Archives par étiquette : Laurent Béghin

Marcel Thiry, entre poésie, prose et convictions

Lau­rent BEGHIN, Mar­cel Thiry. Essai de biogra­phie, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2024, 526 p., 30 €, ISBN : 978–2‑8032–0087‑0

beghin marcel thiryLe nom de Thiry est peut-être de nos jours plus vivant dans la mémoire col­lec­tive du pays quand on l’associe au prénom de Lise : diplômée de médecine de l’université de Liège à 25 ans, en 1946, dev­enue chercheuse et viro­logue émi­nente à l’Institut Pas­teur, qui par­tic­i­pa de près aux tests de dépistage du VIH, elle fut égale­ment une mil­i­tante fémin­iste, une femme poli­tique qui fit adopter dans la lég­is­la­tion belge la dépé­nal­i­sa­tion de l’avortement, avant d’être très active­ment engagée dans la défense des sans-papiers. Elle n’était pas loin d’atteindre les cent ans lorsqu’elle est décédée le 16 jan­vi­er 2024. Cette renom­mée sci­en­tifique et human­iste dont elle ne s’enorgueillissait en aucune manière ne l’a pas empêchée de per­pétuer tout aus­si active­ment dans ses mémoires, inti­t­ulés Mar­copo­lette (Les Éper­on­niers, 1999) et avec une ardeur affec­tive qui ne devait rien à la sci­ence, l’œuvre et le sou­venir de son père dont il est ques­tion ici, l’écrivain, poète et académi­cien Mar­cel Thiry (1897–1977). Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture