Nous apprenons le décès de l’écrivain, réalisateur et scénariste Alfredo Diaz Perez. Continuer la lecture
L’estran en héritage
Arnaud NIHOUL, La villa Aigue-Marine, Genèse, 2025, 242 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820103–58
Au décès d’Alice Terneuve, Alistair, journaliste et auteur de carnets de voyage écossais, et Lauryne, photographe américaine, découvrent que la défunte a fait d’eux ses héritiers. Pourtant, ils ne la connaissent pas, ne l’ont même jamais rencontrée, et la dame avait deux fils. Mais l’héritage est une villa dont ces derniers ne voulaient pas : la villa Aigue-Marine, grande maison familiale sur une ile peu peuplée de l’archipel normand de Chausey, hantée d’un souvenir trop douloureux pour eux. Familiale, la villa l’est depuis sa construction au début du 20e siècle et Alice voulait qu’elle le reste. Or, en retraçant l’histoire de la lignée Terneuve, elle a pu mettre au jour des branches de l’arbre généalogique jusqu’alors inconnues. Au bout de ses branches : Alistair et Lauryne, qui devront eux-mêmes découvrir leur lien avec la famille pour devenir propriétaires du lieu qui a vu les générations se succéder, contre vents et marées. Continuer la lecture
La littérature ou l’infini de la baleine blanche
Un coup de cœur du Carnet
Myriam WATTHEE-DELMOTTE, Indemne. Où va Moby-Dick ?, Actes Sud, 2025, 320 p., 23,50 € / ePub : 17,09 €, ISBN : 9782330206802
Inventer l’odyssée du chef‑d’œuvre de Hermann Melville, Moby Dick, en s’appuyant sur une érudition virevoltante de vie, tel est le pari hautement gagné sous l’horizon duquel Indemne se tient. Chercheuse de renom, spécialisée dans les rapports entre la littérature et les arts de la fin du 19ème siècle, essayiste (Bauchau. Sous l’éclat de la sibylle ; Dépasser la mort. L’agir de la littérature…), Myriam Watthee-Delmotte nous plonge dans les eaux d’un premier roman éblouissant qui nous éclabousse par son intelligence et sa profondeur. Continuer la lecture
Tel un phénix…
Lisette LOMBE, La magie du burn-out, Castor astral, coll. « Poche/Poésie », 2025, 160 p., 9,90 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9791027808151
« Sache que mes lettres n’attendent pas de réponse. L’important est qu’elles te parviennent et qu’elles te fassent du bien. » À travers un « tu » personnel et universel, Lisette Lombé adresse seize missives à ses « camarades de fatigue ». Ces personnes qui, dans leur chair, connaissent l’incendie du burn-out, ce terme qualifiant trop rapidement dans la langue commune des fatigues, des stress et des vides qui n’épousent pas les creux de ce syndrome d’épuisement caractéristique. C’est pourquoi, en tant qu’artisane des mots, débusqueuse de sens, poseuse de jalons, Lombé prend soin de spécifier et de différencier cette souffrance d’autres (sans les hiérarchiser, il va de soi). Continuer la lecture
Juste la fin d’un monde – le nôtre
Un coup de cœur du Carnet
J.-H. ROSNY AINE, La mort de la Terre, Postface de Valérie Stiénon, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 190 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–703‑6
Un jour, la Terre ne voulut plus des hommes. Ils croyaient la posséder, avoir étendu sur elle une domination naturelle et éternelle. Ils ne prirent pas la mesure des cataclysmes qui s’enchainaient – évaporation de l’atmosphère, séismes d’ampleurs inédites, sécheresse croissante. Le sol avala les sources, les fleuves se tarirent, les océans disparurent – ne laissant que des vallées à pic. Ils crurent que la technique les sauverait. Ils furent réduits à de maigres troupeaux recroquevillés dans des enclos autour des derniers filets d’eau suintant des terres arides. Continuer la lecture
Une nostalgie teintée d’essentiel
Luc BABA, Impressions de jardin, Abrapalabra, 2025, 98 p., 14 €, ISBN : 978–2‑93132–402‑8
Comment signifier que l’automne approche, que le compte à rebours sévit ? Le poète égrène le temps qui passe, alors qu’« Aujourd’hui sera le dernier jour avant demain ». Et pendant ce temps, le passage des saisons se solde déjà par le vieillissement conjoint des peaux et des herbes. Rien n’est éternel, pas même ce lieu voisin où des lotissements vont surgir à la place des chevaux. Continuer la lecture
Relire Gudule
Le 21 mai 2025 marquera le 10e anniversaire du décès de l’écrivaine Anne Duguël alias Gudule (Ixelles, 1er août 1945 – Puycelci, 21 mai 2015). Cet anniversaire prochain nous offre l’occasion de redécouvrir l’autrice et son œuvre à partir de nos archives. Continuer la lecture
European Union Prize for Literature 2025 : le palmarès
L’European Union Prize for Literature (EUPL) 2025 a sa lauréate. Deux mentions ont également été décernées. Philippe Marczewski est l’un des auteurs récompensés. Continuer la lecture
Urgence !
Un coup de cœur du Carnet
Christian LUTZ, Le vieil homme et la mère, Samsa, 2025, 258 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–544‑1
Une Histoire de l’édition en Belgique l’a rappelé naguère : Christian Lutz est un monument de nos Lettres. Fondateur du Cri, il a publié Compère, révélé Berenboom et Monfils, Delperdange et de la Croix, Deutsch… Mais il a perdu le Cri, s’est relancé via les éditions Samsa, accompagné par ses auteurs-phares mais abandonné, selon lui, par les pouvoirs publics. Or voilà que Christian Lutz nous revient comme auteur. Avec un livre composite, étonnant. Qu’est-ce donc que Le vieil homme et la mère ? Continuer la lecture
Prix Marcel Thiry 2025 : appel à candidatures
Le prix Marcel Thiry 2025 récompensera un recueil de poèmes. Les candidatures doivent parvenir aux organisateurs pour le 30 juin. Continuer la lecture
Une adaptation d’Amélie Nothomb à Cannes
Amélie et la métaphysique des tubes, un film d’animation adapté de Métaphysique des tubes, a été présenté au Festival de Cannes. Il sortira sur les écrans belges le 25 juin 2025.
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L’amour véritable, c’est pour du semblant
Un coup de cœur du Carnet
Louis DUBRAU, Les imaginaires, Académie Royale de langue et de littératures françaises, 2025, 239 p., 20 €, ISBN : 9782803200894
Avec la réédition du recueil Les imaginaires, l’Académie Royale fait à nouveau résonner une voix d’une intelligence rare et d’une sensibilité fine, celle de Louis Dubrau. Derrière ce nom, choisi par Louise Scheidt (1904–1997) pour, dit-on, déjouer les préjugés d’une critique qu’elle jugeait misogyne, se cache une autrice prolifique et essentielle, dont l’œuvre, pourtant reconnue par ses pairs et son élection à l’Académie Royale en 1972, mérite plus que jamais d’être redécouverte aujourd’hui. Continuer la lecture
D’amour, de jazz et d’amitié
Emmanuelle POL, Jan (sur un air de jazz), Finitude, 2025, 176 p., 18 €, ISBN : 9782363392343
« La musique est moins mystérieuse que la vie, c’est peut-être pour ça que je fais de la musique », disait un jour Keith Jarrett. Jan, le pianiste (fictif) du roman éponyme d’Emmanuelle Pol, au toucher aérien, aurait pu le dire lui aussi — lui pour qui « la musique était le réel. Pas de transcendance. Elle était le concret, ce qu’il y avait de plus concret. » Un concret fait de compositions, de répétitions, de concerts, d’enregistrements. Tandis que sa vie, elle, est faite de blessures, d’angoisses, de peurs, de solitude. De creux aussi. Et ce, dès avant sa naissance. Et ce prénom qu’il porte, peut-être à cause d’un célèbre collaborateur nazi flamand, dont c’était le deuxième prénom… Continuer la lecture
Prix Plisnier 2025 : appel à candidatures
Le prix de littérature Charles Plisnier 2025 récompensera un roman ou un recueil de nouvelles. Les candidatures sont attendues pour le 23 juin 2025. Continuer la lecture
Il faut souffrir pour être belle
Katia LANERO ZAMORA, Re: Start, Argyll, 2025, 117 p., 9,90 €, ISBN : 978–2‑49466–579‑8
Ce court roman rédigé par Katia Lanero Zamora s’ouvre sur la découverte de la communauté Re : Start, un village écoresponsable protégé par un mur d’enceinte où des jeunes filles triées sur le volet ont l’opportunité de révéler leur vraie beauté féminine et de « devenir des déesses ». Nous voilà dans les coulisses de la Grande Aventure de la Beauté ! Continuer la lecture
Une promenade d’admiration
Yves-William DELZENNE, Venise n’expose qu’elle-même, Samsa, 2025, 134 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–580‑9
Venise encore n’exposait qu’elle-même, ces siècles écoulés, la clepsydre de ses jours que griffait la pluie après le long soleil d’août qui avait si bien séché les enduits roses où des glycines s’agrippent mal.
Yves-William Delzenne nous offre, avec Venise n’expose qu’elle-même, un nouveau roman sous forme de promenade dans des lieux de mémoire et de mythologie littéraire, artistique, cinématographique, picturale… dans cette Venise, tellement surexposée qu’elle apparait souvent comme une sublime anamorphose… Car Venise, si elle existe depuis des siècles depuis sa magistrale fondation, s’est démultipliée dans le temps des œuvres et des admirations et on ne sait plus si Venise existe vraiment ou si c’est plutôt ce que nous voulons voir de Venise. Comme si elle était une prodigieuse diffraction du regard humain. Continuer la lecture





