Archives par étiquette : poésie

Décrocher la lune…

Yves NAMUR, illus­tra­tions de Clau­dine GOUX, La valise à rêver, Mons, Couleur livres, coll. “Car­ré d’As” n°12, 2016, 48 p.
Béa­trice LIBERT, illus­tra­tions de Sylvie KYRAL, Où va la lune quand le jour se lève ?, Mons, Couleur livres, coll. “Car­ré d’As” n°13, 2016, 48 p.

“Où va la lune quand le jour se lève ?”… Dans “La valise à rêver” par­di ! Avec ses douz­ième et treiz­ième opus, les édi­tions Couleur livres nous pro­posent deux petits bijoux, qui ravi­ront ceux qui souhait­ent amen­er les jeunes lecteurs à la poésie, fer de lance de la jolie col­lec­tion Car­ré d’As. Con­tin­uer la lec­ture

Le provisoire de Pierre-Jean Foulon

Pierre-Jean FOULON, Voy­age au pays du néant pro­vi­soire, Edi­tions du Span­tole, 32 p.

Philo­logue de for­ma­tion, con­ser­va­teur de la sec­tion « livres pré­cieux » du Musée roy­al de Mariemont, Pierre-Jean Foulon présente quelque prédilec­tion pour le livre d’art. On n’est donc pas éton­né de décou­vrir la qual­ité formelle de son nou­veau recueil, édité aux édi­tions du Span­tole et énig­ma­tique­ment inti­t­ulé Voy­age au pays du néant pro­vi­soire. Con­tin­uer la lec­ture

Les pérégrinations de Jacques Crickillon

Jacques CRICKILLON, Lita­nies. Le voy­age du par­a­ly­tique, Le Tail­lis Pré, 176 p.

Comme le dit la for­mule, on ne présente plus Jacques Crickil­lon. Poète de qual­ité au sein du paysage fran­coph­o­ne de Bel­gique, il est l’auteur de nom­breux recueils dont Colonie de la mémoire ou encore Guerre Sainte pour qui il a reçu le Grand Prix tri­en­nal en 1977.  Aujourd’hui, il vient de pub­li­er aux édi­tions Le Tail­lis Pré un nou­veau recueil, Lita­nies, sous-titré Le Voy­age du par­a­ly­tique. L’ouvrage est découpé en 4 par­ties : « Mon­tagne noire », « Refuge », « Frag­ments » et Lita­nies ». Con­tin­uer la lec­ture

Entre ombre et lumière

Sacha ORFF, La nuit réclame une issue, Brux­elles, Le Cormi­er, 2015, 79 p.

lanuitreclameLa jeune dessi­na­trice Sacha Orff a choisi d’intituler son pre­mier livre La nuit réclame une issue. Un titre entre ombre et lumière. Entre attente et promesse.

Au fil des pages, on décou­vre, répar­tis en trois chapitres (Château han­té, Vais­seau fan­tôme, Mai­son mère), une suite de courts frag­ments poé­tiques, sou­vent énig­ma­tiques, comme si, à l’instant de le dévoil­er, ils rete­naient l’aveu, et gar­daient leur secret. Nous lais­sant libres de pro­longer l’image, de devin­er la pen­sée. Con­tin­uer la lec­ture

Propos divers sur les usages, les amours et le temps qui passe

Un coup de coeur du Carnet

Karel LOGIST, La Tra­ver­sée des habi­tudes, Tétras Lyre, 2016

logistIl y a des livres qui ont cette curieuse pro­priété : on les lit d’une traite, on les referme, et, on ne sait pas trop pourquoi, on se sent tout guilleret. On sif­floterait même toute la journée un air de Brit Pop en faisant la queue à la poste ou au super­marché. Oui. Mal­gré le temps maus­sade et les nou­velles franche­ment pas joyeuses que déverse la radio. La Tra­ver­sée des habi­tudes, dernier recueil en date de Karel Logist, pour­rait fort bien, pour cer­tains et cer­taines, être un ouvrage de cette trempe. Con­tin­uer la lec­ture

Comme une paille…

Philippe LEUCKX, L’imparfait nous mène, Dinant, Bleu d’Encre Edi­tions, 2016, 54 p.

leuckx imparfaitQuelle nos­tal­gie Philippe Leuckx exprime-t-il dans le titre de son dernier (et énième) recueil « L’imparfait nous mène » ? La réponse se trou­ve en principe dans les lignes où il s’interroge : « Quel est ce temps qui pousse en nous et qui remonte loin ? Par­fois comme une paille par­le pour tout un champ, un mot lève et sert notre mémoire ». Ne peut-on pour autant con­sid­ér­er, à lire ces courts poèmes d’une con­ci­sion et d’une sen­si­bil­ité qua­si japon­ais­es, que les instants et les états d’âme évo­qués nais­sent aus­si de ce statut d’ « imper­fec­tion» néces­saire, sans lequel la vie ne serait pas et qui est à la fois le motif et la matière de toute poésie et de toute inspi­ra­tion (aspi­ra­tion) ? Et, en somme, de la beauté, ce frag­ile reflet des choses et des instants, que nous sus­ci­tons comme lui-même  nous sus­cite et nous mène ? Con­tin­uer la lec­ture

Tournai, Ville en poésie

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Cimetière d’Her­tain    © JL-MC

La Ville de Tour­nai béné­fi­cie depuis cette année et pour trois ans du titre de Ville en poésie. Une recon­nais­sance pour les nom­breuses ini­tia­tives tour­naisi­ennes autour de la poésie, qu’elles vien­nent de La Rotonde, Unimuse, des librairies locales, des maisons d’éditions, de la Bib­lio­thèque ou encore de la Mai­son de la Cul­ture.  Con­tin­uer la lec­ture

Dans les veines coule la sève

Char­line LAMBERT, Chan­vre et Lierre, Le Tail­lis Pré, 2016, 68 p.

lambert chanvre et lierreChar­line Lam­bert a reçu, entre autres, le prix Georges Lock­em de l’A­cadémie royale pour son pre­mier recueil inti­t­ulé Chan­vre et Lierre. Comme pré­cisé par l’Académie, ce prix « est red­outable, parce qu’il con­siste en un pari », un pari sur l’avenir. Est-ce le pre­mier d’une longue série à venir ou un sim­ple coup d’éclat ? Seul l’avenir le dira. En atten­dant, cette jeune poète n’a pas froid aux yeux en pro­posant d’aborder avec fraicheur et une maitrise sin­gulière l’histoire de L’Odyssée, un des poèmes fon­da­teurs de notre civil­i­sa­tion européenne. Con­tin­uer la lec­ture

“Il y a” toujours du Pirotte dans l’air…

Jean-Claude PIROTTE, Didi­er CROS (ill.), Il y a, Lan­de­mer, Motus, coll. « Pommes Pirates Papil­lons », 2016, 10,40€

pirotteLe lecteur qui comme nous, depuis la pub­li­ca­tion de La pluie à Rethel, aura mis ses pas dans les sil­lons argileux de l’écriture de Jean-Claude Pirotte, sera sans doute touché par ces derniers mots écrits quelques semaines avant sa dis­pari­tion en mai 2014. Réu­nis par les édi­tions Motus, ces trente-trois qua­trains à la fac­ture fausse­ment naïve s’adressent d’abord aux jeunes lecteurs fidèles à la col­lec­tion Pommes Pirates Papil­lons. Illus­trés par les mono­types du pein­tre Didi­er Cros dont l’univers d’ailleurs inspi­rait l’illustrateur qu’il était aus­si, les poèmes de Pirotte rassem­blés ici réson­nent comme autant de comptines rimées. Trente-trois sta­tions d’une Cav­ale (La Table ronde, 1999) dont l’ensemble résumerait, en con­den­sé, les thèmes qui courent à tra­vers l’œuvre dense, du Mont Afrique (Le Cherche Midi, 1999) à l’exil d’Un été dans la Combe (La Longue Vue, 1986). Con­tin­uer la lec­ture

L’espoir d’un corps nomade

Car­o­line COPPÉ, Nom­mons le mot nomade, Brux­elles, Élé­ments de lan­gage, « O.L.N.I. », 2016, 14€

Engoncé dans les triv­i­al­ités et les habi­tudes, il ne reste au corps que peu d’espace pour respir­er. La con­séquence, un corps qui tend à se mur­er dans le silence, à s’épargner, à s’exposer dans le retrait. Avec ce qua­trième recueil, Car­o­line Cop­pé pour­suit en quelque sorte l’échange entamé dans son précé­dent ouvrage, Langue morte suiv­ie du flou, pub­lié en 2009 à L’Arbre à paroles. Un échange frag­men­té entre Elle et Lui où les cour­tes saynètes à haute teneur méta­physique s’enchaînent, découpées comme le syn­op­sis d’un scé­nario. De prime abord, ce découpage dis­parate peut désarçon­ner. Mais c’est que cette dyshar­monie voulue fait par­tie inté­grante du pro­pos. Très rapi­de­ment, le lecteur retrou­ve son chemin en isolant les obses­sions qui balisent le dia­logue scan­dé qu’il est par quelques pas­sages en italique réson­nant telles des didas­calies intimes. Au final, une archi­tec­ture com­plexe pour ce recueil au titre allitératif qui trou­ve naturelle­ment sa place dans cette caté­gorie des O.L.N.I (Objets Lit­téraires Non Iden­ti­fiés) imag­iné par Nico­las Chieusse, ini­ti­a­teur du comp­toir édi­to­r­i­al Élé­ments de lan­gage. Con­tin­uer la lec­ture

Corinne Hoex, poétesse inconditionnelle

Corinne HOEX, L’Été de la rainette, Le Cormi­er, 31 p., 10€

hoexLe con­di­tion­nel est-il un mode ou un temps ? Le débat, loin d’être clos entre gram­mairiens et lin­guistes, pour­rait trou­ver une ébauche de solu­tion chez les poètes, en l’occurrence ici chez une poétesse. En effet, dans la pla­que­tte L’Été de la rainette, qu’elle pub­lie à l’enseigne du Cormi­er, Corinne Hoex ouvre tous ses textes par un énig­ma­tique “Ce serait…”. Par là, un proces­sus très sub­til se réamorce dans l’esprit du lecteur, qui con­siste à situer la scène dans laque­lle il refait à chaque fois irrup­tion entre l’imaginaire hypothé­tique et l’imparfait du sou­venir évanes­cent. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on croise des femmes, des matelots, des ciels gris et des mers houleuses

Thomas VANDORMAEL, La Vigie, Tétras-Lyre, 2016, 60 p., 14 €

vandormael la vigieThomas Van­dor­mael est un nou­veau venu. La Vigie est son pre­mier recueil. J’imag­ine pour­tant que Thomas a une cer­taine bouteille : par­ler de la mer, des femmes qui restent à terre, des hommes qui nav­iguent, de l’ap­préhen­sion de ne pas les voir revenir, de la crainte d’y rester, non, on ne choisit pas ces pistes-là par hasard. Il faut déjà être bien poreux, bien per­méable, s’être lais­sé tra­vers­er par bon nom­bre d’his­toires, lues ou enten­dues, d’é­mo­tions ou de sen­sa­tions, réelles ou imag­inées, pour se lancer dans pareille aven­ture. Con­tin­uer la lec­ture

Une urgence : faire vivre la poésie

Yves NAMUR, Les poètes du Tail­lis Pré. Une antholo­gie par­ti­sane. Châte­lin­eau, Le Tail­lis Pré, 2014, 308 p., 25 €

Poètes du Taillis PréQuand il crée en 1984 les édi­tions Le Tail­lis Pré avec la com­plic­ité de Cécile et André Miguel, Yves Namur est déjà un poète con­fir­mé. Dès ses études de médecine à l’U­CL, il a suivi des cours de Philoso­phie et Let­tres, relu les philosophes pré­socra­tiques, dévoré les recueils de Jacques Izoard, ren­con­tré de futurs écrivains comme Fran­cis Dan­nemark ou François Emmanuel…  et pub­lié de 1971 à 1977 ses huit pre­mières pla­que­ttes, aus­sitôt saluées par un auda­cieux mémoire de licence en philolo­gie romane !  Suiv­ent alors sept années de silence lit­téraire, que vien­nent rompre en 1984 les recueils Le touch­er et Le Voy­age, l’ob­scène, mais aus­si la pub­li­ca­tion arti­sanale d’un man­u­scrit cal­ligraphié par le cou­ple Miguel : Dans l’autre scène. La mai­son d’édi­tion Le Tail­lis Pré était née. Certes, les pre­mières paru­tions sont irrégulières et de vol­ume mod­este, mais les auteurs ne sont pas choi­sis au hasard : Rober­to Juar­roz, Salah Stétié, Fer­nand Ver­he­sen, Anto­nio Ramos Rosa, etc. Comme J. Izoard et quelques rares poètes altru­istes, Y. Namur ne se con­tente pas de son œuvre per­son­nelle, qui prend pour­tant dans les années 90 une ampleur con­sid­érable et lui vaut de nom­breux prix : il éprou­ve le besoin de met­tre en valeur et de faire con­naitre les textes qui ont trou­vé en lui une forte réso­nance. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Liliane Wouters

Née le 5 févri­er 1930 à Ixelles, la grande poétesse et académi­ci­enne belge Lil­iane Wouters, égale­ment tra­duc­trice, essay­iste et anthol­o­giste, est décédée ce dimanche 28 févri­er. 

Poète, elle a pub­lié plusieurs recueils dont cer­tains ont été réu­nis sous les titres Tous les chemins con­duisent à la mer (Les Eper­on­niers, coll. “Passé Présent”, Brux­elles, 1997), Le bil­let de Pas­cal (Edi­tions PHI, 2000) et Chang­er d’écorce, une antholo­gie thé­ma­tique de son oeu­vre (La Renais­sance du Livre, 2001).  Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se dit qu’écrire, c’est juste laisser, de temps à temps, des empreintes dans du blanc

Pierre POSNO, Juste pour un instant, L’Ar­bre à paroles, 2015

Qu’on ne s’y trompe pas : Juste pour un instant n’a rien d’un jour­nal de voy­age. Rien non plus d’un livre où un homme, Pierre Pos­no, nous invit­erait à suiv­re en trou­peau sa « voie », celle de « la-vraie-vie-bien-sûr-comme-il-con­viendrait-qu’elle-aille ». Juste pour un instant n’est qu’un recueil de poèmes. Tout sim­ple. Sans chichis. Où un homme, un poète, tente une expéri­ence de lan­gage : arriv­er en quelques mots – vrai­ment peu – à nous faire sen­tir, à nous, lecteurs, lec­tri­ces, tous les effets d’une expéri­ence bien réelle celle-là. Con­tin­uer la lec­ture

Izoard, la matière et le corps

Jacques IZOARD, J’apprenais à écrire, à être : antholo­gie, Brux­elles, Les Impres­sions nou­velles, coll. «  Espace Nord », 2016, 8,55 €

izoardEmprun­tant son pseu­do­nyme au col mythique des Hautes-Alpes qu’il a gravi, à 20 ans, lors d’un périple à tra­vers l’Europe, Jacques Izoard, né Del­motte, a très tôt pris con­science de la jouis­sance des cimes et des poèmes. Car on peut dire d’emblée que l’auteur de La Patrie empail­lée (Gras­set, 1973) aura voué sa vie à traduire en poésie cette pleine matière du réel qui fonde et façonne son écri­t­ure, toute cor­porelle. Un acte poé­tique en quelque sorte exis­ten­tiel et sen­soriel, fait de « chair de poète », comme le rap­pelle, avec per­ti­nence, Gérald Pur­nelle, dans l’appareil cri­tique qui accom­pa­gne l’anthologie récem­ment parue dans la col­lec­tion Espace Nord et dont le titre J’apprenais à écrire, à être résume à lui seul l’ancrage-Izoard. Con­tin­uer la lec­ture