Archives de catégorie : Théâtre

Théâtre

Retrou­vez toutes nos recen­sions con­sacrées au théâtre

Travailler ! Mais pour qui ? Et pourquoi ?

Cathy MIN JUNG, Sing my Life, Lans­man, 2017, 58 p., 12€, ISBN : 978–2‑8071–0160‑9

min jung.jpgBrigitte, Car­o­line, Danièle, Éti­enne, Marko, Sonia sont ce qu’on appelle com­muné­ment des « petites gens ». La plu­part d’entre eux sont ouvri­ers et tra­vail­lent dans une usine sidérurgique. Polir des pièces toute la journée, s’occuper des enfants le soir en ren­trant du boulot – du moins pour les femmes – fatigue, douleur, salaire de mis­ère et fin de mois dif­fi­cile, leur quo­ti­di­en est loin d’être rose, leur avenir reste terne. Pour­tant, voici venu le temps des rêves. Car­o­line et Éti­enne se sont saignés toute leur vie. Avec l’aide de leurs proches, ils envis­agent d’accomplir un grand voy­age, celui qu’ils atten­dent depuis tant d’années : vis­iter la Chine. Sonia, quant à elle, a une voix de cristal. Danièle, la ten­an­cière du bistrot où ils se retrou­vent tous les midis, l’a inscrite à un télé-cro­chet « Sing my Life ». Elle accepte d’y par­ticiper, même si son mari, Marko, ne voit pas cette com­péti­tion d’un bon œil. À quar­ante ans, Sonia va-t-elle con­naître la gloire ? La promesse d’un futur meilleur devient tout d’un coup envis­age­able. Con­tin­uer la lec­ture

L’espace des esprits fendus

Eugène SAVITZKAYA, Sis­ter, avec des dessins de Bérengère VALLET, pré­face d’Hélène MATHON, L’œil d’or, 2017, 64 p., 11 €, ISBN : 978–2‑913661–81‑3

savitzkaya sister.jpgOn peut abor­der les textes d’Eugène Sav­itzkaya qui com­posent ce petit recueil inti­t­ulé Sis­ter, d’au moins deux manières dis­tinctes, tant l’écriture se tient d’elle-même sur une crête : celle qui sépare ordi­naire­ment le monde des gens dits « nor­maux » de celui qu’on peut appel­er ici les « esprits fendus ». Les « esprits fendus » sont ceux qui vivent, et le plus sou­vent jusqu’à leur fin, dans un « espace du dedans » (pour repren­dre un titre d’Henri Michaux), et cepen­dant plongés, immergés, noyés par­fois, dans le monde des « nor­maux ». L’espace du dedans schiz­o­phrénique est absol­u­ment indi­vid­u­al­isé, rad­i­cale­ment per­son­nal­isé, si on le rap­porte à la norme du vivre en société, alors que tout « esprit fendu » pos­sède en lui-même, jusqu’aux plus douloureuses souf­frances, son corps, ses dou­bles, ses gestes, actes et lan­gages, ses dia­logues et ses pen­sées, ses douceurs et ses haines, ses amours et ses dés­espérances. Con­tin­uer la lec­ture

Un journal de théâtre à trois temps

Jean-Marie PIEMME, Accents toniques. Jour­nal de théâtre (1973 – 2017), pré­face de Stanis­las Nordey, Alter­na­tives Théâ­trales, 2017, 440 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87428–106‑8

piemme accents toniquesLe théâtre vu, regardé, lu, écrit, analysé, racon­té par Jean-Marie Piemme en trois tranch­es tem­porelles per­me­t­trait de lire le presque demi-siè­cle qu’il nous donne à revis­iter sur les scènes du monde et en Bel­gique fran­coph­o­ne en par­ti­c­uli­er.

Le pub­lic, l’intelligence du jeu, Brecht, le peu­ple (ce qu’on appelait il y a peu la « classe ouvrière »…), les sys­tèmes de pro­duc­tions théâ­trales dans tous leurs détours, les explo­rations répétées de cer­tains auteurs de prédilec­tions, la mise en scène qui résiste aux exi­gences du plateau et le trans­forme, les con­flits idéologiques et esthé­tique majeurs qui ont mar­qué l’histoire de notre théâtre depuis ce que l’on a appelé le « jeune théâtre » (les années sep­tante), le corps à l’opéra, l’École,…voilà la matière de ce livre cap­i­tal pour la mémoire d’un art vivant, sou­vent séduit par les sirènes du suc­cès con­fort­able. Con­tin­uer la lec­ture

Le conte est blond

Jean-Marie PIEMME, Jours radieux, Lans­man, 2017, 48 p., 11€, ISBN : 978–2‑8071–0151‑7

piemme.jpgUne farce, une bouf­fon­ner­ie, un con­te, une his­toire d’un temps sans nuances, Jours radieux de Jean-Marie Piemme nous joue le tem­po d’un temps sans espérance et empli de peur. Il reste alors la rage, l’illusion, l’exécration des autres, le désir d’un Père sévère et fort, un tyran, ou d’une Mère….

On ne badine pas avec l’amour : chez Piemme, la ques­tion, sous des allures de comédie grinçante est tou­jours au cen­tre de son œuvre dra­ma­tique. Que faire pour que les hommes se sup­por­t­ent et ten­tent même de se tolér­er, voire de se recon­naître et d’éviter le pire, la jouis­sance de la destruc­tion de l’autre, du métèque, de l’encombrant ? Con­tin­uer la lec­ture

La vengeance est un plat qui se mange froid

Geneviève DAMAS, La soli­tude du mam­mouth, Lans­man, 2017, 48 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0154‑8

damas solitude du mammouth.jpgBérénice s’est fait avoir comme un bleu. Alors qu’elle pen­sait couler des jours pais­i­bles avec son Brice de mari, ses enfants et sa jolie mai­son bien pro­pre, ne voilà-t-il pas que son cher et ten­dre se fait la malle avec l’une de ses étu­di­antes, une midinette de vingt-deux ans, aux jambes inter­minables et à la poitrine généreuse. Brice 1 — Bérénice 0. Les pleurs et le KO passés, il lui faut s’activer et lui mon­tr­er qu’il a eu tort de la quit­ter. Elle n’a pas passé plusieurs années de sa vie à net­toy­er ses chemis­es, lui pré­par­er à bouf­fer, organ­is­er les vacances, torcher le cul des goss­es, pay­er les fac­tures, couch­er les mioches, lessiv­er, grat­ter, suer encore et encore, pour se faire jeter comme une mal­pro­pre. Con­tin­uer la lec­ture

Une fable révolutionnaire

Un coup de cœur du Carnet

Pietro PIZZUTI, L’hiver de la cigale, Lans­man, 2017, 40 p., 10 €, ISBN : 978–2‑8071–0146‑3

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Lau­ra Wel­ter, 44 ans, est accusée du meurtre de l’ancien dic­ta­teur Oscar Anto­nio Soma­dos­si Roed­er­er. Elle était, depuis plusieurs mois, sa lec­trice attitrée. Elle lui lisait essen­tielle­ment ses car­nets. Le vieil homme malade et presque aveu­gle s’attendrissait de réen­ten­dre ses pro­pres mots, notam­ment sur la nais­sance et l’enfance de sa fille Isado­ra, cette jeune enfant à qui il aimait racon­ter et réin­ven­ter l’histoire de La cigale et la four­mi. Lui qui avait échap­pé à la jus­tice — même si le Tri­bunal des Dis­parus l’avait recon­nu coupable pour crimes con­tre l’humanité — n’allait plus faire de vieux os. Alors qu’est-ce qui a poussé Lau­ra Wel­ter à l’assassiner ? Pour qui tra­vaille-t-elle ? Peut-on ressen­tir de l’empathie, voire de la ten­dresse pour une cra­pule dont les mil­ices ont tué de nom­breux inno­cents ? Et cette même cra­pule peut-elle mon­tr­er ses failles et ses émo­tions pater­nelles ?
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Jouez jeunesse !

La scène aux ados — 13 et 14, Lans­man, 2017, 105 et 103 p., 15€, ISBN : 978–2‑8071–0141‑8 et 978–2‑8071–0142‑5

scene aux ados 13scene aux ados 14Forte de ses mis­sions d’éducation, de for­ma­tion et d’échange, l’association IThAC – anci­en­nement appelée asbl théâtre-édu­ca­tion Pro­mo­tion-Théâtre – s’est lancée, depuis 2004, dans le beau pro­jet d’amener la pra­tique du théâtre en milieu sco­laire et extrasco­laire, à tra­vers des œuvres d’auteurs dra­ma­tiques con­tem­po­rains. Ce pro­jet inti­t­ulé « La scène aux ados » a lieu tous les deux ans. Des auteurs, sélec­tion­nés en amont, pro­posent des textes adap­tés aux con­traintes des grands groupes. Ces pièces se voient rassem­bler et pub­li­er chez Lans­man, et ain­si mis­es à la dis­po­si­tion des enseignants et des ate­liers théâtre. Mais le but ultime du pro­jet reste la mise en scène. Des groupes de jeunes s’emparent de ces textes, les mon­tent et les présen­tent au pub­lic lors de fes­ti­vals organ­isés avec des théâtres et des cen­tres cul­turels (la prochaine édi­tion aura lieu lors de la sai­son 2017–2018). Ce pro­jet est soutenu par dif­férents opéra­teurs et asso­ci­a­tions, tels le Cen­tre des Écri­t­ures Dra­ma­tiques Wal­lonie-Brux­elles (CED-WB), l’association Émilie&Cie, la Société des Auteurs et Com­pos­i­teurs Dra­ma­tiques (SACD) et la Province de Namur. Dans le cadre des pub­li­ca­tions 13 et 14 qui nous con­cer­nent ici, une nou­velle for­mule a été expéri­men­tée. Les auteurs sont tous issus de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Ils ont eux-mêmes par­ticipé à dif­férentes étapes pré­para­toires et ont été accom­pa­g­nés tout au long de leur proces­sus d’écriture par le dra­maturge belge Régis Duqué. Con­tin­uer la lec­ture

Tuer le fils

Mireille BAILLY, Le départ, Lans­man, 2017, 50 p., 11€, ISBN : 978–2‑8071–0145‑6

baillyLe Fils, 35 ans, est sur le départ et l’annonce de but en blanc à ses par­ents pen­dant le repas du soir. Il est 19h pré­cis­es et ils regar­dent bien tran­quille­ment la télévi­sion. Dans le cos­tume de son père, la valise à la main, le Fils a décidé de par­tir loin. Très loin. Ses par­ents ont-ils bien enten­du ? Eux qui cinq min­utes plus tôt se dis­putaient sur la poten­tielle nou­velle couleur de leur salon. Faut-il d’ailleurs vrai­ment le repein­dre ce salon ? L’incompréhension des pre­mières min­utes laisse rapi­de­ment place à la colère. Le Fils veut par­tir ? Lui qui ne sait pas s’habiller tout seul. Un assisté, pour­rait-on dire. La Mère, pour­tant si mater­nelle et affectueuse, se trans­forme en mon­stre crachant des mots vul­gaires et odieux. Le déni suit quand le Fils annonce qu’il part retrou­ver celui, et non celle, qu’il aime. Ce coup — de poignard ou de feu, c’est au choix — leur sera fatal. Le cœur de la Mère saigne de voir par­tir la prunelle de ses yeux. La soirée avance. Des mon­des con­tin­u­ent de s’affronter. Arrivent ensuite Mon­sieur, une mitraille à la main, Madame et le Fils de 33 ans de Mon­sieur et Madame, qui lui aus­si aime les hommes. N’est-il pas temps de laiss­er par­tir son petit chou­chou ? Et si cet amour était bien réel ? Et s’il ne fal­lait pas tou­jours « tuer le père » pour avancer ? Et si rien ne changeait finale­ment ? Con­tin­uer la lec­ture

Une leçon de Marguerite Yourcenar sur le drame grec revisité

Mar­guerite YOURCENAR, Car­net de notes d’Élec­tre, texte établi et présen­té par Achmy Hal­ley, illus­tra­tions orig­i­nales d’Alecos Fas­sianos, édi­tions Fata Mor­gana, 2017, 48 p., 10 €, ISBN : 978–2‑85194–988‑2

yourcenar carnet de notes d electre

Les fig­ures des légen­des grec­ques n’ont cessé, à tra­vers les siè­cles, de nour­rir la créa­tion occi­den­tale et de nous aider à con­cevoir et à rêver le monde. Sou­venons-nous, entre autres, com­bi­en nous avons été bouleversé.e.s par l’Antigone et l’Œdipe sur la route d’Henry Bauchau. Con­tin­uer la lec­ture

« Tu crois que les gens sont morts mais en fait ils ne meurent pas »

Un coup de coeur du Carnet

Stéphanie BLANCHOUD, Jack­son Bay, Lans­man, 2017, 64 p., 12€, ISBN : 978–2‑8071–0131‑9

blanchoud jackson bayJack­son Bay, Nou­velle-Zélande. Le bout du monde. Les touristes y vont pour sa nature sauvage, ses plages escarpées, sa faune locale… et surtout sa soli­tude de baie isolée du reste du monde. Le beau temps n’est pas tou­jours de la par­tie. Nor­man, Jeanne, Fish et Mendy y sont coincés. Les intem­péries les oblig­ent à rester enfer­més dans la kitch­enette du camp­ing. L’envie de s’évader est très présente, mais cha­cun doit pren­dre son mal en patience. Dans ce huis-clos non désiré, on tue le temps et on apprend peu à peu à se con­naître. Nor­man et Jeanne, la quar­an­taine, voy­a­gent ensem­ble en camp­ing-car. Nor­man a per­du sa femme, Claire, depuis peu. Il réalise son plus grand rêve : voy­ager en Nou­velle-Zélande, à défaut d’avoir pu le faire avec elle, si ce n’est à tra­vers la lec­ture du Lone­ly Plan­et. Jeanne n’est pas très heureuse dans cette rela­tion. Elle comble son mal-être en par­lant beau­coup. Elle aimerait que Nor­man soit plus ten­dre, mais il reste dans sa bulle. Fish et Mendy, la trentaine, voy­a­gent en soli­taire. Eux aus­si ont emporté avec eux leur lot de mal­heurs. Ils sem­blent se plaire et se rap­prochent l’un de l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

Le combat d’une rupture

Un coup de coeur du Carnet

Stéphanie BLANCHOUD, Je suis un poids plume, Lans­man, 2017, 36 p., 10€, ISBN : 978–2‑8071–0136‑4

blanchoud.jpgUn cou­ple se sépare. Qui garde la petite lampe ? Le meu­ble en teck ? Les casseroles ? Ces cou­verts, il n’en a plus besoin. Ces assi­ettes ? Ce sont celles de sa grand-mère à elle. Les DVD là, qui les prend ? Et ain­si de suite, jusqu’à la ser­pil­lière et le tapis d’entrée. Peu à peu, leur loge­ment, qui a vu leur amour se révéler, brûler de mille feux avant de s’éteindre douce­ment, est déserté par ses occu­pants. L’appartement est vidé, net­toyé, la clé est ren­due au pro­prié­taire, les sou­venirs sont exilés. Il n’y a plus qu’à se ressourcer ailleurs, voy­ager, essay­er d’oublier, se famil­iaris­er avec la soli­tude, retrou­ver un toit, acheter de la nou­velle vais­selle, inscrire son nom sur la son­nette une Xème fois… Con­tin­uer la lec­ture

Une armée d’invisibles

Jean-Pierre DOPAGNE, J’ai faim, Lans­man, 2017, 90 p., 12€, ISBN : 978–2‑8071–0134‑0

dopagneDans une ville — qui pour­rait être n’importe quelle ville — une jeune femme — qui pour­rait être n’importe quelle femme — est assise sur le trot­toir. Toute la journée, Elle reste là, entre la banque et le salon de coif­fure, à atten­dre que les pas­sants daig­nent la regarder et lui laiss­er une petite pièce dans son cha­peau rapiécé. Toute la journée défile sous ses yeux un cortège d’humains. Cha­cun y va de sa petite remar­que ou de son petit geste. Il y a ceux qui sont excédés par sa présence. C’est le cas de la jeune coif­feuse envoyée par sa patronne pour la chas­s­er. Il y a ceux qui voient en elle une héroïne : le romanci­er pour son nou­veau livre (au grand dam de sa femme) et le présen­ta­teur du JT pour un block­buster. Il y a ceux qui aimeraient l’aider, comme la com­mis­saire de police et l’assistant social, mais qui ne parvi­en­nent pas à établir un dia­logue. Il y a ceux qui sym­pa­thisent avec elle : l’étudiant qui aime bavarder et lui apporter du miel, la chapelière qui veut lui offrir un beau cha­peau. Puis, il y a tous ceux qui voient ces clochards comme de la ver­mine, des déchets humains à nier et refouler le plus loin pos­si­ble. Le bourgmestre et futur min­istre ne s’apprête-t-il pas d’ailleurs à entre­pren­dre une grande réforme dans sa ville ? Con­tin­uer la lec­ture

C’est quoi l’amour ?

Un coup de coeur du Carnet

Thomas DEPRYCK, Étreintes dans le noir, Lans­man, 2016, 60 p., 11 €   ISBN : 978–2‑8071–0127‑2

depryckQu’est-ce qu’une his­toire d’amour ? Quelque chose que nous vivons tous, ou presque. Deux soli­tudes qui se rassem­blent et qui se lan­cent, plon­gent et saut­ent ensem­ble. Un proces­sus chim­i­co-social qui reste, dans la plu­part des cas, très éphémère. L’amour fait place, le plus sou­vent, à la rou­tine, mais peut aus­si faire place à la douleur, à la rancœur, voire à la haine. Une his­toire d’amour n’est jamais toute blanche ou toute noire. Elle est joyeuse et triste à la fois. Des sen­ti­ments les plus opposés s’y man­i­fes­tent. Con­tin­uer la lec­ture

14 ans, pour toujours

Un coup de coeur du Carnet

Alex LORETTE, Mou­ton noir, Lans­man, 2016, 81 p., 12 €   ISBN : 978–2‑8071–0117‑3

loretteDans cette nou­velle pièce, Alex Lorette nous livre une his­toire sur le thème du har­cèle­ment sco­laire : à presque 15 ans, Camille est vic­time des vex­a­tions de jeunes de son école. À tra­vers des dia­logues très con­crets, on peut décou­vrir une bonne décli­nai­son de sit­u­a­tions de har­cèle­ment, depuis les pro­pos indif­férents typ­ique­ment ado­les­cents jusqu’à la cru­auté sans lim­ite, elle aus­si typ­ique­ment ado­les­cente. Quand on croit avoir bien com­pris de quoi il s’agit, un autre tableau nous livre un nou­veau rebondisse­ment, parce que le har­cèle­ment ne s’arrête jamais, il s’est invité dans la mai­son de Camille, se fau­file dans des cour­riels insul­tants, se matéri­alise en une page Face­book anti-Camille. Bref, il est partout, lanci­nant. Con­tin­uer la lec­ture

L’Eldorado européen

Franck LIVIN, Ter­rain vague, Édi­tions du Cerisi­er, 2016, 72 p., 9 €  ISBN :  978–2‑87267–201‑1

livinIften est retrou­vé mort dans un ter­rain vague. Ce jeune médecin algérien résidait clan­des­tine­ment en Bel­gique. Sa terre natale sem­blait l’avoir oublié, comme nom­bre des siens. Le tra­vail man­quait. Seule la belle Europe le fai­sait encore rêver. Un ami l’y attendait, Abdel, et la sœur de celui-ci, Leila. On lui promet­tait un tra­vail, l’amour et un avenir plus clé­ment. Alors, après avoir tra­ver­sé la Méditer­ranée sur un rafiot de mis­ère, après avoir atten­du un temps infi­ni en cen­tre fer­mé à Lampe­dusa, après avoir avalé les kilo­mètres en Ital­ie et en France, Iften a touché le sol du Roy­aume de Bel­gique. Mais le rêve a sem­blé vite avorté. Grâce à Abdel, il avait trou­vé un boulot de maçon. Saïd, son patron, qui se dis­ait l’un de siens, n’a eu aucun scrupule à l’exploiter sur ses chantiers, comme tant d’autres. À la clé, un salaire dérisoire, une pro­tec­tion sociale inex­is­tante, des con­di­tions de tra­vail inhu­maines, une promesse de papiers jamais tenue et tou­jours la peur au ven­tre de se faire arrêter et ren­voy­er au pays. Pourquoi Iften a‑t-il trou­vé la mort ? Est-ce dû à un acci­dent de tra­vail ? Peut-être était-il devenu gênant, son esprit con­tes­tataire peu à peu se réveil­lant ?
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Non-assistance à personne en danger

Elsa POISOT, Kinky Birds, Lans­man, 2016, 62 p., 10€   ISBN : 978–2‑8071–0124‑1

poisotAujourd’hui : plusieurs per­son­nes sont enten­dues par la police suite à une som­bre his­toire de viol dans le métro au cours duquel per­son­ne n’est inter­venu. Tous essaient de se jus­ti­fi­er comme ils peu­vent, mais la cul­pa­bil­ité les ronge.

Quelques jours avant aujourd’hui : à la nuit tombée, Lud­mil­la marche dans la rue, sa valise à la main. Elle appelle tout son réper­toire et sem­ble per­due. Plus d’une fois, elle a l’impression qu’on la suit. Con­tin­uer la lec­ture