Benoît DEMONTY, La longue nuit de l’humanité, Empaj, 2020, 247 p., 14 €, ISBN : 978–2‑931011–19‑5
Si le titre est déclamatoire, La longue nuit de l’humanité est un premier roman réussi ayant plus de corps que de cœur. Tant d’un point de vue littéraire que du nombre de victimes. D’une encre énergique, sans fioritures quoiqu’épicée de jolis traits d’écriture, Benoît Demonty file les tranchées de la Grande Guerre au rythme cardiaque des poilus. Et même si, ni l’auteur né en 1974, ni le lecteur ne sont plus en mesure de véritablement saisir les événements, l’action, la narration et les horreurs qui s’y répandent impressionnent. Davantage qu’au cinéma par exemple, lorsqu’on pense notamment à 1917 de Sam Mendes relevant plus de la performance technique que de l’épique souffrance des soldats. Force donc de l’évocation sur l’image. Continuer la lecture

« Rodrigo grimpait à toute vitesse la pente qui le conduisait au cimetière. Tout droit vers la proue du navire. L’éperon prétentieux qui surplombait les jardins et l’ensemble des logements sociaux (…). »
Après avoir vécu deux ans à Santiago, Pablo revient dans sa Belgique natale et décide d’écrire l’histoire de Gloria, une amie décédée au Chili. Il est cependant confronté à un obstacle inconfortable : son incapacité à écrire. Animé par sa volonté de comprendre les émotions qui l’habitent, il franchit la porte du cabinet d’un psy pour tenter d’élucider son blocage. Nous sommes alors amenés à lire des souvenirs et des rêves du protagoniste entrecoupés de nombreux passages introspectifs. 
Tout être renferme au creux de lui des étincelles secrètes. « La vocation humaine est de faire jaillir ces étincelles, chacun selon sa propre voie. »
Les éditions Sans escale publient cet automne le premier roman de Pascaline David.
Cette brique de sept cents pages est née en deux temps de l’imagination féconde de deux amis d’enfance vivant en Belgique : Sandro Galeazzi et Guillaume Grâces. Sous le même titre Magister dixit, la seconde partie a rejoint la première (éditée sous pseudonymes chez Lilys) à l’enseigne des Nouveaux Auteurs. .Nouveaux, ils le sont en littérature, « l’un travaillant dans la finance, l’autre pour la défense »…
Avec Une caravane attachée à une Ford Taunus, l’auteur tournaisien Pierre Stival signe un premier roman.
Santana relate l’histoire d’une relation de soumission entre Emma et Mikaël, deux ados de 17 ans dans la même école. Leur premier contact est surprenant : Emma bouscule par mégarde le jeune homme qui, pour se venger, lui vole son téléphone et décide de le vendre sur Facebook. Interpellant. Le ton est donné.
Le roman Viande s’est retrouvé en finale du prix Fintro Écritures noires 2018. Et LiLys le publie deux ans plus tard. Avec une mise en page un peu rudimentaire (pas de retrait) mais un texte soigneusement poli.
Le roman débute par un événement inattendu. Nous sommes à Beyrouth, dans les années 1990. Jad, un jeune adolescent, s’en prend, sans raison apparente, à un camarade de classe et le poignarde avec un couteau à huîtres. Comment le jeune garçon, promis pourtant à de brillantes études, en est-il arrivé à commettre cet acte insensé qui le mènera en centre de rééducation ? Retour en arrière.
Dès l’ouverture, Clairières pose dans le derme du concret des questions d’ordre symbolique. Robert, le personnage principal, se touche le ventre, et palpe en même temps que sa peau le passage du temps. Il s’enfonce un doigt dans le nombril, jusqu’à la douleur. Dans son esprit se fait jour une intuition, qui lui fait relier sa naissance à sa mort, par le fil de la souffrance.
Une note, avant l’ouverture du récit, tente de lui conférer une dose de crédibilité, teintée d’une mise en alerte narrative : le projet spatial américain aurait profilé dans son sillage une litanie de disparitions inquiétantes ; il y a à Athènes, dans le musée archéologique national, un objet antique, le mécanisme d’Anticythère, qui n’en finit pas d’interpeller les chercheurs. Un prologue, dans la foulée, zoome sur une machine engourdie par le froid lunaire. Elle se dresse à côté des débris d’un module, d’empreintes « connues de l’humanité entière » et qui, pourtant, recèlent les indices d’une « histoire dramatique ». Soudain, « une lueur verdâtre » sur un écran, des chiffres défilent, tout se fige, une « lueur rougeâtre » et le mot « ERROR ».
Selon la deuxième de couverture de son premier roman Venus poetica, Lisette Lombé est une « artiste queer, afroféministe, belgo-congolaise », fondatrice du 