Archives par étiquette : poésie

Hommage à François Jacqmin

jacqminLe lun­di 29 févri­er à 20h, le Con­ser­va­toire roy­al de Liège et l’Université de Liège s’associent pour une con­férence-con­cert excep­tion­nelle en hom­mage au grand poète lié­geois François Jacqmin (1929–1992). Con­tin­uer la lec­ture

L’étrangère

Edith SOONCKINDT, La femme défaite, Élé­ments de lan­gage, 2015, 123 p.

soonckindtEdith Soon­ckindt est une femme dynamique aux mul­ti­ples pas­sions. À la fois auteure, tra­duc­trice, éditrice et bloggeuse, son nou­veau livre, La femme défaite, est un roman dia­logué entre un homme et une femme, paru aux édi­tions Elé­ments de lan­gage. Qual­i­fié d’Olni (objet lit­téraire non iden­ti­fié), cette jeune mai­son d’édition belge a été créée par Nico­las Chieusse pour met­tre à l’honneur des textes sou­vent con­sid­érés comme plus dif­fi­ciles d’accès, se des­ti­nant à un lec­torat désireux de décou­vrir des univers non for­matés, une forme de lit­téra­ture lais­sant place à une imag­i­na­tion sans bornes. Con­tin­uer la lec­ture

Au nom du Père et du Fils

Daniel ARNAUT, Les choses que l’on ne dit pas suivi de Com­man­der et men­tir, post­face de Lau­rent Demoulin, Brux­elles, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 192 p., 8,5€

Les choses que l’on ne dit pas | Espace NordDaniel Arnaut entre dans la col­lec­tion Espace Nord par la pub­li­ca­tion de deux réc­its partageant une thé­ma­tique com­mune : la fig­ure pater­nelle. Au début des Choses que l’on ne dit pas (2006), un homme quitte une cham­bre d’hôpital et tente de se ménag­er un sas de décom­pres­sion avant de retourn­er à l’air hiver­nal des bien-por­tants. Il observe, dans le hall prin­ci­pal, les malades et vis­i­teurs qui cir­cu­lent ou sta­tion­nent, et inter­ag­it mal­gré lui avec cer­tains d’entre eux. Il vient de laiss­er son père sur son lit de mourant. En cinq tableaux, le nar­ra­teur évoque la vie qui fuit un corps amaigri et per­clus de douleur, la rai­son qui s’envole d’un esprit vif :

sa tête un ter­rain vague / d’où les idées s’échappent en désor­dre / comme des ani­maux hors d’un enc­los mal fer­mé / piéti­nant furieuse­ment sur leur pas­sage / toute apparence de rai­son / (et le pire de tout / fils j’ai l’impression de devenir bête / c’est qu’il s’en rend compte)

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« La Poésie, à l’arraché »

Philippe LEKEUCHE, L’éclat noir du désir. Poèmes 1988–1998, Tail­lis Pré, 2015, 250 p., 20 €

lekeuche l'éclat noir du désirSous le beau titre L’éclat noir du désir, qui ressem­ble à sa poésie même, tis­sée de lumière et de nuit, d’ardeur et de dés­espérance, d’appels vibrants et de silence, Philippe Lekeuche nous livre une nou­velle édi­tion, revue et cor­rigée, de trois recueils parus en l’espace de dix ans : Si je vis (1988), Celui de rien (1993), L’état rebelle (1998). Trois titres qui com­po­saient une trilo­gie, dans la bien nom­mée col­lec­tion Feux, créée par Lil­iane Wouters aux édi­tions Les Éper­on­niers. Con­tin­uer la lec­ture

« L’art ne rend pas le visible, il rend visible »*

Rose-Marie FRANÇOIS, Trèfle incar­nat, Le Cormi­er, 52 p., 2014

Dans ce recueil, Rose-Marie François pro­pose l’exercice d’imagination suiv­ant : écrire 40 poèmes de 17 vers à par­tir de pein­tures de Fran­cis Bacon et de Paul Klee. On com­mence par Bacon et son tableau L’homme au chien. Elle écrit : « Surtout, loin de Magritte, / ne va pas te fon­dre au tableau. / Tiens le mauve à dis­tance, / à l’horizon de l’oeuvre. / Il nous suf­fit de fix­er la faille, / le peu d’humain / par où entre et sort l’empathie ». Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on suit à la trace la traque du poète

Jean LOUBRY, Syn­taxe d’après la perte, L’Ar­bre à paroles, 2015

Ici je songe
à ce que peut le mot
à ce qu’il a
d’u­nique et de gravé

loubry syntaxe d'après la perteQue peut la langue, la dérisoire activ­ité d’écrire, face à la perte ? Que peut la langue devant ce qui manque ? Homme sans repos, esprit en alerte, Jean Loubry nous embar­que, dans ses poèmes « gram­mairiens », dans un splen­dide tour­bil­lon de ques­tions. L’une appelant l’autre, de page en page. L’une ou l’autre sus­ci­tant même – belle réus­site – d’autres ques­tions, hors des pages, dans l’e­sprit de ses lecteurs. Con­tin­uer la lec­ture

Les Signes de vie de Frans De Haes

Frans DE HAES, Au signe du seul vivant, Le Tail­lis Pré, 2015

de haes « Frans de Haes, né en 1948, de cul­ture bilingue » : tels sont les pre­miers mots de la notice con­cer­nant l’auteur du recueil Au signe du  seul vivant. Aus­si cette notice nous apprend-elle que le poète, né dans l’après-guerre, a vu, au fil de sa car­rière, se dévelop­per plusieurs ten­dances lit­téraires. Un poète que l’on con­nait aus­si comme cri­tique lit­téraire. Bref, un con­nais­seur donc de la lit­téra­ture qui pro­duit ici son huitième recueil de poésie. Un ouvrage qui se com­pose de 29 poèmes numérotés. Con­tin­uer la lec­ture

Réflexions bucoliques

Philippe JONES, L’arbre en chemin, Le Cormi­er, 2015, 14 €

roberts jones l'arbre en cheminVient de paraître en octo­bre dernier, L’arbre en chemin, le dernier recueil de Philippe Jones aux édi­tions Le Cormi­er. Comme de cou­tume, l’ouvrage est de belle fac­ture et édité dans un for­mat atyp­ique (16,5 sur 21 cm). Aucune fan­taisie par­ti­c­ulière : les élé­ments para­textuels restent peu nom­breux et recon­naiss­ables au pre­mier coup d’œil. Cette épu­ra­tion per­met dès lors à la poésie de Philippe Jones de s’exprimer pleine­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Je revois le fracas des vagues sur le rocher°

Claude DONNAY, Ressac, Edi­tions M.E.O., 2016, 55 p.

Pour ceux qui con­nais­sent Claude Don­nay, ils s’accorderont à dire qu’il fait par­tie de ces auteurs qui écrivent partout et tout le temps. Ayant une dizaine de pub­li­ca­tions à son act­if, essen­tielle­ment parues aux édi­tions de l’Arbre à Paroles, il écrit et pub­lie de la poésie, mais il s’adonne aus­si à la com­po­si­tion de nou­velles et tra­vaille actuelle­ment à un roman. Tou­jours act­if en tant que pro­fesseur de français à Ciney, il est égale­ment revuiste et édi­teur pour Bleu d’Encre. Con­tin­uer la lec­ture

Les ravissements d’une rêveuse

Un coup de coeur du Carnet

Corinne HOEX, Valets de nuit, Brux­elles, Les Impres­sions nou­velles, 2015, 160 p., 14 €:ePub : 9.99 € ; Corinne HOEX et Véronique GOOSSENS, Les Mots arrachés, Liège, Tétras Lyre, 2015, s.p., 15 €

hoex-valetsDites 33 et vous ren­con­tr­erez autant de per­son­nages dans Valets de nuit, le dernier livre en prose de Corinne Hoex, lesquels vous seront tout dévoués comme l’indique leur titre. Peut-être pas tout le temps, mais en tout cas la nuit, quand vous rêvez. Est-on respon­s­able de ses rêves ? Bien sûr que oui. Incon­sciem­ment sans doute, à ceci près qu’ils cor­re­spon­dent prob­a­ble­ment plus à un désir infor­mulé ou infor­mu­la­ble qu’au hasard de la posi­tion du dormeur ou à la qual­ité de son mate­las. Ce sont ces ren­con­tres furtives, totale­ment fan­tas­mées ou secrète­ment souhaitées que nous racon­tent les trente-trois textes courts, économes, incisifs du vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture

Tu sais où tu vas

Robert SCHAUS, Tu sais où tu vas, Kraut­garten, 2015.
Bruno KARTHEUSER, Robert Schaus memen­to 1939–2015, édi­tion bilingue alle­mand-français, Kraut­garten, 2015.

Né à Emmels en 1939, le poète Robert Schaus nous a quit­tés durant l’hiver dernier. Homme riche de deux cul­tures (et même de trois puisqu’il fut longtemps pro­fesseur d’anglais), il a con­stru­it une œuvre dou­ble, pub­liant tan­tôt en alle­mand, tan­tôt en français. Comme l’écrit son ami Bruno Kartheuser dans un Memen­to qui illus­tre l’existence du poète par­mi les siens (famille, amis, con­frères) en des temps et des lieux telle­ment sig­ni­fi­cat­ifs : « Dans le cadre des Can­tons de l’Est, une vie de 1939 à 2015 com­prend […] la guerre en 1940, le vécu de l’offensive des Ardennes et la fin de la guerre, les années de la recon­struc­tion et de la trans­for­ma­tion de la cul­ture paysanne, le pas­sage à l’autonomie cul­turelle dès 1970 et finale­ment les débuts cahotants et clop­inants de cette dernière pen­dant qua­tre décen­nies. » Par ailleurs plas­ti­cien, Robert Schaus a pub­lié à par­tir de 1972 treize recueils de poésie, dont sept en français. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on fait la connaissance de Rouflandre et de ses cinq fées minimes

David BESSCHOPS, De Ménage et de Fan­taisie, Le Coudri­er, 2015, 112 p., 16 €

besschops de menage et de fantaisieDavid Bess­chops, ce grand roux efflan­qué, est un funam­bule. Un danseur de corde. Un mag­nifique « styl­iste » pirou­et­tant – hop ! salto mor­tale ! –  sur son fil au beau milieu du Grand Canyon au Col­orado. Con­tin­uer la lec­ture

Prendre l’avion, embrasser les vagues et saluer le monde

Arnaud DELCORTE, Ô, Mael­ström, coll. « mael­strÖm com­pAct », 2015, 8 €

delcorte oJ’ai entre les mains Ô, l’un des livres d’Ar­naud Del­corte parus cette année. Voilà un ouvrage, tout petit par la taille et le nom­bre de lignes, mais extrême­ment sen­si­ble et intel­li­gent. Un ouvrage « sim­ple » et « com­plexe » à la fois.

Le Japon pour­rait être l’une de ses portes d’en­trée. Qui ne serait d’ailleurs pas ten­té de voir dans les minus­cules poèmes de Del­corte des espèces d’haïkus ? Com­ment, d’ailleurs, ne pas y penser quand Del­corte évoque les « petites choses » ?  Con­tin­uer la lec­ture

Prix Marcel Thiry 2015

Le Prix Mar­cel Thiry récom­pense cette année Eric Piette pour son recueil L’im­pos­si­ble nudité paru aux édi­tions du Tail­lis Pré. 

Remis depuis 2001, le Prix Mar­cel Thiry récom­pense alter­na­tive­ment un roman et un recueil de poésie.

Eric Piette suc­cède à Armel Job, récom­pen­sé pour son roman Dans la gueule de la bête. Con­tin­uer la lec­ture

L’oralité d’Olivier Vanderaa

Olivi­er VANDERAA, Abreuve­ments néces­saires, M.E.O., 2015, 70 p.

Sur la cou­ver­ture, un imposant men­hir sur lequel un cou­ple pose, nu. Un intense brouil­lard enveloppe la cam­pagne avoisi­nante qui met en évi­dence l’énigmatique titre de ce recueil : Abreuve­ments néces­saires, accom­pa­g­né du sous-titre : poèmes. Une indi­ca­tion générique qui trou­ble davan­tage qu’elle informe. Con­tin­uer la lec­ture

“Mais de quoi parleras-tu?”

Un coup de coeur du Carnet

Ken­ny OZIER-LAFONTAINE, Billes, Brux­elles, mael­ström, 2015, 130 p., 13€

Cinéaste, dessi­na­teur, jeune pat­a­physi­cien exilé en Bel­gique, le poète Ken­ny Ozi­er-Lafontaine, Paul Poule sur les réseaux soci­aux, pos­sède plusieurs voix, toutes remar­quables. L’une court sur les pages paires des Billes que voici, une autre, en regard (et en italique), sem­ble lui répon­dre, dans les échos d’un con­trechant. De quoi par­lent-elles? De l’oiseau, de la pierre, de l’ar­bre, de la neige, de leurs ques­tion­nements et de leurs savoirs, de leurs dif­fi­cultés d’être et de leurs lim­ites. Leur dia­logue s’achèvera de manière chorale, dans un feu d’artifice où cul­mi­nent l’angoisse, les miroirs, la fan­taisie et ses couleurs. Le poète, « né cassé, avec un œil à la place du cœur », s’y étonne que « les nuages ont été déposés à l’envers dans le ciel pour ne pas tomber », que « le vent souf­fle pour éloign­er les oiseaux, mais nous ignorons de quoi » ou encore qu’il faille « découdre la neige, avec les doigts, avec le ciel ». Con­tin­uer la lec­ture