Archives par étiquette : Liège

Suivez le guide et l’as…

Guy DELHASSE, Les Lit­térantes. Le mag du tourisme lit­téraire en Wal­lonie et à Brux­elles, n°1 octo­bre 2020

Quel est le point com­mun entre Guy Del­has­se et son moyen de déplace­ment favori, à savoir le vélo ? Eh bien, c’est que l’un comme l’autre sont inca­pables de reculer. Par con­tre quand il s’agit de fon­cer bille en tête, de pren­dre les chemins de tra­verse, d’aborder une côte en par­tant en danseuse, bref d’aller de l’avant, on ne rat­trape plus le gail­lard. Con­tin­uer la lec­ture →

Vivre, est-ce vivre ?

Jacques IZOARD, Vin rouge au poing, Arbre à paroles, 2020, 110 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87406–690‑0

Il était le poète du soudain. À ses yeux, sous ses doigts, ne valait que la sen­sa­tion pure. Com­bi­en aura-t-il dis­séminé de ces textes ful­gu­rants, qui sont autant de saisies sen­suelles, d’images gravées au vif argent d’une mémoire inscrite dans « le passé qui reste et le présent qui passe » ?

Avec la réédi­tion de Vin rouge au poing, ini­tiale­ment pub­lié en 2001, L’Arbre à paroles nous restitue la parole tou­jours vivace de l’homme à la fois déli­cat et caparaçon­né, bour­relé de com­plex­ions intimes et d’une sen­si­bil­ité à fleur de peau, que fut Jacques Izoard (1936–2008). Con­tin­uer la lec­ture →

Un Armel Job à la Simenon

Armel JOB, La dis­parue de l’île Mon­sin, Robert Laf­font, 2020, 291 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782221246580

Plus encore que dans ses nom­breux romans précé­dents, Armel Job a apporté des accents simenon­iens à son dernier livre, La dis­parue de l’île Mon­sin. La preuve par le titre bien évidem­ment qui évoque Liège, la ville natale du père de Mai­gret, mais égale­ment une intrigue poli­cière pur jus et surtout cette propen­sion des deux écrivains à met­tre en scène des petites gens. Con­tin­uer la lec­ture →

La Foire aux humilités

Claude FROIDMONT, Per­ver­sus ou L’histoire d’un imprimeur lié­geois au temps des Lumières, Weyrich, 2019, 354 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87489–560‑9

Je suis entré deux fois dans Per­ver­sus, ce qui sig­ni­fie que j’en suis sor­ti. La pre­mière fut aisée : « C’était un soir d’octobre, dans une plaine du nord, où bruis­saient des rumeurs de guerre. » Dès les pre­mières lignes, je mesure où je pose le pied. Un roman his­torique mais épuré, sans descrip­tions échevelées, digres­sions alam­biquées. Un roman romanesque, avec un zeste de sus­pense, du mou­ve­ment, des per­son­nages en trois dimen­sions. Un roman bien écrit, nar­ré dans la flu­id­ité. Con­tin­uer la lec­ture →

Celui-là n’est peut-être pas l’homme à la pipe

Un coup de cœur du Car­net

Nico­las MARCHAL, Les faux Simenon, Weyrich, coll. « Plumes du coq, 2019, 235 p., ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑87489–558‑6

Lorsque l’on appré­cie par­ti­c­ulière­ment l’univers d’un auteur, on est impa­tient et curieux à l’idée de décou­vrir son dernier opus. En même temps, on repousse la lec­ture de peur de le dévor­er trop vite ou de devoir atten­dre la sor­tie du prochain. Nico­las Mar­chal fait par­tie de ceux-là, écrivains qui vous sur­pren­nent tou­jours. Chaque livre vient peaufin­er un univers per­son­nel où les sur­pris­es nar­ra­tives voisi­nent avec la jubi­la­tion dans l’écriture. Après Le grand cerf pub­lié en 2016 chez le même édi­teur, dans la col­lec­tion « Plumes du coq », Les faux Simenon con­firme le tal­ent de l’auteur. Con­tin­uer la lec­ture →

Déplier une ville

Un coup de cœur du Car­net

Philippe MARCZEWSKI, Blues pour trois tombes et un fan­tôme, Inculte, 2019, 232 p., 17.90 €, ISBN : 978–2‑36084–018‑2

Il est des livres qui déten­dent et don­nent envie d’allonger les jambes sur le divan, et d’autres qui vous oblig­ent à d’incessants aller-retours vers votre bib­lio­thèque et votre col­lec­tion de dis­ques, qui vous font véri­fi­er telle pho­togra­phie ou tel détail car­tographique sur Inter­net, et puis qui imman­quable­ment vous tirent de chez vous, ne vous apaisent qu’une fois sur la route. Blues pour trois tombes et un fan­tôme est de ces livres-là : il se met en bran­le quand on l’ouvre, et con­tin­ue de vivre quand on le pose, nous chu­chotant à l’oreille des injonc­tions de prom­e­nades et de décou­vertes, exis­tant de plus en plus en nous au fur et à mesure que l’on explore les pistes qu’il nous pro­pose. Con­tin­uer la lec­ture →

Pas de sauce lapin pour les doudounes

Chris­t­ian O. LIBENS, Les seins des saintes, Weyrich, Coll. « Noir Cor­beau », 2019, 170 p., 14 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 9782874895340

Peur sur Liège depuis qu’un gas­tronome d’une espèce par­ti­c­ulière saigne des jeunes femmes, pros­ti­tuées de préférence, en leur dévo­rant goulu­ment les seins… Tout cru, à même le corps et sans autre accom­mode­ment. Con­tin­uer la lec­ture →

Mai 68, du peket aux piquets : démocratiser la démocratie

Thier­ry GRISAR, Mai 68 amon nos-ôtes, Cerisi­er, 2019, 117 p., 11,50 €, ISBN : 978–2‑87267–214‑1

Prési­dent de l’U­nion générale des étu­di­ants (UG) de l’université de Liège, de mars 1968 à mars 1969, soit en pleine tour­mente Mai 68, Thier­ry Gris­ar ne nous livre pas un roman ou un jour­nal intime, un essai ou une syn­thèse exhaus­tive mais un récit/témoignage. Il con­jugue chronolo­gie des faits, dis­cours clés, humour mor­dant, écri­t­ure flu­ide, doc­u­ments his­toriques (car­i­ca­tures). Et esquisse le por­trait d’une jeunesse privée d’une lib­erté fon­da­men­tale : devenir adulte. Con­tin­uer la lec­ture →

Le foot, c’est la guerre

Michel HODY, Crimes en rouche et blanc, Mur­mure des soirs, 2018, 444 p., 22 €, ISBN : 978–2‑930657–46‑2

Michel Hody, auteur de Crimes en rouche et blanc, est lié­geois et s’est mis à la lit­téra­ture après une car­rière pro­fes­sion­nelle pen­dant laque­lle il avait pub­lié des ouvrages tech­niques et de mar­ket­ing. À la retraite, il se jeta dans l’écriture de romans policiers. Ses romans offrent la sin­gu­lar­ité de se dérouler dans la région lié­geoise, prin­ci­pale­ment, au XIVe siè­cle, sous le règne du prince-évêque, Adolphe de la Mar­ck.  Con­tin­uer la lec­ture →

Tumulte en cité ardente

Charles MANIAN, Les meilleurs morceaux du mam­mouth, Cerisi­er, 2018, 160 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87267–211‑0

Jamais explicite­ment nom­mée, mais bien iden­ti­fi­able dès les pre­mières lignes, la Ville de Liège est au cen­tre de ce roman noir de Charles Man­ian où règne un cli­mat d’insurrection. Les meilleurs morceaux du mam­mouth nous place aux côtés du Bourgmestre, un cer­tain Eddy (toute ressem­blance …) qui teste sa pop­u­lar­ité en faisant à pied le tra­jet qui sépare son bureau d’une supérette à inau­gur­er. Il a fort à faire avec les pas­sants qui l’arrêtent, l’assaillant de deman­des ou de récrim­i­na­tions. Dis­crète à ses côtés, la police l’accompagne et inter­vient pour écarter les impor­tuns. Ten­due, la sit­u­a­tion est en per­ma­nence à deux doigts de dégénér­er. Con­tin­uer la lec­ture →

Rivageois et lecteurs, unissez-vous !

Thier­ry JACQUEMIN, 1531 Le Phénix, Jour­dan, 2018, 494 p., 19,90 €, ISBN : 978–2‑87466–469‑4

jacquemin 1531 le phenix.jpgSoucieux d’impliquer de la pre­mière à la dernière page de son roman his­torique, Thier­ry Jacquemin utilise deux out­ils. D’une part il chérit la per­son­ni­fi­ca­tion, une fig­ure de style qui attribue des pro­priétés humaines à un ani­mal, à un objet, à une idée. C’est ain­si que tout peut devenir per­son­nage : un hibou grand-duc com­mente les com­bats dans le sous-bois de Glain, « Meuse » répond aux ques­tions que le nar­ra­teur lui pose et Liège s’interpelle « Ville ». D’autre part, l’auteur tutoie le lecteur et pointe du doigt le lien act­if et très per­son­nel qu’il partage for­cé­ment avec le livre qu’il lit et l’histoire qui s’y déploie. Con­tin­uer la lec­ture →

Vous avez des enfants ?

Line ALEXANDRE, L’Enclos des Fusil­lés, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2017, 240 p., 15 €, ISBN : 9782874894398

alexandre l enclos des fusillésSi le roman polici­er a envahi à ce point l’espace lit­téraire au cours des dernières décen­nies, c’est sans nul doute que, comme l’affirment des maîtres du genre, sa pra­tique leur per­met de cern­er au mieux notre époque, d’en dévoil­er les rouages, de dépass­er la vérité appar­ente des choses. Le nou­veau roman de Line Alexan­dre s’inscrit pleine­ment dans cette logique. Con­tin­uer la lec­ture →

Zone Slam

Un coup de cœur du Carnet

Simon RAKET, Mustapha MEZMIZI (pho­to.), Slam : poésies & voix de Liège, Ed. de la Province de Liège/La Zone asbl, 2017, 94 p., ISBN 978–2‑39010–063‑8

raketD’emblée, il faut saluer la réus­site graphique du livre édité dans ce for­mat à l’italienne tou­jours agréable à feuil­leter quand il s’agit de ce genre d’ouvrage mêlant textes et pho­togra­phies. Un beau livre donc dédié à cette pra­tique artis­tique du Slam qui, depuis une trentaine d’années, a réus­si à s’imposer et fidélis­er un pub­lic par le biais d’une mul­ti­tude de struc­tures à tra­vers le pays. Les trente pre­mières pages, rédigées avec clarté et con­ci­sion par Simon Raket, retra­cent l’histoire du Slam et plus par­ti­c­ulière­ment l’implantation des scènes ouvertes à Liège. Bien con­nu dans l’univers de la per­for­mance poé­tique, Simon Raket a entre autres obtenu en 2015 le Prix Paroles Urbaines de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles et a été sacré cham­pi­on de Bel­gique de Slam. Autant dire qu’il maîtrise le sujet ! Actuelle­ment coor­di­na­teur de La Zone, ini­tiale­ment Mai­son de Jeunes expéri­men­tale, l’association est aujourd’hui un des hauts lieux du Slam en Wal­lonie. Con­tin­uer la lec­ture →

Frayer avec la hou(il)le

Serge DELAIVE,  Saumon noir, Édi­tions de la Province de Liège, 2017, 84 p., 14 €, ISBN : 9782390100737

delaiveSaumon noir, réc­it très intime et impres­sion­niste, en mots et en images, s’inscrit dans une démarche plus large qu’une pub­li­ca­tion : il fut présen­té dans le cadre de l’édition 2016 de la Trilo­gie con­tem­po­raine, Arts et Métaux. Sur le thème Nous ne sommes rien, soyons tout : réc­its de mémoire ouvrière[1], elle pro­po­sait notam­ment une expo­si­tion con­sacrée à la mémoire indus­trielle dans les bassins sidérurgiques de la région lié­geoise, à savoir Hoy­oux, Seraing, Scle­ssin, Saint-Nico­las et enfin Her­stal, cœur encre et char­bon du présent texte. Con­tin­uer la lec­ture →

Celui qui a(n)imait le monde

Un coup de coeur du Carnet

André-Joseph DUBOIS, Quand j’étais mort, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2017, 236 p., 15 €, ISBN : 9782874894152

dubois AJDepuis L’œil de la mouche (1983), André-Joseph Dubois prend un malin plaisir à observ­er le monde qui l’entoure et à nous le restituer avec le regard posé et amusé de l’étranger qui rendrait compte d’une expédi­tion en ter­res loin­taines. Après une pause de 30 ans, il nous est revenu en 2013, sans rien renier de sa verve. Nour­ri sans aucun doute de travaux tels que ceux de Pierre Bour­dieu, dont La Dis­tinc­tion, cri­tique sociale du juge­ment, paru en 1979, il met en scène des per­son­nages qui cul­tivent le don de la dis­tance cri­tique envers les autres et eux-mêmes, dans une forme de mise en spec­ta­cle ludique du réel qui frise sans les attein­dre le cynisme et la mis­an­thropie mais qui génère une ironie  mêlée de tru­cu­lence. Con­tin­uer la lec­ture →

Polars à la liégeoise

Guy DELHASSE, Les recettes du polar sauce Lapin, Édi­tions de la Province de Liège, 2016, 162 p., 14 €   ISBN : 9782390100461

delhasseComme Joseph Delmelle jadis ou Joël Gof­fin naguère, Guy Del­has­se est un chas­seur de fan­tômes d’écrivains, c’est-à-dire qu’il s’est don­né pour mis­sion de repér­er les traces lais­sées dans leurs œuvres par les auteurs qui ont han­té telle ville ou telle région. En véri­ta­ble Sher­lock Holmes de notre lit­téra­ture, il mène ain­si depuis deux décen­nies ses recherch­es et ses pas dans presque toute la Wal­lonie ori­en­tale, pas­sant de Liège à Bas­togne, de Huy à Spa et d’Andenne à Verviers. Con­tin­uer la lec­ture →