Archives par étiquette : Essai

Philippe Jones. Expérience et vision de la création

Un coup de cœur du Car­net

Philippe JONES, La forme et le sens et autres réc­its, Pré­face d’Yves Namur, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2024, 276 p., 20 €, ISBN : 9782803200856
Philippe JONES, L’art majeur. Essais, Pré­face de Michel Draguet, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2024, 240 p., 18 €, ISBN : 9782803200849

jones la forme et le sens et autres recitsFer­nan­do Pes­soa a placé ses créa­tions lit­téraires sous le signe des hétéronymes, Alber­to Caeiro, Ricar­do Reis, Alvaro de Cam­pos… Philippe Roberts-Jones a don­né vie à une entité duelle, Philippe Roberts-Jones lorsque l’instance d’énonciation est celle de l’historien de l’art, du cri­tique d’art, du con­ser­va­teur en chef des Musées Roy­aux des Beaux-Arts, du pro­fesseur d’histoire de l’art à l’Université libre de Brux­elles et Philippe Jones lorsqu’il pub­lie des recueils de poèmes et de nou­velles. Pub­liés par l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es à l’occasion du cen­tième anniver­saire de la nais­sance de Philippe Jones (1924–2016), les deux vol­umes — La forme et le sens et autres réc­its, L’art majeur. Essais — offre au lecteur l’opportunité de pren­dre toute la mesure de l’unité de pen­sée, de souf­fle créa­teur qui cha­peaute l’adret et l’ubac de son œuvre, de décou­vrir les passerelles, les pas­sages par­fois insoupçon­nés entre ces deux univers qui n’en for­ment qu’un. Con­tin­uer la lec­ture

Un nouveau langage pour un monde nouveau

Un coup de cœur du Car­net

Thier­ry-Pierre CLÉMENT, Poésie fenêtre ouverte : essai, Pré­face de Myr­i­am Watthee-Del­motte, Sam­sa, 2024, 178 p., 22 €, ISBN : 9 782875 935755

clement poesie fenetre ouverteLe 9 octo­bre 1992, Thier­ry-Pierre Clé­ment et moi-même rece­vions à Namur le poète Ken­neth White pour un entre­tien sur la géopoé­tique, pub­lié avec divers textes sur le sujet dans le numéro 12 de mai 1993 de la revue Sources. White y déclarait :

[…] je pense qu’on ne peut plus par­ler en ter­mes de nations. […] on ne peut plus par­ler davan­tage en ter­mes d’identité. Je n’aime pas l’idéologie iden­ti­taire. Je peux la com­pren­dre, parce que l’identité quelque­fois, dans une sit­u­a­tion d’opposition, peut être utile. Mais on ne crée pas à par­tir d’une iden­tité, on crée à par­tir d’un jeu d’énergies. Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de met­tre en place, d’encourager un nou­veau jeu d’énergies. Con­tin­uer la lec­ture

Quand dormir nous éveille…

Mau­rice MAETERLINCK, Intro­duc­tion à une psy­cholo­gie des songes et autres écrits (1886–1896), Textes réu­nis et com­men­tés par Ste­fan Gross, AML Édi­tions, coll. « Archives du futur », 2024, 216 p., 28 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782871681014

maeterlinck introduction a une psychologie des songesLa réédi­tion de l’Intro­duc­tion à une psy­cholo­gie des songes, qui était épuisé, ne per­met pas seule­ment de redé­cou­vrir un Maeter­linck immergé dans l’inconscient et la part la plus occulte du psy­chisme humain ; elle per­met égale­ment de réaf­firmer le tré­sor d’archives que recè­lent les AML (Archives & Musée de la Lit­téra­ture) tout comme le dynamisme qui ani­me cette insti­tu­tion pat­ri­mo­ni­ale incon­tourn­able de nos Let­tres. Con­tin­uer la lec­ture

Comment écrire certains de mes livres

Jean ROUAUD, Nathalie SKOWRONEK, Néces­saire d’écriture. Con­seils aux jeunes romanciers, Seghers, 2024, 318 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑232–14779‑1

rouaud skowronek necessaire d'écritureUn néces­saire de cou­ture com­porte de nom­breux objets : patron, ciseaux, aigu­illes, fil, etc.  Il en est pareil de ce Néces­saire d’écriture. Con­seils aux jeunes romanciers, de Jean Rouaud et Nathalie Skowronek. On y trou­ve des recom­man­da­tions sur l’art d’écrire, des propo­si­tions d’exercices, des réflex­ions sur la lit­téra­ture, de l’histoire lit­téraire, et surtout l’expression de leurs pro­pres expéri­ences. Con­tin­uer la lec­ture

L’atelier de l’auteur

Un coup de cœur du Car­net

Paul EMOND, Une fab­rique de per­son­nages, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 264 p., 20 €, ISBN : 978–2‑8032–0083‑2

emond une fabrique de personnagesCom­ment s’écrit un texte pour le théâtre, des­tiné à être mis en scène et joué, com­ment se crée un per­son­nage, com­ment s’élabore un univers théâ­tral ? C’est pour nous faire décou­vrir ses inter­ro­ga­tions qu’avec Une fab­rique de per­son­nages, Paul Emond ouvre son ate­lier. Le livre est un recueil de textes pour une part déjà pub­liés et remaniés pour cette édi­tion, d’autres tout récents.  Ce n’est pas un essai rigoureuse­ment organ­isé, plutôt des chemins de tra­vers­es suiv­is çà et là, dans une pro­gres­sion en zig-zag qui ne perd jamais en cohérence. Con­tin­uer la lec­ture

Georges Lebouc, un vrai patriote, une fois !

Georges LEBOUC, Vie et survie de la lit­téra­ture brux­el­loise, Lamiroy, 2024, 20 €, ISBN : 9782875959393

lebouc vie et survieUne curieuse dame à l’allure soignée, coif­fée d’un cha­peau et plongée dans la lec­ture du Mariage de Mlle Beule­mans (1910) de Frantz Fon­son et Fer­nand Wichel­er. C’est la fameuse Madame Cha­peau de Bosse­mans et Cop­penolle de Paul Van Stalle et Joris d’Han­swyck en cou­ver­ture du nou­v­el essai de Georges Lebouc inti­t­ulé Vie et survie de la lit­téra­ture brux­el­loise, paru en sep­tem­bre 2024 aux Édi­tions Lamiroy. Un avant-goût des his­toires tru­cu­lentes que l’auteur réserve à ses lecteurs. Roman­iste de for­ma­tion, Georges Lebouc étudie notam­ment les langues endogènes de Bel­gique et pub­lie, entre autres, plusieurs Dic­tio­n­naires con­sacrés aux bel­gi­cismes. Depuis 2001, il est à la tête de la col­lec­tion « Let­tres brux­el­lois­es » aux Édi­tions Racine. Aucun doute : c’est un Brux­el­lois, et fier de l’être. Après de nom­breux travaux lin­guis­tiques, il pour­suit avec cet essai qu’il con­sacre aux dialectes brux­el­lois. Le philo­logue embar­que son lecteur pour une prom­e­nade au cœur de la cap­i­tale du Pays du sur­réal­isme. Con­tin­uer la lec­ture

Mon chien… n’est pas stupide !

Jean-Marc DEFAYS, Rêver­ies sur les coteaux, Mur­mure des soirs, 2024, 173 p., 20 €, ISBN : 978–2‑93123–520‑1

defays rêveries sur les coteauxLire Rêver­ies sur les coteaux à la suite du Poste restante de Frédéric Kurz ! Tous deux chez le même édi­teur. Pourquoi ce livre-ci n’a‑t-il pas inté­gré lui aus­si la col­lec­tion « Brèves du soir » ? Dès les pre­mières pages, n’est-on pas plongé, loin du roman ou de l’essai, dans le court et l’inclassable, des moments de réflex­ion ou d’émotion arrachés au défile­ment des jours ? Con­tin­uer la lec­ture

Entre tout et rien, la collection…

Un coup de cœur du Car­net

Jan BAETENS, Un monde à col­lec­tion­ner, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2024, 216 p., 18 €, ISBN : 978–2‑491462–77‑2

baetens un monde a collectionnerUne fois n’est pas cou­tume, com­mençons par l’excipit : « Les col­lec­tions, comme le monde, sont faites pour aboutir à des livres ». Ce n’est pas spoil­er Un monde à col­lec­tion­ner, le dernier essai de Jan Baetens, que d’en citer d’emblée la con­clu­sion ; c’est au con­traire annon­cer que la promesse sug­gérée par sa cou­ver­ture et son titre est par­faite­ment tenue. Con­tin­uer la lec­ture

Le guide des égarés (en Belgique, du moins)

François JANNE D’OTHÉE, Bel­gique. L’histoire sans fin, Nevi­ca­ta, coll. « L’âme des peu­ples », 2024, 96 p., 9 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 978–2‑87523–163‑5

jeanne d'othee belgique l'histoire sans finAu pre­mier regard, compte tenu du for­mat (à peine 90 petites pages) et de l’illustration de l’emballage (des cor­nets de frites qui alter­nent avec un motif typ­ique­ment magrit­tien), on pour­rait croire à un énième petit manuel de « savoir-bel­gi­quer », au mieux une sym­pa­thique déam­bu­la­tion livresque qu’on pensera à coin­cer dans son sac-banane entre deux paque­ts de spécu­loos, le temps de pédaler une après-midi entre Le Zoute et La Panne, s’il nous pre­nait de faire une pause lec­ture dans le Zwin. Con­tin­uer la lec­ture

Un parfum de pierre philosophale

Luc DELLISSE, Hen­ri Van Lier, philosophe à l’état pur, Lamiroy, coll. « L’article », 2024, 48 p., 5 €, ISBN : 978–2‑87595–923‑2

dellisse l'article« Le vis­age de ce qui suit m’est bien trop con­nu pour que l’espace qui m’entoure ne s’assombrisse et que reparaisse devant moi la scène ter­ri­ble : une nuit dévo­rant la rue Mon­ge à Paris. »

Dans son édi­to­r­i­al, le directeur de col­lec­tion Maxime Lamiroy évoque une scène de 1939, la manière dont fut sauvée une analyse de la pen­sée d’un grand auteur russe, avant de la con­necter à l’entreprise de Luc Del­lisse, qui veut ren­dre hom­mage et jus­tice à un philosophe belge peu con­nu, Hen­ri Van Lier (1921–2009), dont l’œuvre serait sans équiv­a­lent… au monde. Dès les pre­mières lignes, nous sommes dans le fait artis­tique, qui ne se con­tente pas d’exprimer un pre­mier degré mais génère des échos, des con­nex­ions, un sup­plé­ment de sens. Led­it Maxime, trente­naire ô tal­entueux, allait dis­paraître peu après l’écriture de ces pages, qui par­lent des ténèbres et de la néces­sité des flam­beaux, du mémoriel. Mise en abyme de la lit­téra­ture ! Via un emboîte­ment de matri­ochkas, menant de Maxime à Hen­ri Van Lier en pas­sant par Vic­to­ria Ocam­po (qui fuit la guerre en Argen­tine), Ben­jamin Fon­dane (qui lui refile ses notes), Léon Chestov et Luc Del­lisse, chevil­lées au plaisir de se voir con­fér­er « un inter­locu­teur, et surtout un obser­va­teur ». Con­tin­uer la lec­ture

Vincent Engel. La fiction comme “romansonge”

Jean-Pierre LEGRAND et Philippe REMY-WILKIN, Vin­cent Engel. L’absence révoltée,  Que Faire ?, n°7, Sam­sa, juin 2024, 122 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87593–563‑2

legrand remy wilkin vincent engelCréer des mon­des de fic­tion, con­stru­ire des « roman­songes » dans le sil­lage du « men­tir-vrai » d’Aragon, laiss­er courir sa pen­sée, son imag­i­naire sur une mul­ti­tude de claviers d’orgue… telles sont les trois thèmes musi­caux qui se déga­gent si l’on tente de con­denser l’œuvre de Vin­cent Engel, tout à la fois écrivain, dra­maturge, pro­fesseur de lit­téra­ture con­tem­po­raine à l’Université catholique de Lou­vain, directeur de revue (il a repris la direc­tion de Mar­ginales), directeur du Pen Club Bel­gique, édi­teur. Dans le numéro 7 de la revue Que faire ?, les écrivains Jean-Pierre Legrand et Philippe Remy-Wilkin con­sacrent un dossier éblouis­sant qui se focalise sur le cycle toscan inti­t­ulé Le monde d’Asmodée Edern (réédité en 2023, Asmod­ée Edern & Ker Édi­tions). Con­tin­uer la lec­ture

Au Portugal avec le guide Michel

Michel ZUMKIR, Por­tu­gal : les œil­lets d’Amalia, Nevi­ca­ta, coll. « L’âme des peu­ples », 2024, 96 p., 9 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782875232243

zumkir portugal les oeillets d amalia« L’âme des peu­ples », l’élégante col­lec­tion de petit for­mat des édi­tions Nevi­ca­ta, fête son dix­ième anniver­saire. Et s’enrichit de plusieurs nou­veaux vol­umes, dont celui que Michel Zumkir con­sacre au Por­tu­gal.

Out­re un roman ini­tiale­ment paru chez Bal­land (C’est pas fini), la bib­li­ogra­phie de Michel Zumkir s’appréhende comme une porte ouverte sur les cen­tres d’intérêt de l’auteur – lit­téraires sou­vent, avec ses ouvrages sur Nicole Mal­in­coni (Nicole Mal­in­coni, l’écriture au risque de la perte, Luce Wilquin) ou Mar­guerite Duras (Aimer les huîtres, la mer, le tout. Aimer Duras, Lamiroy) ; musi­caux aus­si avec son récent « Arti­cle » sur le paroli­er Jacques Duvall (Jacques Duvall : et finale­ment le bon­heur ?, Lamiroy). C’est une autre de ses pas­sions qu’il dévoile avec Por­tu­gal. Les œil­lets d’Amalia. Con­tin­uer la lec­ture

La mise en voix de la bande dessinée

Benoît GLAUDE, Écouter la bande dess­inée, Impres­sions nou­velles, 2024, 248 p., 22 € / ePub : 11,99 €, ISBN : 9782390701354

glaude écouter la bande dessinéeLa lec­ture de la bande dess­inée engage une expéri­ence mul­ti­sen­sorielle au sens où, loin de ne mobilis­er que la vue, elle impli­querait une plu­ral­ité sen­sorielle (la vue, l’ouïe ou encore le touch­er). Chercheur à l’Université de Gand, auteur de nom­breux ouvrages sur la bande dess­inée fran­coph­o­nes (La bande dia­loguée notam­ment), Benoît Glaude ques­tionne dans son essai Écouter la bande dess­inée l’histoire sonore du neu­vième art, les mul­ti­ples formes de mis­es en voix de la bande dess­inée, de sa lec­ture à voix haute à son oral­i­sa­tion, son adap­ta­tion en pro­duc­tions sonores (audio livres, pièces radio­phoniques, lec­tures publiques lors de fes­ti­vals…). Qu’advient-il de la bande dess­inée lorsqu’elle fait l’objet d’une réin­ter­pré­ta­tion, d’un proces­sus d’adaptation sonore ? Quels sont les défis à relever lorsque sa nar­ra­tion visuelle donne lieu à un réc­it acous­tique ? Analysant les enjeux nar­ra­tologiques de la lec­ture orale, de l’enregistrement de la bande dess­inée, Benoît Glaude défriche un immense cor­pus cou­vrant la bande dess­inée européenne, française, belge et améri­caine. Con­tin­uer la lec­ture

Le récit-luciole d’Athane Adrahane

Un coup de cœur du Car­net

Athane ADRAHANE, Des luci­oles et des ruines. Qua­tre réc­its pour un éveil écologique, Le Pom­mi­er, 2024, 336 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782746526891

adrahane des lucioles et des arbresIl est des livres qui bondis­sent comme des chiens-loups, qui pren­nent à bras le corps la ques­tion de nos rap­ports au vivant et lan­cent un chant en faveur de nou­veaux dia­logues avec le monde, les humains, la faune, les arbres, les océans. Philosophe, artiste pluridis­ci­plinaire, écrivaine, pho­tographe, chanteuse, Athane Adra­hane ouvre un chantier de réflex­ions, de pra­tiques éthopoé­tiques qui, s’appuyant sur les puis­sances du réc­it, délivre des cail­loux de Petite Poucette afin de ne pas se résign­er au monde des ruines qui com­pose notre présent. Con­tin­uer la lec­ture

Paul Nougé, l’efficacité dans l’ombre

Paul ARON et Pierre PIRET (sous la dir. de), Paul Nougé. La duplic­ité de l’esprit sincère, Textyles n°66, Ker, 2024, 144 p., 18€, ISBN : 978–2‑87586–490‑1

textyles paul nougeÀ la direc­tion de ce numéro de la revue Textyles con­sacré à Paul Nougé, Paul Aron (ULB) et Pierre Piret (UCLou­vain) en con­vi­en­nent d’emblée : il est encore dif­fi­cile de cern­er la per­son­nal­ité en regard de l’œuvre, alors que depuis plusieurs années la recon­nais­sance édi­to­ri­ale et cri­tique est venue combler le long proces­sus d’effacement auquel Nougé s’était lui-même adon­né, avant que Mar­cel Mar­iën, son édi­teur et fils spir­ituel, ne vienne y remédi­er. Chez Nougé, rien ne sem­ble man­quer, de l’approche biographique (Olivi­er Smol­ders, 1995) à l’exégèse doc­tor­ale (Geneviève Michel, 2013), de la réédi­tion des œuvres (Allia, 2017) à l’inscription majeure mais sin­gulière au sein du sur­réal­isme belge (Xavier Canonne, cat­a­logue de l’exposition à Bozar, 2024), jusqu’à sa juste sit­u­a­tion dans des antholo­gies col­lec­tives (voir le vol­ume récem­ment paru en Espace Nord, Magritte com­men­té par ses amis). Et pour­tant, énig­ma­tique, insai­siss­able, red­outable, d’une force intel­lectuelle peu com­mune, prêt à user de « la duplic­ité de l’esprit sincère », selon ses pro­pres mots, Nougé veille tou­jours à ne pas se laiss­er cir­con­scrire, et à ren­voy­er ses lecteurs à leurs pro­pres inter­ro­ga­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Que peut la philosophie ?

Éric CLÉMENS, Le sens de la philoso­phie, Press­es Uni­ver­si­taires de Lou­vain, coll. « Petites empreintes », 2024, 160 p. , 16,90 €, ISBN : 9782390614449

clemens le sens de la philosophieDans le sil­lage de la paru­tion d’un ouvrage majeur, En étoile. Intro­duc­tions à la philoso­phie (deux vol­umes) dont il pro­longe ici les ques­tion­nements, le philosophe Éric Clé­mens livre des médi­ta­tions déci­sives sur le sens de l’activité philosophique dans ce nou­v­el essai inclass­able porté par une puis­sance con­ceptuelle innervée par la pas­sion de penser.  « Philoso­pher hors monde n’a pas de sens. Pour autant, la philoso­phie, même poli­tique, n’a pas à fix­er quelle poli­tique doit être menée pour l’avenir de notre monde, encore moins quelles exis­tences… Cepen­dant, face aux per­sis­tances de la pau­vreté et des iné­gal­ités, des dégra­da­tions du cli­mat et de la bio­di­ver­sité, des men­aces et des réal­ités de guer­res et de dic­tatures, sans oubli­er nos désirs et nos angoiss­es, que peut faire la philoso­phie ? » Dès l’entame, les enjeux sont posés : que peut-on atten­dre de la philoso­phie ? Que donne-t-elle à penser ? Com­ment nous ori­ente-t-elle dans l’action ? Dans son apti­tude au ques­tion­nement, son creuse­ment de la ques­tion du sens, que provoque-t-elle ? Con­tin­uer la lec­ture