Cet été, Le Carnet et les Instants vous emmène à la redécouverte de ses bonnes feuilles, des articles qui ont marqué l’histoire de la revue.
La rubrique « Petit exercice d’admiration » a pris place pour 28 numéros entre 2008 et 2013. Un auteur ou une autrice belge y proposait un texte inédit, consacré à un écrivain ou une écrivaine admiré‑e, expliquant les raisons de cette admiration. Chaque samedi, du 4 juillet au 22 aout, nous vous proposons de redécouvrir l’un de ces petits exercices d’admiration.
Aujourd’hui : le petit exercice d’admiration de Jean-Pierre Verheggen (1942–2023). Dédié à Scutenaire, Chavée, Mariën et autres aphorismeurs, il a paru dans Le Carnet et les Instants n° 166 (2011). Continuer la lecture





On ne tirera pas ici le portrait de Louis Scutenaire (1905–1987), ami et complice de Magritte, Colinet, Nougé, et activiste très actif du surréalisme en Belgique, bien plus qu’une apparente indolence le laissait croire. Mais disons-le en préambule pour éviter toute ambiguïté : l’auteur de ces lignes eut la vivifiante joie de le connaître, ainsi qu’Irène Hamoir (la « Lorrie » des Inscriptions), le plaisir de les rencontrer régulièrement tous deux rue de la Luzerne durant les dernières années de leur vie, et le bonheur intellectuel de contribuer à le faire lire ou découvrir : principalement chez Edmond Thomas (éd. Plein Chant, 1986) et dans la collection Espace Nord (le premier volume de Mes inscriptions réédité en 1990, sur les cinq initialement prévus à l’époque par Labor).
Le mouvement surréaliste en Belgique a suscité très tôt chez ses participants une grande diversité d’actions, de liberté de ton et d’esprit, qui a pu s’exprimer également dans les marges mêmes du groupe dont Paul Nougé et René Magritte ont été les instigateurs. Ainsi en va-t-il de Vendredi, une publication collective réalisée à …un seul et unique exemplaire, à l’initiative de Paul Colinet, membre du groupe de Bruxelles depuis 1935, ami intime de Magritte et de Scutenaire. Paul Colinet avait pour neveu Robert Willems, qui, en octobre 1949, part avec sa jeune épouse Odette au Congo belge, pour y exercer le métier de comptable.
Les coups de coeur de nos chroniqueurs pour l’année 2017. Aujourd’hui : le choix de Frédéric Saenen.
À l’instar de Paul Nougé et Marcel Mariën, Louis Scutenaire (1905–1987), « Scut » pour les intimes, mena jusqu’au bout « l’expérience continue » du surréalisme. Mes Inscriptions 1945–1963, qui reparaissent au catalogue d’Allia, attestent de cette dynamique particulière, en somme assez spécifique aux surréalistes belges, où le « primum vivere » semble l’emporter sur l’impérieux devoir de « faire œuvre ». Se tenir debout, pour Scut, n’était pas une posture d’écrivain, juste une position naturelle.