Archives par étiquette : anthologie

Au royaume des orchidées

Pas­cale de TRAZEGNIES, Ô orchidées !, illus­tra­tions de Djohr, Flam­mar­i­on, 2018, 256 p., 32 € / ePub : 21.99 €, ISBN : 978–2081445703

Admi­ra­trice fer­vente de ces fleurs aus­si belles que mys­térieuses, qui, depuis tou­jours, intriguent, fasci­nent, par­fois rebu­tent, Pas­cale de Trazeg­nies nous invite, dans un livre enchanteur, Ô orchidées !, à décou­vrir le monde lit­téraire des orchidées.

L’aventure com­mence sous l’invocation Les émer­veil­lés.

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Trente ans et cent cinquante-cinq livres

Un coup de cœur du Carnet

Tétras Lyre 1988–2018. L’an­tholo­gie, textes rassem­blés et édités par Pri­maëlle Verte­noeil, Tétras Lyre, 2018, 176 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930685–37‑3

Les édi­tions Tétras Lyre pren­nent nais­sance en sep­tem­bre 1988 dans une mai­son de la rue Pier­reuse à Liège, sous l’im­pul­sion de Marc Imberechts. Né à Gem­bloux, ce poète de quar­ante-six ans a beau­coup déam­bulé en Afrique, en France, en Écosse, puis a vécu de petits boulots avant de décrocher un diplôme d’in­sti­tu­teur et d’être engagé dans une école pour enfants en dif­fi­culté – tout en s’ini­tiant à l’im­primerie… Ain­si va-t-il éditer arti­sanale­ment des recueils d’A. Wéry, de M. Biefnot, et pub­li­er en 1980 son pre­mier livre per­son­nel : D’un hiv­er L’autre. C’est René Lei­va Jimenez, exilé chilien devenu un ami, qui lui sug­gère de créer à Liège une petite struc­ture d’édi­tion. Bien­tôt, une équipe de sept ou huit per­son­nes est con­sti­tuée. Elle veut met­tre en évi­dence – édi­tion bilingue, beau papi­er, typogra­phie soignée, gravures orig­i­nales – des poètes venus aus­si bien d’Amérique latine, de Bel­gique ou du Maghreb, et com­mence avec des textes de Véra Fey­der, Arturo Perez, William Cliff. On l’au­ra com­pris, la sélec­tion est exigeante, tant pour les textes que pour les illus­tra­tions ; sont priv­ilégiées l’o­rig­i­nal­ité et la moder­nité, mais sans vers­er dans l’ab­scons ou le dés­in­car­né. Trois nou­velles col­lec­tions font leur appari­tion en 1990, tan­dis que l’équipe ini­tiale se réduit au trio for­mé par M. Imberechts, Guy-Hen­ri Dacos et Jean-Marc Simar. Les paru­tions se suc­cè­dent au rythme vari­able de deux à dix titres par an : G. Hons, L. Noullez, É. Brog­ni­et, F. Pes­soa, A. Schmitz, F. Arra­bal, Ph. Mathy, Ph. Leuckx, J. Izoard, M. Seuphor, W. Lam­ber­sy et bien d’autres. Con­tin­uer la lec­ture

Les mondes sensibles de Béatrice Libert

Béa­trice LIBERT, Ce qui vieil­lit sur la patience des fruits verts : antholo­gie, Choix et pré­face d’Yves Namur, Pein­tures de Fran­cis Joiris, Tail­lis Pré, 2018, 180 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87450–129‑6</span>

libert ce qui vieillit sur la patience des fruits vertsYves Namur a signé de nom­breuses antholo­gies de qual­ité, seul ou en tan­dem avec la regret­tée Lil­iane Wouters. Son cat­a­logue du Tail­lis Pré atteste de ses goûts et de son juge­ment d’éditeur. Tout choix étant un par­ti-pris, il est inévitable que le tra­vail d’éditeur ou d’anthologiste soit sujet à con­tro­verse : il en assume par­faite­ment le risque depuis le début des années 1980. Et il rend ici jus­tice à un poète auquel les lan­derneaux lit­téraires suc­ces­sifs ont prêté, comme à beau­coup de femmes dans l’histoire des Let­tres, une atten­tion trop sou­vent super­fi­cielle. Béa­trice Lib­ert n’est pour­tant pas une incon­nue : péd­a­gogue, ani­ma­trice d’ateliers d’écriture et de col­lec­tions lit­téraires, dont l’une dédiée à la jeunesse, elle est sen­si­ble aux arts plas­tiques. En atteste dans la présente édi­tion la mise en valeur d’un Fran­cis Joiris, artiste lié­geois tout à fait par­ti­c­uli­er dont l’univers fasci­nant est digne de l’Arte Povera. Cette sen­si­bil­ité pic­turale est présente aus­si dans la bib­li­ogra­phie du poète, où fig­urent nom­bre de livres avec des plas­ti­ciens con­tem­po­rains, ain­si que dans son art poé­tique per­son­nel, où la pein­ture est, soit thème inspi­rant, soit présente dans sa manière de voir le monde. Con­tin­uer la lec­ture

Plaisirs littéraire… et linguistique

Michèle LENOBLE-PINSON, Écrire sans faute. Dic­tées lues, com­men­tées et cor­rigées. Inclus : ver­sion audio en ligne,  De Boeck Supérieur, coll. « Entre guillemets », 2017, 206 p., 19.50 €, ISBN : 9782807315259

lenoble pinsonÉcrire sans faute. Un recueil de trente-trois dic­tées choisies prin­ci­pale­ment par­mi celles pro­posées par les Cham­pi­onnats d’orthographe entre 1992 et 2016, aux­quelles Michèle Leno­ble-Pin­son, prési­dente des­dits Cham­pi­onnats, en a joint quelques nou­velles, puisées notam­ment dans l’œuvre du sur­réal­iste Mar­cel Mar­iën et dans celle de Jean Ray, grande fig­ure du domaine fan­tas­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Maurice Carême, aux fenêtres du temps

Mau­rice CARÊME, Nonante-neuf poèmes, Choix anthologique et post­face de Rony Demae­se­neer, Chris­t­ian Libens et Rossano Rosi, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2018, 159 p., 8 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978–2‑87568–251‑2
Un car­net péd­a­gogique télécharge­able gra­tu­ite­ment accom­pa­gne le livre.

careme nonante neuf poemesSon art est la sim­plic­ité même. On a sou­vent con­fon­du cette lim­pid­ité qui sem­ble couler de source, cette fan­taisie dansante, cette grâce musi­cale, avec la can­deur, voire le sim­plisme, d’une poésie dédiée aux enfants – Mau­rice Carême, poète des écol­iers – sans soupçon­ner la ver­si­fi­ca­tion sub­tile ni envis­ager les thé­ma­tiques qu’elles recè­lent. Con­tin­uer la lec­ture

En un soigneux désordre

Un coup de cœur du Car­net

Bel­gium Bor­de­lio 2, Arbre à paroles et PoëzieCen­trum, 2017, 560 p., 24.50 €, ISBN : 978–2‑87406–648‑1

belgium bordelio.jpgLe 8 juin 2015, Francine Ghy­sen rendait compte, dans Le Car­net et les Instants, de l’an­tholo­gie bilingue Bel­gium Bor­de­lio récem­ment co-éditée par le PoëzieCen­trum et L’ar­bre à paroles ; les maitres d’œu­vre Antoine Wauters et Jan H. Mysjkin y présen­taient en 454 pages trente poètes con­tem­po­rains – la plu­part étaient nés après 1955 –, dont 15 fla­mands et 15 fran­coph­o­nes. Voici que, le 25 mars dernier, vient de paraitre un deux­ième vol­ume basé sur les mêmes principes, mais comp­tant cent pages de plus et met­tant à l’hon­neur vingt-deux autres poètes. L’ar­ti­san prin­ci­pal reste J.H. Mysjkin, qui a effec­tué le choix des textes, leur tra­duc­tion et la présen­ta­tion des auteurs, épaulé par Pierre Gal­lis­saires pour les onze fla­mands, David Gian­noni et A. Wauters pour les onze fran­coph­o­nes. Les textes orig­in­aux fig­urent sys­té­ma­tique­ment sur la page de gauche et leur tra­duc­tion sur la page de droite, ce qui per­met au lecteur pointilleux d’ef­fectuer des com­para­isons intéres­santes, par exem­ple quand « hun stip­pen » devient « leur tique­ture », ou « inter minable » (sic) « einde en loos ». Con­tin­uer la lec­ture

Le rayonnement d’un poète, Européen avant la lettre

Cat­a­logue illus­tré de l’exposition Verhaeren.Un poète pour l’Europe, 80 p.
Émile VERHAEREN, Les vil­lages illu­soires, 2016, Espace Nord, 224 p., 9 €
Émile VERHAEREN, Les Vil­lages illu­soiresDor­pen van zins­bedrog, traduit par Ste­faan Van den Bremt, gravures d’Henri Ramah, 2016, Lou­vain, éd. P, 80 p.
Émile Ver­haeren Veer­man, poèmes choi­sis et traduits par Koen Stas­si­jns, 2016, Lan­noo, Tielt, 364 p.

verhaeren europePoète majeur, dra­maturge orig­i­nal, cri­tique d’art intu­itif et péné­trant, Émile Ver­haeren est l’une des grandes fig­ures de notre his­toire, de notre cul­ture. L’une des plus chères, qui a mar­qué notre sen­si­bil­ité de son souf­fle, son lyrisme, sa force, sa fer­veur.

Cha­cun de nous garde en mémoire tels vers, telles pros­es aux accents per­son­nels ; évoque son sou­venir en se prom­enant dans les doux paysages des rives de l’Escaut qu’il a tant chan­tés.

Mais ce qu’on ne soupçonne pas tou­jours, c’est le ray­on­nement de son œuvre et de sa per­son­nal­ité, célèbres dès la fin des années 1890, et avec plus d’éclat encore entre 1900 et 1910, dans l’Europe entière et jusqu’en Russie. Sa foi dans le vieux con­ti­nent, son aspi­ra­tion à une Europe unie, exem­plaire (« L’Europe est une forge où se frappe l’idée »). Con­tin­uer la lec­ture

Une urgence : faire vivre la poésie

Yves NAMUR, Les poètes du Tail­lis Pré. Une antholo­gie par­ti­sane. Châte­lin­eau, Le Tail­lis Pré, 2014, 308 p., 25 €

Poètes du Taillis PréQuand il crée en 1984 les édi­tions Le Tail­lis Pré avec la com­plic­ité de Cécile et André Miguel, Yves Namur est déjà un poète con­fir­mé. Dès ses études de médecine à l’U­CL, il a suivi des cours de Philoso­phie et Let­tres, relu les philosophes pré­socra­tiques, dévoré les recueils de Jacques Izoard, ren­con­tré de futurs écrivains comme Fran­cis Dan­nemark ou François Emmanuel…  et pub­lié de 1971 à 1977 ses huit pre­mières pla­que­ttes, aus­sitôt saluées par un auda­cieux mémoire de licence en philolo­gie romane !  Suiv­ent alors sept années de silence lit­téraire, que vien­nent rompre en 1984 les recueils Le touch­er et Le Voy­age, l’ob­scène, mais aus­si la pub­li­ca­tion arti­sanale d’un man­u­scrit cal­ligraphié par le cou­ple Miguel : Dans l’autre scène. La mai­son d’édi­tion Le Tail­lis Pré était née. Certes, les pre­mières paru­tions sont irrégulières et de vol­ume mod­este, mais les auteurs ne sont pas choi­sis au hasard : Rober­to Juar­roz, Salah Stétié, Fer­nand Ver­he­sen, Anto­nio Ramos Rosa, etc. Comme J. Izoard et quelques rares poètes altru­istes, Y. Namur ne se con­tente pas de son œuvre per­son­nelle, qui prend pour­tant dans les années 90 une ampleur con­sid­érable et lui vaut de nom­breux prix : il éprou­ve le besoin de met­tre en valeur et de faire con­naitre les textes qui ont trou­vé en lui une forte réso­nance. Con­tin­uer la lec­ture

Izoard, la matière et le corps

Jacques IZOARD, J’apprenais à écrire, à être : antholo­gie, Brux­elles, Les Impres­sions nou­velles, coll. «  Espace Nord », 2016, 8,55 €

izoardEmprun­tant son pseu­do­nyme au col mythique des Hautes-Alpes qu’il a gravi, à 20 ans, lors d’un périple à tra­vers l’Europe, Jacques Izoard, né Del­motte, a très tôt pris con­science de la jouis­sance des cimes et des poèmes. Car on peut dire d’emblée que l’auteur de La Patrie empail­lée (Gras­set, 1973) aura voué sa vie à traduire en poésie cette pleine matière du réel qui fonde et façonne son écri­t­ure, toute cor­porelle. Un acte poé­tique en quelque sorte exis­ten­tiel et sen­soriel, fait de « chair de poète », comme le rap­pelle, avec per­ti­nence, Gérald Pur­nelle, dans l’appareil cri­tique qui accom­pa­gne l’anthologie récem­ment parue dans la col­lec­tion Espace Nord et dont le titre J’apprenais à écrire, à être résume à lui seul l’ancrage-Izoard. Con­tin­uer la lec­ture

« Plutôt la vie, dit la voix d’en face »

Un coup de coeur du Carnet

Antholo­gie du sur­réal­isme belge, établie par Paul ARON et Jean-Pierre BERTRAND, Brux­elles, Les Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2015, 350 p., 12 €

L’anthologie établie par Paul Aron et Jean-Pierre Bertrand est un out­il idéal pour décou­vrir mais aus­si enseign­er le sur­réal­isme belge, qui fut peu­plé d’individualités fortes et attachantes jusqu’en ses derniers pro­longe­ments, dans les années 70. Con­tin­uer la lec­ture

L’âme belge dans tous ses états

Pas­cale TOUSSAINT, C’est trop beau ! trop !, Brux­elles, Sam­sa, 2015, 270p., 24€

toussaintL’ouvrage de Pas­cale Tou­s­saint est une antholo­gie thé­ma­tique qui met en valeur cinquante écrivains belges. Face à un marché qui pos­sède déjà quelques antholo­gies de lit­téra­ture belge de qual­ité, on est en droit de se pos­er la ques­tion de l’intérêt d’un nou­veau recueil de ce type. C’est guidée par cette ques­tion que je me suis plongée dans C’est trop beau ! trop ! afin de vous livr­er ses lignes de force… Con­tin­uer la lec­ture

De la poésie pour réenchanter la vie

Un coup de coeur du Carnet
Michel ZUMKIR

siriSi vous voulez goûter toute l’originalité et la saveur de cette antholo­gie de la poésie fran­coph­o­ne, n’hésitez pas à sauter son intro­duc­tion jour­nal­is­tique par trop fran­co-française. Vous pour­riez vous décourager, rebrouss­er chemin et rater les routes buis­son­nières qu’emprunte le vol­ume. Un vol­ume con­vivial comme un fes­tin où se parta­gent le vin, le pain, l’amour de la vie, le com­bat con­tre les injus­tices et la poésie. Où chacun.e des invités.e.s est introduit.e et entretenu.e par l’hôtesse de la soirée, la jour­nal­iste et écrivaine, Françoise Siri, avant qu’il/elle offre à la dégus­ta­tion quelques textes de sa com­po­si­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Poésie belge en deux langues et trente voix

Bel­gium Bor­de­lio, Arbre à paroles et PoëzieCen­trum, 2015, 454 p., 24,50 €

bordelio

Bel­gium Bor­de­lio. Autant le titre de cette antholo­gie de poètes belges se veut un peu lour­de­ment intri­g­ant, provo­cant, autant l’idée qui la porte con­va­inc et séduit. Réu­nir trente auteurs de chez nous, fla­mands et fran­coph­o­nes en nom­bre égal, présen­ter briève­ment cha­cun et pub­li­er quelques-uns de ses poèmes, en ver­sion orig­i­nale et en tra­duc­tion, il était temps d’y penser. De s’y col­leter. Con­tin­uer la lec­ture