La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar.

Par ailleurs, les sor­ties que nous annonçons cette année sont net­te­ment moins nom­breuses que les années précé­dentes. Dans le cas des maisons d’édition belges, les fac­teurs d’explication sont mul­ti­ples. Il y a, donc, leur cal­en­dri­er édi­to­r­i­al pro­pre qui s’affranchit du dik­tat de la ren­trée lit­téraire. On met­tra aus­si en exer­gue le prisme défor­mant du Car­net et les Instants : notre revue recense les pub­li­ca­tions des seuls auteurs et autri­ces belges ou rési­dant en Bel­gique. Or des maisons d’édition de Wal­lonie et de Brux­elles seront bien actives en cette ren­trée, mais pub­lieront – et il y a lieu de se féliciter de cette ouver­ture inter­na­tionale – des auteurs qui n’entrent pas dans le périmètre de cet arti­cle. Enfin, et c’est moins réjouis­sant, plusieurs édi­teurs n’ont pas pu nous com­mu­ni­quer de pro­gramme de ren­trée en rai­son de leurs craintes pour leur avenir immé­di­at, qui ren­dent incer­taine toute pro­gram­ma­tion.

La diminu­tion du nom­bre de titres annon­cés ne se lim­ite toute­fois pas aux maisons belges ; le con­stat est iden­tique pour la France. La rai­son est math­é­ma­tique : selon Livres Heb­do, la plu­part des grandes maisons parisi­ennes ont annon­cé une ren­trée plus restreinte. Cette diminu­tion totale du nom­bre de titres se réper­cute évidem­ment aus­si sur le nom­bre d’auteurs et autri­ces belges pub­liés. Toute­fois, il faut aus­si con­stater qu’après deux ren­trées excep­tion­nelles (celles d’automne 2023 et de jan­vi­er 2024) par le nom­bre d’écrivain-e‑s belges pub­liés en France, celle qui se pré­pare revient à des stan­dards plus mod­estes.

Les Belges en France :
des primo-romanciers à découvrir

nothomb l'impossible retour

Plus resser­rée en nom­bre, la ren­trée lit­téraire française des écrivain-e‑s belges mêle jeunes plumes et écrivains con­fir­més. Au pre­mier rang desquels fig­ure, comme chaque année, Amélie Nothomb. Pour sa 33e ren­trée lit­téraire, la roman­cière, fidèle aux édi­tions Albin Michel, pub­lie L’impossible retour. Après Psy­chopompe, qui venait clore une « trilo­gie » entamée avec Soif (2019) et pour­suiv­ie avec Pre­mier sang (prix Renau­dot 2021), Amélie Nothomb revient à un pays car­di­nal dans son œuvre : le Japon. Elle racon­te son récent voy­age au Pays du Soleil lev­ant en com­pag­nie d’une amie haute en couleurs, et médite sur ce retour maintes fois ten­té et tou­jours man­qué.

tamage le retour de saturne

Amélie Nothomb ne sera pas seule pour lancer la ren­trée des Belges en France, le 21 août, puisque qua­tre romanciers moins aguer­ris l’accompagneront. Après un beau pre­mier roman (À la recherche d’Alfred Hayes, édi­tions Mau­rice Nadeau) vient le temps de la con­fir­ma­tion pour Daph­né Tam­age, passée chez Stock pour Le retour de Sat­urne, his­toire d’une femme qui cherche à se dépren­dre de son besoin du regard et des caress­es des hommes et se lance dans une explo­ration de ses his­toires passées pour mieux s’en libér­er.

Pre­mière incur­sion dans le monde du roman pour Anne-Sophie Kalbfleisch, qui pub­lie Eure­ka dans la nuit aux édi­tions du Rouer­gue. Eure­ka est une ville dévote de l’Amérique pro­fonde, dans laque­lle les deux héroïnes essaient de se con­stru­ire, l’une en fuyant, l’autre en restant et en ten­tant de com­pren­dre. Alice Hend­schel a au con­traire choisi l’Ardenne comme cadre d’Iris et Octave ou Les mésaven­tures de deux jeunes amants qui se croy­aient cos­miques, son pre­mier roman à paraitre chez Bel­fond. Il est ques­tion ici d’une escapade com­mune de deux per­son­nages, anci­en­nement en cou­ple et se retrou­vant pour une dernière chance après leur rup­ture. Pre­mier roman aus­si pour Célestin de Meeûs, qui s’essaie à la fic­tion après plusieurs recueils poé­tiques qui lui ont valu entre autres le prix Emile Polak de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, l’Espiègle de poésie (anci­en­nement prix tri­en­nal de poésie de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles), ou encore une men­tion au prix Apol­li­naire. Mytholo­gie du .12 parait aux édi­tions du Sous-sol et nous emmène sur le park­ing d’un super­marché, au milieu de nulle part, où se croisent deux jeunes venus con­som­mer bières et joints, un médecin et un homme ivre. Dès avant sa sor­tie, ce roman se fait remar­quer pos­i­tive­ment puisqu’il est lau­réat du prix Stanis­las, et en lice pour le prix Pre­mière plume et le prix Pat­ri­moines.

Trois autres pre­miers romans sont encore annon­cés les deux semaines suiv­antes. La forte présence de pre­miers romans belges dans la ren­trée française est d’au­tant plus remar­quable que Livres Heb­do annonce une nette diminu­tion des paru­tions dans ce seg­ment à l’au­tomne : ils étaient 74 en 2023, ils ne sont plus que 68 cette année.

Jour­nal­iste et essay­iste, auteur du remar­qué Alexan­dria, les pio­nniers oubliés du web (Gal­li­mard), Quentin Jar­don présen­tera son pre­mier roman le 28 août. Pub­lié à l’enseigne des édi­tions Flam­mar­i­on, Le cha­grin mod­erne est l’histoire d’un road trip entamé par un humoriste suite à un sketch raté qui lui a couté sa car­rière. Aban­don­nant femme et enfant, il se lance à la recherche de lui-même. Le livre fig­ure par­mi les final­istes du prix Envoyé par la poste, qui est sou­vent un indi­ca­teur fiable des ten­dances de la ren­trée.
Le 30 août, on décou­vri­ra Silence me mord de Char­lie Demoulin, aux édi­tions La grange batelière, l’his­toire déjan­tée de C., Brux­el­lois d’une ving­taine d’an­nées et accro aux drogues et au sexe, entre déra­pages et expéri­ences hors du com­mun.

flem que ce soit doux pour les vivants

Deux ans après Bouche bavarde oreille curieuse, Lydia Flem sera de nou­veau présente pour la ren­trée lit­téraire. Atten­du le 13 sep­tem­bre, Que ce soit doux pour les vivants paraitra lui aus­si dans « La librairie du XXIe siè­cle » des édi­tions Seuil. Ce livre s’inscrit, vingt ans après, dans la con­ti­nu­ité de Com­ment j’ai vidé la mai­son de mes par­ents, et inter­roge le deuil et sa place dans nos vies, et la manière dont nous gar­dons les défunts en nous et pour­suiv­ons le lien avec eux.

valentiny les souvenirs oubliés ne sont jamais perdus

Cette ren­trée sera celle de la con­fir­ma­tion pour Car­o­line Valentiny, qui pub­liera Les sou­venirs oubliés ne sont jamais per­dus le 26 sep­tem­bre aux édi­tions Albin Michel, qua­tre ans après un pre­mier roman salué, Il fait bleu sous les tombes. Les deux per­son­nages cen­traux, Juli­ette et Gilles se ren­con­trent et ten­tent ensem­ble de recon­stru­ire leurs sou­venirs per­dus et de se réc­on­cili­er avec leur passé.

schmidt happée par la mer

Con­fir­ma­tion aus­si, mais d’une autre façon pour Isabelle Schmidt. Son pre­mier roman, Hap­pée par la mer, paraitra le 6 novem­bre aux édi­tions Flam­mar­i­on. Avant cela, le début du roman avait paru dans la col­lec­tion “Apéro­pus­cules” des édi­tions Lamiroy, avec un cer­tain suc­cès de vente. L’autrice nous entraine dans le petit vil­lage où vivent les deux pro­tag­o­nistes. Gisèle, la trentaine, tente de se res­saisir après avoir été licen­ciée. Paul vit en reclus, atten­dant le retour de son grand amour, une femme qui a dis­paru du jour au lende­main sans don­ner d’ex­pli­ca­tion.

nothomb memoires d'une jument

Con­fir­ma­tion et appro­fondisse­ment égale­ment pour Juli­ette Nothombqui fait son entrée au cat­a­logue des édi­tions JC Lat­tès avec Mémoires d’une jument. On savait l’autrice par­ti­c­ulière­ment sen­si­ble aux équidés depuis son Éloge du cheval. Son nou­veau livre fait revivre Rossi­nante, la mon­ture de Don Qui­chotte.

nottet les aveugles la terre des reflets

Le 3 octo­bre, Loïc Not­tet fait paraitre chez Michel Lafon le deux­ième tome de sa saga des Aveuglés. Le pre­mier vol­ume, Le palais des mur­mures, reparait en poche pour l’occasion. La terre des reflets pour­suit les aven­tures de Natan et Théo, par­tis en quête de leur mère, sur la Terre des reflets.

colize le merutre de la maison blanche

Le même jour, ce sera le retour de l’un des rois belges du polici­er : Paul Col­ize pub­lie Le meurtre de la rue blanche aux édi­tions Hervé Chopin. Flan­quée de son greffi­er, la meilleure juge de Brux­elles est chargée d’enquêter sur la mort sus­pecte d’un avo­cat soupçon­né d’appartenir à un réseau d’évasion fis­cale.

Dans la veine poli­cière aus­si, la Brigade des bus­es de Ludovic Mélon reprend du ser­vice pour une deux­ième aven­ture, tou­jours chez Cal­mann-Lévy. Ce sera cette fois L’emmerdeuse pro­fes­sion­nelle, atten­due le 30 octo­bre.

degardin race for love

On sig­nalera encore la paru­tion d’une romance de Vanes­sa Degardin, Race for love, chez Harp­er Collins (28 août) et de L’an­i­monde : la chute de l’Eu­rope de Geof­frey Claus­tri­aux (édi­tions Héron d’argent, le 7 novem­bre), qui nous emmè­nent dans une Europe cauchemardesque où les ani­maux ont soudain décidé de se retourn­er con­tre les hommes.

Cinquante nuances de roman en Belgique

On l’a dit : les édi­tions M.E.O. comptent par­mi les rares maisons d’édition dont la ren­trée est lancée dès le mois d’août. L’éditeur ouvre le bal de la ren­trée des romans, avec deux fic­tions pro­gram­mées le 22 août. Jean Jau­ni­aux signe Le juge­ment des glaces, un roman qui emmène les lecteurs à Saint-Ides­bald, lieu intime­ment lié à la mytholo­gie per­son­nelle de l’auteur. C’est dans cette sta­tion de la Côte belge que se réfugie Barthélémy, pro­fesseur harcelé par ses élèves devenu écrivain à suc­cès. Il y croise des migrants rêvant de par­tir pour la Grande-Bre­tagne et la ren­con­tre aura tout de la rédemp­tion pour le héros.

Auréolée de son Grand prix de l’AEB, Françoise Pirart pour­suit sa col­lab­o­ra­tion avec M.E.O. Deux ans après Tout est sous con­trôle !, elle présente Niz­nay­ou. Comme celui de son con­frère, ce roman place la thé­ma­tique des migra­tions au cen­tre de son pro­pos. Niz­nay­ou est un jeune Tchétchène vivant dans un cen­tre pour réfugiés. Il noue une rela­tion forte avec Léna, qui tra­vaille dans le cen­tre.

M.E.O. pub­liera une deux­ième salve de romans le 10 sep­tem­bre. Réal­isatrice de ciné­ma, Tatiana de Per­linghi passe à la lit­téra­ture cet automne avec Terre Adélaïde, his­toire d’une trente­naire bous­culée par la mort de son père, la mater­nité de sa meilleure amie et la dis­pari­tion de son amant, qui plante son quo­ti­di­en pour se réfugi­er sur une île grecque où elle se lance sur les traces de son his­toire famil­iale. Tatiana de Per­linghi voisin­era en librairie avec un grand habitué de la mai­son d’édi­tion, Michel Joiret (dont le dernier livre chez cet édi­teur, Stel­la maris, a reçu le prix Mon’s livre). L’heure du con­te évoque un pro­fesseur d’histoire récem­ment retraité, qui pour­suit son enseigne­ment en con­tant l’Histoire à sa jeune voi­sine. Évo­quer le passé le con­duit à plonger dans ses sou­venirs, à revivre son enfance à Brux­elles, la Libéra­tion, ses années en Tunisie…

van crugten marolles

Le 30 sep­tem­bre, ce sera au tour d’Alain Van Crugten de dévoil­er Marolles, une aut­ofic­tion qui nous plonge dans le quo­ti­di­en d’une famille mod­este dans le quarti­er bien con­nu de Brux­elles. Il y est ques­tion d’ascension sociale, et du rap­port à la langue, pour des enfants dont le brux­el­lois natal s’efface pro­gres­sive­ment au prof­it du français.

marques nos vendredis

La ren­trée des Impres­sions nou­velles com­mence aus­si dès le 23 août. La mai­son d’édition se partage tra­di­tion­nelle­ment entre la pub­li­ca­tion d’ouvrages de référence, en par­ti­c­uli­er dans le domaine du ciné­ma, et un ver­sant lit­téraire. Ce dernier sera illus­tré en cette ren­trée par le pre­mier roman de Nathalie Mar­quès, Nos ven­dredis. L’histoire est celle d’une mère de famille qui tente d’écrire un roman, mais est coupée dans son élan par un cri qui per­turbe la tran­quil­lité de son envi­ron­nement. En cher­chant à élu­cider l’origine de ce bruit, l’héroïne décou­vre que ses voisins cachent des secrets sous leurs apparences tran­quilles.

Comme M.E.O. et Les Impres­sions nou­velles, la ren­trée des édi­tions Weyrich com­mencera dès la fin août. De nou­velles paru­tions sont atten­dues dans les trois col­lec­tions lit­téraires de la mai­son : « Plumes du coq », dédiée aux romans et recueils de nou­velles dont l’action se situe en ter­res belges, « Noir cor­beau », axée sur le genre polici­er et polars et « Regains », où sont pub­liées des œuvres pat­ri­mo­ni­ales région­al­istes. La pre­mière de ces trois séries lancera la ren­trée de la mai­son avec les nou­veaux romans de deux auteurs déjà présents au cat­a­logue, Cather­ine Deschep­per et Bernard Gheur. Après Le com­plexe du gastéropode, la pre­mière renoue avec sa plume vive et humoris­tique dans ses Mémoires sélec­tives, his­toire de l’in­specteur Wil­frid qui, voué jusque-là aux affaires sans impor­tance, se trou­ve soudain en charge d’élu­cider l’as­sas­si­nat de la riche Marie-Joséphine de la Marinière. Dans La grande généra­tion, Bernard Gheur nous emmène, dans son style nos­tal­gique et pré­cis, dans les méan­dres de son his­toire famil­iale, évo­quant la Deux­ième guerre mon­di­ale et l’his­toire de ses par­ents.

annet le jardin des delices

Dès le mois d’août, le genre polici­er sera aus­si à l’honneur avec un nou­veau « Noir cor­beau ». Auteur le plus pro­lifique de la col­lec­tion, Fran­cis Groff emmène son héros, Stanis­las Bar­ber­ian, dans le monde du théâtre pour une Sor­tie de scène à Charleroi. Un comé­di­en ama­teur, par ailleurs émi­nent chercheur au Biopark, meurt sur scène lors d’un spec­ta­cle au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Le bouquin­iste-enquê­teur mène l’en­quête sur ce décès sus­pect.
Joseph Annet est quant à lui un nou­veau venu dans la col­lec­tion. On se sou­vient de son Dossier Nuts pub­lié chez Mem­o­ry, qui explo­rait déjà les sen­tiers du polar. Son Jardin des délices se déroule dans le monde de l’art, alors qu’un artiste dénonce un faux lors d’une expo­si­tion à Knokke-le-Zoute.

sels portrait de stephane mandelbaum

Aux édi­tions CFC, Véronique Sels revient sur la tra­jec­toire de l’artiste Stéphane Man­del­baum, qu’elle avait déjà évo­qué dans Même pas mort ! chez Genèse. Son Por­trait de Stéphane Man­del­baum est une biogra­phie romancée, écrite à la pre­mière per­son­ne, à paraitre le 10 sep­tem­bre.

Deux roman­cières com­posent le pro­gramme de la ren­trée des édi­tions Mael­ström reEvo­lu­tion. Écrivaine rare, Sophie Buyse est une habituée de la mai­son, où elle a notam­ment pub­lié Autop­sy (2009) et Amour et kab­bale. Pros­ti­tuée sacrée évoque, à tra­vers le per­son­nage de Mado, le rôle des pros­ti­tuées sacrées hérité de l’Antiquité : prêtress­es au ser­vice de la divinité, elles se livraient aux hommes pour faciliter leur élé­va­tion spir­ituelle.

Pour cette ren­trée, Sophie Buyse sera accom­pa­g­née de la tou­jours pro­lifique Véronique Bergen, dont le nou­veau roman s’intitule Moctezu­ma. Le dernier Soleil. Écrivaine pro­téi­forme, V. Bergen col­la­bore avec de nom­breuses maisons d’édition. Ces dernières années, toute­fois, ses romans parais­saient essen­tielle­ment aux édi­tions Onlit dont la ces­sa­tion des activ­ités a lais­sé de nom­breux auteurs et autri­ces dans l’incertitude. La paru­tion de Moctezu­ma chez Mael­ström, après celle de Clan­des­tine chez Lamiroy, con­stitue donc en soi une bonne nou­velle. L’écrivaine imag­ine cette fois la ren­con­tre entre Moctezu­ma et le con­quis­ta­dor Cortès, alors que la civil­i­sa­tion aztèque est sur le point de dis­paraitre sous les coups de boutoir des colons espag­nols.

meganck mystificateur

Après Le jour où mon père n’a plus eu le dernier mot, La lunette ou encore Vert atlan­tique, Marc Meganck pour­suit sa fructueuse col­lab­o­ra­tion avec les édi­tions F Dev­ille, qui pub­lieront son nou­veau roman, Mys­tifi­ca­teur!, en sep­tem­bre. Le livre racon­te l’histoire, véri­ta­ble mais rocam­bo­lesque, de Léon Lequeux, archéo­logue du début du 20e siè­cle qui, par gout de la réus­site, a men­ti à ses pairs, notam­ment en affir­mant avoir local­isé l’Atlantide. Un des­tin de mys­tifi­ca­teur auquel donne vie Marc Meganck.

Genèse édi­tion mise sur des auteurs fidèles pour sa ren­trée autom­nale. Le 4 octo­bre, Alain Beren­boom pub­liera un nou­veau volet des aven­tures de son célèbre détec­tive Michel Van Loo, Le coucou de Malines. Le Brux­el­lois Van Loo se rend à Malines en pleine querelle lin­guis­tique pour une mis­sion de fila­ture, mais la femme qu’il devait suiv­re est retrou­vée morte. Un mys­tère qui plonge ses racines dans la Deux­ième guerre mon­di­ale et ses con­séquences… Après Adèle et Répar­er nos silences, Dominique Van Cot­them signe avec Les eaux assas­sines une troisième col­lab­o­ra­tion avec Genèse, à paraitre le 18 octo­bre. Il y est ques­tion de trois femmes piégées chez elles par une forte inon­da­tion. La sit­u­a­tion dra­ma­tique et la dif­fi­culté à fuir les con­duisent toutes trois à réfléchir sur leur pro­pre vie et à pren­dre des déci­sions impor­tantes.

Aux édi­tions Mur­mure des soirs, la ren­trée débutera aus­si mi-octo­bre, avec la sor­tie de Rêver­ies sur les Côteaux. Les car­nets du com­pagnon du Promeneur soli­taire de Jean-Marc Defays. À mi-chemin entre le roman et l’essai, ce deux­ième livre de l’auteur pub­lié à l’enseigne de la mai­son esneu­toise (après Deux fau­teuils au bal­con) narre les rêver­ies que le nar­ra­teur, Jean, promeneur infati­ga­ble, partage avec son fidèle com­pagnon de marche.

dolphijn les oubliés

Les édi­tions Esper­luète annon­cent, comme de cou­tume, une ren­trée var­iée, avec des pub­li­ca­tions dans dif­férents gen­res lit­téraires. Côté roman, on retien­dra Les oubliés de Frédérique Dol­phi­jn, prévu le 18 octo­bre. Ani­ma­trice de la sin­gulière et tou­jours per­ti­nente col­lec­tion d’entretiens « Orbe » dans la même mai­son, Frédérique Dol­phi­jn revient, cinq ans après Au bord du monde, à une écri­t­ure plus per­son­nelle. À par­tir d’un fait his­torique mécon­nu – une révolte, en 1847 à Berzée, d’un groupe d’hommes et de femmes que la famine con­duit à se servir dans les réserves des puis­sants –, la roman­cière inter­roge le monde d’aujourd’hui et notam­ment le phénomène désor­mais bien doc­u­men­té des tra­vailleurs pau­vres.

La ren­trée des édi­tions Lamiroy touchera, cette fois encore, à des gen­res divers. Deux romans sont atten­dus pour octo­bre. Le titre de celui de Pierre Guyaut-Genon, J’ai peur de mourir si je vis trop longtemps, est déjà tout un pro­gramme. Après plusieurs paru­tions dans les for­mats brefs de la mai­son d’édition (un « Arti­cle » sur Pierre Louÿs et un autre à paraitre en le 1er sep­tem­bre sur Hen­ri Van Lier, l’« Opus­cule » Pas­sacaille) c’est un roman que Luc Del­lisse pub­lie cette année. Ce que je sais sur Lin­da est une his­toire de men­songes et dis­sim­u­la­tion, entre deux per­son­nages qui se lient d’amitié, mais ne sont pas ce qu’ils pré­ten­dent être.

Les édi­tions Empaj annon­cent la sor­tie du Silence des mères. Il s’agit du pre­mier roman de Sarah Bailleux, que d’aucuns con­nais­sent par sa nou­velle Pschu­u­ut ! pub­liée dans la col­lec­tion « Opus­cule » chez Lamiroy. Le silence des mères entretisse trois épo­ques et trois des­tins de femmes. L’une est enceinte, l’autre est gyné­co­logue et milite pour le droit à l’a­vorte­ment, la troisième, en pleine Deux­ième guerre mon­di­ale, a vu son père arrêté par les sol­dats alle­mands.

La rentrée, aussi en Suisse

Cas plus rare : deux romanciers belges seront de la ren­trée lit­téraire en Suisse. Jean Marc Turine, bien con­nu à la fois pour ses livres, sou­vent pub­liés chez Esper­luète (Liên de Mê Linh, La Théo des fleuves, Révérends pères…) et pour son tra­vail pour la radio, pub­lie le 26 août aux édi­tions Métrop­o­lis Le cahi­er de David Jan­napol­li, his­toire d’un enfant vio­lé, apeuré, et en colère.

Cécil­ia Dumin­u­co passe en Suisse, mais pour­suiv­ra dans la veine feel-good qu’elle avait ini­tiée avec Le livre d’E­spéren­sis. À paraitre le 3 octo­bre chez Jou­vence, Il suf­fit d’une cerise sur le gâteau racon­te le lien que tisse un grand-père mourant avec sa petite-fille, les deux s’ap­privoisant autour de repas pré­parés ensem­ble.

ploum bikepunk

De Ploum, on avait décou­vert avec intérêt le recueil de nou­velles de sci­ence-fic­tion Sta­giaire au spa­tio­port Omega 3000 et autres joyeusetés que nous réserve le futur, pub­lié aux édi­tions PVH. Chez le même édi­teur, l’écrivain s’essaie cette fois au for­mat long du roman avec Bikepunk, annon­cé le 15 octo­bre. Dans la veine post-apoc­a­lyp­tique, Ploum nous emmène dans une his­toire où l’électricité a été coupée sur le toute la Terre, où les habi­tants sont devenus aveu­gles et où le vélo est devenu un moyen de trans­port cru­cial pour les humains qui cherchent à sur­vivre.

Écrits intimes :
du singulier à l’universel

À côté des œuvres de fic­tion (ou qui se revendiquent comme telles), les écri­t­ures du moi – aut­ofic­tion, auto­bi­ogra­phies, jour­naux intimes… — adoptent elles aus­si des formes var­iées, où s’exprime une authen­tique inspi­ra­tion lit­téraire.

pirson quatre saisons plus une

La col­lec­tion « iF » des édi­tions L’arbre à paroles, qui défend des textes inclass­ables, sou­vent à la fron­tière entre la poésie et le roman, s’enrichira le 23 sep­tem­bre de Qua­tre saisons plus une de Sophie Pir­son. Mère de l’une des vic­times de l’attentat du métro à Mael­beek, l’autrice a ren­con­tré une mère de dji­hadiste pour un dia­logue paru aux édi­tions du Cerisi­er sous le titre Cou­vrez-les bien… il fait froid dehors. Le nou­veau livre est le jour­nal tenu par Sophie Pir­son pen­dant les cinq saisons qu’a duré le procès des atten­tats. Pen­dant cette péri­ode, l’autrice a cher­ché des répons­es en obser­vant des lieux sin­guliers, en marge de la salle d’audience : la machine à café, la salle de presse, la can­tine… À par­tir de cette expéri­ence hors norme, l’écrivaine pose des ques­tions uni­verselles et s’inscrit avec force et sin­gu­lar­ité dans le champ des écri­t­ures du réel.

Les édi­tions de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique fêteront les 80 ans de Paul Emond avec la paru­tion, en décem­bre, de L’acteur au pied de nez, dans lequel l’académicien, homme de théâtre et romanci­er livre ses réflex­ions sur le théâtre, et narre sou­venirs et anec­dotes.

Philippe Box­ho, le médecin légiste auteur de best-sell­ers, pub­liera le 21 août un troisième ouvrage chez Kennes après Les morts ont la parole et Entre­tien avec un cadavre. Dans La mort en face, le médecin racon­te son par­cours et revient sur cer­tains épisodes mar­quants de sa vie pro­fes­sion­nelle.

La nouvelle sous toutes ses formes

Pub­liée seule ou en recueil, la nou­velle est présente en force en cette ren­trée lit­téraire, comme d’ailleurs tout au long de l’année, grâce à une poignée d’éditeurs qui ont fait du genre l’un de leurs fers de lance.

delperdange un parfum d'innocence

Adepte de la manière (très) noire, Patrick Delper­dan­ge présen­tera dès le 16 août Un par­fum d’innocence dans la col­lec­tion « Polaroïd » des édi­tions in8. À peine sor­ti de prison, un homme vole le véhicule emprun­té par sa soeur pour venir le chercher et emmène la jeune femme dans un périple dont sa colère est le guide.

Ces dernières années, les édi­tions Lamiroy ont renou­velé l’approche édi­to­ri­ale du genre avec la col­lec­tion « Opus », pub­li­ca­tion heb­do­madaire avec pos­si­bil­ité d’abonnement, d’une seule nou­velle en petit for­mat. La col­lec­tion, qui a con­nu dif­férentes décli­naisons (« Ado­pus­cule », « Cré­pus­cule »…)  est à présent passée à un rythme plus irréguli­er, tan­dis la mai­son a aus­si lancé la col­lec­tion « Opus », fondée sur le même principe d’un texte unique, mais plus long – une novel­la plutôt qu’une nou­velle stric­to sen­su. Deux nou­veaux textes sont atten­dus sous ce for­mat : Dare-dare du directeur de la Mai­son de la Francité Don­ald George (fin sep­tem­bre) et, le 19 octo­bre, celui d’un grand habitué de la mai­son, Alain Magerotte. Un auteur qui penche cette fois résol­u­ment vers la lit­téra­ture noire, avec Une bonne pâte dans la panade.

La pub­li­ca­tion de nou­velles uniques n’empêche pas Lamiroy d’éditer égale­ment des recueils. On se sou­vient notam­ment d’Inci­sives, de Car­o­line Wlo­mainck. Pour cette ren­trée, deux vol­umes sont prévus : Loques de Xavier de Rid­der, et ses cinq his­toires très noires, et La vie louche de ma voi­sine Fer­nande de Dominique Watrin. Il s’agit du troisième vol­ume des chroniques de cette voi­sine encom­brante. Cette fois, on la décou­vre tour à tour se ren­dant à une séance d’épilation, aux pris­es avec ses fauss­es dents, ou apprenant le pole dance. Autant de points de départ à l’évocation par l’auteur, soci­o­logue de for­ma­tion, d’une cer­taine Wal­lonie « d’en bas ».

C’est l’une des cer­ti­tudes de la ren­trée, au même titre que la sor­tie d’un roman d’Amélie Nothomb : cet automne encore (le 9 octo­bre), les édi­tions Ker enrichissent leur col­lec­tion « Bel­giques » de nou­veaux vol­umes. Les petits nou­veaux seront même au nom­bre de cinq, avec les arrivées de Jean Claude Bologne, Véronique Biefnot, Philippe Remy-Wilkin, Lil­iane Schraûwen et Nathalie Stal­mans, qui tous se livrent à l’exercice du por­trait en mosaïque de leur Bel­gique. En com­pag­nie de ces cinq auteurs, on voy­age de la Gaume au Con­go belge, de Brux­elles à Liège, d’Anvers à La Lou­vière, du présent au passé (et retour), de l’intimité des sou­venirs d’enfance aux faits his­toriques…

Les édi­tions Quad­ra­ture, dédiées à la pub­li­ca­tion de recueils de nou­velles, seront bien sûr elles aus­si de la par­tie. Référence dans le genre, la mai­son parie sur un cat­a­logue fran­coph­o­ne résol­u­ment ouvert à l’international. Un seul auteur belge au pro­gramme cette année, mais non le moin­dre : Michel Lam­bert. Après le décès de son édi­teur Pierre-Guil­laume de Roux, le romanci­er et nov­el­liste a pub­lié deux livres aux édi­tions Le beau jardin (le recueil de nou­velles Le ciel me regar­dait et le roman Cinq jours de bon­té), puis un flo­rilège de ses nou­velles chez Weyrich (Sosies de l’amour) avant, donc, de pos­er ses bagages chez Quad­ra­ture. Quelle impor­tance est atten­du le 10 décem­bre. Les nou­velles qui le com­posent sont le réc­it de la con­fronta­tion entre deux êtres – amis, amants, un fils et sa mère, un patron et un chauf­feur de taxi… L’heure de vérité, le moment de tout se dire arrive, mais cer­tains par­lent trop quand d’autres ne parvi­en­nent pas à par­ler et se murent dans le silence.

lejeune mona lisa mon amour

Le ter­ri­toire de la nou­velle s’étendra, en cette ren­trée, au-delà de ces trois maisons spé­cial­isées. Chez Bozon2X, Damien Leje­une présente Mona Lisa, mon amour (10 sep­tem­bre). Dans ces nou­velles, l’inattendu s’invite chez les per­son­nages, provo­quant des sit­u­a­tions bur­lesques ou tra­gi-comiques.

nimal de vins et d allegresses

Aux édi­tions Mur­mure des soirs, la ren­trée se déclin­era aus­si en pros­es brèves, avec deux recueils pro­gram­més le 30 octo­bre. On se réjouit tout d’abord de retrou­ver Valérie Nimal, cinq ans après le roman Nous ne sommes pas de mau­vais­es filles (Anne Car­rière). De vins et d’allégresses s’ouvre et se clôt au Por­tu­gal. Entre les deux, un par­cours, par la fic­tion, dans les vig­no­bles d’Europe, une évo­ca­tion des tra­di­tions, des sen­teurs, des plaisirs…
Romanci­er et poète, Christophe Kauff­man pub­lie lui aus­si un recueil de pros­es cour­tes, Babi­oles. Il y évoque ces objets du quo­ti­di­en, enfouis dans nos tiroirs ou tapis au fond de nos poches, dont on ne sait pas tou­jours bien pourquoi on les garde, mais dont on ne peut se débar­rass­er, récep­ta­cles de nos sou­venirs.

Mael­ström reEvo­lu­tion présente sur un recueil col­lec­tif (paru­tion le 6 novem­bre). Pour (Grands-)mères en lumière, huit autri­ces (Juli­ette Berguet, Rais­sa Yowali, Aurélie Mulowa, Sarah Kawaya, Mari­am Dial­lo, Sal­wa Bou­jour, Marie-Paule Mugeni et Fati­ma Zibouh) racon­tent leurs mères ou grand-mères maghrébines ou afro-descen­dantes, arrivée en Bel­gique et résolues à don­ner à leur descen­dance une vie meilleure, déclassées mais résilientes.

Col­lec­tif égale­ment chez Esper­luète, avec Quelqu’un à qui par­ler (16 novem­bre). Le livre rassem­ble des nou­velles de Veroni­ka Mabar­di, Geneviève Damas, Lau­rent Demoulin, Xavier Deutsch, François Emmanuel, Nicole Mal­in­coni, Céline Del­becq, Vir­ginie Jor­tay, écrites à l’occasion des 65 ans de Télé Accueil.

ae coop dans leurs pas

La nou­velle est un genre très présent dans le domaine des lit­téra­tures de l’imag­i­naire. Les édi­tions Cam­bourakis pub­lieront ain­si, le 4 sep­tem­bre, Dans leurs pas : réal­ités fab­ulées de 2061 du col­lec­tif AE Coop. Neuf nou­velles qui imag­i­nent le monde en 2061, entre pénurie d’eau et raré­fac­tion des ressources énergé­tiques.

joiret halages et détours

Yves Joiret pub­lie Halages et détours, par­fois loin­tains aux édi­tions de l’Onde, instal­lées à Saint-Cloud. Dans ce recueil, toutes his­toires finis­sent ou se ter­mi­nent auprès d’un fleuve. Le livre est atten­du le 15 octo­bre.

À not­er enfin : Le nan­ti et l’usurpa­teur, le nou­veau recueil de Tris­tan Ledoux, paraitra le 3 octo­bre aux édi­tions Sans escale, comme son précé­dent Récidicules.

Poésie d’automne

Pour l’édition de poésie, le print­emps est tra­di­tion­nelle­ment une péri­ode d’effervescence, mar­quée notam­ment, chez nous, par le fiEs­ti­val et, à l’international, par le Marché de la poésie à Paris. L’automne n’est pas pour autant morte sai­son : la qua­trième édi­tion du Poet­ik Bazar, du 20 au 22 sep­tem­bre aux Halles de Schaer­beek, offre un écrin idéal pour le lance­ment de plusieurs pub­li­ca­tions.

Le coudri­er mise sur des habitués. La mai­son lance son pro­gramme autom­nal dès la fin août avec la paru­tion de L’ombre de l’aube de Michel Ducobu. Qua­tre recueils le suiv­ront en sep­tem­bre. Après Tec­tonique du temps (prix Dela­by-Mour­maux de l’AEB) et À la marge du ciel, Philippe Col­mant signe à la fois le texte et les illus­tra­tions de Ter­rains con­quis. Les textes de Mar­tine Rouhart se marieront avec les illus­tra­tions d’Isabelle Simon pour Guet­ter les embel­lies, un recueil qui mêle le quo­ti­di­en aux émo­tions les plus fine­ment ren­dues. Dans Deux, Cather­ine Berael, en tan­dem avec l’illustrateur Bernard Odona, évoque des êtres qui s’unissent, se sépar­ent, et creuse le motif du désamour, tan­dis que Pas­cal Feyaerts pro­pose ses Racines de l’éphémère.

debauche carcasses

En sep­tem­bre aus­si, L’arbre de Diane pub­lie les Car­cass­es / L.R.D.P. de Lisa Debauche. Peu après La nuit est encore debout c’est pour ça que je ne dors pas paru chez Mael­ström reEvo­lu­tion, tou­jours en lice pour le prix Apol­li­naire Décou­verte et final­iste du prix inter­na­tion­al de lit­téra­ture française de l’Arllfb, l’autrice pour­suit un par­cours poé­tique plus que promet­teur avec ce nou­v­el opus annon­cé comme “proche de la per­for­mance et du rit­uel punk-baroque”.

Après Branche d’acacia brassée par le vent (huit mou­ve­ments), Flo­rence Noël pub­lie un deux­ième recueil aux édi­tions du Chat polaire, Rup­tures d’étoile. Chaque livre de cette mai­son d’édition est un dia­logue entre un poète ou une poétesse et un‑e plas­ti­cien-ne. Les textes de Flo­rence Noël sont mis en rela­tion avec des réal­i­sa­tions de Sylvie Durbec pour un recueil struc­turé en cinq suites comme autant d’incursions dans des vies qui s’enfantent, se fondent, se heur­tent, se déchirent, s’étiolent…

Le Tail­lis Pré annonce aus­si une sor­tie pour sep­tem­bre. Ce sera Sapi­ens, nul n’échappe à l’origine de Jean-Pierre Son­net. Le spé­cial­iste des approches lit­téraires de la Bible est aus­si un auteur fidèle de la mai­son, où il a déjà pub­lié Le corps voisé, Mem­bra Jesu Nos­tri. Ce que Dieu ne dit que par le corps, Le Messie aux portes de Rome et La ville où tout homme est né.

Deux recueils poé­tiques naitront le 12 sep­tem­bre à l’en­seigne des édi­tions Bleu dans vert. Peterke Mol signe Com­ment dire aurevoir à un père absent?, tan­dis que Rena­to Bac­carat par­lera de famille, de mort, de ren­con­tres et de voy­ages dans Marche de nuit.

Passée par la col­lec­tion de nou­velles « Opus­cule » aux édi­tions Lamiroy (Bleu park­ing), c’est en poésie que Clarisse Michaux fera sa ren­trée. À paraitre le 4 octo­bre aux édi­tions Hour­ra, La gai­eté me sidère explore en poésie Jeanne Diel­man, 23, quai du Com­merce, 1080 Brux­elles, le film de Chan­tal Aker­man récem­ment élu meilleur film de tous les temps par un jour­nal bri­tan­nique.

Des essais en tous genres

Explo­rant qui une œuvre lit­téraire, qui une prob­lé­ma­tique socié­tale, les essay­istes fig­ureront eux aus­si en nom­bre en cette ren­trée.

Aux édi­tions Lamiroy, les essais se décli­nent eux aus­si en for­mat court avec la col­lec­tion « L’article » : chaque petit vol­ume de ce men­su­el est une évo­ca­tion sub­jec­tive d’un écrivain et de son œuvre. Luc Del­lisse, qui pub­lie déjà un roman à la ren­trée, sera dou­ble­ment présent, puisqu’il signe « L’article » de sep­tem­bre, Hen­ri Van Lier, philosophe à l’é­tat pur. En octo­bre, un fidèle de l’en­seigne Lamiroy étudie l’œuvre d’un autre auteur mai­son : Gaë­tan Faucer pub­lie Alain Magerotte, du boo­gie woo­gie sous le cha­peau. Ce sera donc une dou­ble ren­trée aus­si pour Alain Magerotte, cet « Arti­cle » accom­pa­g­nant la sor­tie de son nou­veau roman. François Crunelle est l’auteur de « L’article » de novem­bre, Jules Vernes, voy­age de Brux­elles à Amiens, tan­dis que celui de décem­bre sera dû à Marc Meganck pour Baude­laire, pau­vre Brux­elles.

Chez Mur­mure des soirs comme chez Lamiroy, la ren­trée ouvre la porte à un essai sur la lit­téra­ture : Poste restante de Frédéric Kurz est un recueil de let­tres écrites et jamais envoyées par l’auteur à dif­férents écrivains (notam­ment Joseph Kessel, Alan Moore, Gao Xingjian, Amoz Oz, Amélie Nothomb, Wal­lace Steg­n­er, Romain Gary), aux­quels il livre les impres­sions et inter­ro­ga­tions que leur œuvre ont sus­cité en lui.

lebouc dictionnaire du bruxellois

Hors sa col­lec­tion de poche, la mai­son Lamiroy s’enrichira dès sep­tem­bre de Vie et survie de la lit­téra­ture brux­el­loise : Georges Lebouc pro­pose un panora­ma his­torique de la lit­téra­ture dite en « Beule­mans », ses précurseurs, ses chefs‑d’œuvre et ses car­ac­téris­tiques.

clément poésie fenetre ouverte

Chez Sam­sa aus­si, la ren­trée sera l’oc­ca­sion d’é­tudi­er la lit­téra­ture, et sin­gulière­ment la poésie. C’est ce à quoi s’at­tèle Thier­ry-Pierre Clé­ment avec Poésie fenêtre ouverte, où sont recueil­lis sept arti­cles de l’au­teur sur la poésie d’i­ci et d’ailleurs. À décou­vrir dès le 15 sep­tem­bre.

chabot un sens a la vie

La ren­trée sera aus­si philosophique avec Un sens à la vie : enquête philosophique sur l’essen­tiel, le nou­v­el essai de Pas­cal Chabot, qui sor­ti­ra aux PUF le 28 août. L’au­teur s’in­téresse à la quête de sens chez les humains, à l’in­flu­ence qu’ex­er­cent sur elle les muta­tions techno­sci­en­tifiques, jusqu’au burn-out et à l’é­co-anx­iété.

Pablo Servi­gne, Raphaël Stevens et Gau­thi­er Chapelle ont pop­u­lar­isé la notion de col­lap­solo­gie, nous expli­quant com­ment sur­vivre à un effon­drement con­sid­éré comme inéluctable. Dans Sor­tir de l’im­passe ou subir l’ef­fon­drement ! : pau­vreté, bio­di­ver­sité, cli­mat, Thier­ry Lau­reys parie au con­traire sur la réori­en­ta­tion de l’économie pour réduire la pau­vreté, les gaz à effet de serre et la destruc­tion de la bio­di­ver­sité. À décou­vrir le 12 sep­tem­bre aux édi­tions Couleur livres.

La col­lec­tion « Traces » des édi­tions de L’L forme la mémoire de recherch­es menées par les artistes invités par la struc­ture scénique. En sep­tem­bre, Céline Estenne y pub­liera Pis­ter la recherche avant qu’elle ne se sauve. C’est quoi être sale / C’est quoi la crasse, où elle inter­roge les normes de pro­preté et s’intéresse à la crasse.

Les édi­tions des Midis de la poésie annon­cent, en sep­tem­bre égale­ment, Domousse, co-signé par Aliette Griz et Elise Per­oi.

Nathalie Skowronek co-sign­era avec Jean Rouaud un Néces­saire d’écri­t­ure à paraitre le 19 sep­tem­bre aux édi­tions Seghers. Aux essais de Jean Rouaud inter­ro­geant les sources de la créa­tion lit­téraire chez dif­férents grands écrivains (Proust, Chateaubriand, Stend­hal…) répon­dent des textes de Nathalie Skowronek prodiguant des con­seils d’écri­t­ure.

baetens un monde a collectionner

Ani­mée par Thier­ry Horguelin, la col­lec­tion « D’autre part » des édi­tions L’herbe qui trem­ble pro­pose un cat­a­logue de textes inclass­ables, aux lisières de la poésie, de la fic­tion et de l’essai. Un cat­a­logue à la col­oration très belge, où l’on trou­ve des livres signés par (entre autres) Daniel De Bruy­ck­er, Luc Del­lisse, ou encore Karel Logist. Jan Baetens, qui y a déjà pub­lié Comme un rat, présen­tera en octo­bre Un monde à col­lec­tion­ner. L’essayiste et poète, récent lau­réat du prix Mau­rice Carême, inter­roge les représen­ta­tions des col­lec­tions dans dif­férents arts (ciné­ma, lit­téra­ture, bande dess­inée) et la notion de raté dans la pra­tique de la col­lec­tion.

Olivi­er Smol­ders s’intéresse quant à lui à un cinéaste belge, Edmond Bern­hard, sa vie, son œuvre et ses com­bats, dans Dimanche et autres essais d’Edmond Bern­hard, à paraitre le 4 octo­bre chez Yel­low now.

Si la sor­tie d’un roman d’Amélie Nothomb à la ren­trée lit­téraire est une évi­dence, on s’attend moins à trou­ver l’autrice d’Hygiène de l’assassin dans la rubrique « Essai ». Le 16 octo­bre parait pour­tant, chez Albin Michel égale­ment, Le Japon éter­nel : voy­age sous les fleurs du monde, qu’elle co-signe avec Lau­re­line Amanieux, spé­cial­iste de son œuvre et réal­isatrice du doc­u­men­taire télévisé Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux. Comme dans son roman de l’année, L’impossible retour, le Japon forme le cœur de cet essai à qua­tre mains, dans lequel l’écrivaine explore le Japon, ses mythes et arts ances­traux.

van brabant laura palmer au pays des miroirs

La col­lec­tion « La fab­rique des héros » des Impres­sions nou­velles se voue à l’analyse des héros de fic­tion de la pop cul­ture. Récem­ment, on a ain­si pu décou­vrir plus avant Doc­teur Strange sous la plume de Char­line Lam­bert, Hermione Granger vue par Tan­guy Habrand,  Milou par Renaud Nat­tiez, Dark Vador décor­tiqué par Björn-Olva Dozo et Dick Tomaso­vic, ou Mar­tine étudiée par Lau­rence Boudart. En novem­bre, c’est l’univers de David Lynch qui fait son entrée dans la col­lec­tion avec Lau­ra Palmer au pays des miroirs. Le vol­ume est l’œuvre de Louise Van Bra­bant, bien con­nue des lecteurs du Car­net, qui signe ici son pre­mier livre.

Les édi­tions de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique ont, entre autres, voca­tion à faire mieux décou­vrir l’œuvre et le par­cours des académi­ciens. C’est ain­si que paraitra, en décem­bre, une biogra­phie de Mar­cel Thiry, élu au fau­teuil n°18 en 1939 et Secré­taire per­pétuel de l’institution de 1960 à 1972. Le livre est signé Lau­rent Bégh­in.

Livres d’artiste

Des maisons d’édition, par­ti­c­ulière­ment soucieuses de l’objet livre, pro­poseront des livres d’artiste.

pé ou commence la nuit

Chez Bozon2X, Olivi­er Pé clô­tur­era dès le 20 août une trilo­gie qui comp­tait déjà Poé­tique de l’amant et Chaos Logos. Où com­mence la nuit est un poème visuel, bâtit avec les pho­tos pris­es par l’au­teur.

À La Pierre d’Alun, la col­lec­tion “La petite pierre” s’en­ri­chit de trois nou­veaux car­nets à spi­rales. Le 29 août, on décou­vri­ra Uni­ver­res de l’artiste Pierre Radis­ic. En textes et en pho­tos, l’au­teur explore un rap­port neuf aux objets, en les obser­vant sous des angles jamais ten­tés aupar­a­vant.
En sep­tem­bre, ce sera Fam­i­ly ties de Glen Bax­ter, un livre dont les textes, bilingues (français/anglais) dia­loguent avec les dessins de l’au­teur. Le 8 sep­tem­bre, on décou­vrir aus­si Le Car­net rose, écrit par Jacques Sojch­er et mis en images par Nathalie Amand. Le poète et philosophe y évoque ses ren­con­tres amoureuses passées, longtemps con­signées dans un car­net rose qu’il a per­du, et réin­ven­tées à l’oc­ca­sion de ce livre.

Chez CFC, deux livres d’artiste sont annon­cés le 10 sep­tem­bre. Anna Safi­a­tou Touré s’intéresse au passé colo­nial pour Her­bier du départe­ment con­go­lais des Ser­res royales de Laeken. Tout part d’un fait his­torique qu’on pour­rait croire anec­do­tique : les végé­taux rap­portés de la colonie con­go­laise à des­ti­na­tion des ser­res royales de Laeken n’ont pas survécu au cli­mat belge. L’autrice se plait alors à com­pos­er un her­bier fic­tif et pour chaque plante créée, lui offre une fiche avec un nom, un descrip­tif. Chaque végé­tal racon­te une his­toire, où il est ques­tion de déracin­e­ment et de dis­pari­tion.

Paul Gérard revis­ite quant à lui son his­toire per­son­nelle et famil­iale. Impasse de la fidél­ité part du com­ing out de l’auteur, à l’adolescence. Il apprend alors que son grand-père était lui-même homo­sex­uel et a prob­a­ble­ment été assas­s­iné pour cela. Paul Gérard se lance sur les traces de cet aïeul, tis­sant les faits qu’il parvient à rassem­bler avec des pans de fic­tion. Au-delà de sa pro­pre his­toire, c’est aus­si l’histoire de toute une com­mu­nauté que l’auteur abor­de ici.

Jouons un peu :
l’ovni de la rentrée

collectif tarot souriau

C’est prob­a­ble­ment le pro­jet édi­to­r­i­al le plus sin­guli­er de cette ren­trée : les édi­tions Esper­luète pub­lient le 6 sep­tem­bre Tarot Souri­au, out­il philosophique vecteur de change­ment. Un livre ? Oui, mais aus­si un jeu ! Signé par Isabelle Stengers, Sil­via Mes­turi­ni Cap­po, Valérie Glans­dorff, et Fleur Courtois‑l’Heureux, le cof­fret créé par Esper­luète com­pren­dra un livre, qui explique la genèse du pro­jet et les règles du jeu, et un jeu de cartes – puisqu’il s’agit ici d’un véri­ta­ble jeu de tarot imag­iné par les autri­ces. La mai­son pro­longe ain­si l’expérience de Miettes moineau ribouldingue d’Anne Herbauts, qui con­jugue aus­si livre et jeu, mais à des­ti­na­tion du jeune pub­lic.

Rééditions, patrimoine, livres de poche :
des redécouvertes bienvenues

Si ren­trée rime avec nou­veauté, la place existe aus­si pour divers­es formes de réédi­tions : le pas­sage en poche de livres qui ont ren­con­tré un cer­tain suc­cès, la pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion de cer­tains titres plus ou moins anciens, ou encore la remise à dis­po­si­tion d’ouvrages devenus introu­vables.

costermans outre mere

Dans ce reg­istre, la ces­sa­tion des édi­tions Luce Wilquin a signé l’indisponibilité de plus de 500 œuvres. Des réédi­tions ont vu et con­tin­u­ent de voir le jour à divers­es enseignes, même si elles sont, bien sûr, très loin d’avoir cou­vert l’ensemble du cat­a­logue. Deux livres de plus con­naitront toute­fois bien­tôt une nou­velle vie. Out­re-mère, à ce jour seule – et réussie – incur­sion de la nou­vel­liste Dominique Coster­mans dans le genre du roman, reparaitra en août aux édi­tions Weyrich, où l’autrice avait précédem­ment pub­lié le recueil de nou­velles Les petits plats dans les grandsOut­re-mère racon­te une his­toire famil­iale aus­si lourde que sin­gulière, celle d’une famille juive rongée par son passé, et un grand-père qui a col­laboré avec la Gestapo. Chez M.E.O., c’est Kor­sakoff d’Alain Van Crugten qui s’offre une renais­sance. Auto­bi­ogra­phie trouée de doutes d’un cer­tain Alain Van Cureghem, ce livre forme un dip­tyque bien­venu avec l’inédit Marolles, que pub­lie le même édi­teur. Les deux livres sont d’ailleurs atten­dus le même jour (30 sep­tem­bre).

peeters plissart fugues

Les impres­sions nou­velles réédi­tent le roman-pho­to de Benoît Peeters et Marie-Françoise Plis­sart, Fugues, ini­tiale­ment paru chez Minu­it en 1983. Une his­toire de fila­tures où l’on suit trois per­son­nages et un tra­vail qui ren­verse la hiérar­chie tra­di­tion­nelle entre image et intrigue dans le roman-pho­to. Sor­tie annon­cée en octo­bre.

Dans le domaine pat­ri­mo­ni­al, les édi­tions Libret­to pour­suiv­ent leur pub­li­ca­tion du cycle des Meurtres de Charles Plis­nier avec un qua­trième vol­ume, Feu dor­mant, à paraitre le 5 sep­tem­bre.

Les jeunes édi­tions mont­pel­liéraines Moby Dick se sont bâties autour de l’u­nivers du “Poulpe”, cette col­lec­tion de romans policiers ini­tiée par Jean-Bernard Pouy en 1995, qui bien qu’écrits cha­cun par un auteur dif­férent, met­tent tous en scène le même héros : le détec­tive Gabriel Lecou­vreur, dit “le Poulpe”. Moby Dick réédite d’an­ciens vol­umes de la col­lec­tion et a par­al­lèle­ment lancé une série dédiée à “Gabriel­la, la fille du Poulpe”. Par­mi les réédi­tions : celle du vol­ume signé Bruce L. MayenceLa Belge et la bête, à paraitre le 11 octo­bre.

L’Académie met­tra en lumière l’œuvre de l’un des siens, Philippe Jones (1924–2016), qui aurait eu cent ans le 8 novem­bre. Un événe­ment d’hommage est d’ailleurs pro­gram­mé le 5 novem­bre. Il suiv­ra la paru­tion de deux vol­umes. La forme et le sens est un flo­rilège de réc­its brefs, puisés à la fois dans les recueils pub­liés par l’auteur (L’embranchement des heures, Le dou­ble du cal­en­dri­er, L’angle de vue, L’instant mul­ti­ple et L’ombre portée) et par­mi des textes inédits ou parus en revue. Le livre est en out­re aug­men­té d’une com­mu­ni­ca­tion de l’auteur à l’Académie sur la ques­tion de la nou­velle. Philippe Jones était aus­si un his­to­rien d’art de pre­mière impor­tance. C’est ce pan de son œuvre qu’invite à redé­cou­vrir L’art majeur, recueil d’essais qui per­met entre autres d’apprécier l’évolution de la pen­sée de l’auteur.

Dans sa col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale d’orientation région­al­iste « Regains », les édi­tions Weyrich prévoient deux paru­tions au sec­ond semes­tre : Le roi des con­tre­bandiers de Christophe Rye­landt et Dure Ardenne d’Arsène Sor­eil.

On ne s’en éton­nera guère : la col­lec­tion Espace Nord pour­suit son œuvre de pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion de la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne, tous gen­res con­fon­dus, avec pas moins de cinq pub­li­ca­tions annon­cées. La réédi­tion du Pain noir d’Hubert Krains arrivera en librairie dès le 13 sep­tem­bre. Le réc­it nous emmène dans les années 1880, pour l’évocation d’un vil­lage déserté après l’arrivée d’une ligne de chemin de fer, et de la manière dont ceux qui sont restés quand même ten­tent de résis­ter à la pré­car­ité et au dés­espoir. Le livre fig­u­rait déjà dans la col­lec­tion, mais était épuisé. Il ressort avec un nou­v­el appareil cri­tique.

Autrice d’une œuvre var­iée, fémin­iste, exigeante, Claire Leje­une n’était présente dans la col­lec­tion de poche que par un seul vol­ume, Mémoire de rien, depuis longtemps épuisé. Une qua­si-absence qui sera réparée dès le 18 octo­bre avec la paru­tion de deux ouvrages, l’un dédié au théâtre de l’autrice, Ari­ane et Don Juan et autres pièces, et l’autre, Mémoire de rien et autres poèmes, à sa poésie. Deux livres où l’on redé­cou­vre le regard résol­u­ment nova­teur et fémin­iste posé par Claire Leje­une sur des mythes (Ari­ane, Don Juan, Orphée…) qu’elle récrit en pro­fondeur.

Deux vol­umes à paraitre le 22 novem­bre com­pléteront le pro­gramme. Les vacances d’un enfant, un roman de Louis Scute­naire, s’inscrit dans la célébra­tion du cen­te­naire du sur­réal­isme entamée au pre­mier semes­tre avec le recueil Magritte com­men­té par ses amis. Retour à Satyah de François Emmanuel con­firme par ailleurs le tra­vail de pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion de la lit­téra­ture con­tem­po­raine opéré par Espace Nord, avec un roman qui résonne par­ti­c­ulière­ment avec la dra­ma­tique actu­al­ité pales­tini­enne.

toussaint rions il pleut

Tra­di­tion­nelle­ment actives elles aus­si dans le domaine de la lit­téra­ture pat­ri­mo­ni­ale, les édi­tions Sam­sa présen­teront dès le 22 août Rions, il pleut, une antholo­gie de la lit­téra­ture belge ayant pour fil rouge l’hu­mour. Le choix de textes et les com­men­taires sont étab­lis par Pas­cale Tou­s­saint, qui pour­suit ain­si le tra­vail entamé chez le même édi­teur avec sa précé­dente antholo­gie, C’est trop beau ! trop !.

À not­er enfin : plusieurs ouvrages con­nais­sent cet automne une réédi­tion au for­mat de poche. C’est le cas de La mort en écho de Bar­bara Abel (Le masque, 28 sep­tem­bre), de Dib­bouks d’Irène Kaufer (édi­tions Anti­lope, 30 août), des Sen­tiers des astres : les eaux de sous le monde de Ste­fan Plat­teau (J’ai lu, 18 sep­tem­bre), du roman Les reines d’Emmanuelle Pirotte (Le livre de poche, 18 sep­tem­bre), de C’est dans la boite de Frédéric Ernotte (M+, le 19 sep­tem­bre), et de Ma femme écrit de Jonathan Zac­caï (Le livre de poche, 23 octo­bre). Babel, la col­lec­tion de poche d’Actes Sud, pro­pose une nou­velle réédi­tion d’Œdipe sur la route d’Hen­ry Bauchau, annon­cée pour le 4 sep­tem­bre.

La rentrée avec Le Carnet et les Instants

Comme chaque année, Le Car­net et les Instants se met­tra dès la mi-août à l’heure de la ren­trée lit­téraire. Les recen­sions, les dernières nou­velles des prix lit­téraires et toute l’actualité de la ren­trée seront à suiv­re sur notre blog, sous l’onglet « Ren­trée 2024 ».

Nau­si­caa Dewez