques, le psy­chi­a­tre et émi­nence grise de sa sœur, dont Zondag est le par­fait sosie. Dans la con­fu­sion, elle fait part de son absolue con­vic­tion : sa sœur, pré­ten­du­ment sui­cidée, a cer­taine­ment été assas­s­inée. L’inspecteur Zondag perçoit dans ces con­fi­dences les prémices d’une affaire à suiv­re, autrement plus piquante qu’une fugue d’octogénaire. L’occasion, par la démon­stra­tion de sa finesse d’esprit et de son sens de la logique jusque-là ignorés, de gag­n­er enfin l’estime de son patron et de ses col­lègues, et d’impressionner son épouse Sonia qu’il aime tant et qui lui échappe ces derniers temps. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le ventre du feu

Un coup de cœur du Car­net

Lisa DEBAUCHE, Carcasses/L.R.D.P., Arbre de Diane, coll. « Hori­zons », 2024, 92 p., 14 €, ISBN : 9782930822327

debauche carcassesLa scène théâ­trale dressée par Lisa Debauche se présente comme une arche sur laque­lle mon­tent les désirs, le feu de l’amour, la reine des putes, les mil­liards d’animaux fuyant l’assassinat de masse. Après des études d’art dra­ma­tique, Lisa Debauche pub­lie chez Mael­strÖm La nuit est encore debout c’est pour ça que je ne dors pas, un pre­mier recueil poé­tique sai­sis­sant, tail­lé dans la nuit des mots et des corps. Autrice, com­positrice, inter­prète ayant sor­ti deux albums sous le nom de Lisza, elle livre avec Carcasses/L.R.D.P. une pièce de théâtre qui prend la forme d’un mono­logue de feu dansant comme un der­viche tourneur. Con­tin­uer la lec­ture

La grâce poétique de l’infime

Un coup de cœur du Car­net

Rena­to BACCARAT, Marche de nuit, Édi­tions Bleu dans vert, coll. « Peau com­mune »,2024, 63 p., 9 €, ISBN : 9782 960 269390

baccarat marche de nuitIl est des livres que l’on ne peut dis­soci­er de leur mai­son d’édition. Cette dernière con­stitue l’ADN de cha­cun des ouvrages que l’on se réjouit de recon­naître, de retrou­ver au fil des pub­li­ca­tions. Ain­si en va-t-il des ouvrages pub­liés sous le toit de la mai­son Bleu dans vert dont le site, d’une phrase, annonce la couleur : « Bleu Dans Vert est une mai­son de micro-édi­tion qui pro­pose des livres sans queue ni tête, des petits objets que l’on trou­ve beaux ». Con­tin­uer la lec­ture

Je et un(e) autre

Luc DELLISSE, Ce que je sais sur Lin­da, Lamiroy, 2024, 245 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–940‑9

dellisse ce que je sais sur lindaUn homme ne sup­porte plus sa vie « offi­cielle ». Il aspire à devenir invis­i­ble, à être libre, à vivre sans passé, dans l’anonymat. Ou du moins à se don­ner des moments de fuite. Il imag­ine un strat­a­gème pour dis­paraître régulière­ment, vivre une autre vie pour laque­lle il se fab­rique une autre per­son­nal­ité. Par hasard, dans cette exis­tence dis­simulée, il ren­con­tre Lin­da. Dans ce roman de Luc Del­lisse, Ce que je sais sur Lin­da, le nar­ra­teur tombe sous le charme de la jeune femme, dont il décou­vre très vite qu’elle est, elle aus­si, entourée de mys­tère. Comme lui, elle n’est pas ce qu’elle pré­tend être. La rela­tion qui s’ébauche entre eux est de l’ordre de l’amitié et d’une très grande com­plic­ité, d’une entente à demi-mots. Cette rela­tion n’est pas de nature amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture

Belgique, vieux grimoire

Un coup de cœur du Car­net

Jean Claude BOLOGNE, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 2024, 124 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9782875864819

bologne belgiquesLe por­trait chi­nois de la Bel­gique, des mul­ti­ples Bel­giques, que nous livre Jean Claude Bologne pour­rait-il se voir défi­ni par le cumul des titres com­posant les quinze nou­velles du recueil ? Pêle-mêle, on cit­era Aller sim­ple pour Nulle Part qui ouvre le bal de l’écriture, La liasse empoi­son­née qui le referme, Le marc­hand de sourires, Dilemmes, C’est la vie, Mon­sieur et cher Papa, Son Messie aujourd’hui, Le plac­ard… Avec un brio étince­lant trem­pé dans l’humour, Jean Claude Bologne délivre des textes où le fan­tas­tique, les embruns de l’irréel s’invitent sans crier gare, au détour d’une descrip­tion de lieux, de faits. Loin de for­mer un sim­ple décor, les lieux tout à la fois réels, géo­graphiques, de l’enfance, imag­i­naires, qu’il évoque — la val­lée de la Haze, l’Académie de lit­téra­ture, Liège… — exer­cent charmes et sor­tilèges, influ­en­cent les per­son­nages jusqu’à leur vol­er leur libre-arbi­tre. Chaque nou­velle peut se lire comme un réc­it d’apprentissage qui élève la Bel­gique au rang de ter­reau d’expériences fon­da­tri­ces. Con­tin­uer la lec­ture

Quand le peuple belge avait faim

Un coup de cœur du Car­net

Frédérique DOLPHIJN, Les oubliés, Esper­luète, 2024, 128 p., 19,50 €, ISBN : 9782359841916

dolphijn les oubliésQui se sou­vient de la famine qui a frap­pé la jeune Bel­gique à la moitié du 19e siè­cle ? Cet épisode trag­ique s’est pro­duit suite à des récoltes de blé ruinées, puis celles de pommes de terre gâchées par la mal­adie, alors que ces den­rées assur­aient la sécu­rité ali­men­taire de la pop­u­la­tion[1]. Et quand la spécu­la­tion s’en mêle, que les prix grimpent, c’est la survie des plus pau­vres qui est men­acée. En cette année 1847, cer­tains n’hésitent pas à émi­gr­er en quête d’un avenir meilleur, notam­ment aux États-Unis dont les pro­grammes de peu­ple­ment envoient des recru­teurs dans les villes et les cam­pagnes, avec la béné­dic­tion des autorités. Con­tin­uer la lec­ture

Claire Lejeune. La traversée du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Claire LEJEUNE, Mémoire de rien et autres poèmes, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 368 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–691‑6
Claire LEJEUNE, Ari­ane et Don Juan et autres pièces, Post­face de Christophe Meurée, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2024, 224 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–690‑9

lejeune mémoire de rienClaire Leje­une (1926–2008) a arraché à l’espace des Let­tres leurs habi­tudes, leurs balis­es, leur prêt-à-écrire pour les ouvrir à l’inconnu, à l’expérience d’un verbe autre. Remar­quable­ment post­facés par Christophe Meurée, les deux vol­umes que pub­lie Espace Nord — Mémoire de rien et autres poèmes, Ari­ane et Don Juan et autres pièces délivrent deux des mas­sifs textuels de son œuvre, les recueils poé­tiques d’une part, ses pièces de théâtre de l’autre. La sub­di­vi­sion de ses créa­tions en trois champs d’expérimentation qui cor­re­spon­dent à trois temps de sa tra­jec­toire (poésie, essais, théâtre) pèche par sa rigid­ité tant la langue et l’univers qu’elle mobilise font éclater les fron­tières des gen­res, lais­sent la poésie per­col­er dans des textes qui sont avant tout des stases d’une expéri­ence intérieure. Pub­liés dans leur ver­sion inté­grale[1], les recueils poé­tiques La gangue et le feu, Le pour­pre, La geste, Elle, Mémoire de rien (Le dernier tes­ta­ment ne fig­ure pas) dessi­nent une car­togra­phie où se dresse la scène d’une équiv­a­lence entre l’écriture et la nais­sance à soi, entre la ges­ta­tion du verbe et l’engendrement du sujet poé­tique par les mots. Con­tin­uer la lec­ture

Trois femmes face à l’inondation

Dominique VAN COTTHEMLes eaux assas­sines, Genèse édi­tion, 2024, 235 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820103–96

Mi-juil­let 2021, la Bel­gique est con­fron­tée à de dra­ma­tiques inon­da­tions. Trente-neuf vic­times ont per­du la vie et de nom­breuses maisons ont été détru­ites ou sont dev­enues inhab­it­a­bles. La roman­cière Dominique Van Cot­them s’est retrou­vée pris­on­nière des flots, chez elle. Elle a pu mesur­er l’impact émo­tion­nel, psy­chologique et physique de la cat­a­stro­phe. Elle aurait pu témoign­er. Avec Les eaux assas­sines, elle a choisi d’aborder les événe­ments par la fic­tion, en imag­i­nant trois per­son­nages féminins… Con­tin­uer la lec­ture

Je lis, donc je suis

Un coup de cœur du Car­net

Frédéric KURZ, Poste restante, Mur­mure des soirs, coll. “Brèves du soir”, 2024, 187 p., 16 €, ISBN : 978–2‑93123–525‑6

kurz poste restanteDès l’avant-propos, Frédéric Kurz assène un cre­do :

Je n’ai pas par­cou­ru le monde, ma présence en Afrique s’est lim­itée au Maroc, je n’ai jamais mis les pieds en Asie ni en Amérique du Sud. 
Mais je con­nais les aveu­gles men­di­ants de Buenos-Aires, j’ai (…) descen­du l’Amazone en radeau, dan­sé dans un bouge con­go­lais. J’ai pris l’air de la mon­tagne dans un sana­to­ri­um (…) j’ai par­cou­ru l’Inde et le Japon (…) J’étais avec les sur­vivants dans un monde postapoc­a­lyp­tique (…) J’ai enquêté, aimé, cou­ru, tué, cher­ché mes par­ents, trahi, survécu, aidé, soigné, que sais-je encore ?  Con­tin­uer la lec­ture

Mélancolique et fantastique Belgique

Véronique BIEFNOT, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 2024, 148 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9782875864840

biefnot belgiquesLa col­lec­tion de nou­velles Bel­giques, pub­liée chez Ker et dirigée par Vin­cent Engel, per­met tou­jours de manière sin­gulière la décou­verte de l’univers d’un auteur. Elle s’enrichit cet automne d’un vingt-huitième opus sous la plume de Véronique Biefnot. Et l’automne lui va bien : l’autrice, par ailleurs radieuse, aime nous plonger ici dans le cli­mat des ombres et pénom­bres, les bleus marine des nuits de lune, les clartés incer­taines du rêve et du mys­tère, les crachins brumeux et obstinés sur des quartiers désolés, la mélan­col­ie aus­si, cette force sourde qui met par­fois en quête et n’oblige pas néces­saire­ment à la tristesse. Sai­son prop­ice en out­re au fan­tas­tique ou au réal­isme mag­ique, car c’est sous cet angle que Biefnot aime surtout à présen­ter son rap­port à la Bel­gique. Con­tin­uer la lec­ture

Dialogues autour de la mythique Belgis

Philippe REMY-WILKIN, Bel­giques. Être ou ne pas être… réc­it, Ker, coll. « Bel­giques », 2024, 150 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 978–2‑87586–478‑9

remy wilkin belgiquesAvec 28 titres au comp­teur à ce jour, la col­lec­tion Bel­giques lancée par les édi­tions Ker apporte sa pierre à l’élaboration d’un por­trait orig­i­nal de notre pays. La dernière salve compte cinq auteur et autri­ces dont Philippe Remy-Wilkin, aux côtés de Véronique Biefnot, Jean-Claude Bologne, Lil­iane Schraûwen et Nathalie Stal­mans.

La bib­li­ogra­phie de Philippe Remy-Wilkin est déjà impres­sion­nante. Par­mi les lignes maîtress­es de son œuvre, on con­state un attrait mar­qué pour l’Histoire et, en par­ti­c­uli­er, ses zones d’ombres. L’écrivain belge n’a pas peur des défis et aime entraîn­er son lecteur dans des épo­ques mécon­nues de l’histoire, aux croise­ments des mythes, idéolo­gies et philoso­phies. On se sou­vient de son roman L’œuvre de Caïn, réédité récem­ment par les édi­tions Sam­sa. Dans ce roman emblé­ma­tique, Philippe Rémy-Wilkin met en scène deux amis, le Belge Valentin Dul­lac et le Juif alle­mand Cas­par Mendelssohn, qui se sont con­nus début du 20e lors de fouilles archéologiques sur la civil­i­sa­tion mésopotami­enne et se retrou­vent pour un voy­age en Alle­magne. Il y est ques­tion de sociétés secrètes, de par­ti­sans du nazisme et de l’antisémitisme, d’idéologues inquié­tants et de parias, les ʺCaïn de l’Histoire.ʺ Un roman qui donne un relief inédit aux années trou­bles d’avant-guerre. Con­tin­uer la lec­ture